Jour 7: Essaouira

Cyril

Nous nous sommes levés tardivement. Le soleil se lève tard autour de 8h30 et on tarde à se réveiller. Ce matin, nous avons fait un peu d’intendance et sommes partis comme à l’habitude, la plage, la Médina, souper, marchandage et retour à l’appartement. J’ai été congédiée de mon travail de chargée de projet d’itinéraire. Pourquoi? Je me suis trompée de chemin et nous nous ramassés à l’autre bout de la ville complètement à l’opposé de la Médina. Moi, j’étais contente on a trouvé des dromadaires et des chevaux. Je trouverai bien un autre travail.

Nous avons pris notre repas dans un joli petit restaurant de la Médina le Safran Citron. J’ai mangé des boulettes de sardines dans une sauce tomate, c’était très bon et JF a mangé une pastilla de poulet et amandes. Deux mets marocains traditionnels.

Moment de gratitude. Cet après-midi sur la plage, on se fait un peu demander d’acheter des p’tits gâteaux marocains ou autres babioles. Tout à coup, un grand monsieur arrive avec sa petite sacoche de travers. Il nous interpelle, je reconnais tout de suite l’accent. Il commence à sortir ces objets à vendre, des bracelets en « argent ». Dans un autre vie, j’ai appris que si l’argent n’est pas du 925 tu achètes pas. Le grand monsieur est agenouillé à côté de l’une de nos chaises et je lui demande, il est en 925 ? (et il faut le dire en anglais), il me regarde, il ne dit rien, je lui repose la question. Il me regarde et me dit: « Mais non, madame, il faut être honnête, c’est du plaqué ». Il veut me vendre un collier d’espérance de vie des Bédouins. Je suis pas intéressée, c’est lui qui m’intéresse. Je lui demande d’où il vient, même si je suis pas mal certaine de son pays d’origine. Le Sénégal qu’il me répond. Vous êtes ici depuis combien de temps? Avant la Covid. Ici au Maroc pour toi, c’est mieux que le Sénégal? il hésite, regarde par terre et répond, non ce n’est pas vraiment mieux. J’aimerais retourner, un jour dans mon pays. Il n’a pas besoin de me le dire, je sens qu’il a le mal de son pays, de sa famille, de ses repères. Est-ce que toute ta famille est encore là-bas? oui. Il continue à nous montrer ces babioles. JF a l’impression de le faire travailler pour rien et le lui dit. Il sort des bracelets en cuir. Ce qu’il a de plus beau selon moi. JF lui dit qu’il n’est pas intéressé, mais moi je sais déjà que je vais lui acheter son bracelet en cuir. Je lui demande le prix, il demande 30 dirhams. Je négocie pour la forme et il accepte. Il nous avait dit au courant de la conversation qu’il n’avait fait aucune vente aujourd’hui. Nous étions en fin d’après-midi. Je lui demande comment il s’appelle, Cyril qu’il me répond et toi. Moi, c’est Michèle et toi?, Jean-François. JF lui demande où nous devrions aller si nous allions au Sénégal, il nous dit d’aller à Saint-Louis. Après quelques minutes, on lui ressert la main et il quitte. Je l’ai regardé s’éloigner, je me suis demandée où il vivait à Essouira, dans quelles conditions, s’il avait suffisamment mangé aujourd’hui. À cause de Cyril, je sais cela fait cliché, mais j’ai réalisé, encore une fois, que j’avais beaucoup de chance dans la vie.

Après le souper JF a passé au moins 30 minutes à gosser le prix des amendes grillés. J’avais froid, je voulais rentrer. Dans les faits, j’ai eu froid toute la journée, un t-shirt, un gilet et autre gilet. Il fait 20 en pm, mais je gèle. C’est le vent. Que voulez-vous c’est d’même.

Hier après avoir terminé mon texte, je suis allée prendre une douche. Dans ma tête, j’me disais une bonne douche bien chaude, ça va faire du bien. Tiens, je vais en profiter pour me laver les cheveux. Les gens qui me connaissent bien savent l’importance que j’accorde à mon brushing. Je me dépêche mais en même temps la douche me réchauffe donc je prends un peu mon temps. Tout à coup, bang, plus d’eau chaude. Je me décolle du jet, en me disant que j’ai dû accrocher le mitigeur, tire, pousse, à gauche à droite. Rien n’y fait. J’ai du conditionneur dans les cheveux, ça me coule dans le dos et y’a pu une ta*/(*/))/_)(n de goutte d’eau chaude. Je fulmine. J’ai pas le choix, il faut que je me rince. Je descends tout les saints du ciel et je maudit K et son système d’eau chaude de MARDE cinq étoiles. Je ne vous ai pas parlé de tout ces règlements à la con qui existe dans son appart non plus. Je vous montrerai cela demain, pour l’heure je vous quitte, demain good bye Essaouira, welcome Marrakech.

Ah oui, et il y a la française du restaurant de mardi soir et ses cornes de Gazelle. Un peu dans le même genre que le gars de la Mosquée qui savait la prière mais qui voulait se montrer plus brillant que le reste de la gang. Vous vous souvenez. Je verrai si je vous en parlerai ou pas, il y aura surement mieux à dire sur Marrakech que de revenir sur une touriste d’Essaouira.

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