Nous sommes partis de Luleå après le dîner. Deux heures de route nous attendaient avant d’arriver à Juoksengi. On a fait un arrêt pour recharger la voiture. Pendant ce temps, j’ai eu un appel Facetime de ma sœur et de mon frère. C’était vraiment l’fun de leur parler, ça m’a fait du bien.
On est finalement arrivés à l’endroit indiqué. Je suis allée finaliser mon inscription, récupérer mon casque de bain, mon bracelet… mais il n’y avait plus de t-shirt à ma taille. 😦 Ils me l’enverront par la poste, m’a-t-on dit.
Une fois les derniers préparatifs faits, nous sommes allés à 1,5 km de là pour voir le véritable site du cercle polaire. On a pris quelques photos et, évidemment, JF voulait absolument se lancer à l’eau pour pouvoir dire qu’il s’était baigné au cercle polaire (résultat : il a le rhume depuis cette nuit…).
Mon chum, qui peut parfois tomber dans des silences profonds, était ce soir-là plus volubile que jamais — je ne saurais dire pourquoi. Il tiquait sur le drapeau Russe qui avait été enlevé du site où se trouve le cercle polaire. L’évènement Swim the artic circle refusait les participants Russes.
Moi, de mon côté, je n’avais qu’une envie : le silence.
Nous sommes retournés au site de départ, là où les autobus doivent venir nous chercher pour nous transporter de l’autre côté, en Finlande. Il y avait beaucoup de moustiques, et moi, je n’ai aucune tolérance pour ces bibittes là : maringouins, mouches noires, brûlots, frappe-à-bord — tout ce qui pique. JF dit que je suis une fille de macadam. L’attente est longue. Il reste encore deux heures.
Finalement, les autobus arrivent, et de plus en plus de nageurs affluent sur le site. Vers 21 h, je monte dans le bus. JF me regarde monter. Je m’assois avec une Irlandaise. On échange quelques banalités, mais je n’ai pas envie de jaser. Le trajet dure environ 50 minutes.
On arrive. Tout le monde descend. Des tentes ont été installées pour qu’on puisse se changer. Il fait chaud. Je commence à enfiler mon wetsuit. Et s’il y a une chose à ne jamais faire avec un wetsuit, c’est de se précipiter. Il faut y aller lentement, bien le positionner, sinon c’est l’inconfort assuré. L’Irlandaise m’a confié dans le bus qu’elle ne portera pas de wetsuit. J’ai un instant de doute… mais avec le recul, je suis bien contente d’avoir mis le mien.
Il fait toujours aussi chaud. L’attente est longue. Les nageurs sont divisés en deux lignes. On attend impatiemment le signal du départ. On annonce le compte à rebours : 3 minutes. J’essaie de rester concentrée, mais les gens parlent autour de moi et ça commence à me taper sur le système. Peut-être le stress qui les fait jaser…
10… 9… 8… 7… 6… 5… 4… 3… 2… 1…
Je suis presqu’à la fin de la première ligne. Mes pieds touchent enfin l’eau. Elle est froide. J’avance lentement pour laisser cette fine pellicule d’eau glacée s’infiltrer entre ma peau et la combinaison. Elle va se réchauffer, je le sais.
Lunettes en place, je donne deux ou trois coups de brasse pour prendre mon élan. Il y a des nageurs tout autour.
Je peine à trouver mon rythme… et en fait, je ne le trouverai jamais. Mes lunettes s’embuent dès les premiers mètres. L’eau est glaciale. Je reviens à la brasse, j’essaie de me concentrer, de garder mes distances pour être plus libre, mais je n’y arrive pas. Je me sens coincée.
J’ai une bonne technique de brasse, mais c’est le crawl ma vraie force. J’avais passé des heures à peaufiner le catch, la coulée, à travailler la glisse. Des répétitions encore et encore. Tout ça… pour rien. Nager en eau libre, ce n’est pas du tout la même chose que de nager en piscine. En piscine, on a des lignes, des murs pour se repousser, une eau calme et claire, une température stable, et aucun souci pour s’orienter. En eau libre, il faut composer avec le froid, le courant, parfois les vagues, les autres nageurs qui te frôlent ou te bousculent, il faut lever la tête régulièrement pour rester dans la bonne direction. C’est une autre discipline, presque un autre sport.
Alors voilà : j’ai nagé les 3 kilomètres à la brasse, et malgré tout, j’ai réussi à les faire en moins de 55 minutes. Techniquement, j’ai commencé l’épreuve le 13 juillet à 00 h 05… et je suis arrivée au fil d’arrivée le 12 juillet à 11h55. C’est fait. Satisfaite mais pas complètement. Je vais devoir me trouver un autre projet…
Je suis sortie de l’eau complètement brûlée. Pas de douche, pas de bain tourbillon, pas de petites douceurs post-épreuve — juste l’envie de me changer, de sauter dans l’auto et de dormir un peu avant notre vol pour Stockholm, prévu à 8 h.
J’ai remarqué plusieurs gars avec des vieux chars américains…
Là, on est à l’hôtel. Demain, ce sera une longue journée : Stockholm–Paris–Montréal.
J’ai hâte d’être chez moi, dans mes affaires. De voir mon enfant… et la Lolotte. Elle marche. 💛
*****
Merci à vous qui avez pris le temps de lire jusqu’au bout. Vos petits mots, vos réactions, même discrets, me donnent de l’élan. Pas besoin de grandes phrases : juste savoir que ça résonne quelque part, ça suffit pour avoir envie de continuer à écrire, à partager, à avancer.
Hier, c’était notre dernière journée à Stockholm et on a décidé de la finir en beauté en visitant le City Hall. Je n’ai jamais mis les pieds à l’hôtel de ville de Montréal, mais je peux vous dire que celui de Stockholm, c’est du sérieux. Du genre « wow » ! Notre guide était top : elle maîtrisait le sujet et, comme le soulignait JF, n’avait pas peur des questions de son public. Clairement. C’était vraiment intéressant — et c’est là que se tient le gros party après la remise des prix Nobel. Quand même.
Ensuite, on a mangé au bord de l’eau en cherchant, avec un niveau d’efficacité discutable, le bateau censé nous mener à Södermalm. JF persistait dans ses efforts à trouver un chemin par bateau qui n’existait pas…finalement direction le SOFO, le « SOHO » suédois. On nous avait vendu ça comme the place to be pour les boutiques de jeunes designers. Verdict ? Rien vu d’extraordinaire. On a plutôt acheté des fraises et des mûres, squatté un banc et lancé une étude sociologique hautement scientifique sur les passants. (Conclusion : les gens marchent beaucoup et boivent du café.)
Un peu plus tard, idée de génie : pourquoi ne pas rentrer en bateau vers notre Airbnb ? Stockholm, c’est pas pour rien qu’on l’appelle la Venise du Nord. De l’eau, des bateaux, des îles, c’est beau, beau et très cher.
Alors on embarque, confiants, il y a du monde. On repasse par des endroits qu’on reconnaît, je me dis qu’on est sur le bon chemin… sauf que moi, ça fait déjà une heure que j’ai envie de pisser. Pas de toilettes sur le bateau. Nada. Et je vous le dis : si vous voulez faire pipi dans un centre d’achat à Stockholm, il faut cracher 2 dollars pour avoir droit à des toilettes zen avec chants d’oiseaux intégrés. Oui, oui.
Je finis par demander à JF : — « On arrive-tu ? Parce que là, je vais exploser. » — « Oui, oui », qu’il me dit…
Cinq minutes… dix… quinze… et là je comprends qu’on est en train de retourner tout droit vers le centre de Stockholm, pas loin du parc d’attractions. Je te jure, j’avais envie de hurler. On a fini par sauter dans le métro, attraper un tramway et arriver enfin à bon port — moi courant vers les toilettes comme si ma vie en dépendait.
Nous nous sommes levés aux aurores ce matin, vers 4h. Notre avion pour Luleå partait à 6h45, et nous étions à environ 35 minutes de l’aéroport. Il y a eu un petit pépin avec les bagages, mais heureusement, tout s’est réglé grâce à une carte de crédit…
Nous voilà maintenant à Luleå, la ville la plus au sud de la Laponie suédoise. Si nous sommes ici, c’est pour une raison bien particulière. Il y a environ deux ans, j’avais entendu parler d’une épreuve de natation un peu folle : un parcours qui commence en Finlande et se termine en Suède, en traversant le cercle polaire. L’événement attire des participants du monde entier et ne propose que 150 places.
Alors, en janvier dernier, dès l’ouverture des inscriptions, JF et moi étions rivés à nos ordinateurs… et ça a marché! Nous avons réussi à obtenir une place.
Demain, le 12 juillet, nous prendrons la route vers le village de Juoksengi pour compléter mon inscription. Vers 21h30, je monterai à bord d’un autobus pour un trajet d’environ une heure, direction la Finlande, d’où débutera l’épreuve.
Je n’ai pas nagé depuis trois semaines, ce n’est pas l’idéal, mais il faudra faire avec. La distance à parcourir est de 3 kilomètres. Et si je réussis à compléter la distance en moins de 55 minutes, j’aurai franchi non seulement la frontière et le cercle arctique, mais aussi un fuseau horaire — ce qui signifie que je terminerai officiellement la veille de mon départ. Assez fou!
3000m – Swim back in time!
« Night swimming in the bright Nordic summer night. Starting from the Finish shore right after midnight, Finnish hour. You will not only swim over the border between Sweden and Finland but also cross the Arctic Circle and the time zone. The one that is able to swim the distance in less than 55 minutes will actually cross the finish line before the day the competition began »
Ce n’est pas tant la distance qui m’inquiète, mais plutôt le fait de nager dans un environnement complètement inconnu. L’eau est à 17 °C — brrrrr… Heureusement, j’ai mon wetsuit!
Alors voilà pourquoi nous sommes venus en Suède : pour ce projet un peu fou. Je suis le dossard 259, et l’une des rares Canadiennes au départ,après vérification nous sommes deux.Je ne pense pas fracasser de record demain. Je souhaite juste en profiter et vivre ce moment exceptionnel à fond. JF m’attendra à l’arrivée du côté suédois.
Actuellement, nous sommes installés au bord d’un lac (Bjorsbyfjarden). JF passe du sauna au lac depuis une bonne demi-heure, pendant que moi je réserve mes énergies pour demain.
À titre informatif, nous sommes ici plus au nord que Yellowknife — donc plus au nord que n’importe quelle ville au Canada. La population de Luleå est d’environ 80 000 habitants. C’est vraiment incroyable de voir autant de gens vivre aussi loin dans le nord. Il est 20h05, le soleil tape comme à 16h, les enfants se baignent dans le lac. La vie est belle et bonne avec moi. Amen!
Nous sommes samedi matin autour de 10h, on relaxe avant de partir vers Juoksengi. Je viens de relire pour la Xième fois les informations pour l’enregistrement final de l’épreuve et de la gestion des effets qui resteront en Finlande mais qui reviendront via un transport jusqu’en Suède.
Voilà, je vous en dirai plus lorsque l’épreuve sera terminée.
Nous sommes arrivés hier en fin de journée à Stockholm… sous la pluie. Notre appartement est parfait, à un détail près : il n’y a pas de cafetière. Oui, oui… au pays d’IKEA, pas de Bodum en vue ! Il fallait le faire quand même. Après quelques courses pour remplir un peu le frigo, nous sommes allés souper à la pizzeria du coin. On est rentrés repus et fatigués.
J’ai pris le temps de faire un p’tit facetime avec mon enfant — la petite Lolotte dormait. On a parlé de l’événement qui approche. Ma fille est allée fouiller sur le site officiel pour trouver quelques informations supplémentaires qu’elle m’a transmises, je pense que parfois je fais de l’évitement…
Ce matin, à Luleå, plus au nord, le thermomètre affichait un modeste 13 degrés. Samedi, je serai à 150 kilomètres encore plus au nord, plus près du cercle polaire, plus près de ce défi qui m’attend. J’avais hésité à glisser une tuque et des gants dans ma valise… à la dernière minute, je les ai laissés de côté. Mauvais calcul. Aujourd’hui, j’ai au moins trouvé des bas bien chauds. C’est un début.
J’essaie de rester ancrée dans le moment présent, de me concentrer sur ce qui m’entoure pour éviter que mon esprit ne s’emballe.
La pluie nous a conduits ce matin au Vasamuseet un musée fascinant qui raconte l’histoire du Vasa, un vaisseau royal, fleuron de la flotte suédoise qui a coulé dès son baptême, en 1628 à peine 1300 mètres après avoir quitté le quai. Une tragédie navale transformée en chef-d’œuvre de conservation. Le musée est superbe, tout en bois sombre, et l’histoire du navire est racontée avec beaucoup de finesse. Une visite très intéressante. Les photos ne rentrent pas justice à ce que l’on voit lors de cette visite.
Nous avons ensuite pris le bus vers Gamla Stan (surnommé par JF Gangnam style), le centre historique de Stockholm. On a flâné sous un ciel devenu ensoleillé, admiré les façades colorées, traversé les ruelles pavées.
Puis on a repris le bus et le métro — en se trompant de direction au passage ! — avant de rejoindre ce qu’on appelle les « Champs-Élysées » suédois. Une belle promenade.
Pour rentrer, on a opté pour le bateau et le tramway. Demain matin, nous irons visiter le Palais Royal et après nous verrons..
Mercredi matin
Nous nous sommes levés assez tôt pour arriver à l’ouverture des visites du Palais Royal. J’en ai vu de plus beaux, et en un peu plus d’une heure, nous avions déjà fait le tour. Je me rends compte que je suis un peu dans ma tête et, au fond, la royauté suédoise ne m’intéresse pas vraiment. Comme toutes les royautés, finalement.
Dehors, le temps est magnifique, le soleil est chaud. Nous nous asseyons près du Palais Royal, sortons notre Cartoville et décidons d’attendre la relève de la garde. Nous ne sommes pas exactement au bon endroit, alors nous en manquons une partie, mais nous réussissons quand même à en voir un peu. Les soldats défilent. Ce genre de solennité m’émeut toujours.
Nous descendons ensuite au bord de l’eau pour dîner. Puis nous marchons en direction du Kungsträdgården, un lieu de prédilection pour les Stockholmois, qui viennent s’y rassembler au printemps autour de la fontaine et des cerisiers du Japon en fleurs. Même si les cerisiers ont déjà perdu leurs fleurs, l’endroit reste très beau. Nous poursuivons notre promenade jusqu’à Sergels Torg et le Kulturhuset (la Maison de la Culture). Au centre de la place se dresse un obélisque de 37 mètres surnommé « le Pinnen » (le bâton) qui est l’objet de controverse depuis 1950.
En chemin, nous tombons sur un centre d’achat qui ressemble au centre Fairview Pointe-Claire. J’y marche à peine cent pieds que j’en ai déjà assez. Je me mets en quête d’une tuque… ce qui relève de la mission impossible en plein mois de juillet. Je trouve l’équivalent suédois d’un Dollarama, le ÖboB. Pas de tuque!!
Nous rebroussons chemin et découvrons qu’il y a un IKEA dans le centre commercial. Qu’avons-nous fait ? Nous avons acheté un Bodum. Puis, nous avons décidé de rentrer. Il n’est pas nécessaire de tout voir. Nous prenons le métro, puis le tramway, pour regagner notre appartement. Il y a des stations de métro qui sont de véritables oeuvres d’arts comme à Moscou.
Demain, ce sera une journée de plein air et vendredi matin, la levée du corps se fera aux aurores. En ce moment, le soleil se couche à 22h et se lève à 3h45. Les nuits sont courtes. Dans les faits, nous sommes plus au nord que Kuujjuaq…ça vous donne une idée!!
Nous sommes arrivés à Rouen en fin de journée après un petit arrêt à Saint-Lô. Rien à signaler de ce côté-là. Notre appartement est situé à deux pas de l’église Saint-Maclou, en plein coeur du quartier des antiquaires. Emplacement parfait. Malheureusement, les points positifs s’arrêtent là.
Notre appartement donne sur la rue Malpalu, une petite rue animée, bordée de terrasses. Le 5 juillet marque la fin de l’année scolaire pour les enfants, il y a du monde. Pendant que JF part en reconnaissance pour trouver l’appartement, je tente de me faufiler au plus près de l’immeuble avec la Masérati. Je n’y suis même pas depuis deux minutes qu’un homme vient frapper à ma vitre. — Le stationnement est interdit ici, madame. — Je ne compte pas rester là jusqu’à la fin des temps, monsieur. Je sens déjà que ça monte en moi, mais je me contrôle. — Oui, oui, je comprends, je sors les valises et je dégage. Il me fixe d’un air qui voulait dire, ôte toi de là. JF revient… — Ishhh… — Ishhh quoi ? Je sens qu’il va m’achever. — Tu verras. Ok.
Derrière moi, deux voitures hésitent à passer. JF se transforme en contrôleur de circulation et invite les conducteurs à avancer. Une conductrice, le prévient : — Vous allez avoir un PV si vous restez là ! De quoi elle se mêle celle-là… — Ce sera mon problème, lui répond JF.
On finit par sortir les valises. Pendant que JF monte les valises, je repars avec l’auto direction le parking de la Cathédrale. Je tourne en rond, et me retrouve dans la mauvaise voie. Un cycliste me fait de grands signes pour m’indiquer que je suis sur la piste cyclable. Effectivement. Je m’en rends compte. Bravo, championne!, mais à ma défense avez-vous déjà vu ça une piste cyclable au milieu de la rue…
Je trouve enfin le parking… fermé pour rénovations. Super. Je cherche un autre stationnement. Place Saint-Marc. Bingo. Je laisse l’auto au premier sous-sol, prends une photo de l’emplacement, mémorise la sortie et me voilà de retour à pied vers l’appartement. JF vient à ma rencontre. — Es-tu prête ? J’ai l’impression qu’il va m’annoncer une catastrophe nucléaire. — Oui, go. Je suis fatiguée.
On entre dans un couloir sombre, puis on débouche sur une cour intérieure… extérieure. Vous voyez le genre ? C’est carrément glauque. Au fond, un vieil escalier monte vers notre appartement. Rien qu’en gravissant les marches, je le sens : ça ne va pas le faire (comme disent les Français).
On pousse la porte : peinture défraîchie, ambiance tristounette. Il n’y a qu’un seul verre à vin posé là (et vu ce que je vois, je me dis déjà que je vais boire à la bouteille, direct au goulot). La chambre donne sur la rue Malpalu : c’est bruyant, forcément.
Mais nous sommes à distance de marche de tout ce qu’il y a à voir à Rouen. C’est vraiment une très belle ville (je parle ici de la vieille ville). Je vais donc en faire mon affaire de cet appartement.
Le lendemain, on visite l’église Saint-Maclou. Au moment où nous posons le pied à l’intérieur, une chorale est en pleine répétition. L’acoustique est incroyable, c’est magnifique. Ensuite, direction la cathédrale de Rouen : ouf… d’une beauté renversante. Je pars à la recherche du tombeau de Richard Cœur de Lion, que je finis par trouver. JF traîne un peu derrière… On fait le tour tranquillement, sans se presser.
Puis, on se dirige vers le Palais de Justice, marqué par les bombardements de la guerre 39-45 (voir la photo des projectiles ci-dessous). Après ça, on tourne autour de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc. On achète des fruits. Ah oui, entre-temps, on passe aussi devant le Gros-Horloge, avant de terminer par un tour au Musée des Beaux-Arts. Grosse journée.
Un de mes peintres préférés, c’est Modigliani. Et je sais, pour l’avoir lu quelque part, qu’il y a trois de ses toiles au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Je scrute le plan du musée, à l’endroit, à l’envers… impossible de les trouver. Je commence à être un peu à “boutte”. Des fois, je tombe fatiguée d’un coup. Paf, je voudrais me télétransporter jusque chez moi.
JF demande à une jeune fille qui surveille une salle si elle sait où se trouvent les toiles de Modigliani. Négatif. On continue à marcher un peu. Deuxième jeune fille, même résultat : elle ne prend même pas la peine de vérifier sur son plan. “J’sais pas”, qu’elle dit. Ouille de ouille de ouille…
Finalement, on croise une dame d’un certain âge pour ne pas dire d’un âge certain. JF lui demande : — Madame, pourriez-vous m’indiquer où sont les toiles de Modigliani ? — Oui, bien sûr ! Elles sont dans la dernière salle, au premier étage, juste avant la sortie.
Pu***, si tu engages quelqu’un pour travailler dans ton musée…une petite formation pour aider ces petites jeunesses à avoir l’air un peu moins niaises. Voilà. Fallait juste persévérer.
Ce soir, nous soupons au restaurant La Couronne, où nous étions venus en 2019. Bizarre, je ne reconnais pas la salle à manger. La Couronne est souvent considérée comme la plus ancienne auberge de France (1345) et est située face à la place du Vieux-Marché. Elle aurait survécu aux bombardements de 1944 et à un incendie en 1988, tout en préservant sa façade à colombages. Parmi ses visiteurs célèbres : Hemingway, Dali, Grace de Monaco, et même la reine Élisabeth II et le prince Philip ainsi que Michèle Durocher et Jean-François Thériault. 😉
Nous sommes partis ce matin en direction de Giverny pour visiter la maison de Monet et ses célèbres jardins. Il pleut.
On arrive sur place et, encore une fois, moi qui pensais naïvement être la seule à avoir eu cette idée… il y a foule. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je visite un endroit, j’imagine toujours que je serai seule au monde, comme si j’avais découvert quelque chose que personne ne connaît.
On fait rapidement le tour de la maison et des jardins. Que dire ? Les tableaux sont des reproductions, ce qui me surprend un peu. Je me demandais d’ailleurs pourquoi il n’y avait pas vraiment de sécurité…
Quant aux jardins… oui, c’est beau, mais ce n’est pas trop mon genre. Moi, j’aime les jardins anglais : droits, bien dessinés, bien manucurés. Ici, c’est un peu le fouillis, un peu à la “vagaille”, comme dirait ma mère.
On retourne à la voiture et on se met en route vers Gonesse dernier soirée en France…Franchement, les conducteurs français ne vont pas me manquer… je commence à en avoir ma claque. Et pourtant, je ne me considère pas comme une conductrice moumounne. J’ai un bon sens de l’orientation, je ne traîne pas, mais eux… ils sont impossibles. Entre ceux qui te collent au cul ceux qui te dépassent n’importe comment et ceux qui klaxonnent pour un oui ou pour un non, c’est à en perdre patience.On rapporte la voiture demain. Hourra!
Par la suite, direction Charles de Gaulle pour notre vol vers Stockholm où on passera quelques jours, vendredi on prendra un vol pour Luleä et on ira en auto 150 km plus au nord jusqu’à Juoksengi…au pays du père Noël…la Laponie!!
Je ne savais pas mais, la Pointe du Hoc est un autre site du Débarquement. Pour garantir la destruction des puissants canons allemands, le 2e bataillon de Rangers américains, commandé par le lieutenant-colonel James Earl Rudder, reçut l’ordre d’escalader la falaise de 25 mètres de haut et de prendre les fortifications.
Le matin du 6 juin 1944, les Rangers ont grimpé à l’aide de cordes et de grappins sous le feu ennemi. La bataille fut sanglante. Et, une fois arrivés au sommet, ils découvrirent… des bunkers vides. Les canons avaient été déplacés peu avant l’assaut. Après des recherches, les Rangers finirent par les retrouver, cachés un peu plus loin, et réussirent à les neutraliser.
Aujourd’hui, ce site impressionnant est conservé par l’American Battle Monuments Commission (même commission que le cimetière américain). On y marche dans un décor lunaire, façonné par les bombes : abris de commandement, bunkers, trous béants… Au sommet de la falaise, un mémorial offre une vue spectaculaire sur la mer.
Nous avons aussi visité le village de Sainte-Mère-Église, un village devenu célèbre à cause d’un épisode marquant du Débarquement. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, alors que les parachutistes américains de la 82e division aéroportée étaient largués au-dessus du Cotentin, un soldat, John Steele, est resté accroché au clocher de l’église après que son parachute s’y soit emmêlé.
Blessé à la jambe et suspendu plusieurs heures, il a assisté impuissant aux combats au sol avant d’être capturé puis libéré. Aujourd’hui encore, un mannequin de parachutiste est suspendu au clocher pour rappeler cet épisode devenu l’un des symboles du Jour J.
Cette dernière visite complétait notre incursion de la guerre de 1939-45, après cette plongée dans l’histoire, on avait besoin d’un break.
On a passé la nuit à Cherbourg (oui oui là où les Parapluies de Cherbourg ont été tourné avec Catherine Deneuve) et on a fait une superbe marche sur la côte, sur le sentier du GR 223 (Sentier des douaniers). Ça faisait du bien de se dérouiller les jambes et d’être au grand air au bord de la mer. Il n’y a rien de marquant qui se passe si ce n’est que cette famille de Néerlandais en vélo dans notre trail de marche alors qu’il y a des indications très CLAIRES que les vélos ne sont pas autorisés sur ce sentier. On les dépasse, la mère est pognée avec son vélo dans des roches, on tente de passer à côté, on est à deux doigts de se péter un poignet ou une cheville…on l’a laisse la avec son vélo et son fils … complètement stupide comme idée!!
Ensuite, direction Regnéville-sur-Mer, où nous avons passé quelques jours chez la soeur de JF et Jean-Philippe. On a pu passer une soirée avec Marcelle (la maman de JF) qui rentrait à Montréal le surlendemain. On l’a conduit à la gare. Dans la deuxième photo: JF, qui conduit sa maman jusqu’à son embarquement dans le train.
Mercredi, on en a profité pour visiter un lieu mythique que je n’avais encore jamais vu : le Mont Saint-Michel. Un endroit incroyable!
Hier, ce fût une journée tranquille à la plage — ne rien faire. Isabelle a fait son longe-côte (marche en mer), moi je me suis trempée les pieds et j’ai virai de bord. Trop froid. Voilà une belle occasion ratée de m’entraîner. Bof, au point où j’en suis…on a acheté des huîtres et des bulots et on est rentrés.
Ce matin, nous avons quitté Regnéville pour Rouen, où nous passerons deux jours. Rouen, c’est aussi la ville de naissance de la grand-mère paternelle de mon enfant…
Je commence à ressentir un petit “énervement” intérieur en lien avec ce qui s’en vient et qui se passera plus au nord…mais avant on va visiter Rouen et découvrir tout ce qu’il y a découvrir. Lors de notre dernière visite en France (2019) année ou JF a fait le Paris-Brest-Paris, nous nous étions arrêtés à Rouen mais n’avions rien visité sinon qu’un resto où nous retournerons demain soir. Je vous en reparle et demain direction la maison de Monet à Giverny (Yé on a réussi à faire entrer ça dans notre itinéraire).
Nous nous sommes installés à Caen pour 48 heures, le temps de visiter et de suivre les traces du Débarquement de 1944. Les plages, les musées, le cimetière américain : tout ici raconte une page d’histoire.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Pour être honnête, j’avais toujours gardé une certaine distance avec les commémorations du Jour J et le jour du souvenir. Un mélange de scepticisme et d’incompréhension. J’avais tout faux.
Ce que j’ai vu, ce que j’ai lu, ce que j’ai ressenti m’a touchée. Les soldats qui ont pris part au Débarquement ne sont pas venus faire la guerre pour la guerre. Ils se sont battus pour libérer un pays qui n’était pas le leur. Pour une idée. Pour la liberté.
Le 6 juin 1944, plus de 156 000 soldats alliés ont débarqué en Normandie. Parmi eux, des Canadiens, des Américains, des Britanniques, des Français libres. Les cinq plages — Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword — ont chacune leur histoire, leurs héros, leurs drames.
Juno Beach, c’est là que les troupes canadiennes ont touché terre. Ils étaient jeunes, ils venaient de partout au Canada. Ils ont affronté les balles, les mines, les vagues. Beaucoup n’ont jamais revu leur pays. Devant les monuments, les photos, les noms gravés, le silence devient lourd. Respectueux.
Nous avons aussi visité le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, surplombant Omaha Beach. Plus de 9 000 soldats y reposent, alignés dans un silence presque irréel. Chaque croix blanche, chaque étoile de David, rappelle une vie interrompue trop tôt. Le lieu est d’une beauté incroyable, mais surtout d’une dignité bouleversante. C’est là qu’on mesure vraiment le prix de la paix.
Et puis, il y avait les enfants. On en parle peu dans les récits militaires, mais leur quotidien a été bouleversé. Lors de l’exode, 90 000 enfants ont été temporairement séparés de leur famille. Certains ont fui à pied, d’autres ont été envoyés loin de la zone des combats. Les bombardements, les rationnements, la peur — tout cela a marqué leur enfance. Ce ne sont pas seulement les soldats qui ont vécu la guerre, mais aussi ceux qui attendaient et espéraient.
À Arromanches, on découvre le port artificiel construit pour faire débarquer hommes et matériel : le port Mulberry. Un exploit d’ingéniosité. Winston Churchill lui-même y avait mis son grain de sel. On imagine les camions, les vivres, les chars, la mer comme une autoroute improvisée.
Les chiffres donnent le vertige :
– 1,5 million de soldats américains stationnés en Angleterre avant le Jour J
– 40 000 soldats allemands prêts à défendre les plages
– 10 000 pertes alliées, juste le premier jour
– Et des dizaines de milliers de civils normands pris au piège
C’est toute une région qui a souffert. Et pourtant, elle accueille aujourd’hui avec bienveillance ceux qui viennent se souvenir.
Je repars avec un regard différent. Le mot “vétéran” ne sonne plus pareil. C’est plus qu’un mot. C’est une promesse qu’ils ont tenue pour nous.
« Le coquelicot est un symbole fort de souvenir et de deuil associé et de deuil associé à la Première Guerre mondiale et plus largement aux soldats morts au combat et aux vétérans. Il est particulièrement lié au poème « In Flanders Fields » (Au champ d’honneur) de John McCrae, qui décrit la prolifération de coquelicots sur les champs de bataille de Flandres. Le coquelicot est donc devenu un symbole du Jour du Souvenir, porté pour honorer la mémoire de ceux qui ont servi et se sont sacrifiés. » (wiki)
Déjà huit jours qu’on sillonne la Normandie. Les kilomètres s’accumulent, les histoires aussi. Honfleur, c’est à deux pas de Trouville. On y est allés sur la recommandation de notre hôte Airbnb. J’en avais déjà entendu parler, maintenant je peux dire que j’ai vu. Et c’est vrai que c’est joli. Très joli, même.
On refait notre cours d’histoire de secondaire IV en mode accéléré grâce à une simple plaque commémorative : c’est de Honfleur que Samuel de Champlain est parti en 1608 pour fonder la ville de Québec.
On a flâné autour du Vieux Bassin — une carte postale grandeur nature. On voulait visiter la Lieutenance, mais c’était fermé pour l’heure du midi. Alors on a pris notre courage à deux mains et on est montés à l’église Notre-Dame-de-Grâce. Jolie vue, jolie grimpette.
En redescendant, arrêt à l’église Sainte-Catherine, entièrement en bois, une des plus grandes de France. Encore un peu de flânerie autour du bassin. Le temps était lourd, moite. JF annonce qu’il part acheter de l’eau.
Il entre dans un genre de dépanneur français — petite boutique de bric à brac. Il prend une bouteille d’un litre, sort sa carte, prêt à tapoter… et là, la dame lui lance : « On ne prend pas la carte ». Pourtant, y’avait bien un terminal juste là, sur le comptoir. JF la regarde, incrédule, repose la bouteille et se recule en silence. La dame, agacée : « Bon ben c’est ça, monsieur, je vais m’occuper de la remettre ». JF, très calme : « Ben oui, faites donc ça, madame ».
— Tu n’as pas d’eau? — Non. Et il me raconte….
Vous connaissez l’histoire avec les achats de moins de x $$ les commerçants refusent de se faire payer par carte parce que les frais payés par le commerçant dépasse le montant de l’achat effectué…
Pas d’eau? Qu’à cela ne tienne. On se paye une glace à la pistache et au chocolat. On traverse une petite rue pavée, minuscule, habitée par cent cinquante touristes au mètre carré. On longe le trottoir, un peu tassés. Et là, klaxon. Une voiture veut passer. Je lève les bras : « Oh ça va! », dis-je, exaspérée.
Et de la passagère surgit :
— « Oh ça va la connasse, ôte-toi de la rue! »
J’ai regardé JF, et j’ai dit : « J’en ai assez », mais on a mangé notre glace avec nos cuillères en plastique recyclées. 😉 et on est allés se réfugier sur la plage de Deauville, pile là où Jean-Louis Trintignant court vers Anouk Aimée dans le film Un homme et une femme. Chabadaba, chabadabada…
On a regardé la mer. On s’est tus. Le vent était un peu froid. Le genre de vent qui ne laisse pas beaucoup de chance pour la bronzette. On a décidé de rentrer à Trouville. Et quelque part, au fond de ma tête, un petit compte à rebours invisible continue de tourner. Mais chaque chose en son temps.
Avant de partir pour la France, j’avais écouté quelques reportages sur YouTube à propos de la Normandie. L’un d’eux, carrément dithyrambique, portait sur le village de Beuvron-en-Auge, Le plus beau village de France, disait-on. Impossible de passer à côté. Alors, nous voilà en route vers Beuvron, dans ma Peugeot de Maserati, une petite demi-heure de trajet.
Je ne retrouve pas chez les Français la courtoisie des Anglais au volant : ils te collent au cul sur une route de campagne et te dépassent à moins d’un mètre de ta bagnole…
L’Ingénieur, lui, observe les routes de France avec un œil bien particulier – celui de l’ingénieur, justement. Une chance que Geneviève ne l’entend pas… elle lui dirait assurément de gérer sa fougère!!. Il ne cesse de me vanter la qualité du réseau routier français. Il a bien le temps de l’admirer : c’est moi qui conduis la Maserati.
Nous arrivons à Beuvron-en-Auge. Il fait chaud (je n’aime pas tant la chaleur), on trouve à se garer sans problème, puis on marche quelques mètres jusqu’au village.
Bon, d’accord, vous n’avez probablement pas vu le fameux reportage. L’animateur en donnait beaucoup… c’était plus que wow. Un genre de Voir Beuvron et mourir. Eh bien… j’ai pas “mouru”.
Si j’étais le maire de Beuvron, je serais du style Luc Ferrandez : un peu dictatorial. Dans le sens de : toi peins ta clôture, toi arrange tes planches, toi prends soin de tes géraniums… question de garder la notoriété du village. Je ne sais pas en quelle année le village a reçu ce titre de « plus beau village de France », mais ce n’est plus franchement le cas. Il m’a paru plutôt négligé: de belles clôtures en fer forgé auraient besoin d’un coup de pinceau, des balcons à redresser, des planches à peindre, des fleurs fanées. C’est pas top, mettons.
On a fait le tour en 45 minutes, top chrono.
Direction: la fromagerie. Je ne sais pas si vous le saviez, mais moi, je n’avais jamais fait le lien entre le camembert et la Normandie. Le calvados, oui. Le camembert, non. On a un peu « taponné » pour trouver une fromagerie qui accepte les visites. Je voulais voir une fabrique artisanale, avec du camembert fait à la louche. Raté. Mauvaise note, mauvais arrêt : on est tombés sur une fromagerie ultra-mécanisée. Mais c’était quand même très intéressant. Et on a acheté deux excellents fromages qui embaument depuis la voiture… et l’appartement.
Puis cap sur une maison de calvados : Pierre Huet. Dégustation gratuite. On est en début d’après-midi — un peu tôt pour moi pour m’envoyer un p’tit verre. JF, lui, ne refuse pas et lance un : « Vous autres, vous l’avez l’affaire, les Français! » Ça sonnait un brin Elvis Gratton et son célèbre : « Ils l’ont-tu l’affaire, les AmAricains… »
Je ne sais pas d’où c’est parti, mais la jeune fille derrière le comptoir a lancé qu’elle adorait notre accent. Et là, JF a pris ça comme une invitation officielle à sortir le micro. Il s’est mis à raconter qu’il travaillait chez Eurovia-Vinci, qu’ils recevaient des stagiaires français en VIE, qu’il connaissait bien le système, les ponts, les chantiers… On n’était plus dans une simple réponse polie, c’était une conférence improvisée. Moi, je souriais en coin. Il était bien parti, sauf que…la jeune fille nous a quitté pour servir d’autres clients… JF est resté en plan.
Cette maison produit du cidre, du calvados, et du poiré. Dans un autre reportage, j’avais vu une maison spécialisée uniquement dans le poiré – pétillant, paraît-il. J’ai goûté celui de la maison Huet. C’est bon… mais je ne suis pas encore convaincue. Je vais essayer de retrouver celle qui fabrique le fameux poiré effervescent. Je vous en redonne des nouvelles.
Demain je vous parlerez de Honfleur, de la connasse et de la fille du dépanneur.
Nous avons quitté Dieppe en Direction de Trouville (juste à côté de Deauville), avec un arrêt prévu à Étretat. Un peu plus de deux heures de route nous attendaient. Aux premiers abords, Étretat… c’est autre chose. Déjà beaucoup plus de touristes, et aucune place gratuite pour garer la voiture. Ça m’énerve un brin. On grimpe jusqu’au promontoire pour voir la plus grande des deux arches — le fameux rocher percé, version française j’imagine. Il y a du monde, et des chiens. Un jour, les chiens auront plus de droits que les humains, je vous aurai avertis. J’imagine le petit chien qui, le matin, aboie gentiment à son maître : « Oh maître, amène-moi voir les arches d’Étretat… » Pu***
On ne visite ni les jardins d’Étretat, ni le musée consacré à Charles Nungesser et François Coli, deux aviateurs français de la guerre de 14-18, disparus en tentant de traverser l’Atlantique (direction Paris-NY) le 8 mai 1927. Quelques jours plus tard, Charles Lindbergh, lui, y parviendra (NY-Paris). On ne visite pas non plus la maison d’Arsène Lupin. On a juste envie de prendre notre temps, sans rien s’imposer. Et c’est ce qu’on fait.
On arrive à Trouville à 17h20. On s’installe au bord de la mer et on regarde le temps passer. Je crois que JF est surpris par Trouville… Moi, je suis un peu dans mes pensées. La dernière fois que je suis venue ici, c’était en 2007, avec une amie. Nous avions pris le train de Paris. J’hésite à raconter cette histoire de peine d’amitié. Peut-être qu’en en parlant, je réussirais à exorciser… Bref, je refocusse, et on se dirige vers notre Airbnb, à cinquante pieds de la mer. La joie.
Patricia, notre hôte, nous fait visiter l’appartement. C’est long pour rien. Je préfère les entrées autonomes aux entrées personnalisées. Je n’ai pas d’allure. Je dois souffrir de phobie sociale. Ma sœur dirait plutôt que je manque d’habiletés sociales. Le bla-bla d’usage consommé, nous voilà installés.
J’ai repéré une piscine publique — extérieure, avec une eau à 24°C. Il faudrait bien que j’y aille, ma dernière baignade remonte au 20 juin. Il ne fait pas très beau…
Pendant que JF s’affaire aux fourneaux pour préparer un orzo aux pétoncles, épinards et champignons,j’écris. La Normandie, c’est la Mecque de la coquille Saint-Jacques — pas celle qu’on mange chez nous, gratinée à la béchamel (beurk), ce qu’on appelle à tort un pétoncle. Voici ce qu’on avait acheté au Leclerc…Simonac!
Finalement, notre voyage est fait de petits riens. Vous ai-je dit que je commence à penser que j’ai suffisamment voyagé ? Que je n’ai plus vraiment envie d’être squeezée entre JF et un·e inconnu·e, de sortir de cette carlingue pliée en deux, et de mettre plusieurs jours à m’en remettre…mais avant de tirer ma révérence, il y aura le Japon, la Macédoine, le Monténégro…;-) et sûrement un voyage de ski avec ma Juju et mon enfant.
Je pense à ce qui s’en vient. J’essaie de rester zen, de ne pas trop y penser. Il me reste encore quelques jours avant le jour J.
Après le souper, on ressort pour regarder le soleil se coucher. Il est plus de 21h30 et le soleil commence à descendre. On est chanceux. Pas de problème de santé, pas de problème financier, pas de problème pantoute…et ce coucher de soleil incroyable!!! Moment de gratitude. Amen!
Je me suis réveillée à 11h. Onze heures! Même à l’adolescence, je n’ai jamais atteint pareil sommet de paresse. JF, zen, a magasiné des timbres en attendant que je revienne à la vie.
On a déjeuné-diné d’un seul coup et on est partis marcher. Une bonne dizaine de kilomètres le long de la mer, puis dans le Dieppe “adjacent”. On a grimpé sur un promontoire où trône une petite église, dédiée aux marins morts en mer.
Partout, des souvenirs de la guerre. Des drapeaux canadiens sur les terrains, des plaques commémoratives, l’avenue des Canadiens. Cette marche, nous ramène au 19 août 1942. L’opération Jubilee. Un débarquement raté. À Puy, à peine à l’est de Dieppe, 557 soldats canadiens ont tenté de poser le pied sur la plage. 227 sont morts presque aussitôt. Une guerre encore vivante dans le paysage, dans la mémoire.
Après la marche, j’ai décrété qu’il était l’heure de la crème glacée. D’autant plus qu’hier, on avait raté notre chance — trop occupés à courir après une montre emportée par la marée.
JF a trouvé Tonton le glacier. Pistache pour moi, noisette pour lui, dans des bols. Il revient triomphant, les deux coupes en main… et là, horreur : des cuillères-en-bois-censées-sauver-la-planète.
Je vous le dis, je ne peux pas. Ça me donne des frissons, des spasmes, des hauts le cœur. Le bois, dans la bouche, c’est une torture. Je dois me concentrer pour éviter les dents, la langue et ne surtout pas penser à la texture. Résultat : je ne goûte plus rien. Mon plaisir est ruiné par cette foutue cuillère de bois. Même chose dans les avions maintenant. Comme si ce geste allait rendre les compagnies aériennes de bons citoyens corporatifs et qu’ils allaient sauver je ne sais trop quoi avec leur foutu ustensiles en bois. Alors oui, je traîne mes propres ustensiles recyclés en plastique. Je sais. C’est bizarre. Mais j’en connais qui trimbalent leur bouffe maison. Chacun sa névrose.
En fin de journée, on a roulé vers les falaises d’Ailly et à Hautot-sur-Mer. On a croisé des bunkers allemands. Encore la guerre. On fera presque toutes les plages du débarquement. C’est devenu notre fil conducteur.
On devait manger Chez Polette. Fermé. Ouverture mardi seulement. Dommage, mardi, on sera ailleurs.
Alors on s’est rabattus sur une paella toute prête, du saumon fumé et des acras de morue. Un festin improvisé. Sans cuillère de bois…
Ici bas, l’homme qui cherche à faire fonctionner la cuisinière française, chinoise, coréenne ou suédoise…sans trop de succès.
C’est beau la ville de Dieppe, pas trop de touristes, pas compliqué, tu gares la voiture un peu n’importe où gratuitement. On s’est mis en branle tranquillement, levée du corps autour de 8 h, une bonne grosse nuit de sommeil pour moi. JF s’est réveillé au milieu de la nuit sans être capable de retrouver le sommeil par la suite. Qu’a-t-il fait vous pensez ?
Il pleuvait des cordes au réveil. On a donc pris notre temps. Café, déjeuner et hop, à la découverte de Dieppe. On a donc fait la visite du Château-Musée. JF a essayé d’avoir le tarif âge d’or… résultat négatif ! Dans les faits, ce tarif ne semble pas exister à Dieppe.
Nous sommes passés à côté des deux Tourelles, endroit d’où sont parties quelque 600 filles du Roy entre 1663 et 1673.
Je ne sais pas si je l’ai déjà écrit, mais j’ai passé toute mon enfance à passer jour après jour devant la Maison Saint-Gabriel, maison qui a accueilli les filles du Roy. J’ai eu une petite émotion en voyant de quel endroit elles étaient parties à Dieppe. Mon école primaire était à quelques pas de la Maison Saint-Gabriel.
La Maison Saint-Gabriel est un musée depuis plusieurs années. Je ne sais pas combien de fois je l’ai visitée, au moins une dizaine de fois. Pour la petite histoire, c’est en 1662 que Paul de Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal, cède une terre à Marguerite Bourgeoys à la Pointe Saint-Charles, et en 1668, Marguerite Bourgeoys achète la maison de ferme et les terres de François Leber, un voisin. Si vous n’avez jamais visité ce musée, allez-y : c’est un pan de notre histoire qui s’y trouve. Les filles du Roy y ont vécu.. Mon école élémentaire portrait le nom de Jeanne-Leber, qui était la fille d’un riche marchand (Leber) et de sa mère Jeanne Mance, qui fonda l’Hôtel-Dieu.
Dieppe a une très longue plage de galets, avec une promenade et un terrain gazonné en devanture. J’aperçois une pancarte bien claire : un chien, un cercle rouge, une barre. Ça veut dire ce que ça veut dire : PAS. DE. CHIEN.
Et là, que vois-je ? Un humain avec un chien, « drette » là où c’est interdit. Le chien s’accroupit, l’air appliqué, pour déposer son offrande. L’humain, lui, brandit fièrement son petit sac en plastique…
Et c’est là que ça me dépasse : ramasser une crotte encore tiède, à main quasi nue, via une mince couche de plastique qui ne demande qu’à céder… On parle quand même d’un contact olfactif direct, et d’un risque tactile élevé. Et après ? L’humain doit continuer sa balade avec le petit sac à la main, comme s’il tenait une truffe précieuse, un genre de trophée gluant. Non merci.
Je me demande souvent : à quel moment dans l’évolution humaine a-t-on décidé que ça, c’était de l’amour ?
Nous sommes rentrés pour dîner et sommes allés par la suite vers une plage de sable fin (la plage de Dieppe est en galets). Première tentative : échec. Deuxième tentative : un peu mieux, mais malheureusement notre journée s’est mal terminée.
Une fois revenus à la plage de Dieppe, je décrète que c’est l’heure de la pause crème glacée. On se dirige vers les kiosques en bord de mer… JF touche ses poches, fouille son sac à dos. – Moi : « Qu’est-ce que tu cherches ? » – Lui : « Ma montre… je la trouve pas. » – Moi : « Non… pas vrai. » – Lui : « Oui, je l’ai enlevée à la plage… je voulais l’attacher à mon sac à dos mais je ne suis pas allé au bout du geste. Elle est restée sur la plage. » – Moi : « Tu parles de TA MONTRE GARMIN ? »
Non, non que je répète. Allez hop, on y retourne. 60 km aller/retour. Je roule un peu vite, en souhaitant que la montre y soit toujours.
En chemin, une pancarte bizarre m’intrigue : une moto, une auto, des quarts de cercle, un point noir au centre. Je pogne un fix : « C’est quoi cette pancarte-là ? »
Après avoir posé la question 100 fois, JF regarde sur internet… ce sont des radars. Je dois rouler à 30 km au-dessus de la limite depuis au moins 15 kilomètres.
Il est peut-être là, MON petit butin précieux, celui qui sortira de mes poches faute d’avoir respecté les limites de vitesse…Il y avait urgence. La montre !
Premier arrêt : pas de montre.
Deuxième arrêt : la marée a sûrement emporté la Garmin qui a coûté un billet d’avion pour Paris en basse saison!!! Crissssse !!!
Mais bon. Une montre, ça se remplace et JF dit qu’il n’apprend pas d’une fois à l’autre que là, ça vient de lui pincer le popotin pour ne pas dire le cul (pour combien de temps…je l’ignore…mais je pense qu’il est trop tard, il va continuer à se faire pincer le popotin pour autre chose d’ici la fin de ce voyage). Mais au final, une journée bien remplie, ça ne s’efface pas. Et quelque part entre le château, les galets, les Filles du Roy, le chien et les radars… j’ai une histoire à vous raconter. C’est peut-être ça, le vrai précieux butin.
Plage de DieppeEglise Saint-JacquesIntérieur égliseMusée | ChâteauTour du Château
Nous avons quitté Montréal hier soir. Notre vol pour Paris était à 19h. Sommes donc arrivés à Paris aux p’tites heures du matin, heure de Montréal… Direction Gonesse pour aller chercher la bagnole, que j’ai déjà rebaptisée Conasse.
Nous sommes maintenant en Normandie, à Dieppe, pour quelques jours. Nous prendrons ensuite la direction de Regnéville-sur-Mer, rejoindre le Français, sa femme et sa belle-mère. Nous marcherons sur le GR21 (Grande Randonnée), visiterons des cathédrales (la 278e à notre actif 😉 et d’autres endroits que j’ai soigneusement sélectionnés. Ce séjour sur la côte normande est un prétexte à quelque chose de plus… comment dire… plus fou, complètement flyé. JF a embarqué dans mon projet les yeux fermés… et les a gardés fermés pour toute la préparation du voyage. En fait, ses yeux se sont ouverts hier, une fois à l’aéroport.
Mais pour revenir à mon projet… je ne vous en dis pas plus pour le moment… stay tuned !
Premier constat. Nous voyageons avec Air France. Arrivés relativement tôt à l’aéroport, et pour une fois, rien n’a chié : j’ai pas oublié mon cellulaire, JF n’a pas oublié ses lunettes, on n’a pas perdu de bagages… tout va bien.
On se dirige vers le comptoir, parce qu’on a la grosse Germaine avec nous (alias valise XXL). On décide donc d’envoyer tout le bataclan en soute. La préposée à la circulation (comprendre employé de AF) me regarde : — Destination ? — Paris. — Heure du vol ? — 19 h. — Vous ne pouvez pas aller au comptoir, vous devez imprimer vos tickets de valise vous-mêmes.
Bon. Encore une affaire. Dans les faits, je me demande à quoi ils servent. Mettez donc des pancartes avec les instructions, on va se débrouiller. Bref, je gosse un brin avec le terminal. On finit par faire ce qu’on exige de nous. JF, dans toute sa candeur, lâche : « Tabarnack, sont à veille de nous donner un livret d’instruction pour piloter l’avion. » La fille le regarde…je baisse les yeux.
On est tassés comme des sardines, mais on va faire avec. P’tit bonheur : dans leur choix de films, y’en a un avec Daniel Auteuil que je voulais justement voir. Le Fil. Du Daniel Auteuil à son meilleur, dans le rôle d’un avocat qui décide de défendre un homme accusé d’avoir tué sa femme. Ouille. Ça fesse.
J’ai eu un p’tit moment de nostalgie en le regardant réfléchir à sa cause, chercher de l’info… un petit clin d’œil à mes années au prétoire.
Saviez-vous que Daniel Auteuil compose de la musique et chante ? Oui, oui. Allez sur Spotify ! On a vu son show le printemps dernier au Patriote de Saint-Agathe.
JF a ronflé. Une spécialité qu’il développe de mieux en mieux depuis quelque temps. Mes nerfs et ma patience sont mis à rude épreuve.
Bon, nous voilà rendus à Conasse chercher la bagnole. Service à la clientèle un peu bancal, mais tout de même efficace.
La femme devant moi — qui a un look de punk qui fréquentait jadis les Foufounes Électriques — me fait signer différents documents que je survole en diagonale. Je les lui remets, et elle me lance : — Mais non !!! — Mais non quoi, madame ? — Il faut écrire lu et approuvé. — Oui, j’ai signé, madame. — Ben non. — Ben non quoi, madame ?
Je lui montre : ma signature est là, là et là. Je vois bien qu’il est écrit lu et approuvé, avec la mention signature, et j’ai signé. Je pige pas, madame, c’est quoi… tu veux que je fèze ?
Elle répète : — Lu et approuvé.
Oh la la. Oui, madame, je vois que c’est écrit lu et approuvé et j’ai signé. — Non, madame…
Ouille. Il est 4 h du matin pour nous. J’ai pas fermé l’œil du vol. Madame, pousse pas trop le bouchon.
Elle finit par faire une phrase complète : Il faut que vous écriviez lu et approuvé à la main, et que vous signiez.
Du grand n’importe quoi. Ça change quoi au prix des bananes, madame ? Si vous pensez que vous êtes « safe » juridiquement parce que vous m’avez fait écrire ça à la main… eh bien j’en sais foutrement rien et je m’en balance pas mal. Ce que je veux, c’est les clefs de ma Peugeot de Maserati.
Deux heures et demie de route pour arriver à Dieppe. L’appartement est super bien situé, l’entrée s’est faite sans anicroche. On a fait une sieste, puis hop, direction le port pour manger. Dernier arrêt au supermarché, et nous voilà bien fatigués. Demain à nous les découvertes…que JF va découvrir presqu’en même temps que vous!!!
Nous sommes rentrés à Montréal le 10 décembre dernier après presque 3 mois d’absence. On se réapproprie notre maison et on retrouve nos repères petit à petit. Passer trois mois à l’extérieur du pays, ce n’est pas véritablement des vacances, c’est ce que nous constatons depuis notre retour. Notre projet était beaucoup plus de l’ordre de d’un séjour à l’étranger de 3 mois avec un horaire journalier de voyage organisé… ou presque. Il y a des constat positifs et négatifs à tirer de cette expérience que nous faisons au jour le jour depuis notre retour. Je ressens une grande fatigue. Ce projet nous l’avions pensé, imaginé mais une fois réalisé on se rend compte que nous avions mis la barre un peu trop haute et avons sous estimé la fatigue physique et mentale. Être constamment déstabilisés que ce soit par les habitudes de vies, les règles, la langue…ça engendre nécessairement une certaine fatigue. Plus de 50 jours en camping-car dans un endroit restreint ça demande beaucoup de don de soi envers l’autre. La vie en camping-car c’est une maison sur roues…la vie continue, le lavage, l’épicerie, vidanger, chercher l’eau, les endroits à visiter et à coucher, ces exercices au quotidien demandent beaucoup d’effort. Je suis assez « easy going » en voyage, mais celui-ci m’a demandé un effort considérable.
Alors voilà, les dernières semaines de notre séjour, en rafale.
***
Il y a bien longtemps que j’ai écrit concernant notre périple, bien honnêtement le temps me manque.
Après avoir terminé ma marche sur le Sentier des Pêcheurs à Luz, nous nous sommes dirigés immédiatement vers l’Espagne dans un petit village en bord de mer. Nous avons roulé environ 150 km jusqu’à Isla Canela. Mon chum avait encore une fois, trouvé une place incroyable avec une vue imprenable… dans une ville fantôme!!! Pas grave, on s’en fout l’important c’est qu’on a un spot, mais l’endroit est d’une mortitude ahurissante. Il est clair que c’est un endroit de villégiature et que la saison forte est terminée. Le village ressemble à la chanson de Bécaud…
C’est en septembre (nous c’était novembre, même maudite affaire…)
Quand l’été remet ses souliers
Et que la plage est comme un ventre
Que personne n’a touché
C’est en septembre
Que mon pays peut respirer
Pays de mes jeunes années
Là où mon père est enterré
Mon école était chauffée
Au grand soleil
Au mois de mai, moi je m’en vais
Et je te laisse aux étrangers
Pour aller faire l’étranger moi-même
Sous d’autres ciels
Mais en septembre
Quand je reviens où je suis né
Et que ma plage me reconnaît
Ouvre des bras de fiancée
C’est en septembre
Que je me fais la bonne année
On est donc dans un bled perdu au bord de l’océan. Il nous passe encore une bulle au cerveau. Si on mangeait de la pizza… après avoir marché 15 km de Saléma à Luz, j’étais partante. Mon chum commence à chercher, il me demande si en 800 mètres la pizza à le temps de refroidir s’il part la chercher à pied. Si tu prends un taxi non… si tu marches oui. On décide d’y aller avec le camping-car. La pizzeria était fermée malgré l’information contraire sur Google, d’ailleurs Google l’échappe fréquemment en Europe. On se met à chercher une autre pizzeria… pas de chance, pizzeria fermée (je vous rappelle que nous nous sommes arrêtés dans un village de bord de mer… et que nous sommes en novembre). On essaie une dernière pizzeria à 8 km de où se trouve la dernière. On arrive dans un autre village où là, l’été ne semble pas avoir encore pris fin… sauf que calibouaire on est dans des petites rues de rien et aucune place pour se garer. Vous savez ce qu’Einstein a dit? La folie, c’est de refaire toujours la même chose et d’attendre un résultat différent. Nous étions dans ce genre de boucle…avec la pizza en Espagne. Nous n’avons pu nous garer et sommes sortis bredouilles de ce quartier qui se croyait toujours en plein été. On a faim (j’ai marché 15 km et j’ai presque rien bouffé de la journée… non, non j’ai pas de problème alimentaire…. juste une mauvaise planification). Mon chum m’attendait à Burgau pour me bourrer de sucre !!!
On finit par trouver un centre d’achat avec une épicerie. Je prends les choses en main, car l’homme semble à bout de ressources. J’ai un peu gossé pour trouver le supermarché mais une fois dedans, 10 minutes top chrono, et j’avais de quoi manger. Rien de très transcendant mais de quoi nous tenir jusqu’au déjeuner. Un saumon apprêté avec des légumes et une tarte (quiche) à la patate et aux oignons (tortilla de patata) qui est un plat typique de l’Espagne. On s’endort bien repus. Le lendemain, direction Séville.
Avez-vous déjà visité Séville? Un coup de cœur en ce qui me concerne. Cette ville est magnifique. L’architecture est d’une beauté sans pareil, la place d’Espagne est grandiose, tout est beau sauf… les faux contrôleurs de stationnement…
Je vous explique, lorsque vous arrivez dans un stationnement public (c’est-à-dire sur la rue) il y a souvent un gars avec un dossard fluo qui se prend pour le gérant du stationnement de rue. Voilà que l’homme et sa fiancée arrivent à un parking du côté de la Marine Royal. Le gars nous fait signe de nous garer à un endroit X, évidemment on ne l’écoute pas. JF ne le regarde même pas et continue son chemin. Le gars nous fait des grands signes. On se gare. Le gars vient vers nous et baragouine quelque chose dans le style, vous me devez des dineros pour le parking. JF le vire de bord comme une crêpe mais le gars insiste. Nous avions lu que ce genre de “faux gérants de stationnement peuvent être harcelants”. Le gars reste là planté devant notre porte. JF ouvre la porte de nouveau et réitère au gars qu’il n’obtiendra rien de nous. Si le gars devient trop insistant, vous sortez un ou deux euros et basta. C’est ce que nous avons fait. Une fois le parking réglé, nous sommes installés à Séville pour trois jours et avons visité les principaux sites d’intérêts.
La Cathédrale de Séville et la Giralda | Magnifique
Cathédrale de Séville : La plus grande cathédrale gothique du monde, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’intérieur est impressionnant, avec des chapelles richement décorées, le tombeau de Christophe Colomb et des vitraux magnifiques.
La Giralda : Ancien minaret de la mosquée almohade transformé en clocher, elle offre une vue panoramique incroyable sur la ville après avoir monté ses rampes.
2. L’Alcázar de Séville | Magnifique ++
Un palais fortifié d’origine musulmane, célèbre pour son architecture mudéjare, ses jardins luxuriants et son rôle de lieu de tournage pour des séries comme Game of Thrones. Chaque coin est un mélange de culture arabe, chrétienne et juive.
4. La Plaza de España | Coup de cœur, cette place est belle, belle et encore belle.
Une place emblématique construite pour l’Exposition ibéro-américaine de 1929. Elle est entourée d’un bâtiment en demi-cercle, avec des ponts, un canal et des mosaïques représentant les provinces espagnoles. C’est un lieu parfait pour se promener ou faire une balade en barque.
6. La Torre del Oro
Une tour défensive au bord du fleuve Guadalquivir, qui abrite aujourd’hui un musée maritime. Vous pouvez également faire une croisière sur le fleuve depuis ce point.
Après deux mois et ½, disons que mon brushing en prend un coup. Zéro séchoir à cheveux, zéro teinture, zéro coupe. Je commence à avoir de la misère à me regarder, MAIS impossible que je sois infidèle à ma coiffeuse. IM-POS-SI-BLE, donc ça attendra le 20 décembre. Mon chum lui, par contre, s’est dit que ça ferait un p’tit clin d’oeil à l’opéra du Barbier de Séville que de se faire couper les cheveux à Séville. Il s’est trouvé un coiffeur chez Antonio Roméro Barbiera, près des Jardines de Murillo et la chose fut faite. Vous connaissez la chanson de Serge Reggiani, le Barbier de Belleville, c’est une chanson autobiographique de Serge Reggiani. Allez l’écouter sur spotify…ses parents tenaient un salon de coiffure et avant de devenir un chanteur connu, et bien figurez-vous donc qu’il faisait des shampoings
J’ai entendu cette chanson pour la première fois, c’était en 1990 j’étais dans une petite Mégane et je venais de faire Paris, Chambéry, la Vallée d’Aoste, Turin, Milan, Vérone, Venise, Ravenne jusqu’à Chatelaillon-Les-Bains en 3 semaines. Vous regarderez sur une carte… Une idée folle…je m’égare!
Après Séville, direction Malaga. Une belle surprise nous y attendait. Je n’ai rien su avant d’arriver à Madrid, mon frère et ma belle-soeur allaient venir nous y rejoindre pour une semaine. Je me suis transformée en GO. Une belle semaine où on a vu tout ce qui y avait à voir avec une petite tristesse dans notre coeur. Malaga décore sa ville de lumières pour Noël comme nulle part ailleurs. Des centaines de milliers de lumières et décorations. La switch est mise à “on” le 29 novembre et avons quitté Malaga le 24 au matin… (je pense m’acheter un billet et revenir juste pour voir les décos…juste fou…fou…fou).
Picasso est né à Malaga, j’ai visité la maison où il a vécu et son Musée. Picasso pour moi c’est comme la Casa de los Picos à Ségovie (voir plus bas). Je ne comprends pas tellement sa démarche artistique et honnêtement, ses barbeaux me laisse assez froide. Ses toiles ne suscitent aucune émotion chez moi.Je regarde, j’essaie de trouver ça beau, mais je n’y arrive pas.
Mon frérot et ma belle-soeur étaient dans un hôtel près du centre de Malaga. On se rejoignait pour faire des visites ou pour souper. Nous avons poussé l’audace de nous rendre jusqu’au Roc de Gibraltar et l’avons grimpé. JF a pris le sentier le plus exigeant, nous (ma belle-soeur et moi) la Martin’s Path, mon frère à tuer le temps à j’sais pas trop quoi faire… Des paysages incroyables. Le temps était magnifique. Après notre marche, JF s’est mis dans la tête de commander de la pizza (je sais ça commence à être obsessif…) Nous étions dans une aire de VR, il a réussi à faire livrer deux pizzas et une bouteille de vin dans un spot no where. Meilleure pizza du voyage.
Un petit mot sur les épiceries, supermarchés et autres endroits où on achète de la bouffe en Europe. Et bien, en Espagne oubliez l’idée de faire votre marché le dimanche et moi, je trouve ça bien correct. Le jour du Seigneur, il faut se reposer. Dans les très grands centres vous pouvez trouver un supermarché ouvert mais dans les petites villes ou villages…niet.
Un autre constat. Google et Amazon. Et bien Google et Amazon sont bel et bien des entreprises américaines car bien souvent les informations transmises sur les heures d’ouvertures des magasins sont souvent erronées et les informations pour prendre les “rotoundas” sont souvent mal indiquées. Veuillez prendre la 3ème sortie alors que c’est la 4ième…bref, google nous a fait chier à quelques reprises.
À la fin du séjour JF, a failli foutre le feu au campeur et a brûlé notre batterie de recharge pour nos cellulaires et autres appareils…Nous étions raccordés à une tension de 220 volts et on voulait en profiter pour tout charger à bloc… Le hic: le câble et le chargeur n’ont pas suivi. Ça sentait le brûlé, une chance que nous nous en sommes aperçus, car peut-être qu’aujourd’hui je ne serais pas là en train d’écrire. JF a voulu se faire livrer une batterie à notre prochain point de chute..il a échoué. Ma mère dit : “À Rome on fait comme les Romains”. Les Européens n’ont pas la même relation que les Nord Américains ont avec Amazon.
Hier nous avons fait une randonnée au parc Naturel d’ El Torcal, une belle randonnée pas trop longue juste correct.
On avait de la route à faire pour nous brancher et recharger nos outils électroniques. On fait de l’intendance et j’ai le nez dans le Lonely Planet de l’Espagne. Hey Patate, connais-tu la ville de Ségovie au nord de Madrid? Euh non, pourquoi? Ben imagine toi donc qu’il y a là un aqueduc datant du temps des Romains. Es-tu partant?. Go direction Ségovie. Quelle belle ville. Tout est beau là aussi et l’aqueduc (vous allez me dire qu’est-ce qu’elle a triper sur les aqueducs… le génie humain m’émeut….remember l’orgue Marin de Zadar). Bref, l’ingénieur et moi sommes sans voix. Dans le même Lonely planet, il est mentionné qu’un autre point d’intérêt touristique à voir est la Casa de los Picos. Il s’agit d’une maison dotée d’une façade décorée de pointe en forme de diamant, ce qui la rend originale (selon le Lonely). Ok tabouaire. J’ai jamais vu un truc aussi laid et les guides de voyage parfois (très souvent) « charissent » sur la beauté de ceci ou cela. C’était carrément affreux. La définition de la beauté n’est pas la même dans leur livre et dans le mien. Tu vas pas à Ségovie pour voir la Casa des picos. Tu y vas pour voir l’aqueduc…construit à la fin du 1er siècle ou au début du 2e siècle, sous le règne des empereurs Vespasien ou Trajan.
L’aqueduc transportait l’eau d’une source située à environ 17 kilomètres de la ville. Il alimentait les bains publics, les fontaines et d’autres infrastructures urbaines de Ségovie.
Nous en sommes à notre 31ème journée consécutive en camping-car (plus de 50 au total). On ne se racontera pas d’histoire, vivre dans 160 pc pendant tout ce temps, est un défi. Mon chum a pas mal plus de tolérance à l’inconfort que moi. Il y a des grands bouts où j’ai pensé que je n’y arriverais pas, la seule chose qui me tenait c’était la chance que j’avais de pouvoir voyager et de voir des trucs que la plupart des gens ne verront jamais. Mais oh ciel, que j’ai tapé du pied à plus d’une reprise. J’ai besoin que les choses autour de moi soient organisées. Si c’est le bordel autour, c’est le bordel dans ma tête…
Ma marche sur le Sentier des Pêcheurs a été bénéfique. J’avais besoin de bouger, de me centrer et de m’aérer. Ce qui m’a le plus manqué pendant les deux derniers mois…ne pas voir ma fille. On n’a fait que 2 Facetime (honnêtement je trouvais ça plus difficile après), mais je recevais des photos de ma Lolotte presqu’à tous les jours et nous avons échangé par textos. Quand je suis partie, elle n’avait que 2 mois, je reviens et ma fille m’a annoncé aujourd’hui (je ne me rappelle plus de la date) qu’elle pesait 6.5 kg et mesurait 66 cm… et qu’elle est active. Le fruit n’est pas tombé très loin de l’arbre…
Mercredi (27 novembre 2024) en soirée nous serons aux Îles Canaries sur l’île de Ténérife. Quelle chance que les problèmes avec les visas pour l’Égypte nous aient empêché d’y aller après s’être trimbalés partout, je pense honnêtement que cela aurait été “too much”.
Les 13 prochains jours serviront à recharger nos batteries (personnelles sans surchauffe) et on se prépare à rentrer au Québec après une “presque saison” d’absence. Le retour nous effraie un peu. Ce que nous avons vécu, ce n’est pas la vraie vie… on devra se réhabituer à avoir de l’espace. Ciel, ça me fait presque peur.
J’écris de l’avion en direction de Ténérife. Ce matin, nous avons tenté de faire rentrer 12 semaines de voyage dans 2 carry on et la Germaine. Mettons que l’exercice a été périlleux car, ne me demandez pas pourquoi, j’ai l’impression qu’on a plus de stock qu’au départ. Pourtant j’ai laissé derrière: une couette de duvet qui était rendue au bout de sa vie utile, une serviette de bain qui avait fait la guerre du Vietnam, une paire de jeans qui a rendu l’âme en chemin et des t-shirts qui n’avaient plus que le nom.
Il ne me restait qu’à remplir mon sac à dos acheté il y a 8 ans et y mettre ma pochette de fils et autres gugusses pour les appareils électroniques, mes écouteurs Bose anti-toutttte, je souffre de misophonie…(qui prennent pas mal de place et autres affaires dont je vous épargne l’énumération) Je viens pour fermer mon sac et bang…la fermeture éclair saute… il ne fallait plus que ça pour m’achever!!!
J’essaie de gogosser après, y’a rien à faire. Le stock dans mon sac à dos ne peut pas rentrer nulle part ailleurs. Imaginez-vous qu’on a fait un stop par le Décathlon Madrid avant l’aéroport. Avais-je le goût de shopper un sac à dos à trois heures de prendre un vol pour Ténérife!!!. Pas pantoute. J’ai pris le premier sac qui m’est tombé sous la main, même grandeur que le mien. 8 euros. Merci bonsoir. Pour ce faire, 8 minutes max, j’ai pris plus de temps à trouver la caisse que le sac à dos. Je sors dehors, JF est là qui m’attend avec le reste de nos bagages. On call un Uber pour l’aéroport.
Uber nous dit qu’il est là mais nous ne le voyons pas. JF pogne le cellulaire appelle le Uber, une femme au même moment sort du Décathlon et nous interpelle en disant Uber, mais on ne comprend pas puisqu’ elle vient de faire un achat de gants dans le magasin. Je la regarde, elle me regarde, elle à son téléphone à la main….c’était la fille du Uber.
Direction aéroport de Madrid. Nous sommes en avance. C’est bon. On arrive aux bornes d’enregistrement. On nous demande si nous voulons mettre nos carry on en soute pour zéro frais. Comme Germaine y va, aussi bien envoyer les deux petites valises. Nous acceptons. Les étiquettes s’impriment ainsi que les cartes d’embarquement. L’étiquette de la Germaine ne sort pas. Système de chnoutte et attrape nigaud. Voici pourquoi. On se met donc en ligne pour parler à un humain et demander l’étiquette de bagage pour la Germaine. On n’a pas de places ensemble alors je demande également, si possible, de changer nos places.
Ah madame, si vous voulez changer vos sièges, il faut aller à l’autre guichet là-bas. Ok on essaie de by-passer la ligne. On se fait pincer, on se remet donc en rang au bout de cette autre ligne. Je m’essaie toujours. Je considérais que j’avais déjà fait la queue une fois….y me semble que c’était enough. On attend dans la foutu ligne, le cellulaire de JF sonne. Bizarre. Notre locateur de VR (encore lui…) Voyons on a oublié quelque chose ??? Les yeux de JF deviennent féroces..et lâche un TA******* Il a oublié sa carte de crédit chez le locateur. Le jour de la marmotte. Rebelote. Encore. S’il n’oublie pas quelque chose, j’imagine qu’il ne se sent pas bien puisque que pendant presque 3 mois, il a cherché ses lunettes, son téléphone et ses clefs….non stop, 50 fois par jour.
On est toujours dans la ligne pour recevoir l’étiquette de la 23kg et si possible changer nos sièges. On tombe sur une fille, pas trop sympathique, qui à l’air blasé de sa job et qui je le sens va nous faire suer. Elle me dit qu’elle a des sièges dans la rangée 21, go. Arrive l’étiquette de Germaine, mets la valise sur le convoyeur. 25.3 Kg.
Retour sur la visite au comptoir numéro 1. Devant nous il y avait deux gars, qui eux aussi n’avaient pas leurs étiquettes pour leurs deux grosses valises. Le poids des valises: une 27Kg et l’autre 25kg. Zéro frais. Comme nous voulions changer nos sièges, elle nous a dirigé vers un autre guichet.
Voici le petit manège d’ Ibéria. On vous demande gentiment de mettre vos valises (carry on) en soute parce que le vol est plein. Vous acceptez, les étiquettes pour les deux petites valises sortent mais impossible de faire sortir l’étiquette de la valise pour laquelle vous avez payé. On vous demande d’aller au comptoir pour terminer l’enregistrement et la BANG la jeune fille en question vous arnaque big time avec en prime un petit moment d’attitude de sa part. Nous ne pouvions plus rebalancer nos bagages parce que la fille du 1er comptoir à pris nos carry-on donc beubye les valises alors ça nous a coûté plusieurs dizaines d’euros pour 2 kg en surcharge… mais le “plus pire” c’est que nous avions pesé la valise parce que j’ai toujours une petite balance dans mes bagages et nous le savions qu’elle était en surcharge de 2 kg et JF a dit….ahhhh y vont pas nous faire chier avec 2 kg en trop…et bien oui!!!
Nous sommes arrivés à Ténérife en soirée. On a bêché un brin pour trouver l’appartement. L’appartement est magnifiquement situé, notre vue du balcon et de la terrasse est juste ouf. Nous sommes près de tout et on a loué une auto, on pourra se promener comme on veut. Il me semble important de dire que j’ai repris le volant pour la portion Iles Canaries…
Bon… Ténérife!!! Quoi dire, une des 8 îles des Canaries. Je suis venue en mars 2024 avec mon enfant sur l’Île de Lanzarote, mettons disons que Ténérife c’est autre chose. C’est la plus grande île des Canaries et comme toutes les autres îles elle est d’origine volcanique. L’auto que nous avons louée est manuelle. Pas de soucis, j’aime… sauf que Ténérife est en pente partout, tout le temps à un point tel que je ne sais plus où donner de la tête, ajoutez à cela les “rotoundas”. La fille commence à en avoir son truck. Nous avons visité quelques villes de Ténérife, celles situées plus au nord. L’Île est grande et les distances à parcourir prennent du temps car les routes hors autoroutes sont carrément dangereuses et en plein milieu il y a le Mont Teide. Je n’ai jamais vu des rues aussi pentues que celles de Ténérife. Moins stressant de conduire en Angleterre qu’ici.
On a fait de supers belles randonnées, quelques-unes plus exigeantes que les autres. On a marché en masse. Le beau temps nous a accompagné depuis que nous avons quitté Lisbonne. Pas trop chaud, frais un brin le soir, comme j’aime.
Hier soir (samedi le 7 décembre) nous sommes allés manger au El Taller Seve Diaz, si un jour vous allez à Ténérife, manger dans ce restaurant est un must. Rien à dire, tout était plus que parfait. Restaurant étoilé, il me semble.
Aujourd’hui (8 décembre), c’était notre dernière journée. On a flâné dans Puerto la Cruz et avons passé une partie de la journée à la piscine municipale créée par César Manrique, oui oui le même que Lanzarote… les piscines blanches. Celles de Ténérife se remplissent par l’eau de mer et le niveau change en fonction des marées. Moi qui aime l’eau..je ne me m’y suis pas baignée. Raison…eau trop froide. Donc pendant plusieurs semaines pas de longueurs de piscine…ça craint pour la suite!!
En rafale … 77 jours à l’étranger.
Mes coups de coeur. Ma marche sur le sentier des Pêcheurs, j’aurais aimé la faire au complet…à un autre moment peut-être. L’Algarve et sa côte sauvage. L’aqueduc de Ségovie, la cathédrale de Canterbury, Oxford la ville universitaire où l’on se sent plus intelligent juste à y marcher, Edimbourg malgré le froid, les randonnées et les paysages à couper le souffle de Ténérife.
Ce que j’ai moins aimé les routes carrément dangereuse de Ténérife et par ce fait même ne pas avoir pu aller à des endroits où j’aurais voulu faire de la randonnée. J’ai le sentiment que je n’ai pas terminé ma relation avec Ténérife…le Mont Teide m’interpelle.
Le choc…
J’ai déjà un autre projet…mais avant, je vais prendre le temps de souffler un peu.
Le réseau de parcours de la Rota Vicentina s’est progressivement développé et couvre aujourd’hui l’ensemble de cette magnifique région de l’Alentejo (ils sont des excellents vins blancs) et de la Côte Vicentine. Si les sentiers côtiers sont vraiment éblouissants, de nombreux chemins se déploient aussi plus à l’intérieur des terres et traversent des zones rurales et vallonnées, zones longtemps ignorées par le tourisme, mais qui méritent aujourd’hui d’être appréciées au gré de la randonnée.
Le Chemin Historique, le Sentier des Pêcheurs et les Parcours circulaires offrent un réseau d’itinéraires de plus en plus complet, varié et flexible, susceptible de répondre aux besoins et aux attentes de tous.
Le randonneur expérimenté qui marche d’un pas décidé du nord au sud ou bien la famille qui doit s’adapter au rythme des enfants, les curieux et même les sceptiques n’ont aujourd’hui que l’embarras du choix pour élaborer des itinéraires aussi variés que possible en combinant ces divers sentiers pendant quelques jours de marche.
Sentier des Pêcheurs | 13 étapes | 226,5 km.
Probablement l’un des meilleurs sentiers côtiers du monde.
Toujours à proximité de la mer, vous suivrez les chemins qu’empruntent les résidents locaux pour accéder aux plages et aux lieux de pêche. Il s’agit d’un single track qui suit les falaises et qu’on ne peut parcourir qu’à pied. Il est un peu plus exigeant du point de vue physique car très sablonneux.
Un défi au contact permanent avec le vent de la mer, la rudesse du paysage côtier et la présence d’une nature sauvage et persistante.
C’est sur ce sentier que je voulais marcher. Je n’avais pas l’intention de faire les 13 étapes par manque de temps, mais seulement quelques-unes (j’en aurai fait 5 sur les 13). Il y a tellement longtemps que j’en parlais… j’y étais enfin. J’avais quand même une petite crainte quoique marcher… c’est assez simple. Ce qui est très cool, c’est que JF m’attend d’un village à l’autre. Un genre de GO randonnée. J’ai donc marché de Sao Portes à Porto Covo 13 km (le site indique 11km) dans le sable (moins léger mettons…) J’ai parcouru la distance en 20 minutes de plus que ce qui est prévu, faut dire que j’ai cherché un brin le sentier qui n’était pas évident pour les premiers cinq kilomètres. Le lendemain (jeudi le 7 novembre) j’ai marché de Porto Covo à Vila Nova de Milfontes 19,6 km de SABLE. J’ai parcouru le sentier dans le temps indiqué mais marcher dans le sable sans arrêt n’est pas évident. J’avais hâte de terminer cette section. Le vendredi 8 novembre j’ai marché de Vila Nova Milfontes à Almograve, le site indique qu’il s’agit de 14,7 km mais ce n’est pas tout à fait exact. Si vous prenez le pont (et non le ferry pour vous rendre de l’autre côté de la rivière) cette section fait autour de 19 km.
Ce que j’ai fait. Rien de bucolique à marcher sur l’autoroute et traverser un pont sans trop de protection. Mais bon, y faut ce qui faut. J’aime les défis et mettons que cette section du sentier m’a donné quelques beaux défis. Pour votre information, je marche seule (JF m’avait dit je ferai un bout avec toi… ce bout là n’est jamais arrivé…). Il n’y a pas beaucoup de monde sur le sentier, mais depuis trois jours je revois pas mal les mêmes visages: un couple plus âgé que moi, une autre femme seule dans la quarantaine, un jeune homme dans la trentaine, et une jeune allemande avec qui j’ai marché quelques mètres. Je ne suis pas là pour me faire des amis, je reste polie, je disserte un peu et après bye bye. Un peu asocial…faut bien que je le dise… oui. Dans les faits, je ne sais pas trop, j’avais le goût d’être dans ma tête et de faire ce sentier dans le silence. Bref, la jeune allemande a continué son chemin pendant que je décidais de m’arrêter pour boire un peu d’eau et regarder la beauté de la nature. Ce voyage offre des paysages grandioses. C’est beau sans bon sens. Alors comme je l’écrivais ça monte, ça monte et on passe dans des espèces de forêt d’arbustes très serré… un grand Jack va devoir se plier en quatre puisque moi je me plie en deux. Bref, la flore est tellement dense que je pense m’être trompée de chemin. Je décide donc de retourner sur mes pas, revoir les balises et m’assurer que je suis bien à la bonne place. Je n’ai fait que quelques mètres qu’en relevant la tête je vois un jeune homme. “ I think I’m wrong”. Il me répond: “No you’re not”. Je retourne de bord et je refais pour la deuxième fois le bout de trail dans la broussaille. Je sors de là, j’ai chaud et j’ai soif. Le gars s’arrête et moi aussi. Je bois, lui regarde le paysage. Je décide de m’asseoir pour récupérer et manger un peu. Je me lève 10 minutes plus tard prête à repartir, je vérifie mes trucs. PLUS DE CELLULAIRE! Le gars me regarde et me demande si ça va, je réponds que j’ai perdu mon cellulaire. Il me dit : “il y a une fille qui nous suit, elle l’aura probablement trouvée”. Ben oui, je vais pas prendre cette chance je retourne dans ce foutu bout de sentier qui n’a aucun sens. Je fais à peine 15 mètres que je tombe sur la fille en question. Elle a mon cellulaire dans ses mains. Alléluia. Je me jette à genoux pour la remercier (j’exagère un peu, mais pas tant que ça). Je termine le sentier et je suis brûlée.
Samedi jour de repos et dimanche jour du Seigneur donc jour de repos (pas que je me sente fatiguée, mais pour passer du temps avec Patate et avancer un peu plus vers le sud).
Lundi je reprends la marche mais quelques étapes plus loin. Ce matin, je m’attelle pour marcher de Carrapeitera à Vila do Bispo selon le guide 15,3 km. Je pars toute guillerette, je suis toute seule, le ciel est bleu tout va bien. Une amie m’a demandé si j’écoutais de la musique en marchant. Non. J’écoute le bruit des vagues et le bruit que font mes pieds lorsqu’ils prennent ancrage dans le sable ou la terre. Je marche d’un bon pas et le sentier n’est pas en sable, ça ressemble un peu plus à chez nous et ça monte un peu. J’ai environ 4 km de fait lorsque j’arrive à une baie. Je suis pas mal en hauteur et je regarde les balises et je ne suis pas certaine de comprendre l’endroit où je dois aller. Je regarde mon cell pour voir la piste, j’ai l’air d’être à la bonne place, je commence à descendre. Une autre pancarte qui dit que: “ vous devez vous assurer que vous avez suffisamment de temps pour passer la plage avant la marée haute”. Je regarde la plage en bas, je me dis que c’est bon. Je commence à descendre mais le sentier devient de plus en plus étroit et très pentu, ce n’est plus de la randonnée mais de l’escalade que je fais. J’essaie de me retenir aux roches mais mes pieds ne sont pas stables. J’essaie de trouver un appui mais je n’y arrive pas. Je me scratch les tibias et j’ai réellement peur de tomber en bas de la falaise. Je me dis voyons je dois pas être à la bonne place, ça n’a aucun sens comme sentier. Impossible que les mémés et les pépés que j’ai vus passent par ici. Je remonte, je regarde les balises, je regarde mon téléphone. J’essaie un autre chemin, ça peut pas être là, je remonte encore un peu pour avoir une vue plus aérienne du sentier. Je le vois de l’autre côté de la falaise mais j’ai aucun moyen d’y arriver à moins de passer dans un tas d’arbustes, qui ont poussé dans la craque de la falaise ou de sauter en bas pour me retrouver sur la plage. J’ai dû remonter 4 ou 5 fois et il a fallu que je me résigne à revenir sur mes pas. Déçue et en crrrriiiiiisssse. JF vient me reprendre à mon point de départ. Je ne suis pas très heureuse du déroulement de ma matinée. Je lui demande de me déposer après cette baie, mais lorsque je regarde la carte, le sentier n’est pas du tout intéressant… je dis des gros mots dans ma tête…
La batterie de l’habitacle du VR est à plat (une autre affaire), on doit se brancher pour recharger cette batterie. Donc on se retrouve dans un parc de VR où tout le monde est là pour les mêmes raisons. Se recharger, se vider et se remplir. Comprenez ce que vous voulez de ça…
J’avais lu sur le blogue d’une randonneuse qu’à Vila do Bispo il y avait un resto où il faisait de la très bonne pizza. Après un 19 km de sentier qui se résume à 7 km a|r. Je me dis que la pizza mettra un baume sur mon chagrin. Nous sommes lundi dans un petit village du sud du Portugal. On marche jusqu’au resto qui est à moins de 600 mètres du parking à VR. Je n’ai presque rien mangé de la journée parce que j’ai mal planifié. Je vous passe les détails qui ne sont absolument pas intéressants. On arrive au restaurant de pizza PISCO. Je demande une place pour deux. Réponse: “we are full for tonight” avec toute la gentillesse portugaise. Pas de…attendez au bar, je vais tenter d’arranger quelque chose. Attendez je pourrais vous faire de la place dans 30 minutes. Rien de tout ça.
Je suis full …..déguidine. J’ai juste envie de brailler. Des fois, je me dis que je dois être mal organisée, que je prends pas assez de précautions, que je suis trop dans la lune, que je réfléchis pas assez…retour à la case départ direction le parking de VR pour qu’on se fasse à bouffer. Je ne veux même pas essayer de chercher un autre resto, je veux juste rentrer manger et me coucher. De toute façon, la majorité des restaurants sont fermés parce que nous sommes en basse saison. Je suis fatiguée de ma randonnée et je n’ai pas envie de me taper un autre Portugais.
Hier 12 novembre, j’ai marché de Salema à Luz, une distance d’environ 13 km et ce sentier n’est pas en sable mais ça monte. JF m’attends à mi-parcours. Il est installé sur la plage mais me suit sur son cellulaire donc il vient à ma rencontre. Je suis un peu découragée, je n’avance pas aussi rapidement que je pensais. Je prends une pause d’environ 30 minutes, enlève une de mes bottes qui me fait souffrir à cause d’une ampoule (by the way, les diachylons Dr. Scholl pour les ampoules ben ça vaut pas de la marde). Donc, je remets mon bas, ma botte et, après une bonne sandwich à la crème glacée, je décide de continuer. J’arrive à Luz en fin d’après-midi et on dit bye bye au Portugal.
On manges-tu de la pizz? Ouais bonne idée. Nous sommes de retour en Espagne à Isla Canela. On se met à chercher une pizzeria. Tout est fermé, on a l’impression d’être dans une ville fantôme. On trouve une pizzeria à 800 mètres. JF me demande si la pizza aura le temps de refroidir dans 800 mètres s’il marche. Réponse oui. On va prendre le campeur, on commande, on attend et on retourne à notre spot. Malgré les infos sur google, la pizzeria est fermée. On en cherche une autre fermée. Une dernière à 8 km ok, allons-y ben c’était en plein dans le centre ville pas moyen de placer Gérardo nulle part. L’idée de la pizza à pris le bord. On cherche un Mercado. JF s’impatiente, il a faim… et moi donc??? Reste ici je vais trouver dans le supermercado quelque chose à bouffer qui va prendre 10 min. à cuire ou à se réchauffer. Je reviens avec une quiche aux patates et un saumon aux légumes. On revient à notre endroit, on soupe, regardons l’itinéraire pour demain et merci bonsoir… Séville nous arrivons!!! Mon frèrot et ma belle-soeur arrivent lundi matin. Yé. Ma fille est rentrée de la Floride, Ju sénior a fait son Ironman qu’il a réussi. Très émouvant d’entendre l’annonceur dire au fil d’arrivée: « Julien Brisson you’re now an Ironman » Impressionnant. J’ai hâte de voir mes Lolottes.
La première photo est pour vous montrer comment la piste est bien indiquée…trouver!!??
Nous nous sommes installés pour trois nuits tout près de Lisbonne. Dès notre arrivée, nous avons pris le bus et nous nous sommes dirigés vers Bélem (un des quartiers de Lisbonne) pour voir sa tour (que j’avais déjà visité en 2017).
Puis nous avons marché dans le quartier pour finalement arriver au Pastéis de Bélem “ze” place pour acheter les tartelettes du Dr Arruda. En 2017, j’avais refusé de faire la ligne pour acheter cette petite tartelette. Elle devait faire deux coins de rues. Je refuse d’attendre quand je paie. Donc basta les tartelettes en 2017. Cette fois-ci, coup de chance quelques personnes devant nous. JF se met en ligne pendant que j’attends à l’extérieur. Je prends quelques photos. Pastéis de Belem existe depuis 1837.
Ensuite, direction notre restaurant. Le Nunes Real Marisqueira (évidemment on a l’air des quêteux parce qu’on arrive au resto il doit être autour de 19h gros max et qu’en Europe on soupe tard très tard….). Y’a pas un chat dans la place. L’accueil est chaleureux et la déco clinquante. Un peu art déco je dirais. Mon chum capote sur le plancher en terrazzo, il m’a tout expliqué en détail comment se faisait un tel plancher… c’est vrai qu’il est beau.
Le service est hors pair, ils ne poussent pas trop sur le client et les employés attendent. On commande le vin, les entrées et les plats. Au Portugal, mais aussi en Espagne, vous payez pour le couvert, pour le pain, le beurre et si vous n’en voulez pas il faut être suffisamment rapide pour arrêter le serveur avant que le pain arrive sur la table, mais nous nous en voulions donc zéro problemas.
Pour les autres journées, mon chum a eu la brillante idée d’acheter des passes de transport en commun sur le net au coût de 17 euros chacune pour deux jours. On a tout ça dans nos téléphones, donc tout est parfait. On va être efficaces. On embarque dans le premier bus qui nous amène à Cais de Sodré. Je passe mon code QR sur la machine, ça semble fonctionner mais pas JF. Le chauffeur n’en fait pas de cas. On s’assoit dans le bus et on se laisse conduire sans trop se soucier de nos cartes de bus, métro, funiculaire et tutti quanti. Nous allons descendre à Cais de Sodré. C’est le nom d’une station de métro qui se trouve pratiquement au bord du Tage et JF veut voir une statue de chez pas qui… Êtes-vous déjà allés à Lisbonne? Lisbonne s’étend sur 7 collines, donc c’est toujours des chemins up and down. En plus d’aimer le terrazzo, les Portugais aiment les trottoirs en petits blocs de pierre et quand il pleut c’est chiant sur un calvaire de temps. Tu risques toujours de faire la banane et de te péter deux dents. Il pleut, il pleut sans bon sens. On finit par se rendre à l’ascenseur de Lisbonne qui est très beau (il me semble bien avoir pris des photos que je ne trouve plus), par ailleurs, encore une fois il y a une ligne et il pleut des cordes et on a un calvaire de parapluie de MARDE. J’entre la première dans l’ascenseur, le gars me fait non de la tête… mon Portuguais est pas au point mais je finis par comprendre que la putain de carte de transport il faut que tu la valides au bureau de tourisme (c’est ce que le gars nous dit) on tourne un brin en rond en sortant de l’ascenseur et on cherche le calvinsse de bureau de touristes… on tombe sur une autre super sympathique Portuguaise… qui nous envoie au métro… on vient de faire un rond dans la ville, partis du point A nous revoilà 1h30 plus tard à la même crisse de place. Je fulmine. On finit par ressortir du métro avec nos cartes. Ok JF je pense qu’il faut prendre le Tram 28. Il faut que tu vois ça. C’est touristique mais ça te fait voir la ville. On embarque donc dans le métro et on descend à la station Martim Monitz. Oh boy, on se fait payer la traite sur un méchant temps. Y’a des chiens qui jappent, des itinérants couchés partout, d’autres qui fument du crack, c’est sale, on est trempés et j’haïs repasser dans les mêmes trails mais bon, y faut ce qui faut. Cette station se trouve au début du Tram 28. Ben imaginez vous donc que le tram 28 ne fonctionnait pas à partir de ce point, il fallait de cette station, prendre un shuttle qui nous amène au tram 28. Il pleut toujours autant. Caliqueeeeee!!
On arrive à embarquer dans ce shuttle et on se fait descendre à l’endroit d’où part le tram 28. Il y a une ligne de fin du monde. No way. J’attends pas. Moi, le tram 28 je l’ai pris en 2017. On a faim, on ne trouve rien parce qu’on est dans un quartier pas top. Bref, on est un peu à boutte. JF dit: “on prend un uber et on rentre”. Moi: “Ben là, on a acheté des passes de bus et on va prendre un uber, c’est pas logique notre affaire, on se force un peu et on rentre en bus et métro”. ERREUR. Pour la deuxième dans la même journée, on se retrouve au Métro Cais de Sodré. Je viens de lire le texte à mon chum et il me dit que c’est à cause de moi qu’on a manqué notre chemin, il semble qu’on a pris l’autobus dans la mauvaise direction, il a décidé de se taire pour éviter une troisième guerre mondiale. TA***** je vous passe les autres détails c’est même pas explicable. Une heure et trente minutes plus tard, on se retrouve à la casa. Putain de journée!! Alors vous demanderez à JF ce qu’il a vu de Lisbonne….
Le lendemain, ben imaginez vous donc qu’on a rien fait. Fake la passe d’étobus comme dirait l’autre et elle a servi à RIEN. Quelquefois il est préférable de laisser couler….
Un petit mot sur l’attitude portuguaise… mettons disons que lorsque ton PIB repose en grande partie sur l’industrie touristique, tu t’organises pour t’accrocher un sourire dans face et être aimable avec le touriste.
Le tourisme est l’un des moteurs économiques les plus importants du Portugal qui représente environ 15 % du PIB national. Le pays attire chaque année des millions de touristes grâce à ses plages, son climat méditerranéen, son patrimoine culturel (Lisbonne, Porto, Sintra, etc.) et sa gastronomie. Les Portuguais sont un brin suffisant et je ne peux pas dire que je trouve ça particulièrement cool… JF a demandé à un serveur s’il parlait anglais… le gars lui a répondu… parles-tu Portuguais… QUOI???… moi, c’est certain que je serais sortie du café illico. JF, indulgent, a mis cela sur le compte d’une introduction déficiente de sa part… du genre…Bonjour monsieur comment allez-vous, je suis Canadien….!!!
On s’est réveillés en plein milieu de la nuit… en pensant que nous cauchemardions… ben pas pantoute. les Américains ont choisi un homme trouvé coupable d’agression sexuelle comme Président. Je suis sous le choc.
On a roulé jusqu’à Sao Portes, endroit où débute le sentier de la Rota Vicentina. J’ai complété la première étape aujourd’hui (hier) 11km dans un sentier en sable et ce n’était pas toujours évident, j’ai dû m’arrêter à deux reprises pour vider mes bottes. Les premiers 5 kilomètres ne sont pas bien indiqués et par la suite ça se place. La vue est juste incroyable, le sentier longe l’océan Atlantique et effectivement il y a des endroits qui sont vertigineux. Je parle de cette randonnée depuis au moins 7 ans, j’y suis. J’ai pris 2h50 pour marcher le 11 km.
Demain (aujourd’hui), je vais marcher de Porto Covo à Vila Nova de Milfontes, 19 km. J’ai commencé à marcher autour de 9h15 ce matin. J’ai dû encore une fois m’arrêter pour vider mes bottes qui se remplissent de sables à tout bout de champ. Le sentier est quand même exigeant, marcher dans le sable c’est difficile et ce n’est pas que des petits bouts du sentier qui sont en sable c’est plutôt le contraire. L’exception c’est quand il n’y a pas de sable et ça dure 3 mètres pas plus. En ce qui me concerne il y a un enjeu supplémentaire, le sentier est vertigineux, il y a des bouts où je n’ai regardé que le bout de mes bottes. Jean-François m’attendait à la fin de l’étape 2 mais… il me restait encore 3.5 kilomètres à faire. JF n’était pas tout à fait à la fin de la deuxième étape, il ne voulait pas me manquer. Comme il est chou!! 🙂
Nous commençons à ressentir un peu de fatigue. Nous sommes dans notre sixième semaine loin de la maison. Hier soir, mon lit me manquait. Depuis que nous avons quitté la vallée du Douro, nous avons roulé jusqu’à Porto. Une première nuit dans un endroit qui s’est avéré peu bucolique et une deuxième nuit dans un endroit pas tellement mieux. Pas toujours la main chanceuse pour les spots à coucher.
Hier, on a rien fait sauf une petite marche au bord de la mer et Jean-François a marché jusqu’au Réno-dépôt Portuguais pour acheter une patente pour le boyau qui sert à remplir le réservoir d’eau du campeur. Parce que la vie est remplie d’imprévus. Vous changez de pays (Espagne vers le Portugal) pas les mêmes connections pour l’eau. Vous passez des autoroutes, votre véhicule est immatriculé en Italie mais vous l’avez loué en Espagne, il faut tout un « set up » pour payer vos passages sinon le locateur se paiera à même votre dépôt et ça vous coûtera une beurrée.
Aujourd’hui, nous avons beaucoup marché dans Porto. On a visité l’église Saint-Francis. Une autre, je n’ai pas fait le compte, mais on doit être rendue à la 222ème. Je pense que j’ai atteint ma limite, on a besoin d’un break. On est en train de réviser nos plans pour prendre une pause afin de ne rien faire pendant quelques jours sinon regarder le temps passer. Voilà, la beauté d’être autonome et libre de ses mouvements.
Le temps se couvre souvent en fin de journée et il finit toujours par pleuvoir. Je n’aime pas les grosses chaleurs donc c’est ok pour moi mais quelques degrés de plus seraient les bienvenus. On est rentrés et avons pris la route vers Aveiro, la Venise du Portugal. Finalement le conducteur s’est fourré dans le chemin, on est pas très loin mais l’affaire, c’est qu’on est séparé par un traversier à 35€? On décide de flusher la Venise du Portugal. J’ai lu, je ne me souviens plus où, que c’était un endroit qui n’en valait pas le coup. Pas compliqué, direction Nazaré. On descend tranquillement vers le sud. Y’a pas tellement à raconter si ce n’est que les banalités de la vie au quotidien dans un campeur. Tiens, si vous voulez tester votre couple… louez un campeur. Si vous passez au travers, il n’y a plus rien à votre épreuve, vous êtes soudés pour la vie. 😉
Nous sommes à Nazaré, mais avant on a fait le marché, la vidange et le lavage. Nous sommes arrivés à l’endroit que JF a identifié pour dormir au bord de l’océan Atlantique. Et bien, mettons qu’on est pas tout seul à avoir eu cette idée…
Nazaré est une ville côtière du Portugal, réputée pour ses vagues géantes. Située sur la côte ouest, elle est devenue une destination prisée des surfeurs grâce aux vagues énormes, atteignant parfois plus de 30 mètres, créées par un canyon sous-marin. La ville se divise en trois parties principales : la plage de Nazaré, le quartier historique de Pederneira et le Sitio, un promontoire offrant une vue panoramique sur l’océan Atlantique et la ville.
Nous avons passé la journée à ne rien faire au bord de la plage. Beau soleil, pas trop chaud et surtout pas trop de monde.
En fin de journée, nous nous sommes déplacés un peu plus au sud. Nous sommes arrivés autour de 17h30, trop tard pour attraper le coucher du soleil. Nous sommes à Praia Del Rei pour la nuit, demain Lisbonne peut-être… on verra. Rien ne presse.
Je perds la notion du temps. Je ne sais plus si nous sommes un jour de semaine ou le week-end. Ce matin, ma fille m’a envoyé une petite vidéo de ma Lolotte. Elle part demain pour la Floride avec ses parents parce son papa fera le Ironman le week-end prochain. Go go go Julien. On va te suivre via l’application Ironman.
Samedi soir, nous sommes arrivés à Salamanque et dimanche nous avons visité la vieille ville. Salamanque est célèbre pour son riche patrimoine culturel et architectural (j’ai l’impression de toujours écrire la même chose). À vitesse grand V, nous avons visité de l’extérieur ses principaux attraits, j’étais déjà venue à Salamanque en 2017 et la ville m’était apparue beaucoup plus jolie, quelquefois vaut mieux laisser les lieux déjà visités dans ses souvenirs …
Université de Salamanque : Fondée en 1218, c’est l’une des plus anciennes universités d’Europe. Son bâtiment historique arbore une magnifique façade plateresque, un style ornemental espagnol.
Plaza Mayor : Considérée comme l’une des plus belles places d’Espagne, cette grande place baroque est le cœur social et culturel de la ville. Pas de chance pour nous, la grande place était occupée par des échafaudages et il y avait un marathon dans la ville, donc cordon de sécurité etc.
Cathédrale de Salamanque : En fait, deux cathédrales (la Vieille et la Nouvelle) construites côte à côte. La Vieille, de style roman, date du XIIe siècle, tandis que la Nouvelle, gothique et baroque, fut achevée au XVIIIe siècle.
Pont romain : Un ancien pont traversant le fleuve Tormes, remontant à l’époque romaine, offrant une vue pittoresque sur la ville. Pourquoi en 2024, on est pas capable de construire aussi solidement… l’ingénieur a une explication mais je ne suis pas certaine de l’avoir bien comprise et de pouvoir vous la réexpliquer. Il prend la plume: Le pont est construit de blocs de granit taillés parfaitement de façon à reprendre les charges. Aucun mortier nécessaire pour souder les blocs entre eux. Rien ne peut donc le détériorer. Le pont doit avoir une trentaine de pieds de largeur. Ce qui est fascinant c’est tenter d’imaginer la méthode de levage utilisée à l’époque.
Après un avant midi (sous la pluie), on décide de poursuivre notre route en direction de la Vallée du Douro, nous allons arrêter dans le village de Pinhão et voici pourquoi:
Pinhão est un petit village pittoresque situé au cœur de la vallée du Douro, dans le nord du Portugal. Il est célèbre pour ses paysages époustouflants et son rôle central dans la production de vin de Porto. Voici quelques points clés à mentionner sur Pinhão.
Pinhão se trouve au cœur de l’une des plus anciennes régions viticoles du monde, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les collines en terrasses couvertes de vignes, qui descendent vers le fleuve Douro, créent des paysages spectaculaires.
Pinhão est entouré de prestigieuses quintas (domaines viticoles) où sont produits tous les vins de Porto. Les visiteurs peuvent y faire des dégustations et découvrir le processus de vinification.
La petite gare de Pinhão est semble-t-il un joyau architectural avec ses célèbres azulejos (carreaux de céramique peints) représentant la vie et les traditions locales, notamment la culture du vin. Bon, je m’objecte. Ce que vous venez de lire vient de Google. La petite gare de Pinhão, ben c’est une petite gare avec des carrés de céramique. Des fois, je trouve qu’on charrie. Tout n’est pas toujours EX-TRA-OR-DI-NAI-RE. Notre gare centrale est pas mal plus belle…
Nous avons pris deux jours pour nous rendre dans le village de Pinhão. Pour ce faire, nous avons pris la route panoramique de 162 km. Six longues heures pour franchir les kilomètres. Pourquoi? Une route sinueuse, vertigineuse à la limite dangereuse. Moi qui ai le vertige, j’avais peur à chaque virage. Pas un très bon feeling et comme je ne conduis pas (c’était le deal, je prends l’Angleterre, tu prends l’Espagne et le Portugal) je suis convaincue que le feeling est “plus” pire. Nous sommes arrivés en fin de journée à notre endroit pour coucher. La vue sur le Douro et le village de Pinhão est incroyable, mais nous sommes brûlés. Demain nous visiterons une Quinta (maison viticole), ferons une randonnée (peut-être) et si les carreaux de céramiques suscitent chez vous une envie d’en savoir plus je vous invite à lire ce texte ici bas.
Après avoir fait une petite croisière sur le Douro nous avons visité la maison CROFT qui a vendu 25 millions de bouteilles de Porto en 2024. Nous avons été très bien reçus et avons fait le parcours du vignoble à pied avec une application pour le téléphone. Très intéressant. Par la suite, dégustation de porto. J’aime pas le porto, trop sucré. J’ai à peine trempé mes lèvres dans le nectar.
Ensuite on repart avec Gérardo III direction Porto. Ok, la p’tite cr**** de route N-222 plus capable. Des virages en épingle et une route à peine large pour laisser passer deux voitures et ça monte, monte et monte et c’est le précipice drette à droite. J’ai le vertige 5 étoiles. Mais au fait savez-vous ce qu’est le vertige? Il semble que certaine personne n’ont aucune idée de quoi il en retourne.
« Le vertige est une sensation de déséquilibre ou de rotation, souvent accompagnée de nausées, causée par un dysfonctionnement du système vestibulaire, qui est situé dans l’oreille interne. Ce système joue un rôle crucial dans le maintien de l’équilibre en intégrant des informations sur les mouvements et la position du corps dans l’espace. Lorsqu’il y a une discordance entre les signaux envoyés par l’oreille interne, la vision, et les récepteurs sensoriels du corps (proprioception), le cerveau peut mal interpréter ces informations, provoquant la sensation de vertige. Les causes peuvent être diverses, incluant des troubles de l’oreille interne (comme la labyrinthite), des problèmes neurologiques, ou des troubles de la circulation sanguine ».(Wiki).
Dans les faits, je ne sais pas si j’ai le vertige ou la peur des hauteurs. C’est comme si mon corps me disait : « Wow, super la vue ! On va peut-être y rester… ou sauter ? » Moi, je reste là, agrippé à la rambarde comme si elle allait s’envoler, et je repense à tous les moments de ma vie en me disant pourquoi tu te fous toujours dans des situations impossibles…je me sens comme si j’avais couru un marathon. Je suis brûlée alors que je n’ai rien fait mise à part d’avoir marché 10 km.
Revenons au Douro, j’ai beau avoir pris des dizaines de photos, vous ne pouvez pas comprendre si vous ne l’avez pas vu. Des vignobles en terrasse INCROYABLES c’est comme les rizières en sur dimension.
Même si je suis au loin, je continue à lire La Presse et à regarder les nouvelles et ce qui se passe avec la DPJ m’interpelle. Ishhhh ça va pas bien du tout. La DPJ nationale qui démissionne. Ce n’est pas une grosse surprise et on se demande juste pourquoi ça a pris autant de temps… Legault vient de dire en conférence de presse qu’il a confiance en son Ministre et ami…voilà tout est dit… depuis sa nomination, je me demande ce qu’il fait là… il a toujours l’air d’une biche sur la 132 éclairée par les phares d’un dix roues… qui ne sait pas s’il doit traverser ou reculer… peut-être que partir serait plus approprié.
Nous venons de passer 4 jours à Madrid et étions installés dans le quartier La Latina qui est un quartier très bien situé pour visiter Madrid à pied, ce que nous avons fait. C’était ma deuxième visite à Madrid, mais honnêtement je n’avais rien retenu de cette ville, pourtant elle est magnifique tant sur le plan architectural, culinaire et culturel. Je devais pas être dans un bon mood, c’était en juin 2017.
Le Palais Royal vous laisse sans mot tellement il est beau. Évidemment nous ne pouvons regarder ce palais sans nous remémorer tout ceux que nous avons vus en Angleterre. On est carrément ailleurs dans l’histoire. Beaucoup de fioritures, dorures et clin clin. On éprouve un peu de difficulté à gérer Felipe I, II, III jusqu’à VI qui est le Roi actuel et avant les Felipe, il y a eu les Carlos I, II, III et IV, bref on s’y perd un peu. Pas grave. La famille royale espagnole a l’air pas mal moins coincée que la royauté anglaise, dixit mon chum.
Le Palais Royal de Madrid est le plus grand palais d’Europe en superficie. Résidence officielle des rois d’Espagne, bien qu’il ne soit plus habité, il impressionne par ses salles somptueuses, ses œuvres d’art et ses jardins majestueux, notamment les Jardins de Francesco Sabatini (1721-1797) connu en Espagne sous Francisco Sabatini (architecte d’origine italienne) qui a développé sa carrière en Espagne au service du roi et plus particulièrement à Madrid.
Longue marche au Parc du Retiro, un espace vert immense en plein cœur de la ville. Il est célèbre pour son Palais de Cristal (en restauration donc impossible de le voir puisque barricadé). On s’est installés pour casser la croûte et sommes rentrés à pied.
La Gran Vía surnommée les « Champs-Élysées de Madrid ». On y trouve de nombreux théâtres, boutiques, cinémas, et restaurants, ainsi que des bâtiments des années 1920. C’est le cœur commercial et nocturne de la ville. Nous l’avons marché d’un bout à l’autre.
La Plaza Mayor est une magnifique place centrale entourée de bâtiments aux façades colorées. C’est un lieu de rassemblement animé par les terrasses de café, les spectacles de rue et des événements festifs.
Basilique de San FranciscoEl Grande de style néoclassique. Elle se trouvait dans notre quartier (La Latina). Impressionnante. Son dôme est incroyable, il est le plus grand d’Espagne et le quatrième d’Europe, après ceux de la Basilique Saint Pierre et du Panthéon , à Rome et de la cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence. Le dôme fait 33 mètres de diamètre et 58 mètres de haut. Cette photo ne rend pas justice à la cathédrale.
Nous voulions voir un spectacle de Flamenco. Nous étions brûlés et on a passé notre tour. Jeudi soir, soirée Tapas question de bien s’imprégner de la chose. Minuscule resto, assis les uns sur les autres sur des petits tabourets. Il y a du bruit à me rendre complètement folle. On attend parce que zéro place et pas de réservation possible, moi dehors et JF au bar question de maintenir notre priorité dans la file et de ne pas me retrouver attachée sur une civière. 40 minutes plus tard, on finit par s’asseoir. C’est contre mes principes d’attendre pour recevoir un service lorsque je paie, mais je m’incline puisque le Prince de Roxboro y tient.
Bon je reviens là-dessus parce que je comprends rien à cette mode que je trouve affreuse, les cheveux de couleurs. Je suis certaine que vous pensez que je charrie avec le truc. Nope, j’aurais pu en photographier une tonne. Première photo: une mémé à la mode!!! Je crois que la troisième se cherchait une blouse pour aller avec ses cheveux.
Nous avons quitté Madrid en début d’après-midi pour aller prendre possession de Gérardo III. JF était préparé, il avait une liste de vérifications et croyez-moi, il serait passé au travers même si cela devait prendre toute la nuit. Coup de chance, l’entrepôt est géré par un jeune Français sympathique qui effectue son stage auprès de cette entreprise.
Il a eu droit à toute l’histoire de notre location en Angleterre et je suis pas mal certaine qu’il a eu droit à la version longue, comme seul JF peut le faire. Le jeune homme, Alexis de son prénom à gardé le sourire tout le temps où il s’est tapé le récit de JF.
Tout est beau, on ne manquera de rien. On pars direction un magasin de gugusse de VR. Un autre stop pour mettre du diesel et à nous la route vers notre premier arrêt.
Je sors du magasin, ça ne m’intéresse pas une tabarouette de minute. J’attends dehors et je fais les 100 pas. JF sort du magasin et j’entends un tab*****! Bon, quel est la raison de ce juron? Il répond : « On a oublié la caisse de vaisselle chez le locateur ». Je garde mon calme, ça ne sert à rien de m’énerver. J’essaie de plus en plus, avec l’âge, de mettre cette phrase en application. « Ce n’est pas ce qui arrive, mais comment nous réagissons à ce qui nous arrive qui compte. » On refera tout le chemin parcouru en sens inverse afin de retourner tout près de l’aéroport de Madrid chercher la vaisselle. La joie. Amen.
Après avoir récupéré la vaisselle, on se remet en chemin vers notre premier arrêt, mais avant nous nous arrêtons dans un Mercado et arrivons 45 minutes plus tard à notre spot pour coucher. Voici ce que nous avions comme perspective hier soir….
Ce matin à notre réveil voici la vue que nous avions… JF se rachète pour les bévues de la veille. Je dois avouer qu’il est pas mal fort pour trouver des endroits incroyables.
Nous passons l’après-midi à Avila pour y voir la muraille. C’est une enceinte romane qui entoure le noyau ancien de la ville d’Avila. Elle possède 87 tours et comprend 9 portes. C’est une impressionnante fortification construite entre le XI et XIV siècle. Il semble selon les infos, que ce soit une des murailles les mieux conservées d’Europe. Elle s’étend sur 2,5 km.
Le temps est moche, il fait froid et il pleut. On fait le tour et après une heure à se promener sous la pluie on rentre un peu tanné de se les geler. On décide de rouler. Prochain arrêt: Salamanca, là où je suis déjà venue en 2017. Je me rappelle que c’est là où se trouve la plus vieille Université d’Europe. J’avais acheté une « épinglette » que j’avais accrochée à ma toge. En 2012, j’avais aussi porté le ruban rouge de la contestation étudiante. Je m’étais fait remettre à ma place par une juge (que je détestais par ailleurs) parce que j’affichais une prise de position… je l’avais royalement envoyé promener dans ma tête… et j’avais gardé mon ruban rouge. Je dois avoir un trouble de l’opposition. Cette même juge avait déjà appelé mon boss pour chialer parce que je l’avais un petit peu remise à sa place… sans trop mettre de gant blanc. J’avais été ferme dans mon propos… la madame a pas aimé ça. Mon boss qui arrive dans mon bureau… voyons la juge machin m’a contacté, y semble que ceci ou cela… bla bla… et moi de lui répondre, demande lui de descendre à nos bureaux et on va voir qui a eu une attitude de merde… Mon boss a jamais voulu… y voulait être juge… y pouvait pas se mettre une madame juge à dos!!! De l’aplavantrisme et ce n’est pas celui que vous pensez… il arrivait de quelque part de l’autre côté du fleuve… lourd… comme ça se peut pas!!!
Nous sommes partis depuis déjà un mois. Le temps s’écoule à la fois lentement et rapidement. Notre parcours de l’Angleterre s’est terminé hier (21 octobre), non sans quelques sueurs, chaleurs et période de découragement. Notre rythme a été un peu effréné en Angleterre. Pour les semaines à venir la cadence sera beaucoup beaucoup plus lente.
Nous devions rapporter le VR tout près de l’aéroport de Heathrow en partance de Canterbury. Nous nous levons tôt pour être certain d’avoir suffisamment de temps pour parcourir la distance sans stresser. Cinq heures du matin, nous voilà guilleret pour commencer la journée. On déjeune, on prend des douches, on finalise le départ et on s’élance sur la route. Nous avions 81 miles (130 kilomètres) à faire. Nous avions en masse de temps devant nous.
Les anglais sont formidables sur la route, je le réécris parce que je n’en reviens toujours pas, je n’ai jamais vu cela nul part ailleurs dans le monde. Il y a eu tellement de situations où j’ai été abasourdie par leur patience, tolérance, exemplarité et bienveillance les uns envers les autres que je me dis qu’au Québec, les automobilistes pour la plupart souffrent de maladie mentale. En plus, je suis même devenue l’amie des truckers. Je me sentais l’une des leurs. Lorsque je voulais entrer sur l’autoroute et que je voyais un fardier, j’étais toujours très prudente… et ben, imaginez-vous donc qu’ils me flashaient leurs lumières pour me laisser la voie libre. À Montréal, j’aurais eu droit à un long klazonnnnnnnn pour me dire de me tasser de d’là. Revenons à leur gentillesse concernant la conduite automobile. J’en ai eu la preuve à plusieurs reprises dans ma longue virée vers Londres en ce petit lundi matin tout en pluie encore…
Je regarde le GPS 2h30 plus ou moins pour se rendre à Londres. On est ok dans le temps. On a un bus à prendre de Heathrow à l’aéroport de Stansted d’où part notre vol pour Madrid. Je suis dans ma tête et repense à ce périple, jamais nous aurions pu faire ce que nous avons fait en Airbnb et hôtels. JA-MAIS. J’ai couché à des endroits où aucun hôtel n’a de chambres. Je repense à notre premier soir à Stonehenge. Les plages du Pembrokeshire, la muraille d’Hadrien. C’était juste incroyable. Bref, je reviens à nos moutons (cette image marque mon séjour en Angleterre | des moutons partout même sur le bord de l’autoroute).
Êtes-vous prêt? nous avons pris plus de 5h pour faire 81 miles. J’étais certaine que nous allions manquer notre bus et notre vol. Je suis passée à des endroits où j’ai vu ma vie se dérouler sous mes yeux. J’ai croisé une connasse qui ne devait pas être anglaise c’est certain pour conduire de cette façon, elle aurait dû se tasser dans le passing places ou reculer ce qu’elle n’a pas fait, en tentant, moi la conductrice du 23 pieds de me tasser le plus possible, j’ai accroché une pancarte de signalisation qui était dans la haie qui sert de garde de fou. En une fraction de seconde je me suis dis ça y est la vitre va péter….et bien non. Chanceux. Une femme qui était dans une voiture derrière la jeune fille est sortie à toute vitesse pour nous venir en aide et redresser cette pancarte indicatrice de je ne sais plus quoi afin que je puisse continuer ma course effrénée pour attraper le bus. Donc j’ai fait 5h de conduite merdique. À la fin, j’étais quasiment rendue à me dire, fuck it, je fonce si je meurs mon héritière sera heureuse. On appelle ça le lâcher prise.
Nous sommes arrivés au dépôt du VR à midi quinze. JF avait déjà réservé un Uber pour nous rendre à la station de bus qui est aux abords de l’aéroport pour ne pas dire carrément dedans. La plus grosse station de bus. J’insiste sur cette information pour deux raisons: Le taximan. Une armoire à glace qui nous dit que la station de bus se prend par un passage souterrain. Trop simple! On rentre dans l’aéroport. J’ai une envie de pisser du saint simonac. Je cours dans l’aéroport pour trouver les chiottes. J’en trouve une, il doit y avoir 10 personnes devant moi. Pas le temps, il doit être rendu vers 12h50 notre autobus est à 13h05. Pendant que je cours comme une poule pas de tête, JF demande à un employé où se trouve la station de bus. Il nous indique de prendre l’ascenseur et qu’il y aura des indications. On prend l’ascenseur, on cherche les indications, on ne trouve pas. Mais oups sur l’ascenseur dans un p’tit calvaire de caractère c’est écrit, station de bus à l’étage 0. On sort à cet étage qui était dans les faits le même étage que lorsque nous sommes sortis du taxi. Le chemin du monsieur était erroné. Crissssseeeeeeeeeeee. Ma mère m’a toujours dit, ne te fies jamais à personne d’autre qu’à toi. Le temps file, il doit être 12h55. JF y faut courir, on va rater le bus et si on rate le bus on rate notre vol pour Madrid. Go. Je vois le dôme blanc de la station de bus. Une chance que j’y suis déjà venue dans un voyage précédent et que je m’en suis rappelée. Suis moi que je lui dis. Je dois être 50 pieds devant lui. On passe par des endroits pas trop sécuritaire pour finalement arriver par derrière la station de bus…on se fait intercepter. Danger. Gros bus. nous n’avions pas le droit de passer par là. M’en câli*** pas mal. Il est 13h lorsque j’arrive enfin au comptoir de la station de bus. JF a chaud, il pousse un osti de charriot avec les roues décrissées et toutes les valoches dessus. (la dernière phrase est de J-F écrite lors de la re-lecture). Je pense qu’il va me taper un 2ème arrêt cardiaque. On a une valise en plus que je n’avais pas enregistrée, JF prend le relais… vous vous rappelez j’ai envie de pisser. Je rentre dans le métro | train, je vois une indication qui m’indique qu’il y a une salle des dames (une ancienne avocate de mon bureau disait toujours cela lorsqu’elle voulait aller aux toilettes. Veuillez m’excuser, je dois aller à la salle des dames). Je pisse et je reprends mes jambes à mon cou. Poteau 8 pour l’autobus. Évidemment il y a toujours des gens qui n’ont pas fait ce qu’il devait faire avant de se rendre au tabaslack de poteau. Une dame qui a deux valises, la deuxième valise est en surcharge. Avez-vous votre billet? Non. Elle retarde le groupe, l’autobus est supposée quitter le terminal et moi j’ai un avion à prendre madammmmeeeeee. Il est 13h10 et on est toujours en ligne à attendre…d’embarquer dans ce bus. Je prends de grandes respirations… et bien la dame en question n’avait pas d’argent pour payer la surcharge de sa valise. Le gars du bus sort sa balance du Dollarama, enfourche la gance de la balance sous la poignée de la valise, lève la valise, sa balance pète et là j’entends une grosse voix dire: “Well, this is what you get when you want to charge money for excess weight on baggage » qui est-ce pensez-vous??? Le seul et unique JF. Il se trouve très drôle. Moi pas pantoute. Vous savez quoi…y’a un anglais qui a dit à la dame, je vais payer votre surcharge de bagage et j’ai vu la femme et l’homme s’éloigner vers le guichet. Un anglais j’en suis certaine… 16 pounds…quand même!! Bref, dans ma tête, y’a jamais personne qui fait rien pour rien…mais je pourrai rien vous dire de plus parce que je suis débarquée au premier arrêt Stansted!!!
On embarque dans le bus. Le chauffeur s’adresse aux passagers avant de quitter et nous assure que nous serons à Stansted à 14h40. Notre avion est à 16h25 et comme on a la grosse Germaine et bien il faut aller au comptoir. Mais voici ce que le chauffeur dit:
« Bonjour mesdames et messieurs, bienvenue à bord du National Express bus 727 en direction finale de (me rappelle plus la ville). Notre premier arrêt sera Stansted dans 1h15 minutes. Nous vous prions de ne pas parler au téléphone sur la fonction HAUT PARLEUR et de mettre vos écouteurs pour écouter de la musique ou une émission. Nous vous demandons également de parler à voix basse afin de ne pas déranger les autres clients qui sont dans le bus. J’ai demandé à JF si j’avais bien compris, tellement surprise. Il me dit, oui madame!!! Je me suis levée debout et j’ai crié, BRAVO monsieur vous êtes mon héro. BRAVO, BRAVO et encore BRAVO. Je déménage illico dans votre autobus. Quand je vous disais que les Anglais ils l’ont l’affaire.
Tabouaire!!! Voilà on a attrapé notre bus, notre vol et nous sommes à Madrid depuis hier soir 21h. En vacances un lundi ressemble à un samedi soir. Je boirais quelque chose qui ressemble à des bulles. Aussi tôt dit aussitôt fait. On achète un mousseux, l’Espagne produit d’excellent CAVA, mais y’en avait pas dans ce dep de coin de rue. On trouve l’appartement et là on a faim mais on est brûlés pas envie de ressortir. JF dit: « On commande du Uber Eat ». Moi je ne suis pas fan de ce genre de patente. Me dit toujours qu’il y a une arnaque quelconque. Mais il décide de le faire quand même. Okidou. Trouve une pizzeria, commande la pizza qui sera ici à 22h50. Pendant ce temps, je fais autre chose. Le temps passe. Il commence à être tard. Cout’donc elle arrive ta pizza???. Hum, attends je check. Le gars a laissé la pizza sur les marches de l’immeuble et a envoyé une photo pour lui dire que son job était fait!!!
JF regarde son téléphone, il me dit l’air surpris, elle a été livrée. Hein, personne a sonné. Personne a appelé. Voyons. Il se lève, va à la porte de l’immeuble. Pas de pizza. Gosse et regosse, check et recheck. Conclusion. La pizza à 50$ piastres a été volée. Eh la la. Je ne peux que me dire, que j’avais encore raison!!!. Moi, je rigole un brin. Uber eat ne veut pas rembourser que me dit JF. Il est furax. Il repart et trouve une autre pizzeria et revient 30 minutes plus tard avec la bouffe. JF, n’abandonne jamais, surtout lorsqu’il est question de fric et ben, figurez vous donc qu’il a été remboursé. Voilà comment a débuté notre arrivée à Madrid. Oups après une double vérif…pas de remboursement. Il y a pas deux minutes il m’a dit qu’il arrêterait de gosser pour le Uber eat, vous savez quoi, il est sorti acheter quelque chose et est revenu en me disant je suis arrêté à la pizzéria…
Mais revenons à nos moutons anglais. Nous n’avions qu’une seule journée à passer à Oxford et question d’efficacité nous avons donc décidé de prendre un guide. HORREUR | ERREUR!!! Le guide devait nous faire visiter les principaux collèges universitaires de la ville d’Oxford. L’Université d’Oxford n’a pas un seul campus, les différents « collèges » se trouvent dispersés à travers la ville. Cette ville universitaire est magnifique, on sent l’intelligence à un point tel que le plus tarla des touristes pense qu’il est intelligent. Comme nous, quoi!!
Je vous passe tous les détails de cette visite guidée avec 15 autres personnes. Notre guide, une ancienne étudiante d’Oxford (jeune fille aux cheveux rouges) oui, oui la mode de la teinture bizarre est partie d’Edimbourg et est rendue officiellement à Oxford et Canterbury. Elle doit nous faire visiter: Le Trinity (son collège lorsqu’elle était étudiante), le Radcliff caméra, la bibliothèque Bodléienne (une des plus anciennes bibliothèques publiques qui comptent des millions de livres et manuscrits importants et rares). Le pont des soupirs, pas celui de Venise celui d’Oxford.
La jeune fille connaissait son sujet, mais avait un fort accent et un débit ultra rapide. Difficile à suivre. Elle fait son p’tit bla bla bla d’introduction et nous explique le « timeline ». Ok tiguidou. Go. On ne veut pas le savoir on veut le voir. On arrive au Trinity college. On peut entrer dans le jardin mais pas dans la chapelle parce qu’il y a un événement. On aligne la Radcliff caméra, on peut pas entrer il se passe de quoi avec cet édifice et ainsi de suite pour toute la durée de la visite. Je sens que je me suis faite avoir. Il fait froid, j’étais pas assez habillée et j’avais juste le goût de courir jusque chez nous. On décide d’aller au resto. Rebelote.
En résumé, Oxford est une ville où se mêlent histoire, savoir, et une vie étudiante dynamique, avec une grande diversité culturelle.
Après Oxford, direction les falaises de Douvres. Il y a une promenade en bas du Margaret’s Cliff. On y va. Une petite randonnée. Ça descend…encore et encore. Oh la remontée ne sera pas facile. Une fois en bas, j’ai voulu prendre une photo… on s’est fait ramasser par une vague. Trempés nous voilà et il nous faut remonter la trail.
On couche à Douvres une nuit et le lendemain direction Canterbury. C’est une ville plus petite mais tout aussi importante historiquement, notamment en tant que centre religieux de l’Angleterre. Située dans le comté de Kent, au sud-est de Londres, elle est surtout célèbre pour sa cathédrale, qui est l’un des plus grands lieux de pèlerinage chrétien depuis le Moyen Âge. Sur la quatrième photo, un baptême. Se faire baptiser dans une cathédrale fondée en 597 après J.-C. Je pense que je le mettrais dans mon c.v. 😉
J’ai oublié de vous écrire. On passera par le Portugal pendant notre périple et on sera plusieurs jours dans ce pays que je connais un peu. Pendant cette période, je ferai la Rota Vicentina et plus précisément le Thrilho dos Pescadores. 223 kilomètres de marche en 10 jours. Je ne sais pas si je vais réussir. Ce n’est pas le chemin de compostelle. Nenon. Quoi que je n’ai rien contre. Anyway c’est pas pour ça que je vous parle de ça. Lorsque nous sommes allés remiser Gérard chez mon frère dans le nord. Ma belle-soeur Lise m’a donné une carte et m’a dit tu l’ouvriras lorsque tu commenceras ta randonnée. La carte était dans ma valise. J’attendais le moment de débuter cette longue randonnée. Mon frère me texte hier soir pendant que JF cherche la pizza. Il me dit ouvre la carte que Lise t’a donnée. JF est de retour et il a une drôle de face…Je vais chercher ma carte. J’aime pas ça. Je regarde JF, il dit aweille ouvre là. J’ouvre la carte. Mon coeur bat pas mal vite. Et voici ce que je découvre…
Nous sommes arrivés à Edimbourg vendredi en début d’après-midi mais avons décidé de rester à notre point de chute pour nous “me” reposer. Nous avions déjà acheté nos billets pour la visite du Château d’Edimbourg qui était prévue le lendemain matin à l’heure d’ouverture donc 9h30.
Vous n’avez pas idée dans quel décor j’écris… la verte campagne anglaise… tout simplement magnifique. Il y a dans cette nature toutes les nuances de vert.
Revenons à nos moutons. Savez-vous quel est le cheptel de moutons en Écosse?? Le ratio est de 1 mouton par habitant. Ce qui veut dire qu’il y a actuellement en Écosse…5 à 6 millions de moutons. En fait, le nombre de moutons est souvent comparable à celui de la population humaine, qui est d’environ 5,5 millions de personnes.
Samedi, on se lève tôt, le temps de prendre le déjeuner et de marcher jusqu’à l’arrêt du bus afin d’être au château pour 9h30. JF me dit: « c’est super simple le bus passe juste à l’entrée”. 10 minutes de marche. Super que je me dis… 40 minutes de bus…perfecto!
Nous attendons patiemment le bus qui arrive à l’heure prévue. Yé pour les Écossais. Il y a déjà pas mal de monde dans le bus. Un arrêt, un autre, et encore un et un autre. Il ne reste plus que nous dans le bus. Le chauffeur s’arrête à ce qui semble être le bout de la ligne, comme on dirait chez nous…On attend. Je regarde JF. Le chauffeur descend de son siège et vient vers nous. Il nous demande où nous allons. Au Castle monsieur. Il nous regarde un peu stupéfait, mais je vois bien qu’il a flairé que nous sommes deux touristes… moi qui veut toujours passer incognito. Il nous dit: “You took the bus the wrong way”. Je ne dis rien, même si j’ai envie de HURLER!! On va manquer l’heure de la visite. On traverse la rue, pour repartir en sens inverse. L’autobus arrive 2 minute plus tard. Fiou.
Nous arrivons à l’arrêt où nous devons descendre pour rejoindre le Château. Que fais JF?, il sort son téléphone. Euh faux, il l’avait déjà dans les mains. Je suis une instinctive. JF: “lâche ton téléphone, je nous amène au Château pas de carte, pas de téléphone, rien pantoute”. Il a pas l’air de me croire. Ce n’est pas sorcier, je n’invente rien, je n’ai pas trouvé comment fabriquer la poudre à canon ni le Boson de Higgs. On cherche juste un château qui est visité par 1 million de visiteurs par année. L’emblème même de l’Écosse. On est à 5 minutes à pied d’une attraction touristique que tout le monde veut visiter, y’a des chances que si la foule s’en va à gauche ou à droite c’est qu’elle s’en va probablement au Château. Je le sens sceptique. 7 min ½ plus tard nous y étions. Il est 9h15, y’a un crachin qui nous tombe dessus. Il fait froid, pas plus de 5o C, je dirais. À 9h30 pile, on se met à avancer et là ce n’est plus un crachin qui nous tombe dessus mais une pluie assez forte. Une partie de la visite se fait à l’extérieur, avec un putain de parapluie qui ne cesse de virer à l’envers. Il vente. On est trempés, c’est pas super agréable. Une chance, j’ai mis mes bottes de marche, mes pieds sont au chauds. Une fille comprend.
Nous passons maintenant à la visite à l’intérieur du château. Des trucs sur l’armée Écossaise, Britannique, des épées, des médailles, des chapeaux, des habits et tutti quanti. Ça ne m’intéresse pas beaucoup et je me rends compte que je ne connais rien à l’histoire Anglaise, Écossaise et de plus, cela n’a aucune résonance chez moi. Mais j’essaie d’en attraper des bouts. J’ai tendance à m’égarer lorsque le sujet ou la personne ne m’intéresse pas. On passe dans une autre pièce, on recommence, des épées, des médailles, des chapeaux et patati et patata. La guerre, la guerre c’est pas une raison pour se faire mal…
Dans les faits, le Château abrite plusieurs musées, dont le musée national de la guerre, la salle des joyaux de la couronne écossaise et le célèbre Mons Meg, un canon massif du XVe siècle.
La construction du château et son développement s’étendent sur plusieurs siècles et son histoire est intimement liée à celle de l’Écosse, marquée par des batailles, des sièges et des périodes de paix. Voici un aperçu de l’histoire de la construction du château d’Édimbourg :
« Dès l’âge de fer, les Celtes fortifient déjà la colline sur laquelle est construit l’actuel château. Les premières fortifications remontent au VII siècle et le roi Edwin aurait fait construire une tour en bois qui portait le nom de “Din Eidyn” d’où dérive le nom actuel Edimbourg. Par la suite arrive la période d’édification médiévale au XI et XIII s. Sous le règne du roi Malcolm III et de son épouse Sainte Marguerite, la construction d’un château en pierre commence vers 1093. Sous un autre roi, le château devient un important centre royal et administratif avec de nouvelles fortifications pour protéger le royaume. À cette époque, il n’est pas encore un château de résidence royale, mais il sert principalement de place forte.
Le château joue un rôle crucial dans les guerres d’indépendance écossaise contre les Anglais au XIIIe siècle. En 1296, Édouard Ier d’Angleterre s’empare du château, marquant le début de la domination anglaise. Le château change plusieurs fois de mains au cours des décennies suivantes, avec des sièges et des reconstructions régulières.
Au XVe siècle, le château d’Édimbourg devient une résidence royale plus permanente pour les monarques écossais, bien que le palais royal de Holyrood devienne plus tard la résidence principale.
Avec l’union des couronnes d’Écosse et d’Angleterre en 1603, sous le règne de Jacques VI, qui devient Jacques Ier d’Angleterre, le château perd peu à peu son rôle de résidence royale. Cependant, il reste une forteresse militaire stratégique et continue de jouer un rôle lors des conflits suivants :
Siège de 1640 : Durant la guerre civile, le château est assiégé par les forces parlementaires.
Siège de 1689 : Le château est encore une fois assiégé lors de la rébellion jacobite.
Rébellions jacobites de 1715 et 1745 : Le château d’Édimbourg résiste aux tentatives des jacobites de le reprendre.
Pendant cette période, le château est utilisé comme une garnison militaire et une prison pour les prisonniers de guerre, en particulier lors des guerres napoléoniennes.
À partir du XIXe siècle, le château d’Édimbourg perd son rôle militaire actif et devient un symbole national. Des efforts de restauration sont entrepris pour préserver les parties médiévales et pour en faire un site historique.
En 1818, les joyaux de la couronne écossaise, longtemps perdus, sont redécouverts dans le château, ajoutant à son importance historique.
Au cours du XXe siècle, le château devient l’un des sites touristiques les plus visités du pays et accueille des événements nationaux, tels que le célèbre Edinburgh Military Tattoo, un spectacle militaire annuel.
Le château continue de jouer un rôle cérémoniel, notamment en tant que site de la résidence officielle du gouverneur d’Édimbourg et lors des célébrations du Jour de la Saint-André, fête nationale de l’Écosse ». (source Wiki).
Nous avons aussi visité le Palais Holyroodhouse, la “maison” de la défunte reine mère en Écosse et celle maintenant du King, pas Elvis mais bien Charles III. Une belle petite maison comme le dit la Princesse Ann dans l’audio guide de la visite. Je me bidonne un peu quand j’entends les commentaires des couronnés qui prétendent avoir une vie simple à l’intérieur de Holyroodhouse. Un peu déconnecté de la réalité mondiale… ou de la réalité tout court. J’ai aussi vu une photo de la Queen avec Just dans une pièce où on y voit les invités que la Reine et maintenant Charles III reçoivent à Holyroodhouse… tout pour m’achever. Une belle petite piaule finalement.
Ensuite on a fait le grand tour d’Édimbourg. C’est -à-dire le Calton Hill qui offre une vue splendide sur la ville, une butte où il y a un Parthénon. J’ai pas compris et j’ai pas cherché à comprendre. Grassmarket autrefois un lieu d’exécution publique. Princes Street Gardens qui abrite la plus ancienne horloge florale au monde. On la cherche encore… le Arthur’s Seat, une colline à l’est du centre-ville. Ensuite le Scott Monument (plus grand écrivain écossais, I don’t know him, sorry) le Scottish Parliament et la cathédrale St Giles et son magnifique plafond bleu.
On a l’air d’avoir couru un marathon, mais pas du tout. On en a marché une shot par exemple, près de 20 kilomètres par jour, plus ou moins.
Lors de notre deuxième journée, nous nous sommes arrêtés pour dîner dans un bar typiquement Écossais. JF a mangé un Haggis, Neeps and Tatties. Moi, j’ai mangé un potage aux poireaux et au Stilton fromage bleu anglais… et non pas écossais.Voici ce que c’est:
“Le haggis est un plat traditionnel écossais emblématique, souvent considéré comme un symbole de la culture culinaire écossaise. Il s’agit d’un pudding salé fait principalement d’abats de mouton (foie, poumons et cœur), auxquels sont ajoutés de la graisse de rognon (généralement de mouton ou de bœuf), des flocons d’avoine, des oignons, et des épices comme le poivre noir, la muscade et la coriandre. Ces ingrédients sont traditionnellement mélangés, puis cuits à l’intérieur de l’estomac d’un mouton, bien que de nos jours, une enveloppe synthétique ou alternative soit souvent utilisée.
Le haggis a une texture légèrement granuleuse et une saveur riche et épicée, équilibrée par la douceur des flocons d’avoine et l’onctuosité des abats. Il est généralement servi avec des « neeps and tatties » (navets et pommes de terre écrasées) et souvent accompagné d’un whisky écossais.
Le haggis est particulièrement associé à la célébration de la Burns Night, une soirée dédiée au poète écossais Robert Burns, qui a écrit une célèbre « Ode au Haggis ». (Source Wiki)
Que dire, je ne peux pas prétendre avoir visité l’Écosse. J’ai vu Édimbourg. J’ai aimé. Nous devions aller à l’Île de Skye. Ça ne fittait plus dans notre horaire. On reviendra peut-être un jour….j’ai vu des joueurs de cornemuse avec leur kilt, mais aussi un mariage à la mairie ou tous les gars ou presque portaient le kilt.
Par ailleurs, j’ai remarqué de mon oeil de lynx… mais franchement c’était pas trop dur à voir… une tendance lourde chez les jeunes femmes mais aussi les garçons ou ils semblent être en décalage concernant la “mode” capillaire (ou ça va revenir chez nous sous peu et je suis pas au courant…) Je n’ai jamais vu autant de jeunes mais aussi des moins jeunes avec des teintures: jaune fluo, bleu délavé, mauve et rouge enfer!!! Isssh ma mère dit toujours: Des goûts et des couleurs, on ne discute pas….
Nous avons repris la route en fin de matinée et mettons que j’ai eu un peu de misère avec les “rotoundas”. Je suis tombée dans une double…sans commentaire. Ça part vraiment bien la journée. Ça te met dedans d’aplomb.
Nous nous sommes arrêtés à Bank East Turret | Le mur d’Hadrien et nous dormirons à cet endroit très particulier.
« Le mur d’Hadrien | Hadrian’s Wall est une fortification romaine située dans le nord de l’Angleterre, construite sous l’empereur Hadrien en 122 après J.-C. pour marquer la limite nord de l’Empire romain en Grande-Bretagne. Ce mur s’étend sur environ 117 kilomètres (73 miles) de la côte ouest, près de l’actuelle ville de Carlisle, à la côte est, près de Newcastle, suivant à peu près la ligne entre l’Angleterre et l’Écosse modernes.
La structure était composée d’une fortification en pierre et en terre, avec une série de fortins, de tours de guet et de garnisons répartis le long de son tracé. Des unités de soldats romains y étaient stationnées pour surveiller la frontière et maintenir l’ordre.
Aujourd’hui, des parties du mur sont encore visibles et font partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO, attirant des visiteurs et des randonneurs qui viennent explorer son histoire et les paysages environnants » (Wiki).
Évidemment ce n’est qu’une petite partie du mur d’Hadrien. Pensez-y quand même…en l’an 122 après JC. Incroyable.
Voilà… je ne sais pas où mon cerveau va sauvegarder toutes ces informations. J’ai peur de faire un court-circuit. Demain direction … tranquillement pas vite….Oxford.
Je suis silencieuse depuis quelques jours, je suis enrhumée. Je tousse et j’ai mal à la gorge. Le p’tit gars du lavoir à West Bay!!!. Je le soupçonne de m’avoir donné la “crève”… Je me traîne un peu.
Avant West Bay, nous avons fait quelques arrêts sur la plage de Chesil. Je suis en retard sur la parution des récits, je reviens un peu en arrière. “La plage de Chesil est située sur la côte jurassique du Dorset. C’est une longue étendue de galets de 29 kilomètres. Elle est unique par sa composition de galets dont la taille varie progressivement: les plus petits galets se trouvent à l’est près de West Bay tandis que les plus gros, certains aussi grands que des œufs de poule, se concentrent près de Portland à l’ouest. Cette variation de taille est un phénomène naturel dû à l’action des vagues et des marées qui trient les galets selon leur poids et leur taille” (Source Wiki).
Je ne sais pas si c’est une légende mais il paraît que les pêcheurs de Chesil avaient une connaissance impressionnante de la plage, à tel point qu’ils pouvaient déterminer leur position simplement en observant la taille des galets. Comme la taille des galets augmente progressivement d’est en ouest, les pêcheurs savaient s’ils étaient plus proches de West Bay (avec des galets plus petits) ou de Portland (où les galets sont plus gros). En accostant sur la plage, ils pouvaient estimer leur lieu d’arrivée en fonction de la grosseur des galets sous leurs pieds. Particulier, n’est-ce pas? Nous n’avons pas pu voir cette si grosse différence entre les galets mais voici ce que j’ai récolté. Probant ou pas?!! J’ai soumis le tout à l’ingénieur qui avec son romantisme fou m’a répondu ceci: “des analyses qui seraient faites sur des échantillons représentatifs prélevés aux différents endroits visités ne révéleraient point une si grande variance dans la granulométrie des galets de ces sites”. BANG!!
Nous nous sommes dirigés vers Bath et avons trouvé un endroit pour garer le camping-car chez un Anglais-grano-peace-and-love-champion-du-recyclage-compostage-et-le-reste qui se permet de te faire un brin la leçon sur la question de l’environnement mais qui te donne une pile de papier d’un pied d’épaisseur avec toutes sortes de pamphlets pas utiles. Bonjour monsieur Environnement!! Cohérence quand tu nous tiens!!! (Monsieur avec respect, internet existe). Le genre qui m’énerve!! Bref, on décide de crècher sur son terrain aménagé pour les VR (6 places) parce que de cet endroit, on est à 20 minutes de la vieille ville de Bath. On part pour pogner le bus mais pour s’y rendre…un vrai chemin de croix…je sens que ce ne sera pas une bonne journée!! Je commence déjà à fulminer. Il pleut, je suis malade et google nous fait passer par un chemin qui a “crissement pas d’allure” pour atteindre la gare de bus. Il y a des marches semi en bois-glaise, pas de rampe pour se tenir, un casse yeule. J’ai des petites bottes pas pantoute appropriées pour faire de la randonnée et avoir su j’aurais mis mes bottes de marche, je glisse et je risque de me péter la margoulette aux dix pieds. JF est dans sa tête à 1 km devant moi (j’exagère à peine). J’ai juste envie de m’écraser dans l’escalier et de brailler. Ça part pas ben pantoute. On arrive à la gare, mes bottes sont pleines de “bouette”. mes belles petites bottes “cutes” en suède. Calvaire.
On prend le bus, on arrive à Bath, JF sort son téléphone, le chemin, le chemin, le chemin, il a un petit fix sur le google map. Je lui dis : “JF, les chances qu’on se perde sont minces, on peut laisser faire le calvinsse de téléphone. Y’a des petits écriteaux qui vont nous mener là où on veut aller. Pis si on se perd, y’a pas mort d’homme, on devrait être capable de se retrouver. Relaxe et regarde autour de toi à la place… »
Je voulais, entre autres, voir les bains romains, le pont Pulteney, le Corridor et l’Abbaye. Il pleut toujours et il fait froid. On arrive devant l’Abbaye, on peut pas la visiter il y a un service. Les visites reprennent à 13h15. Ok on va aller au musée, il est en rénovation. Fermé. On arrive aux bains romains. JF voit le prix pour y entrer et fait un deuxième arrêt cardiaque “on the spot”. 100$ pour visiter les bains romains datant des années 800. Je trouve ça cher qu’il dit. Je suis stupéfaite. Pardon?. Mon état de santé précaire, m’embrume le cerveau et là, je me mets carrément à faire de l’attitude. Il dit : “vas-y, toi” euh non. On est venus ici pour ça…Ben, figurez-vous donc qu’on y est pas allés… je vous laisse imaginer quelle sorte de journée on a eue par la suite….
Le lendemain matin, nous nous préparons à partir pour Cardiff, capitale du pays de Galles. On commence à ranger nos affaires. On doit vidanger le VR et pour ce faire, il faut s’approcher d’une grille de captation qui se trouve en face de l’endroit où nous étions placés. J’avance doucement vers cette grille, je dois rouler sur du gazon. Je m’approche tranquillement et positionne le VR au bon endroit. JF fait les manœuvres, je dois maintenant reculer pour me remettre dans le chemin asphalté menant à la sortie. Je recule lentement, je tourne mes roues pour me remettre sur le chemin… puis je me mets à « spinner du t’sour » comme dirait l’autre. Incapable d’avancer ni de reculer. Comme en plein hiver quand ton char pogne une plaque de glace pis que tu fais du surplace et que tu dois sortir tes traction-aid… pour te sortir de ta fâcheuse position. Ben y’aura fallu faire venir une remorqueuse pour nous sortir de là…100 pounds pour se faire tirer d’à peu près 10 pieds max. Un 100 pounds bien investi. J’ai repensé aux bains romains…et Cardiff a pris le bord parce qu’avec tout ça on a perdu notre avant-midi.
Même si la conduite à gauche se passe relativement bien et que je maîtrise les “rotoundas,” avec l’aide du co-pilote, conduire est fatiguant surtout dans mon état actuel. De plus, nous avons sous estimé (not me, le planificateur en chef) le temps que prendrait par exemple, une distance de 25 km à couvrir sur des routes à une ou deux voies. Le temps est d’une fois et demie plus lent. Pendant toute notre traversée du pays de Galles, nous avons avancé comme une tortue il a plu presque tout le temps ce qui a entravé notre vitesse de croisière.
Nous avons traversé le Brecon Beacons (chaîne de montagnes), nous devions y faire une marche. La marche est tombée à l’eau (sans jeu de mots). Je note que les Anglais et les Gallois sont habillés afin de pratiquer des activités sous la pluie. Je me doutais qu’il allait pleuvoir, mais à cette fréquence et cette intensité pas du tout. On a notre stock de marche, mais ça fitte juste pas. Le déluge, que je vous dis. On a poursuivi notre route. Dommage, cette chaîne de montage est visuellement splendide. Je pense que j’ai vu d’autres militaires qui avaient l’air de s’entraîner, les mêmes qu’à Lulworth peut-être…
On décide alors de s’enfoncer un peu plus dans le pays de Galles et d’aller jusqu’à la pointe la plus à l’ouest, c’est-à-dire St Davids. On s’arrête à une plage ou le surf se pratique. Il pleut. La plage n’est pas déserte, il y a plein de surfeurs. Je me couche pour tenter de récupérer. Par la suite, nous visitons la cathédrale St Davids et poursuivons notre route jusqu’au parc Snowdonia où nous devions grimper le mont Snowdon. Après plusieurs heures de tergiversations, je ne suis pas assez en forme. On décide de ne pas faire cette sortie et JF branle dans le manche. Il y a un train qui monte au sommet du mont Snowdon. Ça ne me tente pas. C’était pas ça mon plan!! Première déception du voyage. J’ai hâte de retrouver un peu d’élan. Mon envie de bouger en prend un sérieux coup et ça me met en beau joualvert.
« Le mont Snowdon est situé dans le Nord-Ouest du pays de Galles, au Royaume-Uni, dans le comté de Gwynedd. Il se trouve à 16 kilomètres au sud-est de Caernarfon et à 18 kilomètres à l’est de la mer d’Irlande, en particulier de la baie de Caernarfon mais également à 20 kilomètres au nord-nord-est de la baie de Cardigan. Cardiff est à près de 200 kilomètres au sud-sud-est alors que Liverpool en Angleterre est à 80 kilomètres. L’altitude du sommet a été établie à 1 085 mètres, ce qui en fait le point culminant du petit massif Snowdon au sein de la région naturelle protégée de Snowdonia, dans les monts Cambriens, et également le plus haut sommet des îles Britanniques en dehors de l’Écosse. Sa hauteur de culminance, mesurée par rapport au Ben Nevis, est de 1 038 mètres, ce qui en fait le troisième marilyn des îles Britanniques, derrière le Ben Nevis et le Càrn Eige en Écosse et à égalité avec le Carrauntuohil en Irlande. Le sommet offre un des plus vastes panoramas des îles Britanniques. Par temps exceptionnellement clair, il est possible d’apercevoir les côtes d’Irlande, d’Écosse, d’Angleterre et de l’île de Man ; 29 lacs et 17 îles sont visibles ; enfin, il est possible de balayer du regard 24 comtés du Royaume-Uni et d’Irlande. La ligne de visée théorique reliant le Snowdon au Merrick, dans le Sud de l’Écosse, est la plus longue des îles Britanniques avec 232 kilomètres10«
Nous avons décidé de nous arrêter à Morecambe pour la nuit. On arrive en milieu d’après-midi et on décide de marcher pour aller visiter cette ville qui est aussi le titre d’une série du même nom. Mais on est pas là pour ça. On a pas encore manger de fish and chips, c’est ce soir que ça se passe. On trouve, semble-t-il, le meilleur resto pour en manger, chez Atkinson’s. Resto zéro alcool. Petite déception. On mange notre affaire. Ça reste un paquet de panure avec des frites. Le poisson est frais sans plus. On ressors de là et on marche jusqu’à notre spot pour la nuit qui est au bord de la mer. Demain, direction Edimbourg.
Connaissez-vous la série Broadchurch? Une série anglaise que j’ai dévorée comme une boulimique en 2013-2014-2015. Meilleure que Six Feet Under et Breaking Bad. Ici bas les deux personnages principaux de cette série.
Voici ce que Hugo Dumas mentionnait au sujet de cette série en 2013.
“Broadchurch ne retrouvera plus jamais sa quiétude légendaire après la découverte du cadavre d’un garçon de 11 ans. La jeune victime a été assassinée, puis abandonnée sur la plage, dans une mise en scène maquillée en suicide. S’amorce alors une passionnante enquête qui forcera les villageois à dévoiler, bien malgré eux, leur vrai visage. Des secrets très noirs (et bien enfouis) s’échappent. La paranoïa s’infiltre dans les chaumières. Et les soupçons pèsent autant sur des petits camarades de classe de la victime que sur le prêtre de
Véritable tour de force, la série nous captive, bien sûr, avec la progression de l’investigation policière, mais aussi en nous exposant les conséquences dévastatrices du meurtre sur cette communauté tricotée serré. C’est d’une finesse et d’une intelligence rarement vues au petit écran.
Plusieurs scènes vous prennent à la gorge, notamment celles dans l’intimité des parents du préadolescent tué, qui s’enfoncent dans une spirale destructrice.
Ce qui démarque encore plus Broadchurch des autres émissions à la The Killing, c’est la relation très singulière qu’entretient la détective avec ses «suspects». Cette femme droite et fière a vécu toute sa vie à Broadchurch. Son fils est le meilleur ami du garçon qui a été exécuté froidement. Elle est donc incapable de concevoir qu’un de ses concitoyens ait pu commettre un geste aussi crapuleux. Dans les interrogatoires, elle pleure sans gêne, remplie de compassion.
Son partenaire, un Écossais, est tout le contraire. Il vient de débarquer à Broadchurch et son jugement n’est aucunement teinté par le passé. À deux, avec un mélange d’humanité et d’objectivité, ils formeront une paire à la fois improbable et redoutable.”
Le Cliff de West Bay est devenu un personnage de la série, ou à tout le moins un élément de la nature qui y apparaît fréquemment… je trouvais ce petit village très beau…
À l’époque j’avais cherché où se trouvait Broadchurch pour me rendre compte que Broadchurch n’existe pas. La série a été tournée dans le petit village de West Bay. située sur la Côte Jurassique de l’Angleterre. Il était hors de question que je passe à côté de ça. Alors, nous y sommes allés et avons repéré dans le village (grand comme ma main) les lieux qui apparaissent dans cette série. Si vous voulez visionner la série, elle est disponible sur Prime Video (hum, je ne suis pas commanditée par eux…) Je suis juste gentille.
J’étais déjà venue à Londres à deux reprises, en correspondance pour une autre destination, j’avais marché sans but précis, me contentant de voir les trucs de l’extérieur. Maintenant que j’ai vraiment visité Londres et sillonné la campagne anglaise, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que, primo l’Angleterre est verte (aussi blonds que sont les Danois) et deuxio, les anglais sont charmants. Anecdote. À l’épicerie nous avions oublié nos sacs et nous avions pas mal de victuailles, un charmant jeune homme nous a offert un de ses sacs qu’il avait dû payer 2 livres, sans que nous n’ayons rien demandé. On a refusé par maladresse. Dans les faits, on ne sait pas toujours comment réagir face à autant de gentillesse.
Comme vous le savez déjà, nous avons loué un VR pour notre périple en Angleterre. Je ne sais pas ou j’avais la tête lorsque j’ai proposé cette idée, mais plus les journées avancent, plus je sais que nous avons pris la bonne décision. Des fois, c’est difficile, mais je me trouve pas mal bonne. Je me donne un A.
Alors, l’Angleterre et ses habitants sont charmants, mais c’est aussi là où l’on roule à gauche. Lorsque je me suis glissée derrière le volant, j’ai eu une petite palpitation. Les premiers miles, je me suis sentie incertaine, instable mais déterminée à faire le tour de l’Angleterre en VR et à mater la bête et les routes.
Le premier défi? Sortir du stationnement attenant au bureau de notre PDG, les VR sont garés un peu n’importe comment. En termes clairs c’est le bordel. Même si tu sais que le volant est à droite m’asseoir derrière n’a fait que confirmer, que le feeling est vraiment bizarre. Tu cherches désespérément la ceinture de sécurité à gauche, mais elle est à droite. J’ai mis peut-être deux jours à m’habituer et si vous saviez le nombre de virage en U que j’ai fait parce que certaines rues ne débouchaient pas, ou on avait mal vu les indications… Infernal.
Sur la route, c’est là que le vrai test commence. Les “rotoundas”, ce sont ces ronds-points qui ressemblent à des carrousels géants avec des voitures qui tournent autour comme des chevaux sauvages. Ah oui, il existe même des doubles “rotoundas” et même un carrefour inédit qui fait parler de lui à cause de sa complexité apparente et qui effraie les conducteurs, il est situé Swindon. Ouille.
Moi, je suis là, à l’entrée, essayant de me rappeler si je dois regarder à gauche ou à droite, tout en priant pour que personne ne me klaxonne. Finalement, je m’élance avec la grâce d’une autruche qui essaie de décoller.
Les routes elles-mêmes sont un mystère. Fines comme des cordes à linge, elles serpentent entre les champs, bordées de ces fameuses haies qui, de loin, ont l’air charmantes et bucoliques.
Mais une fois au volant, ces haies deviennent des murs impénétrables. Impossible de voir ce qui arrive en face, et quand un autre véhicule surgit dans le virage, il y là un petit moment de frousse. Tu essaies de faire de la place, mais sur ces routes étroites à double sens mais à une seule voie ce qu’ils appellent “les singles track roads” avec des “passing places”, tu te demandes souvent si ton miroir ne va pas finir dans le pare-brise du voisin, quand ton mastodonte à une largeur de 7 pieds et 7 pouces.
Maintenant,les panneaux de signalisation! Même si j’avais lu et relu sur la question, ceux-ci semblent avoir été conçus par des artistes. «Give Way», disent-ils avec délicatesse, ce qui dans le feu de l’action, sonne plus comme un titre de chanson du groupe ABBA que d’une instruction à suivre.
Puis il y a les « Dual Carriageways », qui sonnent impressionnants, comme si tu allais entrer sur une autoroute à 10 voies… mais non. Deux petites bandes d’asphaltes.
Les Anglais sont très respectueux des consignes routières, des autres conducteurs et ils semblent que les policiers soient impitoyables. Les Anglais respectent à la lettre les limites de vitesse près des chantiers de construction. J’haïs ce mot, parce qu’il est utilisé à outrance, mais les anglais conduisent avec une vraie bienveillance. Ils sont patients et ne s’énervent pas. L’Anglais va souvent lever légèrement le doigt pour remercier un autre conducteur parce que vous le laissez passer. C’est une manière courante pour les Anglais de signaler leur reconnaissance lorsqu’ils conduisent.
Dans les « passing places », Il y a aussi des règles à respecte. Le véhicule le plus proche d’une passing place doit s’arrêter – même si ça veut dire faire marche arrière pour se ranger (Merci, mon Dieu, j’ai été épargnée jusqu’à maintenant). En général, on fait des appels de phare pour signaler au véhicule qu’on a la possibilité de se ranger, pour qu’il puisse avancer sans problème. Attention! Si la passing place est à gauche, tu t’y ranges. Si la passing place est à ta droite, tu dois t’arrêter sur la chaussée et le véhicule en face s’en servira pour contourner ta voiture ou ton mastodonte.
Je découvre ces règles au fur et à mesure que j’acquière de l’expérience dans la conduite à gauche. Parfois, j’y vais d’instinct et par la suite, je vais lire sur les z’internets pour comprendre si j’ai fait une connerie ou pas. Un apprentissage en continu.
Nous sommes arrivés à West Bay en fin d’après-midi. Corvée d’intendance, le lavage. Les lavoirs sont des lieux de constats sociaux incroyables. Lorsque j’arrive dans le commerce, il y a a une jeune mère avec son bébé qui se trouve dans une poussette. Plus vieille que ma Lolotte, je dirais 8-10 mois. Une petite rouquine aux yeux bleus et aux joues rossies par le vent de la mer. Sa mère prend le linge dans la sécheuse, le plie et le place directement dans un gros sac style Costco. La petite regarde sa mère et babille. La maman regarde son enfant et lui montre des pièces de vêtements qu’elle nomme, elle est en interaction avec son bébé. Elle a un style que je qualifierais de “granole” je parierais un p’tit deux qu’elle mange de la luzerne. Elles quittent quelques minutes plus tard. Je ne connais rien de leur vie…
Le temps que je place les vêtements dans les laveuses, un homme entre avec deux enfants, un garçon et une fillette. Ils parlent forts, le garçon ne cesse de tousser et je m’interroge sur cette toux. S’il a la coqueluche, je suis faite. Ils sont assis près de moi. Ils sont cernés. Les enfants ont l’air négligés. Le père donne, à la fillette, son cellulaire. De nos jours, un enfant ne peut rester assis à lire un livre, nenon il faut qu’il gosse sur un téléphone, afin de nourrir son cerveau de conneries. Ils (parce que le père aussi est attentif à l’écran) écoutent une émission qui fait des bing, bang, boum!!! Le son est au maximum. On est tous convié, sans notre consentement, à écouter les mêmes conneries que la petite. Le garçon continue de tousser à s’en fendre les poumons. Je me lève et vais prendre l’air à l’extérieur quelques minutes question de m’éloigner d’eux. Non pas par mépris, juste parce que ça me ramène en arrière dans des souvenirs où je ne veux pas aller.
Ils m’ont rappelé mes dossiers plaidés à la DPJ. Ces dossiers de négligence parentale, ou on disait que la négligence avait une odeur. Cette odeur est indescriptible pour quelqu’un qui ne travaille pas dans le milieu, mais elle existe vraiment et habituellement ce n’est pas bon signe. Cet après-midi je l’avais sous le nez à plus de 4000 km de chez moi.
Vous comprendrez que j’ai commencé à écrire ce récit il y a déjà quelques jours…C’était la fête de JF le 29 septembre dernier. 65 ans pis presque toutes ses dents…et pas encore TO-TA-LE-MENT à la retraite, un essai…pour 3 mois.
Samedi, nous avons quitté Londres en direction de notre locateur de VR qui se trouve en périphérie de la ville. Initialement nous devions louer une voiture et aller d’hôtels en Airbnb et après réflexions et discussions, nous avons opté pour la location d’un VR. Nos affaires seraient en place pendant le prochain mois et nous pourrions manger à bord donc moins de resto et plus de liberté. Vous commencez à comprendre qu’un plan est fait pour être changé, selon le modèle d’affaire de MD.
C’est reparti mon Kiki!!!
On a trouvé notre locateur du camping-car assez rapidement…après un métro, un train, un autobus, un autre autobus…et une souris verte….te, nous étions rendus!!!
De nos jours, il faut faire attention à ce que l’on écrit, il y a des mots à l’index. Ce que je pouvais écrire en 5 minutes m’en prend 12 car je dois réfléchir constamment aux choix des mots. Bon alors, un individu de nationalité différente de la mienne, avec un fort accent atypique de l’Angleterre, nous reçoit dans son somptueux bureau. Une chaise défraîchie, une caisse de bois, un ordi, un rolodex et des écriteaux partout sur ce que l’on doit faire ou pas avec le campeur. Vous pensez, ils sont pingres, ils ont loué un truc boboche….Nenon pas du tout. La compagnie en question n’est pas une compagnie “broche à foin”, c’est le plus gros locateur de VR en Europe. Un moment de frayeur est passé dans nos yeux lorsque nous avons vu le bureau du PDG de cette bicoque, appelé bureau de location. On se doit, de tendre TOUTES nos oreilles pour bien saisir ce que le gars nous donne comme infos. Je tape du pied, j’ai juste hâte de sortir de là pour passer en mode autonomie. JF pose quelques questions sur la location et il a un air dubitatif. Je suis l’élue qui conduira un campeur de 23 pieds avec le volant à droite, donc conduite à gauche. Bazouelle pourquoi j’ai proposé une connerie pareille.
On sors dehors pour se faire expliquer comment le “monstre” fonctionne. Je pose pas trop de questions parce que l’anglais parlé de cette personne est incompréhensible. Selon moi, pas mal pareil comme notre campeur, à quelques différences près. Je suis dans ma tête en train de faire de la visualisation sur la conduite de ce campeur. J’ai lu sur la réglementation routière et ce que veulent dire toutes leurs marques sur les rues et comment prendre une « rotounda” (lire carrefour giratoire) dans le sens horaire, alors que nous le prenons dans le sens anti-horaire. Je pense que l’inconscience m’a frappée d’aplomb lorsque je suis née. Pourtant…
On prend possession de l’engin.Première chose à régler le gaz propane, le PDG nous dit que les réservoirs sont vides mais que partout on pourra trouver ce qu’il nous faut. D’ac, je pars avec mon co-pilote. J’ai une toute petite palpitation. Comme j’ai déjà été chauffeur de taxi dans une autre vie, j’ai confiance. J’aime conduire. À Montréal, mon jeu préféré est de tenter de déjouer Waze. Des fois je gagne, des fois je perds. On arrive chez le commerçant en question. Le stationnement est miniature, je manœuvre là-dedans avec le VR de 23 pieds et il faut que je pense constamment à ma conduite qui est en sens contraire de la nôtre…JF va à l’intérieur gérer la chose. Il ressort les mains vides. Y’en a pas qui m’dit. On nous envoie à un autre endroit, même résultat. PAS DE PROPANE. On arrive à la fin de l’après-midi, je ne veux pas conduire lorsqu’il fait nuit, direction Stonehenge. Je fulmine et cette situation me rappelle celle vécue en décembre 2022 pas très loin de Nashville.
Je prends mon propane égal comme dirait l’autre. Je suis quand même en train de vivre quelque chose d’incroyable. JF a trouvé un endroit extraordinaire pour passer la nuit. Nous sommes à moins de 200 mètres du monument mégalithique de Stonehenge.
Bon, on n’a pas de propane donc on peut pas se faire de bouffe, malgré l’épicerie que nous avons fait…avant de chercher le propane. Erreur. Alors on soupe aux chips!!! Pas de propane, pas de chauffage non plus. Y fait frette. Impression de déjà vu. On se réveille avec des glaçons au bout des cheveux. Pas tant…mais presque. On quitte notre lieu et partons à la recherche d’un endroit pour déjeuner afin d’être de retour pour notre visite de Stonehenge prévue à 9h30. On trouve un McDo, on fera avec.
Deux options pour se rendre sur le site: la marche ou le bus. On décide de marcher, deux petits kilomètres, on devrait être capables!!! On marche en silence, transi par le froid.
Il y a déjà foule. Les autobus bondés de touristes arrivent à la queue leu leu. (Avez-vous remarqué que je ne m’identifie jamais aux touristes, comme si je n’en étais pas une…mais comme quelqu’un de la place qui vient faire une p’tite visite à Stonehenge un dimanche après-midi)
Enfin, on arrive au site. il y a déjà pas mal de monde qui tourne autour du monument, parce que celui-ci est entouré d’un cordon de sécurité et nous ne pouvons nous en approcher. Je m’imaginais ses pierres beaucoup plus hautes et plus grosses, un peu comme JF avec le Big Ben je suis déçue. Ceux que j’ai vu à l’Île de Malte et de Gozo étaient plus impressionnants.
Stonehenge est composé d’un ensemble de structures circulaires concentriques, construit en 5 grandes étapes, entre 3000 et 1100 avant J.-C. Pour de nombreux archéologues, Stonehenge a été érigé pour observer à l’horizon la position du soleil levant, le jour du solstice d’été et établir ainsi le calendrier solaire et celui des travaux ruraux. Pour ma part, un peu déçue. Voilà, 45 minutes plus tard on est sortis.
Il y a très longtemps j’ai reçu un livre, qui s’intitule: les 1001 choses à voir avant de mourir. Ce livre traîne toujours dans le “cigar room” de la maison. Cigar room dans lequel on ne fume pas. Je donne des noms comme ça aux pièces, aux choses et aux gens. Quelques semaines avant notre départ, je suis retournée fouiner dans ce livre juste pour voir si nous n’avions pas échappé quelques trucs importants à voir en Angleterre…ishhh. Plusieurs arrêts se sont ajoutés sur notre liste, dont les Seven Sisters. Vous connaissez? Ce sont une série de falaises crayeuses situées dans le Sussex. Elles s’élèvent jusqu’à 150 mètres en l’air. Les falaises reculent de 30 centimètres par an et chaque année de gros morceaux ont tendance à tomber. Elles portent le nom des Seven Sisters parce que la falaise consiste en 7 ondulations. Le soleil n’était pas au rendez-vous lors de notre visite. On y a passé deux nuits espérant que le soleil finirait par faire son apparition. Pas de chance. Nous avons quand même pu boire notre café du matin en regardant la Manche.
Mon enthousiasme…
Nous avons été pris par de grands vents lors de notre passage au Seven Sisters. Je vous raconterai plus tard.
Plusieurs activités d’intendance ont été au programme tout au long des derniers jours. On apprivoise notre Gerhard no.2 et c’est pas toujours facile. On bèche un brin. Entre les Seven Sisters et notre destination suivante, nous avons été dans l’obligation de repasser par Londres chez notre locateur de VR et nous y sommes arrivés un brin crinqués. Je vous passe les détails de ce problème IMPORTANT mais j’y reviendrai peut-être selon mon état d’esprit.
Une fois la situation réglée nous repartons en direction du Coast Path, Old Harry Rocks sur la Côte Jurassique. Pendant que je vous écris, ça tire de la mitraillette big time. Nous sommes pas très loin d’une base militaire. J’ai vu plusieurs affiches nous indiquant qu’il y aurait des “gun fire”….et hier au resto, deux jeunes hommes se sont installés pas très loin de nous et de toute évidence ils s’entraînent!!!. Revenons à nos moutons (et il y a en masse en Angleterre). On a donc marché pour voir le Old Harry Rocks, une petite randonnée de 10 km. Nous nous sommes arrêtés après notre marche, au Manor Farm Tea Room pour y et manger une glace bien méritée. Nous étions un peu fatigués, on a décidé de prendre le bus pour nous ramener au campeur. Regarde l’horaire de bus, pitonne sur les téléphones pour acheter des billets, ça marche pas, j’exerce le lâcher prise. L’autobus arrive. J’aime leur accent. J’explique au chauffeur que nous n’avons pas de ticket. Tabouaire, ici dans un bus on peut encore acheter un billet et payer avec de la vraie argent. On arrive au VR on se met illico en route, direction Lulworth. Une distance d’environ 40 km. Nous n’avançons pas aussi rapidement que nous le pensions, les routes sont étroites et les “Rotounda” (lire carrefour giratoire) m’épuisent un peu.
On arrive dans le joli village de Lulworth, c’est magnifique et on y verra deux lieux à voir avant de mourir….!!!
La Lulworth Cove et le Durdle Door. On bouge, j’aime ça. On grimpe, on grimpe dans le silence. Ah ouais, j’ai oublié de vous dire, on a géré un autre ?)?&&&$$”/%”?$” avec le VR donc un aller/retour dans la ville de Weymouth pour gérer le Flogas. Putain!!!
Ça tire toujours de la mitraillette, une petite recherche sur Google, l’encyclopédie qui n’est jamais remise en question, histoire d’en avoir le coeur net. Donc, nous sommes tout près du Lulworth Camp qui se trouve a être une base de l’armée britannique qui abrite l’école d’artillerie de véhicules de combat blindés et gère les chaînes de Lulworth sur la côte sud du Dorset. Il fait partie de la garnison de Bovington et est situé sur la crête de Purbeck entre les villages d’East et West Lulworth. Voilà, on va se coucher moins niaiseux.
Je pense que j’ai fait le tour. Les anecdotes s’en viennent, soyez patients et merci à ceux qui commentent. Ça donne un p’tit boost.
Le temps passe si vite, déjà deux ans que je suis sortie du marché du travail. J’ai encore de la difficulté à dire que je suis à la retraite. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que dans ma tête il faut être trèèèèès vieux pour avoir le droit d’user de son temps à sa guise et vieille je le suis, mais pas tant que ça. Dans ma tête, j’ai 35 au gros max. Mon chum est en congé pour trois mois, ça doit faire trois fois que la date fatidique de la prise de la retraite définitive est “postponée”. Il est en congé jusqu’au 6 janvier 2025, date à laquelle il sera de retour au travail pour filer jusqu’en septembre 2025 et après être “peut-être” à la retraite à temps plein…chacun son rythme!!!
Ce long voyage, nous en avons discuté pendant des mois, entrecoupé de périodes où nous consacrons du temps à la voisine, à notre dossier, trop de temps…
Mais bon, allons-y c’est parti!!!
On a réglé notre contentieux avec la voisine, keshling, keshling ce qui veut dire qu’à mon avis elle a très mal géré sa patente. Elle voulait régler cela devant un juge, ce qui fût fait, et nullement à son avantage. Je me suis réconciliée avec le droit le temps de plusssssiiiieuuuuurrrs journées. Et comme la voisine l’avait si bien dit… « you have the upper hand” faisant référence à nos professions respectives, je dois bien admettre qu’on a cogné fort!! J’ai été aux premières loges pour admirer jusqu’où l’entêtement peut mener et constater que la colère est une bien mauvaise conseillère. Je pense que jamais plus elle ne s’approchera de ma propriété, certains ne tirent jamais de leçons de leurs expériences, l’avenir nous le dira. Dès le 28 août, je me suis réapproprié mon terrain, ma vue, ma maison!!!
L’été 2024 a été aussi un moment de grande gratitude. Je suis devenue grand-maman et comme je commençais à “bounder” avec ma Juju, j’ai dû la quitter. Ne sautez pas trois pieds de haut. Le lien d’attachement entre son petit-enfant et sa grand-mère ne se crée pas instantanément tout comme le lien mère-enfant. L’instinct maternel je n’y crois pas, cette capacité innée et naturelle des mères à prendre soin de leur enfant….Faux de chez faux incorporés. L’apprentissage maternel est souvent un tas d’essais | erreurs | échecs | réussites. Bon bref, je pourrais disserter longtemps sur le sujet, mais ça m’allume en ce moment car je regarde mon enfant avec son enfant…et je suis pas mal fière d’elle.
Le vendredi 20 septembre, mon chum a commencé son congé de trois mois. Je ne suis pas certaine s’il est content ou pas. Il fait de grandes déclarations du genre: « c’est une page qui se tourne ». Je ne sais pas de quelle page il parle, car le 6 janvier il sera de retour au travail. Mais bon…j’y peux rien et moi je suis en paix.
Le 23 en après-midi, nous recevons un sms de la compagnie aérienne, je regarde rapidement et je comprends que notre vol est repoussé à 22h05. Nous avions acheté les billets de chez Air Cou-Cou et avions une escale aux Açores. Vérification refaite en fin d’après-midi par l’homme, pour finalement réaliser que nous partons sur British Airways et que l’escale vient de prendre le bord. Yé. On vient de gagner 3 ou 4 heures, mais le temps devient très relatif quand on a trois mois devant soi.
Ma fille nous débarque à l’aéroport, je l’embrasse, fais un dernier coucou à ma Juju et je rentre dans le terminal.
Avant de partir, il y a eu un léger contentieux, nommé valise. Je plaide que deux “carry on” pour 3 mois de voyage ça me semble peu. J’argumente que ce n’est pas le nombre de vêtements, bien plus que la variation dans le vêtement qui me turlupine (chaud | froid). Nous irons du nord au sud, de l’est à l’ouest. Le deal se conclut avec deux valises à bord et une en soute, si vous saviez ce que j’ai mis là-dedans vous n’en reviendriez pas, à suivre…je suis la Reine du packing.
Nous déposons la “grosse Bertha” et passons la sécurité du côté des voyageurs dignes de confiance. On se tape pas la queue. Merci.
On s’installe à nos sièges, le vol est plein et légèrement en retard et le personnel s’active. Derrière nous des français. On décolle. Le repas est servi de suite après le décollage et commence l’exercice périlleux d’essayer de bouffer sans se tacher ou renverser un verre sur nous. On ingurgite cette bouffe, les plats sont ramassés. Il est passé minuit, on est fatigués, on essaie de se trouver une position pour cogner des clous. JF baisse son siège et le gars derrière lui fout un coup de genou dans le banc. JF me dit: “ le gars derrière vient de frapper mon siège” je lève les yeux en l’air en voulant dire laisse aller … En me replaçant, je jette un coup d’œil dans la fente entre nos deux sièges afin de jeter un coup d’oeil au gars en question histoire de voir de quoi il a l’air. Il m’interpelle et dit: “votre mari m’a cogné les genoux avec le dossier de son banc” je le regarde sans rien dire. JF se retourne et lui dit je n’ai fait que baisser mon banc monsieur. JF se rassoit. Le gars s’énerve et donne deux ou trois bonnes baffes sur la tête de JF. Voyons je rêve. Monsieur vient de commettre une voie de fait simple à ton endroit dis-je à ma Patate, j’ai à peine le temps de finir ma phrase que j’entends JF dire: “Tabar**** c’est quoi votre problème” et la Germaine de répondre: “oh vous savez, mon mari essaie juste de regarder sa télé et la place est restreinte”. Come on Tolérance zéro. Putaing. Plainte à la police. Je fais venir le commandant qui a la plus haute autorité sur toutes les personnes à bord. Ils vont le sortir de l’avion. J’imagine la scène. Oh que non, j’ai vraiment pas le goût d’aller dans cette direction. Je me tourne vers le hublot et j’essaie de penser à Londres, au Big Ben et au reste. Atterrissage au petit matin. Les Français sont toujours là. J’ai pas rêvé. Les gens sont devenus fous…
Je ne sais pas à quel rang se classe Heathrow pour sa prestation de service mais pour moi c’est un sans faute.
Direction vers notre Airbnb. Impression de déjà vu. Notre appartement ressemble à la maison de mon enfance. Le grand escalier à gauche et le couloir qui conduit vers la cuisine, les chambres à l’étage. Weird. Notre chambre est parfaite. On se repose un peu…et nous partons vers Abbey Road. Vous connaissez la photo mythique des Beatles!!! Monsieur “direction” prend en charge “la” direction…Il élabore le plan qui doit faire trois pages de long pour se rendre à Abbey Road. Confusion. Le transport Londonien est au top.
Abbey road cross se trouve dans l’arrondissement de Camden dans la ville de Westminster ce qui veut dire pas très loin du “downtown” Londres. Alors on saute dans le métro et une fois sur place on prendra une photo comme les Beatles. Je ne m’occupe pas du chemin, je me laisse aller. Premier métro, transfert, deuxième métro, on marche, un autre wagon, un autre changement. Je me questionne en silence. On arrive à la Station Abbey Road après plus d’une heure de transport. On sort de la station, on cherche le Abbey Road cross. Cherche, cherche et recherche. Je sors mon cellulaire. On est pas pantoute à la bonne place. La station Abbey Road n’est pas là où se trouve le Abbey Road cross des Beatles, cet Abbey Road se trouve au métro Saint John’s Wood. Voilà comment confondre monsieur Direction. On resaute dans le métro, transfert, deuxième métro, on marche, un autre wagon, un autre changement et on arrive enfin à la traverse du Abbey road cross. Le soleil se couche. Ouf ouf ouf. Avec ce jeu de, je me trompe de métro, je recommence….et bien il est temps de rentrer ou presque, le temps de prendre cette photo.
On s’arrête dans une petite pizzéria. On mange et hop au dodo. Quelle connerie d’appeler une station de métro Abbey Road et de se retrouver à l’extrémité contraire de là on se trouve “LA” Abbey Road cross. À n’y rien comprendre.
L’alarme est mise pour 6h30 le lendemain matin. On se fait réveiller par Talk de Cold Play. Tabouaire. Un peu lourd à 6h30 du matin.
Notre horaire de mercredi est chargé. Nous avions réservé notre visite de la Tower Bridge pour 9h30. Je me rends compte une fois dedans que je l’avais déjà visitée en 2016. La mémoire est une faculté qui oublie. JF est impressionné et semble apprécier grandement sa visite.
Par la suite, direction la Tour de Londres. La forteresse est de style médiéval et se trouve sur la rive nord de la Tamise. La construction a débuté en 1066 sous Guillaume le Conquérant. Elle servit de prison dès 1100. 2,7 millions de visiteurs par an. Je vous passe toute l’histoire de la Tour de Londres je serais incapable de m’en sortir….sans m’y astreindre sans relâche jusqu’à notre retour…
Direction la navette fluviale pour dîner au Borough Market. Ce marché est magnifique et est situé en plein centre de Londres. On y vend des fruits, légumes, de la bouffe, des bières, du vin et tous les autres cossins courus par les touristes. Son seul problème, à mon avis, il y a là trop de touristes à mon goût. J’ose à peine imaginer ce que doit être la foule en plein été. On s’imprègne et on mange un Salt Beef Sandwich à une table de pique-nique que nous partageons avec des inconnus.
Direction l’underground de Westminster. JF a hâte de voir la tour horloge du Palais de Westminster qui est le siège du Parlement.. Nous sortons du métro, la Tour se trouve de l’autre côté de la rue à 500 pieds de la station de métro. Voilà, le Big Ben que je lui dis. Il le cherche des yeux, là, que je répète. il ne semble pas la voir..il la croyait plus grosse et plus haute (96 mètres de hauteur). Je sens JF déçu du symbole de la ville de Londres 😦 .
Les architectes sont Augustus Pugin et Charles Barry….tiens tiens tiens, serait-il un de mes ancêtres du côté de ma grand-mère maternelle qui est une Barry….
Nous allons visiter l’Abbaye de Westminster que je n’avais jamais visité, elle est d’une beauté incroyable, construite au XIII siècle, sous Henri III. Six premiers ministres de la Grande-Bretagne et 3300 personnes y sont enterrés dont Isaac Newton. Il est le premier scientifique à recevoir cet honneur, parce que oui oui être enterré à l’Abbaye est un honneur prestigieux. Je me tanne assez vite de ce genre de visite. Trop d’info et impossible de tout lire on pourrait y passer une semaine au complet. Donc après environ 1 ½ plus tard on déguidinne. L’architecture est juste incroyable.
On saute dans le Uber boat (vous avez bien lu) et on se laisse promener de station en station, ça nous repose un peu. On rentre, il se fait tard, on est brûlés, on arrêtera dans notre petit resto de quartier le temps de manger rapidement et prendre le chemin de notre appartement.
Le lendemain, afin de me lancer un léger défi, je propose à JF de faire la grande roue qu’on appelle le London Eye ou le Millennium Wheel qui a été mise en place pour les célébrations de l’an 2000. Elle fait 135 m de hauteur. J’ai le vertige…vous vous rappelez. Avec notre City Go Pass on peut y avoir accès. Donc go. On embarque dans une grande nacelle couverte. Faire le tour prend 30 minutes. Ça monte tout doucement. La vue est incroyable. Je ne regarde pas trop en bas. On arrive au sommet, nous y sommes presque…je regarde la structure, voyons qu’est-ce qui se passe!!! Je fixe de façon plus attentionnée ladite structure… on ne bouge plus. Ohhhh… peut-être que chaque nacelle s’arrête quelques minutes, tout en haut, afin de permettre aux touristes de bien zieuter le paysage. Euh nenon….c’est une panne!!!. Je regarde au loin, je recule et m’assois, j’attends que ça se remettre en marche cette affaire là. Une dizaine de minutes plus tard, elle repart et on entend un message d’excuse. Bon go, que je descende de là. 45 secondes plus tard, nouvelle panne. Ishh, je commence à la trouver moins drôle. J’essaie d’imaginer comment ils feraient pour nous sortir, si les mécanos ne sont pas en mesure de la faire repartir. Le même manège se répète à 3 autres occasions. J’ai hâte de sortir de là. Une heure plus tard, mes pieds touchent le macadam. Yé. JF lance: “le London Eye, c’est comme le télésiège du Mont Saint-Anne, c’est toujours en panne c’t’affaire là”…
On doit se dépêcher car nous allons direction Windsor pour y voir le château et l’heure de fermeture est à 17h. Un métro, un changement de ligne, un autre métro, un train et nous y voilà. On arrive à Windsor, dès la sortie du train, on tombe dans un village de Mickey Mouse. Vous voyez le genre, genre Tremblant. Les boutiques que l’on retrouve chez nous. Je suis déçue. Dans mon imagination débordante, je croyais arriver dans un champ de coquelicot et marcher une longue route afin d’atteindre le château. Niet, pas pantoute. Le petit village de Windsor est très joli, mais c’est ce que j’appelle une nique à touristes. On passe notre chemin, il pleut des cordes et je commence à en avoir mon casque de la pluie. On arrive à l’entrée. N’entre pas au château qui veut, c’est comme si vous rentriez dans un aéroport avec des critères de sécurité encore plus stricts. C’est quand même la maison de la défunte Reine. On a un coupe file. On arrive à la sécurité, JF est devant moi, il fait signe au gardien qu’il a un défibrillateur, il passe à côté de l’arche de sécurité. Je dépose mon sac dans le panier et au même moment une alarme se déclenche. “Security, security please everyone back off outside. Everybody outside. Please. Vous avez bien lu. Nous sommes refoulés à l’entrée extérieure sous une pluie diluvienne. Dans ma tête, je descends quelques saints du ciel. On attend, j’ai juste envie de retourner à l’appartement et de me taper une sieste. Au bout d’une vingtaine de minutes, James Bond a maîtrisé le malfrat qui n’était dans les faits qu’une alarme de feu, mais à Windsor on niaise pas avec les alarmes de feu.
En 1992, une partie de ce château fût complètement détruite par un incendie et c’est la même année, que le Prince Charles et Diana se sont séparés. C’était ce que la Reine avait appelé l’Annus Horribilis de la royauté. Vous voyez toutte est dans toutte!!! Pas que je me prenne pour une Reine…
Pour terminer, Londres est une ville magnifique. Ce qui frappe, les odeurs de bouffe qui nous font voyager. Le multiculturalisme. Les contrôleurs de métro qui sont présents et vous aident gentiment. La ville qui est d’une propreté étonnante et vous pouvez pisser n’importe où sans qu’on vous demande de pences et les bécosses sont d’une propreté étonnante. Léger détail que vous me direz…peut-être bien, mais ça rend le voyage plus agréable, que voulez-vous chacun ses manies.
En rafale, le National Gallery et quelques tableaux magnifiques.
*** la cadence se calmera dans les prochains jours. Je pense bien que je ne reviendrai plus à Londres d’ici ma mort à moins qu’on m’y enterre à l’Abbaye de Westminster, pouhahahaha!!!!
On a bêché afin d’obtenir deux places pour faire cette randonnée avec un guide du Parc national Timanfaya. Les places se libèrent un mois avant la date choisie et il n’y a que 8 places de disponibles en anglais. Le 21 février on est restés scotchés à nos écrans d’ordi afin d’obtenir ces places. Mon enfant a réussi.
Hier matin on arrive 20 minutes avant l’heure du ralliement. On découvre le petit village de pêcheurs d’El Golfo. C’est joli comme tout. Tous les villages de Lanzarote sont blancs. L’île est d’une propreté incomparable. Pas un papier par terre, pas de détritus qui volent au vent, pas de mégots de cigarettes. Rien pantoute. C’est juste assez manucuré. C’est beau et ça me rappelle la ville de Tanger que j’ai adorée (mais qui était un peu moins propre).
Notre guide est un brin en retard, pas de panique on a la journée devant nous. La mer est forte, les vagues font un bruit assourdissant lorsqu’elles atterrissent sur la falaise de lave. Notre guide arrive. Elle se présente (j’ai oublié son nom) on va l’appeler Gréta. Après avoir donné nos noms, montré nos passeports, signé ici et là, nous sommes prêts à marcher sur ce sentier. Notre groupe est composé: 2 Finlandais, 2 Italiens, 2 Québécoises et 2 absents 😉 .
Pour débuter la randonnée, on se rend à la Playa del Paso en mini bus. On circule dans le parc de Timanfaya, ce que vous ne pouvez faire sans être accompagné d’un guide. Alors on roule. Une bosse, un trou, un trou, une bosse. Je m’inquiète un peu pour ma descendance, mais la FM (pour future maman) ne se plaint de rien. Notre guide est sympathique. Arrivées au point de départ, nous commençons par descendre sur une plage de sable noir. Gréta nous explique comment ce sable noir (à gros grains) se forme. Il ne colle pas à la peau. Yes, je suis sauvée, maintenant je ne chercherai que des endroits au sable noir pour faire la farniente. Le paysage est époustouflant, la mer et le ciel se confondent. Le sentier côtier offre une expérience visuelle hors du commun. Les vagues viennent claquer sur la falaise brute, la mer fait des tourbillons blancs. J’ai juste envie de sauter dedans. On a appris plusieurs choses au courant de cette randonnée, comment la vie à reprit son cours, les oiseaux qui s’y trouvent, les arbustes etc. On marche littéralement à travers la larve ;-). Ce sentier est en serpentin et passe à travers des rochers érodés par le temps. C’est pas franchement agréable, les chevilles tordent et depuis mes deux chutes, je me sens moins guillerette. Les falaises escarpées plongent dans l’océan Atlantique. Les couleurs variées des roches volcaniques, allant du noir profond au rouge éclatant, créent un contraste saisissant avec le bleu infini de la mer.
Nous avons vu l’Arco de los Caletones, un arc naturel formé par l’érosion. Rien à voir avec notre rocher Percé. Le nôtre est mille fois plus gros et plus beau!! C’est dit.
De retour de notre marche, le temps commence à se couvrir, on décide de relaxer un peu. Marie tombe endormie dans mon lit et je commence à penser à ma voisine. J’ouvre mon ordi pour voir si nous n’avons pas reçu d’autres informations concernant notre conférence de gestion de lundi. Arrrrkkkkeeee!! Pendant mon absence, mon chum à tout géré d’une main de maître 😉
Pour le souper nous sommes allées dans un petit resto charmant qui se trouve à quelques pas de notre appartement. La propriétaire fait tout, tout, tout elle-même. La bouffe, le service, le ménage…..elle ne parle pas un mot d’anglais. Elle semble gérer son business avec de la poigne. Nous avons mangé des tapas et tout était excellent.
Aujourd’hui (vendredi) nous décidons de nous lever à pas d’heure et après quelques activités d’intendance, nous partons pour la plage de Papagayo. Selon tous les guides consultés, cette plage est la plus belle « du tout » Lanzarote. On a zéro euro sur nous. La plage de Papagayo est payante: 3 euros “cash” selon les guides de voyages. On se met donc à la recherche d’un guichet ATM. Au premier guichet toute la transaction se fait mais pas de cash qui sort!!! Marie vérifie sur son compte, pas de retrait. On essaie sur un autre, marche pas, un troisième pas de résultat, un quatrième toujours pas de résultat (je pense que sa carte de la Scotia est gelée trop d’essais dans différents endroits). Elle décide de prendre sa carte de crédit et fait un retrait de 20 euros qui lui en coûte 40$ canadiens.
Elle n’est pas trop contente…je dirais même qu’elle boude!! La plage de Papagayo se trouve à un endroit très particulier, il faut parcourir une route de terre pas très bien aménagée. On arrive à la guérite, il y a une auto devant nous, le gars sort sa carte et paie via un terminal. J’éclate de rire. Marie est encore plus fru et lance un “cr*****, mettez vos foutus guides à jour.
La route de garnottes se poursuit. J’ai déjà perdu un enjoliveur de roues, pas envie de perdre un muffler, je roule lentement. Nous arrivons à une fourche avec plusieurs indications pas supers claires. On décide d’aller à gauche, la route monte, monte on arrive au parking plein de monde comme d’hab. Nous sommes sur le top de la falaise, la plage est tout en bas. Il semble y avoir plus d’une plage. On descend par le premier chemin, notre plage n’est pas full de monde. On s’installe avec nos serviettes, je me tourne sur le ventre et je vois une paire de fesse. La fille à côté de la paire de fesse a son maillot. Évidemment je dis à Marie, y’a une patente bizarre tourne toi doucement un peu sur le côté. Vois-tu ce que je vois? Je pense que oui!!! Elle retourne sur le dos. Ohhh Marie, le monsieur vient de se tourner sur le dos, je te confirme qu’il n’a pas de maillot. Avant de nous installer, nous avions vu un autre monsieur couché lui aussi les fesses à l’air, mais de loin nous en doutions. Quelques minutes plus tard, trois personnes sortent de l’eau: le père, la mère et le fils. La madame enlève son maillot, se met une serviette autour d’elle et change de maillot… Le mari enlève son maillot et on a droit à un autre zizi à l’air mais il se rhabille. Le fils imite son père. Ciel, où sommes nous tombées? Nous dissertons sur le sujet des zizi à l’air et on comprend pas trop. On se demande s’il ne s’agit pas là d’un peu d’exhibitionnisme ou tout simplement parce que le gars a envie de « lui » faire prendre l’air. Un coup de soleil sur le zizi ça doit être assez douloureux merci, mais peut-être qu’ils se sont tous mis de la crème avant de s’éventer et par chance ils nous ont épargné cette manœuvre. On fini par comprendre qu’on est peut-être sur une plage hybride!!! Hééee oui, il y a des plages de nudistes à Lanzarote mais ce n’est pas clairement indiqué nulle part.
Ce soir, nous sommes retournées à Téguise, nous voulions nous promener dans cette ville qui est l’ancienne capitale de Lanzarote. Marie avait repéré un resto qui semblait vraiment sympathique et qui était noté comme un des meilleurs restos de l’île. Nous arrivons à Téguise autour de 18h, il fait pas froid il fait “frette” pis nous on est en robe pas trop chaude mettons. On tue le temps, moi j’ai juste envie de retourner de bord et au diable le resto. Je patiente, on se promène de boutique en boutique. Arrive 7h30, on se dirige vers le resto, nous sommes les premiers clients. On soupe tard en Espagne, les gens se mettent à table vers 22h. D’autres clients arrivent, le restaurant se remplit. Le Ikarius si jamais vous allez à Lanzarote, il faut aller manger dans ce resto. La bouffe est excellente. Le service impeccable. J’ai mangé du saumon, qui est fumé dans le village de UGA juste à côté de Téguise. Deux Norvégiens s’y sont installés dans les années 1970 et y ont construit un fumoir. Leurs saumons arrivent directement de la Norvège et de l’Écosse. Excellent. On a partagé de la morue, un Risotto aux crevettes et zucchini et un dessert.
Ce matin (samedi) on a fait nos valises, on a ramassé notre appartement et on a quitté autour de 11h. Nous sommes allées voir les bassins salins et les vignobles (oui, oui il y a des vignobles dans cette terre). Nous sommes en direction de l’aéroport, nous entreprenons notre périple vers le retour à la maison. Vol vers Stansted (durée 4h15) nous dormons à Stansted, demain matin autobus vers Heathrow et vol vers Montréal à 13h25 (durée du vol 7h45).
C’est assurément notre dernier voyage mère-fille pour un moment…le prochain sera assurément à trois!!!
Nous y allions un peu de reculons, j’avais lu que nous devions obligatoirement monter dans un bus pour en faire le tour. J’aime pas les trucs organisés, j’ai toujours peur de me faire organiser. Dans les faits, on a changé nos plans. Ce matin nous devions partir par le ferry vers l’île de Fuerteventura, mais notre randonnée d’avant hier nous a rappelé que nous étions peut-être mieux de prendre la journée off et relaxer un peu. Hier matin on a pris ça mollo. On a pas mis de cadran et on s’est levé à pas d’heure.
La visite de ce parc peut vite tourner au cauchemar à cause du système d’admission. Vous ne pouvez AB-SO-LU-MENT pas vous promener à votre guise à cet endroit. Ce qui veut dire, deux chars qui sortent, deux qui rentrent…vous voyez le genre. Donc on décide d’y aller malgré mes appréhensions, il est 10h… 45 minutes de route à faire. À quelques kilomètres de l’entrée du Parc National, encore une route en zig zag. Mon enfant trouve que je tire trop à gauche. Moi, je trouve que je suis ben correcte au milieu de la voie! Tout à coup, j’entends mon enfant me dire : « maman as tu vu la file d’auto? » je n’avais rien vu, j’étais concentrée à manoeuvrer mes virages à la Lewis Hamilton lorsque j’ai pu enfin voir…la file, j’ai lâché un petit juron. Comment se fait-il qu’il y ait autant de monde. On est hors saison. Allez vous en…schneille-schneille-bye-bye. J’aime pas attendre. Des dizaines et des dizaines de voitures à la queuleuleu et en guise de remerciement ça vous coûte 40 euros. Comme j’ai décidé d’être plus zen face aux évènements de la vie, on se met en ligne et on attend. Notre avancée se fait à coup de 4 ou 5 autos.
Pendant ce temps, je fais rire ma fille avec mes blagues que personne d’autres ne peut comprendre. Quand elle me dit maman arrête parce qu’elle rit trop, j’en rajoute. Au bout d’une heure, on arrive enfin au stationnement, une chance j’avais épuisé mes réserves de niaiseries.
Je gare la voiture et on se dirige vers le bâtiment principal. Il vente, il fait froid ce matin. Les autobus sont là et attendent. J’ai lu dans plusieurs blogues qu’il fallait choisir les places à la droite du chauffeur pour avoir les meilleurs points de vue. On embarque direct dans un bus du style STM et…tout le monde est assis à droite du chauffeur. C’est “t’ivident” qu’on a tous lu les mêmes blogues. On part à rire!!! On s’installe et la visite guidée commence. La route n’a aucune, mais aucune, mais AU-CU-NE rambarde, c’est épeurant. Le chauffeur lance un “don’t worry” et rit!! (lui sait ce qui nous attends…pas nous) car cela ne va pas aller en s’améliorant. On entend des petits ohhhh et ahhhh à chaque virage. Est-ce le paysage ou le tour de bus qui laisse échapper ces petits onomatopée? Je ne sais pas, un mélange des deux, je suppose.
Je ne suis pas assise sur le siège près de la fenêtre. Vertige. Je sais, je suis gossante avec ça, mais c’est pour me convaincre…que je fait bien de vaincre mes peurs, je me “thérapise” par vous. Merci, si je n’y allais pas je n’aurais plus rien à raconter, donc j’ai pas le choix, je fonce. Ça part, c’t’affaire là. Le Goliath de la Ronde, de la petite bière à côté de de cette route (j’exagère à peine)…mais ce que je vois me laisse bouche bée. Je n’ai jamais vu un paysage comme celui-là. Je ne trouve pas les mots. Il faut le voir pour en saisir la grandeur et la beauté.
C’est une expérience fascinante qui nous a amené à travers l’un des paysages les plus spectaculaires de Lanzarote. Pour ma part, je n’ai jamais vu rien de semblable sauf au Parc National Haleakala mais à taille beaucoup beaucoup plus petite. Vous avez sous vos yeux un aperçu saisissant de l’activité volcanique passée et présente. Le parcours débute par un paysage lunaire de roches volcaniques, de cratères et de champs de laves figées. C’est irréel. On a l’impression de regarder une toile surdimentionnée. Les couleurs du sol varient du noir de la lave récente au rouge et à l’orange des minéraux oxydés.
À travers ce parcours, on a une vue panoramique sur les cratères, les dômes de lave et les formations géologiques uniques. Notre chauffeur hyper sympathique nous donne des infos, mais il y a aussi un enregistrement qui nous informe sur l’histoire géologique de la région, expliquant comment les éruptions volcaniques ont façonné le paysage au fil des siècles.
Nous nous sommes arrêtés près des zones les plus impressionnantes du parc, comme la Montaña del Fuego (la Montagne de Feu). Je n’ai pas retenu tous les noms des volcans, mais je vous assure que c’est juste ouf!!! Nous avons pu assister à une démonstration de la puissance géothermique, la vaporisation de l’eau en contact avec les roches chaudes, une démonstration saisissante de la force de la nature. C’est une expérience inoubliable que l’on gardera longtemps dans notre tête.
On a bien fait de patienter. Il y a en eu des moins patients qui ont quitté la file en faisant un virage en U …good bye Charlie!!
Nous retournons à l’appart, direction la playa. Le vent souffle toujours aussi fort et le sable nous pince. On reste au soleil pendant une heure et on décide de rentrer. Sur le chemin du retour on passe par le Décathlon pour retourner une chaise de plage, achetée il y a quelques jours pour mon enfant, qui n’était pas confortable lorsque nous étions à la plage. Elle n’était pas plus confortable avec la chaise donc…
La journée se termine dans un petit restaurant de la promenade de Playa Blanca. Dodo tôt ensuite, car une dernière randonnée pédestre nous attend demain, La Costal Route à partir de El Golfo.
(signification en français : les roches du Chache)
Parc naturel de l’Archipel de Chinijo | 671 mètres de dénivelé positif, 8.2 km aller/retour
Les Peñas del Chache sont le point culminant de l’île de Lanzarote, avec une altitude de 674 mètres. Ils sont situés sur le territoire de la commune de Haria.
Selon « All trails » le sentier de Las Peñas del Chache est l’un des plus beaux itinéraires de l’île de Lanzarote. Les vues depuis le sommet et depuis la quasi-totalité de l’itinéraire sont spectaculaires. Nous confirmons.
La montée du 1er kilomètre est constante, il fait un peu frisquet, mais c’est parfait, le soleil nous réchauffe, nous maintenons un bon rythme et Marie a déjà envie de faire pipi. Le 2e kilomètre, nous commençons à avoir un brin chaud, on enlève une couche, la montée continue, notre rythme est bon et nous pensons que nous allons le faire dans le temps fixé. Le 3e kilomètre est plus pentu et rocailleux, notre rythme est bon et la future maman suit le tempo. Nous sommes toujours dans les temps et ça monte en titi. Le 4e kilomètre est intense, la montée est constante, aucun plat. Dernier effort et on y sera. Après deux heures et 20 minutes de grimpe assez intense nous voilà au top. La vue est incroyable.
La descente est tout aussi difficile. J’ai bien failli faire une troisième banane, mais mon expérience des deux derniers jours m’a bien été utile et j’ai pu éviter le pire. Nous sommes rentrées à notre appartement, les jambes en feu. Ma jambe gauche peinait à peser sur la pédale d’embrayage. Nous avons terminé la journée à la plage, mais le vent est fort et le sable nous pince la peau. Le soleil se couche, la fraîcheur s’installe, on décide de rentrer. Un arrêt au marché et nous voilà dans notre appart. Longue journée. Marie suit son cours universitaire à distance, moi je vous écris et je pense à me coucher illico.
Ce soir, petit moment de gratitude. Je suis chanceuse de pouvoir voyager, déconner avec mon enfant, découvrir des endroits incroyables sans le moindre souci, vous raconter tout cela et vous en faire profiter un petit peu…
Les portes vertes de Téguise petit village dans lequel nous retournerons vendredi pour souper au Ikarus. Visité le jour de la Saint-Patrick, ce qui a inspiré ceci.
Hier soir, avant le souper, nous sommes allées marcher au bord de la mer sur le Paseo Maritimo de Playa Blanca. On marchait en regardant le soleil se coucher, heureuses de notre journée et planifiant celle de demain. Notre appartement se trouve tout près de la mer mais nous devons monter des escaliers en pierres avant d’arriver à la rue principale qui nous mène à notre rue. Le soleil commençait à baisser et nous avions froid, nous sommes donc rentrées. Nous arrivons aux marches qui mènent à la rue principale et par la suite à notre appartement. J’entame cette montée comme une jeune fille fringante de 62 ans, je m’accroche les bottines dans une marche et je pique par en avant. Ma fille dit que j’ai fait la banane, j’ai pas encore trop compris ce que c’est que de tomber comme une banane, mais bon les poignets ont assumé le coup et mes dents sont passés à deux pouces de la marche à la hauteur de mes yeux. Je me relève aussi fringante que je suis tombée avec une légère douleur aux poignets. Je tourne mes poignets, ils sont sensibles mais je peux les tourner des deux côtés, je suis pas doc mais ça doit vouloir dire quelque chose. On verra demain matin.
Ce matin, changement de plan, pas à cause des poignets, mais il y a du vent à écorner les bœufs, la randonnée attendra demain. On ira au Mirador et voir le Jardin des Cactus.
Nous arrivons au Mirador del Rio. Le temps est couvert. La vue ne sera pas aussi spectaculaire que je l’espérais. Le Mirador del Rio est situé tout au nord de l’île à 500 mètres au-dessus d’une falaise et offre une vue panoramique spectaculaire sur Lanzarote et sur l’archipel de Chinijo. Il s’agit de l’une des œuvres les plus spectaculaires de César Manrique sur l’intégration de la main de l’homme dans l’environnement naturel, une formule harmonieuse qui unit l’art et la nature. Il y a dans ce Mirador, un café avec des baies vitrées. Les fenêtres sont voûtées, ce sont les yeux du Mirador. Je commence à l’aimer César.
On visite aussi beaucoup les toilettes, because mon enfant a toujours envie de faire pipi en raison de sa condition de femme enceinte. J’en profite donc pour y aller moi aussi. En sortant des toilettes qui donnent sur la terrasse principale du Mirador, bang je tombe pour la deuxième fois en deux jours. J’ai mis le pied gauche dans une craque du terrassement et paf, je suis partie. Plongeon de la banane encore une fois. Le poignet et le genou gauche ont pris le coup. Un jeune homme m’a aidé à me relever. J’ai pas “faitte ma fraîche” lorsqu’ il m’a offert sa main et bon bras j’ai accepté tout de go et je me suis relevée, un peu surprise de ces deux chutes en deux jours. La honte. Misère qu’est-ce qui se passe avec moi??
Revenue de mes émotions, nous reprenons la route direction Jardìn de Cactus (l’accent n’est pas bien placé sur le I désolée, je trouve pas et ma patience ce soir est un peu limitée).
Un jardin incroyable, tellement beau. Une fois la visite terminée direction la casa…
Nous nous dirigeons vers notre auto, ma fille me lance: “Maman il manque un enjoliveur de roue”.
Bon, je dois vous avouer qu’à l’aller je me suis arrêtée dans un promontoir pour voir la vallée et, disons que je suis rentrée un peu vite dans la garnotte. Une route en épingle qui ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre. Je suis arrivée et repartie comme une vraie pilote de formule 1 (ne pas oublier que je pilote une Maserati manuelle). Mais en reculant, j’ai entendu un bruit qui ressemblait à du plastique qui venait de se faire écraser. À ce moment là, on ne s’est pas arrêté pour voir ce qui avait fait ce bruit.
La compagnie de location de voiture détient un dépôt de 700 euros et j’ai pas envie de gosser quand j’irai reporter la Maserati, donc à la sortie du jardin, on retourne à ce promontoire pour trouver l’enjoliveur en question. Bonne chance. S’il y est, je m’achète une loto Canarienne et je ne reviens plus. C’est une pu**** de route. Des zigzags qui donnent le tournis. J’ai le vertige. Presque jamais de rambarde. Je parlerai de cela à mon ingénieur et constructeur de grandes routes, il m’éclairera. Bref, si le crack que j’ai entendu était l’enjoliveur en question je serai pas plus avancée, il sera kapout. On arrive au promontoire en question. J’arrive plus doucement et je vois quelque chose briller au bord de l’endroit où je suis partie comme une fusée, il y a quelques heures. Y’é là, Marie. Nope enjoliveur rouge. Cr*****. J’aperçois une autre affaire brillante un peu plus bas sur la route. Je me dépêche malgré mes blessures. Je cours presque et que vois-je un enjoliveur intact. Tadam.
Je crie victoire!!! Seul détail, ce n’est pas le nôtre, c’est un enjoliveur “no name” mais il “fitte”. Marie m’a proposé de graver un logo de Toyota avec une roche. J’ai refusé. Merci Marie.
On revient à la casa. On se met en maillot et nous repartons, direction la plage. On y restera jusqu’à ce que le vent frais nous invite à quitter pour aller au chaud.
Demain, l’Éverest de Lanzarote…si mon corps tient le coup!!
Il y a longtemps, très longtemps lors d’une croisière, j’ai eu une table assignée avec un couple de Bristish, deux Américains (lui travaillait chez Gap comme manager et elle je ne me rappelle plus) et deux autres Américaines (Texanes). Deux femmes aux allures de la série de JR Ewing – Dallas. Les croisières c’est pas trop mon trip, c’était une tentative expérimentale. Maintenant je sais que je n’aime pas trop. La navette fluviale entre Longueuil et le Vieux Montréal c’est mon gros max. Trop de social à faire, avoir des discussions avec des gens que je ne reverrai jamais ne m’intéresse pas vraiment. Le small talk ce n’est pas ma tasse de thé. Je m’égare. Revenons aux deux Texanes, tout le monde est assis autour d’une table ronde. Nous avions commandé une bouteille de vin pour nous, dans les faits, chaque couple commandait son vin ou ses alcools. Arrivent les deux Texanes (en retard), qui nous disent un bonsoir dans leur anglais qui contracte le “all of you” par “y’all”, elles s’assoient, prennent la bouteille qui se trouve dans le sceau à glace devant moi et se servent. Elles ne demandent pas à qui ou quel est le fonctionnement de la répartition des alcools. J’ai soif, je bois. Je reste bouche bée. Le British intervient et explique aux deux Texanes que ce n’est pas une bouteille commune. Elles se confondent légèrement en excuses. Tout ça pour vous dire que le British en question connaissait les Canaries et y était venu à plusieurs reprises. Bref, c’est leur Santa Banana en pas mal plus beau.
Lanzarote est appelée l’île aux volcans et est la plus ancienne des Canaries (23 millions d’années). En 1993, elle obtient le titre de “Réserve naturelle de la biosphère par l’Unesco” 😉 JF. Lanzarote à la capacité d’allier le développement économique durable avec la préservation de l’environnement et de ses ressources naturelles. L’extrême aridité de son sol volcanique a obligé les agriculteurs à vivre avec le déficit de pluie et à imaginer des formes de cultures adaptées. Un paysage agricole unique, un climat exceptionnellement doux, de spectaculaires champs de lave figée, des panoramas époustouflants et des plages superbes.
Une identité culturelle vraiment particulière, grâce notamment aux œuvres d’un artiste génial et visionnaire nommé César Manrique. En accord avec le gouvernement local, il est parvenu dès les années 1970, à imposer non pas la sauvegarde de l’architecture rurale et populaire traditionnelle, mais aussi à la prescrire dans les constructions nouvelles. (Luc Ferrandez serait content). Au milieu de tout ça, des créations artistiques exceptionnelles (c’est un style…) littéralement fondues dans la nature.
On a fait ni un ni deux, direction sa Casa afin de voir sa fameuse piscine blanche et ses autres appartements. Une heure d’auto pour s’y rendre. On hâte de voir et on est très énervée de voir sa piaule. Arrive là-bas, toujours la même déception, il est tôt et la foule est déjà grande. On sera à la queuleuleu. On paie nos tickets 15 euros. On descend un escalier et on arrive à la fameuse piscine blanche de Manrique. On traverse une immense grotte et la piscine se trouve de l’autre côté. Encore une fois, il y a des gens qui prennent des photos à n’en plus finir, pas moyen de faire une photo sans se taper trois youtoubeuses, instagrammeuses et autres personnes du même acabit ayant un rôle crucial dans l’évolution de notre “savoir”!! On monte un escalier en colimaçon, on peut voir la piscine avec une vue aérienne, on regarde, on regarde et on regarde encore. On vient pour entrer dans l’autre partie de la maison et on nous dit que notre billet ne comprend pas la visite du reste du musée. On doit repayer. Je tente de rester zen, si je comprends bien on me demande de payer alors que j’ai déjà payé. Non merci.
On reprend notre Maserati et direction la Cueva de los Verdes. On arrive à la Cueva. On achète nos billets 15 euros….soupir!!
Une grotte, un tunnel. Same same but different!!! La visite se fait en groupe. Ohhhh, je sens que je vais devoir faire un effort de maîtrise de mon moi-même. Je demande à Marie-Alex de rester à la fin de la file. Quand les choses deviennent sérieuses, elle reprend son prénom illico. Je vois les gens qui descendent…j’ai chaud. Bon, je go. Un tout petit escalier qui descend dans les tréfonds du volcan. Il y a un couple devant nous avec deux enfants. Je me concentre sur eux, parce qu’eux, ont l’air de se cri**** pas mal d’être au fond de la grotte du volcan. Bref, le supplice du premier escalier passé, on se retrouve dans un grand espace, tout va bien. Cette visite est vraiment intéressante, surprenante et instructive. On continue de marcher et merde un autre escalier où nous devons nous pencher pendant deux ou trois mètres afin d’atteindre une autre grande ouverture. Ah oui, j’ai oublié une information très importante, ce petit manège va se répéter pendant un kilomètre. Je sors de là brûlée.
Certaines photos proviennent des z’internet, des droits d’auteurs peuvent s’appliquer.
En rafales des photos de Playa Blanca, l’endroit où nous crèchons.
(émission française mettant vos connaissances générales au défi sur TV5)
Hier matin, nous nous sommes levées en retard. Nous devions nous activer autour de 7h, mon enfant s’est rendormie sur le sofa et moi j’ai filé jusqu’à 10h. Malgré la fatigue, je n’ai pas trouvé le sommeil rapidement.
Donc, à 10h mon enfant ouvre doucement la porte de ma chambre: “maman il est 10h”. J’ai sauté du lit jusqu’à la cuisine. Pourquoi ne m’as tu pas réveillée? elle pensait que j’avais mis mon réveil et moi je pensais qu’elle allait “faire” mon réveil. Quiproquo.
On se met en marche rapidement, on déjeune avec le restant de pain aux bananes et on se fait un lunch pour notre dîner. À 11h on était assis dans notre Maserati manuelle de Toyota. Direction le Charco Verde : c’est un lac d’une couleur verte issue d’une éruption volcanique à quelques centaines de pieds de l’océan. La couleur verte et le contraste avec la couleur bleue de l’océan crée un paysage impressionnant.
Le paysage de Lanzarote est vraiment très très particulier, si vous n’êtes pas au bord de l’océan vous vous retrouvez pratiquement et en tout temps dans un paysage lunaire. Voici donc l’anecdote de la journée. J’ai un humour qui laisse parfois l’interlocuteur pantois. Par exemple, j’attribue quelquefois un autre prénom à une personne car je crois que celui que je choisis lui sied mieux. Bien entendu, la personne en question ne le sait pas, JF lui le sait. Vous allez être un focus-groupe (buzzword de gestion) et tenter de comprendre mon humour. Revenons à nos véritables moutons. Une fois le Charco Verde vu, direction le Caldera de los Cuervos. Ma fille est une co-pilote 5 étoiles. Elle m’indique les directions à prendre avec précision et moi je tente de reprendre le contrôle de la conduite avec la clutche de notre Maserati. L’embrayage de la première vitesse me donne quelques misères. Bref, on se déplace entre ces deux endroits et nous sommes dans un paysage incroyable.
Je demande à mon enfant, tu sais ce qu’ils font pousser en grande quantité à Lanzarote? Elle me répond non. Des pousses de larve. Hein?. Moment de silence, ma fille regarde le paysage et cherche à quoi je fais référence. Comme elle n’a pas la réaction attendue, je rétorque: « Tu l’as trouve pas drôle ma joke”? Elle dit non. Ben voyons regarde autour de toi, il n’y a que ça de la larve. C’est ce qu’il font pousser ici. Elle me regarde et se demande vraiment ce qui ne va pas chez moi. Voyons Marie, il n’y a pas de terre, alors ici, ils se sont spécialisés dans la pousse de larve. La réaction attendue n’arrive pas. Ok, il y a un sérieux problème avec ma blague. De la larve qu’elle dit? Je dis oui de la larve regarde…y’en a partout. « maman ce n’est pas de la larve, mais de la lave”. QUOI? Ma fille me lance: “Questionnnnnnn pour un champion » (on comprends qu’elle se moque royalement de moi, car jamais une question aussi stupide serait posée à ce jeu). Je commence à répéter de la larve ou de la lave?. Lave maman. Pas certaine. Larve ou lave?. Quand je pogne un fix. Lave, larve. Voyons, tu te trompes enfant. Non, non c’est toi qui est dans le champ. Pourtant en 6ième année j’ai fait une recherche sur les volcans. Je suis certaine que c’est larve. Vérifie sur google. On a pas de réseau. On continue notre chemin, je rate la sortie trop préoccupée par la signification du mot larve et on se retrouve pas loin de notre appartement. Ok on va à l’appart on va avoir du réseau. Je vais pouvoir te montrer que j’ai raison. On gage quoi, qu’elle dit? Un souper (elle m’avait parlé d’un des meilleurs restaurants de l’Île de Lanzarote, le souvenir m’est revenu à vitesse grand V mais il était trop tard, j’avais déjà prononcé le mot qu’il ne fallait pas, DEAL). Je suis certaine d’avoir raison. Je ne m’en fais pas trop, mais un petit doute s’installe quand même dans ma tête que je rejette aussitôt… Suis-je en train de me faire tirer le tapis sous les pieds. On se gare. Je me précipite dans les escaliers. Je google lave ou larve volcan. Des images de larves de volcan apparaissent sur mon cellulaire. Je suis sur le point de crier victoire. Je double check pour ne pas avoir l’air d’une innocente. Je descends mon écran. Putain. Larve: forme embryonnaire apparaissant à l’éclosion de l’œuf et présentant avec l’adulte de son espèce des différences importantes tant par sa forme que par son régime alimentaire. Une larve est une écophase. La honte (encore une fois). Pourquoi avais-je un fix sur larve. Impossible que je ne sache pas que ce qui s’écoule d’un volcan se nomme de la lave et non pas de la larve!! J’y réfléchis.
Nous arrivons à notre première randonnée de la semaine, nous ferons le tour de la Caldera de los Cuervos. C’est une boucle autour d’un volcan et où nous pourrons pénétrer dans le cratère. On s’habille en wabo. On commence notre marche. Le sentier est fait de petites roches et de cendres, c’est un peu comme marcher dans le sable, pas super comme terrain. On marche et on parle de tout et de rien. On rit beaucoup. Pas de sujets sérieux mis à part la grossesse. C’est une petite randonnée de 5km, mon enfant suit et J aussi. 😉
C’est le volcan dont nous avons fait le tour et dans lequel nous avons pénétré son cratère il s’agit du Caldera de los Cuervos. Bien entendu la photo n’est pas de moi…très impressionnant.
À venir César Manrique…et une impression de déjà-vu ou lu.
Habituellement à cette époque de l’année je quitte avec mon enfant pour aller skier. Ne vous offusquez pas que je l’appelle mon enfant, c’est son surnom. Cette année, une petite imprévue est venue contrecarrer MES plans. Depuis quelques semaines déjà, je la harcelais sur les dates où elle pourrait se libérer pour partir skier. La réponse tardait à venir, il y avait toujours quelque chose de plus pressant ou de plus important. Comme j’ai une patience légendaire, j’attendais.
Les jours et les semaines passant je commençais à piétiner et même à piaffer d’impatience….ici, le lecteur est invité à un petit retour en arrière. Juste avant notre départ pour le Vietnam, mon enfant nous invite à réveillonner pour la fête de Noël. Donc, le 10 décembre on se met tout beau et on part à Saint-Bruno.
Mon enfant nous attend avec son Juju. Les embrassades de convenances passées, on s’installe, comme toute bonne famille québécoise, dans la cuisine autour de l’ilôt central. Le champagne est frais. Buvons!!! Je passe la bouteille à mon enfant et juste avant de commencer le sabrage de la bouteille…un mini silence s’installe, un léger moment de doute, un espace temps qui n’arrive pas souvent…ma fille d’une voix chevrotante dit: “On a quelque chose à vous dire”…la mère que je suis à un léger vertige. Qu’a-t-elle de si important à dire pour que le ton soit si solennel…on retient notre respiration et elle lâche un: “je suis enceinte”. Je la serre dans mes bras, sont coeur bat la chamade, on est tous émus et très heureux de cette magnifique nouvelle. Je serai grand-mère autour du 27 juillet prochain et ma mère sera arrière grand-mère pour la sixième fois. Voilà pourquoi le ski est à l’eau cette année, dès que j’ai su que nous ne pourrions skier, je savais déjà ce que nous ferions. Nous irons marcher….où? Dans les îles Canaries et plus précisément sur l’île de Lanzarote.
C’est elle, le « une » imprévue
Retour à l’aéroport PET, le 13 au soir. Nous passons la sécurité et là, la merdouille commence.
Bon, je vous explique. On a loué un AIR BNB à Lanzarote, j’ai contacté le proprio pour savoir si sa cuisine était équipée de quelques condiments et des matières premières pour faire un peu la cuisine. Le resto ça fini par me saouler. La réponse d’Alejandro: “Hola Michele, la cocina no dispone de alimentos para cocinar. Solo dispones de los utensilios como satenes caceroles”. Je suis déçue, car je le répète, si tu veux faire aubergiste, organise tes trucs pour que ce soit conviviale pour ceux qui louent ta casa. Je ne sais pas combien de bouteilles d’huile et de vinaigre balsamique j’ai acheté dans tous les voyages que j’ai fait, mais je dirais beaucoup, beaucoup, beaucoup, toutes laissées sur place.
Faque, une fille se tanne. Je décide d’acheter de petits contenant de plastique dans lesquelles je mettrai des condiments de base et je décide de préparer deux bouteilles de 100 millilitres d’huile d’olive et de vinaigrette balsamique et tant qu’à avoir les mains dedans aussi bien apporter un peu de moutarde de Meaux. Mon enfant et moi voyageons en “carry on”, un sac à dos, et une petite pochette de travers pour faire un peu “fashion”. Nous sommes partis les bottes de marche aux pieds. Honnêtement on a l’air de deux wabo. Nous arrivons à la sécurité. Nous mettons nos valises dans les bacs gris, sors les portables, les téléphones…alouette.
Je passe les rayons….
Je vois que ma valise n’est pas du bon côté du convoyeur…ça craint. Je récupère mon sac à dos, ma pochette fashion et je me dirige vers le contrôle. Bon, comment vous décrire cette scène. L’agent de contrôle de sécurité doit avoir 18 ans tout juste. C’est à peine s’il a trois brindilles de barbe. Il doit peser la moitiée de mon poids et je pourrais le mettre KO en moins de deux. Je sens que je vais avoir le dessus sur lui. Mon poul s’accélère, j’ai un rush d’adrénaline. I’m ready. La conversation s’enclenche. Vous avez trop de liquide madame. J’avais déjà sorti, en toute franchise, le ziploc avec les condiments et les deux bouteilles de 100 millilitres d’huile mélangées au vinaigre balsamique. Il me répète que j’ai trop de liquide. Je ne suis pas certaine de comprendre. Il ajoute: “vous en avez d’autres dans votre valise”. Je réponds non, sachant que la réponse est oui. La conne. Il ouvre ma valise, met la main sur ma pochette de toilette. L’ouvre. Me regarde dans les yeux et dit: “ça madame, et ça madame et ça madame….liquide un, liquide deux, liquide trois, liquide quatre, liquide cinq, liquide six, liquide sept”. Il me fixe avec son regard sans pitié. La honte. Il part et revient avec dans les mains un sac de 1 litre. Il me dit: “c’est à ÇA que vous avez droit”. Choisissez, il me fixe et attend. J’en perds mes moyens. Le sac mesure 4 pouces de largeur par 7 pouces de hauteur max. Je dois choisir. L’huile, le vinaigre balsamique et la moutarde finiront dans les poubelles de l’aéroport au lieu du Airbnb… Je suis sous le choc. Note au lecteur, veuillez toutefois savoir qu’il a associé la moutarde de Meaux à de la crème…le con.
Nous avons poursuivi notre chemin, en se regardant l’une et l’autre, un peu ébranlées. Direction salon Banque Nationale, question de se remettre de nos émotions. Il y avait du monde, on a même vu Guy Mongrain qui partait pour l’Espagne. On s’en balance pas mal, mais bon on l’a vu.
Après un p’tit verre de mousseux, j’étais requinquée. Une question demeure, partirons nous à l’heure…
19h35, l’embarquement débute. J’utilise l’état de ma fille pour by-passer toute la file. Les femmes enceintes sont prioritaires et comme je suis l’accompagnatrice, je deviens prioritaire par le fait même. Enfin une victoire. On s’installe à nos places, on enlève nos foutus bottes de marche. Nous sommes dans un airbus 330-300 ce qui veut dire une configuration 2, 4, 2 places. Les gens s’installent. Le “beat” de l’embarquement est bon, on va partir à l’heure. On attend…on attend. La voix du commandant se fait entendre. Petit problème électrique. On avait bien vu que les lumières flashaient comme dans un show de Jean-Marc Parent. Une attente de 10 à 15 minutes pour régler le problème. C’est bon, pas de panique. Après 20 minutes, le commandant annonce le départ, l’avion recule lentement. Nous sommes au bord de la piste. On bouge plus. Pourquoi? On attend et on attend encore. Le commandant nous annonce qu’on doit retourner à la barrière parce qu’un passager doit recevoir de l’assistance médicale.. Les paramédics entrent dans l’avion. Toute l’action est derrière nous. Après plusieurs longues minutes, deux personnes sortent….sur leurs jambes. Le commandant: “Nous devons maintenant sortir les valises de ces deux passagers qui ont été évacués”. On attend, on attend et on attend encore. Après une heure et vingt d’attente, on décolle enfin. Nous arrivons finalement à Londres autour de 8h00. Nous devons changer d’aéroport et aller à l’aéroport de Stansted afin d’attraper notre vol pour Lanzarote. Nous sommes en avance, nos billets de bus sont fixés pour 11h05, on décide d’embarquer tout de suite, on sera à l’aéroport plus tôt. Après une heure trente de route nous voilà rendues à Stansted. On s’installe, je prends un café….ah oui, j’ai oublié de vous dire…j’avais aussi un pain aux bananes et aux noix dans mon sac à dos…
Je vous écris durant le vol vers Lanzarote. C’est une trotte s’y rende mais il y a tellement de choses à voir et à faire que j’ai très hâte d’y être. Je ne ressens pas trop la fatigue et mon enfant et bébé J (prénom projeté mais non arrêtée) non plus. Tout va bien. On a loué une auto, on pourra tout faire de façon indépendante sans attendre après rien ni personne. La liberté.
Demain matin, on ira faire le marché pour acheter le nécessaire pour déjeuner et on n’oubliera surtout pas d’acheter de l’huile d’olives et du vinaigre balsamique et si le budget le permet on se prendra peut-être une petite moutarde de Meaux…
Trois jours de « farniente » à regarder la mer et le soleil qui se couche c’est assez pour moi, déjà hier je sentais le besoin de bouger. La réceptionniste de notre hôtel a pété mon projet et nous a foutu la trouille concernant la location de scooters. Donc plage hier (troisième journée…vous ai-je dit que je n’aime pas tellement la plage, le culte du bronzage je ne connais pas ça, j’haïs avoir les pieds plein de sable et j’aime pas le feeling que laisse l’eau salée sur la peau…dans ma famille on dit que je suis un peu Asperger, mais dans ma famille on dit beaucoup de choses juste pour dire des choses). Hier soir, après réflexion et après avoir refait nos testaments, nous avons décidé d’affronter le dragon en y allant « proutte proutte » p’tit train va loin. Le plan: debout 6h30, déjeuner, location de scooters et direction la ferme de perles, la prison de l’île de Phu Quoc, la plage de Sao (juste pour voir)
et finalement un lieu de culte et retour vers notre hôtel en fin de journée. .
Dernière fois que j’ai conduit un scooter 1991, Isla Mujeres. Donc 2 minutes d’explications et voilà nous sommes partis chacun sur notre propre bolide, comme ça s’il y en a un qui se pète la gueule ça ne sera pas la faute de l’autre.
Voulez-vous que je vous instruise un peu? La visite de la ferme de perles, informations intéressantes, mais je commence a être un peu tannée de faire une sorte de double écoute parce que leur anglais est pas toujours évident à comprendre. La jeune fille parle anglais comme une vache espagnole, donc j’écoute mais pas trop…de toute façon ce qu’ils veulent c’est te vendre des perles…alors go…passons aux choses sérieuses. Acheter des perles s’avère une entreprise délicate comme les diamants par ailleurs, VSI, VVSI ensuite la couleur du diamant etc. J’ai appris ça dans une autre vie. Donc les perles, c’est un peu la même affaire.
On rembarque sur nos bolide direction prison de Phu Quoc. Ça va bien, des vrais pros du scooter on est hyper prudent. Je m’amuse à klaxonner pour dire que je suis là…
La prison de l’île de Phu Quoc.
Il existe une prison historique sur l’île de Phu Quoc, connue sous le nom de prison de Phu Quoc ou de prison de Coconut Tree (Cay Dua).
La prison de Phu Quoc a été construite par les Français au milieu du 20e siècle, pendant la période coloniale, pour y détenir des prisonniers politiques. Plus tard, pendant la guerre du Vietnam, elle a été utilisée à nouveau, cette fois par le gouvernement sud-vietnamien pour incarcérer des prisonniers de guerre communistes.
La prison de Phu Quoc a été préservée en tant que site historique et est devenue un musée qui manque terriblement d’amour. Nous avons visité les cellules, vu les « cages de tigre » puis un tunnel (eh oui un autre).
« (…)La torture la plus cruelle est un type de cellule appelé “la cage de tigre”, faite de fils barbelés. Une fois à l’intérieur, le prisonnier se retrouve dans l’incapacité de s’asseoir, de se lever ou de se coucher. Presque tout mouvement est sanctionné d’un contact avec les fils barbelés qui éraflent et font saigner le prisonnier. En période de fortes chaleurs, des fours à charbon étaient disposés à côté des cages par les geôliers. En hiver, les détenus étaient aspergés d’eau froide. Les tortures se poursuivaient la nuit. Lors des fouilles pour retrouver les ossements des victimes, les employés ont découvert des cadavres avec des clous de 10cm plantés dans les os, les genoux ou le crâne (…) » extrait tiré de l’article, La prison de Phu Quôc, symbole des révolutionnaires indomptables, photo prise du même article.
Ces barbaries ne se sont pas passées au moyen âge mais il y a à peine 50 ans.
L’exposition illustre les conditions difficiles auxquelles les détenus ont été confrontés pendant cette période sombre de l’histoire vietnamienne. Le site est un rappel des épreuves subies par de nombreux individus pendant les périodes coloniale et de la guerre au Vietnam. On a coupé court parce que ça devient un peu drainant ces horreurs.
Je passe le clavier à JF qui a des choses à dire ad lib sur la guerre et l’intervention américaine au Vietnam. Watch out!
Avant le voyage, j’avais une mauvaise connaissance de la guerre du Vietnam, je l’avoue. J’y ai compris qu’elle a duré 20 ans, de 1955 à 1975. Les américains ont soutenu le régime du Vietnam-sud pour combattre le communisme en leur fournissant la technologie militaire pendant les 10 premières années et ont commencé à y envoyer des troupes en 1965 et se sont finalement retirés en 1973. Ils pensaient vaincre le camp adverse très rapidement puisqu’ils détenaient les avions et l’armement les plus développés de l’époque. Mais, ils se sont fait battre à l’usure par des guerilleros plus convaincus et plus tenaces. C’étaient les AK-47 des Viet-Cong contre les B-52 pilotés par des jeunes américains qui ne savaient pas ce qu’ils venaient faire ici. Les américains se sont faits découdre honteusement.
Après avoir visité la prison de Phu Quoc où des atrocités y ont été commises, la question que je me pose est celle-ci: jusqu’à quel point le gouvernement américain connaissait ce qui s’y passait? Sans doute passablement bien.
L’histoire nous dit que l’intervention américaine fut bien inutile.
Monastère bouddhiste Chu Ho Quoc
Chua Ho Quoc est un monastère bouddhiste situé également au sud de l’île. Le monastère est situé dans la commune de Duong To, il a été construit pour promouvoir le bouddhisme et la spiritualité. Il est érigé dans un cadre paisible entouré de verdure, offrant un lieu de méditation et de recueillement.
Le monastère présente une architecture traditionnelle vietnamienne avec des éléments distinctifs bouddhistes. En plus de son aspect spirituel, le monastère offre une vue panoramique sur les environs et l’océan.
Salmigondis
Hier nous avons pris un taxi pour faire 400 mètres, vous avez bien lu, 400 mètres. J’étais tordue de rire, j’en pouvais plus. Ma faute. Au lieu de rentrer dans google map, Sunlight bungalows j’ai tapé Sunshine bungalows. Je transmets l’info au Ministre du transport le resto est à 1.4 km de l’hôtel. On prend un taxi, être un Hell’s Angels pendant une journée cela fatigue son homme. Commande un Grab et JF donne la bonne info à savoir Sunlight Bungalows. J’ai bien vu que le chauffeur taponnait sur son téléphone et avait d’l’air de trouver ça très bizarre…Il a certainement pensé, ils sont fous ces touristes. Les Charlots font du taxi 😉
Je ne vous ai pas parlé de la bouffe au Vietnam. La Pho le matin, pas été capable. De façon générale, nous avons bien mangé. Nous avons fait la bouffe de rue, de très bons restaurants et d’autres corrects.
Nos meilleurs: Morning Glory à Hoi An, Bistrot de la Carambole et Madame Thu 2 à Hué, la bouffe sur la croisière dans la baie d’Halong et la baie de Lan Ha sur le Genesis Luxury Regal Cruises, le Spicy House et le May restaurant à Phu Quoc.
La bouffe de rue veut nécessairement dire s’asseoir sur ces chaises de plastique (tabouret) et manger un peu accroupi, mettons que JF trouve ça difficile certains jours avec ses grandes jambes.
Hanoï n’a pas comblée nos ententes côté bouffe, on était sur le décalage horaire, on a mangé quelque chose de bizarre la première journée et c’est comme si cela nous avait suivi pendant notre étape Hanoï. On a finalement mangé le meilleur hamburger, moi qui ne suit pas une adepte de la chose, à Hanoï une recommandation de Tadam Vietnam (Chops Burger Hanoï).
Ce soir, nous nous sommes rendus au restaurant à 400 mètres de notre hôtel à pied 🙂 Le service est un brin cahotique, on n’arrive pas à recevoir les plats dans le bon ordre. Je reçois ma Pho,
JF à commandé un poisson. Je termine ma Pho, JF reçoit son poisson. Il avait commandé des huîtres gratinées (isshhh) les huîtres n’arrivent pas, mais finalement on a terminé ou presque nos plats principaux les huîtres arrivent avec un espèce de gratinage à la tranche de fromage Kraft dessus.
Arrive le moment de payer, la « maquina » fonctionne pas. Hé la la. La jeune serveuse ici-bas propose à JF une ride en scooter pour aller au guichet ATM. Cash is king in Vietnam.
10 minutes plus tard il est de retour. Il a le cash. C’est ça le Vietnam. Les gens sont gentils, aimables, serviables. Ils sont fins.
On rentre, il est près de 20h30, des enfants jouent dans la ruelle aucun parent autour. Souvent les enfants jouent sur le trottoir du grand boulevard de Phu Quoc, toujours pas de parents, de jeunes enfants, comme si tout le monde checkait les enfants de tout le monde. Personne à l’air de stresser avec ça.
Demain dernière journée pleine à Phu Quoc après ça déboule. Mardi vol vers Saigon, mercredi matin vol vers Hanoï, mercredi soir vol vers CDG et jeudi pm vol CDG-YUL. Le pèlerinage.
Ok j’avoue, nous avons visité Saïgon comme des « vrais » touristes. On a commencé par prendre le bus Hop On Hop off pour pouvoir se faire une idée des principaux attraits touristiques de Saïgon, même si nous avions lu sur le sujet.
Quelquefois, nous devenons un peu fatigué de tout gérer, de cette façon on se laisse conduire, on regarde et après on y revient à pied ou en taxi.
Le 1 janvier, nous sommes allés visiter la poste, le Palais de la Réunification et la cathédrale Notre-Dame à Ho Chi Minh-Ville (Saïgon), ce sont des lieux chargés d’histoire et de symbolisme particulièrement le Palais de la réunification, anciennement connu sous le nom de Palais de l’Indépendance. Il a été le siège du gouvernement de la République du Viêtnam du Sud pendant la guerre du Viêtnam.
Le palais original a été construit dans les années 1868-1873 afin d’accueillir le gouvernement colonial français d’Indochine sur des plans de l’architecte Hermitte. Après la signature de l’accord de Genève le Palais est transmis au Premier ministre Ngô Dinh Diêm. En 1962, le palais est bombardé une première fois par deux avions de chasse de l’armée de l’air sud vietnamienne qui voulaient assassiner le président Diem et mettre fin à ses politiques impopulaires. Le palais est lourdement endommagé et Diêm donne l’ordre de le démolir et de construire à son emplacement actuel le nouveau palais selon les plans de l’architecte Vietnamien Ngô Viêt Thu. L’architecture est remarquable.
Le palais combine des éléments de l’architecture traditionnelle vietnamienne avec des touches modernes.
L’édifice est entouré de jardins. C’est vraiment un bel endroit pour prendre son temps.
La visite est impressionnante, à l’intérieur nous avons visité les différentes salles et chambres qui composent le palais. Les salles de réceptions, les bureaux présidentiels et les espaces de réunions préservés dans leur état d’origine. On a vraiment l’impression d’y être.
L’une des pièces les plus emblématiques est la salle de réunion du cabinet, où de nombreuses décisions cruciales ont été prises pendant la guerre du Viêtnam.
Les meubles d’époque, les équipements de communication et les cartes stratégiques contribuent à recréer l’atmosphère de cette période tumultueuse.
« the intention as I would drop two bombs on the Palace and the remaining two bombs on the US Embassy. I dropped down to an altitude of 1000 meters and released a bomb. When I pulled up, I realized the two bombs had explosed in the palace’s garden. I had missed my target. I decided to try again. This time the bomb hit the roof, detonating on the palace’s helicopter landing pad. Pulling up again, I saw the smoke billowing out of the windows. I came back a third time to make sure I had succeeded. Unfortunately, I had no bombs left to attack the Us Embassy »
Nguyen Thanh Trung son véritable nom était Dinh Khac Chung, il a infiltré la ARVN air force en 1969 et bombardé le palais en 1975.(chute de Saïgon)
Nous avons également visité les quartiers résidentiels privés du président, notamment sa chambre à coucher et son bureau personnel. Ces espaces intimes fournissent un aperçu de la vie quotidienne des dirigeants politiques à l’époque.
En plus de son importance historique, le Palais de la Réunification est également un symbole puissant de l’unité nationale vietnamienne, puisqu’il a été le théâtre de l’événement historique de la chute de Saïgon en 1975, marquant la fin de la guerre et la réunification du pays.
Encore une fois, j’ai été complètement « flabergastée » par ce que j’y ai vu. C’est une immersion captivante dans l’histoire politique et sociale du Vietnam. Ce peuple ne cesse de me surprendre et je pense envoyer Jean-François faire un stage d’immersion intensif sur la sagesse des Vietnamiens. 😉
Avant de visiter le palais de la réunification, nous sommes allés à la poste centrale de Saïgon. Chaque fois que je voyage, je me fais un devoir d’envoyer une carte postale à ma mère et à mon enfant. Vous avez pas idée de la chaleur qu’il faisait dans ce building. Bâtiment construit sous l’occupation française. C’était insupportable. Je suis une fille du nord.
Le soir du premier de l’An nous sommes allés en mini croisière sur la rivière Saïgon avec un souper dansant et on a valsé toute la soirée (hé hé vous n’y avez pas cru j’espère). Je vous passe les détails de cette soirée, mais mettons disons qu’il y en a eu des meilleures. Le vin blanc qu’on allait nous servir « tablette », la table à côté du « boum boum » des boîtes de son. On a retourné le vin. J’ai demandé à changer de table. Je pense que notre serveur s’est demandé ce qui n’allait pas avec moi. Tout cela demandé avec le sourire et gentillesse, mais ça commençait à faire beaucoup pour une seule femme…J’avais pris le menu asiatique et JF le menu fusion. La bouffe était correcte.
Nous sommes à Phu Quoc depuis le 2 janvier. On se repose, plage, lecture, bouffe et rebelote.
La veille du Nouvel nous avions décidé d’aller dans un restaurant de cuisine Italienne. Oui, je sais…
On se met donc à la recherche d’un restaurant Italien. Le meilleur « in Saigon ». On épluche les blogues et on cherche un endroit où l’on pourra aussi boire des bulles.
JF trouve le « meilleur » restaurant de la ville, le Terraviva. Petit aparté ici et ce n’est pas en lien avec le choix du restaurant. Je me rends compte que ce qui est fabuleux pour l’un ne l’est peut-être pas du tout pour un autre individu. Les critiques de notre hôtel étaient dithyrambiques. Le mot « fabuleux » était « rebeloté » à qui mieux mieux. J’y reviendrai. Chambre 902 suite à la chambre 602!!!
Hier, on a beaucoup marché pendant la journée on prends donc un Grab (la version Vietnamienne du Uber) ça fonctionne et c’est pas cher. On saute dans le taxi, notre taximan ne parle pas un mot d’anglais, pas grave avec les applications on arrive à se débrouiller assez facilement…ça prends juste un peu, beaucoup, de patience et de la lenteur dans le geste et le propos.
Nous passons par le bord de mer pour nous rendre au resto, il y a du monde, mais du monde, vous n’avez pas idée. J’ai vu dans ma vie pas mal de grandes villes, mais celle-ci elle est hors norme. J’ai essayé de filmer pendant que j’étais dans le taxi mais ma petite vidéo n’illustre pas bien le phénomène. Je dis au chauffeur: « It’s crazy » pas de réaction. Je prends l’application et JF répète. Le chauffeur part à rire et du même souffle nous dit (via l’appli) qu’il y aura des feux d’artifices pour le Nouvel An. À quelle heure lui demande-t-on? Minuit. Moi, je veux voir ça. En sortant du restaurant on marchera jusqu’à cet endroit.
Le taxi nous descend à l’adresse de notre « fabulous restaurant », je ne le vois pas. Il pointe la marquise (qui doit faire 2 pieds par 2 pieds). Ah ok. On rentre dans un couloir, je croise un homme: « Restaurant Terraviva? »….upstairs.
Okidou pas de problème. On monte, on monte, on monte, on monte et bang on arrive quasi dans la cuisine. On nous installe à notre table qui dans les faits se trouve sur la terrasse du 4ième étage, aucune sortie de secours si ce n’est que le long escalier que nous venons de monter. Le resto est joliment décoré et c’est plein. Il y a des ventilateurs accrochés ici et là et comme il fait chaud même à 20h on ne se plaint pas. À côté de nous, une table de 4 jeunes qui fument. La loi interdisant l’usage du tabac sur les terrasses ne s’est pas encore rendue jusqu’à Saigon.
La serveuse nous apporte les menus. On commande 2 verres de mousseux, la soirée sera belle, on pourra fêter le Nouvel An dignement ;-). On regarde le menu et je décide de prendre un plat de pâte au saumon et JF une pizza. On commande une bouteille de Pinot Grigio et les plats arrivent. La bouffe est excellente. On jase, on prend des résolutions pour l’année à venir (une pour notre couple, une pour l’autre et une pour soi). Les jeunes continuent de fumer, ça m’agace mais pas tant que cela. Je regarde l’heure, il est près de 21h30. JF a lu que le Limoncello était offert par la maison il quémande son dû. On relaxe. Saigon c’est une grosse, grosse ville de près de 9 millions d’habitants. Ça fait beaucoup de monde. J’aime cette ville pour son chaos ordonné.
Donc on est en mode, veille du Jour de l’An…Tout à coup, je vois une « affaire noire » qui court le long du mur, comme un gros chat fait sur le long avec une queue rasée comme un skinhead. Oh la vache mais c’est quoi cette patente là. Le temps que je comprenne que c’est un cr**** de gros rat, il a atteint la dernière table où il y a quatre ou cinq personnes assises.
Le gars assit au bout de la table (la troisième au fond où il y 5 places), lorsqu’il a vu la patente bouger, il s’est levé rien que sur une gosse comme on dit chez nous et a sauté sur une patte et sur l’autre avec des sauts de 2 pieds de haut tout en criant et le gars il faisait pas dans le « size Vietnamien » C’était un costaud. Le gars a été très saisi c’est clair. Lorsque le rat a atteint le muret du fond, il a fait un virage à 90 degré et a longé ce bout de muret et est revenu par l’allée centrale du resto, et est donc passé derrière moi (nous étions à la table où il manque une chaise). Tout le monde a fait des oh et des ah et lorsque le rat a eu fini son show, tout le monde a applaudi et quelqu’un a crié Happy New Year!!!
Oh là là, cette fin de soirée c’était quelque chose. Une fois la surprise passée, on a bien rigolé, tout le monde se regardait et riait. On a quitté le resto et on a marché vers le port qui se nomme Ben Bach Dang pour voir les feux d’artifices. Cela nous a pris près d’une heure pour faire 1.2 km, pourquoi? Il y avait une marée d’humains à moto, une autre partie à pied, d’autres en auto et en taxi. J’ai pensé à un mouvement de foule, vous savez dans ces grands rassemblements, on ne sait jamais ce qu’il peut arriver. Si une telle chose arrivait, c’était certain qu’on était fait comme des rats…
Au fait, c’est peut-être l’année du rat au Vietnam…après vérification, 2024 est l’année du Dragon 🙂
Hier j’ai promis des photos du Hai Van Pass. Alors les voici.
Le Col des Nuages traverse la chaîne de montagnes Annamite, offrant des vues spectaculaires sur la mer de Chine méridionale d’un côté et sur les montagnes de l’autre (faudra revenir!!). Son nom vietnamien, « Hai Van Pass », signifie littéralement « Passe de l’Océan des Nuages », ce qui reflète souvent l’aspect brumeux et mystique de la région. Les nuages et la brume peuvent envelopper les montagnes, créant une atmosphère mystique et pittoresque (là elles étaient plus qu’enveloppées).
Nous sommes à Hoi An depuis hier midi. C’est la ville des lanternes. Hier soir, nous sommes allés nous promener dans la vieille ville et on a pu observer les sampans avec les lanternes accrochées aux bateaux et sur l’eau ça donne un air de « je ne sais quoi » très original et romantique à la ville. Nous avons mangé dans un très bon restaurant, le Morning Glory, des mets de la région de Hoi An. C’était excellent et vous savez quoi…on a un peu parlé de la voisine!!! Exercise de rationalisation.:-)
La ville de Hoi An est réputée pour son architecture bien préservée, qui témoigne de son passé en tant que port marchand prospère au cours des siècles. Les maisons traditionnelles en bois, les temples, les ponts couverts et les bâtiments coloniaux français contribuent à créer une atmosphère nostalgique et pittoresque. La photo du dragon se situe dans un lieu de culte qui se nomme Hoi Quan Quang Trieu. Une autre des photos est une maison tube, mais je ne me rappelle plus si c’est la photo à côté du dragon.Désolée la pluie a lavé mon cerveau…
Nous sommes sous la pluie, les nuages ou le froid depuis notre arrivée au Vietnam, mis à part le 20 minutes de soleil au port de Tuan Chau il y a de cela une semaine, la température n’est pas très collaborative. C’est pas l’fun et honnêtement ça tombe sur le système.
On s’est arrêtés prendre un café et sortir du « klaxonnage » car ici, on klaxonne pour tout, pour dire qu’on est là, pour dire qu’on tourne à droite, ou à gauche, pour avertir qu’on va dépasser… pour rien dire…
J’ai dû être moine Tibétain dans une autre vie. Le silence. Je le cherche et je ne le trouve pas.
J’ai bu mon premier café salé, on peut le prendre froid ou chaud. C’est bon, je ne sais pas si cela existe au Québec. Comme je ne suis pas très café… je pense peut-être que je viens découvrir le Bozon de Higgs du café mais au final ça existe peut-être sur la rue Saint-Hubert.
Nous partons demain soir pour Saïgon et on a décidé de faire sauter le Delta du Mékong. On a besoin d’un break de pluie. On passera quelques jours dans la grande ville et après on s’en va au soleil sur l’île de Phu Quoc.
Je me rends compte que les anecdotes sont moins fréquentes qu’au Maroc. Ici, les Vietnamiens sont d’un calme et d’une politesse sans faille. On peut pas s’énerver après eux c’est impossible, sauf pour JF. Ils sont patients et calmes…tout ce que je travaille à longueur de journée finalement 😉
Voilà on va retourner sous la pluie pour souper, on ne retournera pas dans la vieille ville ce soir, on ira demain matin en espérant un temps un peu plus sec.
Hier en fin de journée, je suis allée me faire masser. 24$ pour se faire masser, c’est un deal. La massothérapeute a commencé par me dire qu’elle trouvait mes cheveux blonds vraiment beaux, pour par la suite me demander si j’étais seule. Elle pensait que j’étais australienne, elle m’a dit qu’elle était une « single mother » avec deux enfants. Que son mari était vraiment un « bad man », elle a divorcé. Bonne décision. Hé ma belle, des histoires… j’en ai entendu des bien « plus pires » mais bon, je me suis laissée attendrir…
Que connaissez-vous de la guerre du Vietnam? Moi honnêtement, je n’en connaissais à peu près rien. Ce que je constate depuis mon arrivée c’est que le peuple Vietnamien est un peuple avec une résilience hors du commun. Lorsque je me suis mise à faire des recherches pour le voyage, j’ai essayé de comprendre ce qui s’était passé au Vietnam avec la guerre d’Indochine et la guerre du Vietnam à laquelle les américains ont participé qui s’est appelé aussi 2ième guerre d’Indochine. Il y a eu aussi des guerres avec les Chinois et les Japonais. C’était pour moi aussi important que les villes ou les villages que j’allais trouver sur mon chemin.
La DMZ m’a fasciné dès que j’ai commencé à lire sur le sujet. Tout au courant de la journée, j’ai eu un peu le même feeling que lorsque j’ai visité le camp de Birkenau en Pologne, le camp le plus vaste du complexe d’Auschwitz. Un centre d’assassinat de masse des Juifs amenés là dans un but d’extermination. Je sais bien que ce n’est pas la même chose, que ce n’était pas le même combat, que les situations ne se comparent pas mais, j’ai ressenti à ces deux endroits la même émotion. Un sentiment d’impuissance devant ces batailles, ces combats et chaque fois je pense à la chance que j’ai de vivre dans un pays où il n’y pas de guerre.
Qu’est-ce que la DMZ?
C’est la zone démilitarisée (DMZ) qui a été établie pendant la guerre du Vietnam. La DMZ était une bande de terre de 5 kilomètres de chaque côté du 17e parallèle nord, qui séparait le Nord et le Sud-Vietnam. Elle a été établie en 1954 à la suite des accords de Genève, qui ont temporairement divisé le Vietnam en deux parties après la première guerre d’Indochine.
La DMZ est devenue un symbole de la division du pays et elle a été le théâtre de nombreux affrontements au cours de la guerre du Vietnam. La région était fortement militarisée, avec des bases militaires des deux côtés et des opérations militaires fréquentes. De 1955 à 1975, d’une part la république démocratique du Viet Nam avec son armée populaire vietnamienne et soutenue matériellement par le bloc de l’est et la Chine et d’autre part, le Sud Viêt Nam, militairement soutenu par l’armée des États-Unis, elle même appuyée par plusieurs alliés (Australie, Corée du Sud, Thaïlande, Philippines). Les américains étaient basés au sud et combattaient les vietnamiens du nord. Le Canada, dirigé par Diefenbaker a toujours refusé de s’engager dans cette guerre. Cette guerre a séparé des membres d’une même famille pendant plus de 20 ans parce que séparé par le 17ième parallèle. Voici ici bas une photo après la fin de la guerre. Réunification familiale.(la photo n’est pas de moi bien entendu)
L’un des points les plus connus de la DMZ était la rivière Ben Hai (que vous voyez sur la photo ci-dessous), qui servait de frontière naturelle entre le Nord et le Sud. De nombreux combats ont eu lieu dans cette région, et elle a été le théâtre d’événements tels que la bataille de Khe Sanh.
Le siège de Khe Sanh est une bataille qui opposa l’armée américaine à l’Armée populaire vietnamienne et les troupes du Front national de libération du Sud Viêt Nam (Viêt Cong). Elle se déroula au début de 1968, durant la fameuse offensive du Tết. Elle commença le 21 janvier et dura 77 jours.
Après la fin de la guerre du Vietnam en 1975 et la réunification du pays, la DMZ a perdu sa signification militaire. Aujourd’hui, la région conserve encore des vestiges de la guerre, tels que des tunnels, des bunkers et d’autres structures militaires abandonnées que j’ai visités en une journée.
Vous avez bien lu, des tunnels….creusés à la pelle et à la pioche, avec des deuxièmes sous-sols et même des troisièmes sous-sols. Notre guide Ny nous y amène, c’est la dernière visite de la journée. J’appréhende un peu. Je me parle, ok ça va aller, on est pas seuls, elle sait ce qu’elle fait. Bon évidemment, je ne fais pas 5’8″ mais je suis quand même plus grande qu’elle et JF fait le double de sa grandeur ou presque. On rentre dans le tunnel. C’est très humide parce qu’il pleut depuis des jours sur cette région. On descend lentement, on voit une alcôve construite à même le tunnel, chaque couple avait sa petite, très petite alcôve et une famille avait un autre espace pour un peu d’intimité pour les parents… euh!!! que vous ne voyez pas sur la troisième photo. Les photos ont été prises à la hâte…
On continue à marcher dans ce tunnel et là on arrive à une série de marches. Ouf, on va descendre au deuxième sous-sol.
Je vais mourir c’est certain. Je ne me sens pas très bien. Une chance, il n’y a personne derrière et en avant de nous, s’il faut que je me sauve, je retourne et je cours la tête penchée jusqu’à la sortie, je ne sais pas combien de mètres nous avons fait au moment où je commence à me sentir mal. J’ai pas le choix je dis: « ok groupe (JF et la guide), je ne me sens pas très bien ». Notre guide parle français et elle comprends ce que je viens de dire. Elle dit: « on arrive à une sortie on va sortir ». On arrive et on sort au bord de la mer. Je reprends ma respiration.
Ok, moi je retourne pas là-d’dans. C’est quoi le chemin pour se rendre à la voiture par la route. Elle me dit c’est loin, il faut aller au bout de la plage et ensuite grimper le mur là-bas. Pas de problème, vous ne m’attendrez même pas, je vais courir. Elle insiste, c’est pas trop sécuritaire qu’elle dit. Ouille dans ma tête, je me dis « vos foutus tunnels sont sécuritaires eux??? » JF me regarde et il sait que je ne niaise pas. Elle réexplique quoi faire pour rejoindre la voiture et elle me dit que ce sera ardu. M’en sacre pas mal madame. Je cours vite, je suis capable de grimper aussi.
On se regarde, je regarde JF, ok je vais y retourner. Go, on monte les marches qui se trouvent à l’extérieur du tunnel. JF me tient la main et je commence déjà à « courir » après mon souffle. Ça va pas le faire, comme disent les français. Ok Ny, mets toi sur la vitesse rapido stp. On rentre dans le tunnel, il fait noir il n’y a que Ny qui a sa lumière de cellulaire allumée. Je continue de regarder par terre et le long du mur. Je demande si nous en avons encore pour longtemps. Moitié chemin de fait qu’elle me dit (pas mal certaine qu’elle ment). On avance rapidement et comme je sais que ça achève, j’arrive à calmer ma respiration. On marche vite, la tête baissée. On arrive au bout, je vois la lumière du jour. On est finalement arrivés au bout de ce tunnel. J’ai le t-shirt tout mouillé, le polar aussi. Non pas parce qu’il pleuvait dans le tunnel, mais bien parce que j’étais dans un état second. Repousser ses limites, voilà c’est bien moi. 1-0 pour moi sur un des tunnels de Vinh Mòc.
Les Vietnamiens qui étaient dans cette zone sont restés deux ans dans ces tunnels. Des enfants y sont nés et ailleurs d’autres enfants sont allés au jardin d’enfants et fait l’école dans les tranchées.
Nous sommes à Hoi An depuis le début de l’après-midi. Nous sommes fatigués. Nous avons réservé un chauffeur privé pour faire le trajet entre Hué et Hoi An. Nous avons pris la route du col de Hai Van qui est «l’une des 10 plus belles routes côtières du monde ». Le Hai Van est un col surnommé le col des nuages. Le Vietnam est fascinant pour ceux qui aiment conquérir les routes difficiles. Celle-là, elle est quelque chose. Je vous promets des photos demain 🙂
Pour l’heure, quelques photos en rafales.
Je pourrais aussi vous parler de la théorie des dominos et du secrétaire à la défense Robert Macnamara et de la Macnamara Line mais j’ai aussi d’autres chats à fouetter…si vous voulez en savoir plus voir le lien ici-bas.
C’est difficile d’écrire sachant que je suis complètement à l’envers de vous. Lorsque je me couche, vous vous levez. Lorsque vous vous couchez, je suis déjà levée. Je suis à l’opposé de votre routine. Dans les faits, pour dire vrai, je suis préoccupée. La dernière année a été difficile. Je me réjouissais de passer mon deuxième été dans notre maison et de faire des trucs autour, m’entraîner, bicycler. Profiter de mon temps afin de mieux saisir, après une année, ce que veut véritablement dire avoir tout son temps à soi. Un souci de voisinage me gruge mon temps et mon énergie. Une voisine qui me gosse sur un o**** de temps. J’ai plaidé des dossiers toute ma vie. Pendant 28 ans, j’ai été à la cour jour après jour à défendre, argumenter, être dans l’opposition, la confrontation. Je n’avais pas besoin d’une situation personnelle qui me ramène là. Autour de moi, on me dit de rationaliser. J’en suis incapable. J’en suis tellement incapable que nous pensons vendre la maison. Que nous gagnions ce procès ou que nous le perdions ou à la limite que le juge rende un jugement à la Salomon, elle sera toujours ma voisine et j’aurai toujours envie qu’elle ne soit plus ma voisine.
Un petit mot sur notre croisière de 2 nuits et 3 jours. Un bateau magnifique, la décoration qui nous laisse à penser que nous sommes dans les années 30. On a pu bouger un peu. Un p’tit 10 km de vélo à Càt Bà et du kayak. Le personnel est d’une infinie gentillesse et aux petits soins avec les clients. La bouffe était inégale mais dans l’ensemble c’était bien. Finalement, le vin acheté du dépanneur flottant était un vin de Dalat et ma foi, il était pas si pire.
Il y a eu un petit souci, ou plutôt un énervement du Ministre des transports, lorsque nous sommes débarqués du bateau au port de Tuan Chau. Nous avions à prendre un bus pour Tam Coc. L’horaire était calculé au quart de tour. Débarquement du bateau à 11h00, autobus pour Tam Coc à midi. Nous devions nous rendre au débarcadère 24, alors on cherche pendant un bon moment le poteau avec le 24 dessus. C’est le port, donc il y a du mouvement, du monde, beaucoup de touristes, on klaxonne en masse, on est en plein soleil et après avoir eu froid pendant quelques jours, voilà qu’on a chaud. Chaud parce qu’on ne trouve pas le foutu bus et chaud parce que le Ministre s’énerve. On est, vous savez centré sur la tâche, donc si la tâche n’est pas accomplie, il y a ici un léger (lire gros) sentiment d’échec.
JF marche je ne sais vers où, moi je reste là au pole 24 en me disant que l’autobus va bien finir par arriver. Il est en retard ce foutu bus mais bon, qu’est-ce que je peux y faire. RIEN. Donc j’attends, nous savons que nous sommes au bon endroit. Tout à coup, un bus s’arrête à ma hauteur. Un homme descend “you’re Jean” No I’m not Jean mais c’est nous. J’ai perdu JF. Je le texte, pas de réponse. Le bus est plein et on attend après nous. Je cherche le grand gars à la chemise bleu, il est assez facile à reconnaître, il dépasse les vietnamiens de 3 ou 4 pieds. Il est probablement rendu au Cambodge à la recherche du bus perdu. Le rush du midi est passé donc plus aucun touriste. Je vois du mouvement au loin. Je le retexte. Il me fait un pouce en haut. Go, cours simonac. Je pense que les jambes de JF ne savent pas courir. Bon, on est dans le bus, direction Tam Coc.
J’écris ce texte dans le bus en direction de l’aéroport d’Hanoï. J’ai rien à gérer.
Tam Coc
Nous sommes arrivés à Tam Coc le 22 décembre. Tam coc est un petit village au sud de Hanoi. Petit village, faut le dire vite, un p’tit village avec des touristes en masse. Lorsque nous sommes arrivés, la “vibe” était bonne, il y avait de l’ambiance, les gens sont dehors et les commerçants font des feux de bois en face de leur commerce. Au début, c’est cute, après quelques heures, ça devient carrément désagréable. La qualité de l’air doit être à moins zéro, bonjour la couche d’ozone.
Le Ministre des transports obtient un sans faute pour trouver notre chemin jusqu’à l’hôtel. La dame qui nous accueille ne parle ni français ni anglais. Super gentille, elle nous fait des sourires. On a des vêtements à faire laver. Notre gestion du vêtement a été difficile depuis notre départ. Comme le temps est beaucoup plus froid que prévu, nous avons épuisé rapidement nos vêtements chauds. Donc s’amorce l’exercice d’avoir un prix pour faire laver nos vêtements. Le prix du lavage est au kilo et est de 20 000 à 40 000 dg. (1.25$ à 2.50$ du kg) le prix de la dame est de 50 000 dg. JF sent qu’il se fait fourrer, la négociation s’amorce. Comme la dame ne comprend pas, JF abandonne la partie, un brin énervé (2ième énervement de la journée). Je vous épargne les détails de l’exercice mais on s’en va à notre chambre avec l’impression d’avoir économisé un gros 2$ 😉
On rentre dans la chambre, j’ai un petit down. L’ambiance est un élément auquel j’accorde beaucoup d’importance. La chambre est éclairée avec des plafonniers hideux, l’éclairage est grisâtre, il fait froid et on a passé l’après-midi dans le bus. Je suis fatiguée. JF a une beaucoup plus grande tolérance à l’inconfort que moi, dans les faits je dirais que ma tolérance est à zéro. On ressort pour bouffer et la journée s’achève. Demain matin, balade en sampan sur la rivière Ngo Dong. Il faut s’organiser, on passe donc un peu de temps à fouiner sur le “comment” on va finir par embarquer dans un sampan.
En nous rendant à notre hôtel, j’ai vu des centaines de sampans avec des femmes. Je me demande ce qu’elles font là. Il fait nuit et je ne distingue pas bien. Je finis par comprendre que notre hôtel est situé à côté du débarcadère de la rivière Ngo Dong. J’ai regardé tellement d’hôtels que quelquefois, je ne me rappelle plus pourquoi j’ai choisi celui-ci ou celui-là.
Les images que l’on voit de la Baie d’Halong terrestre dans les guides sont magiques. L’excursion sur la rivière en sampan est un incontournable. La conception la plus commune des sampans est une petite barque circulaire ou ovale faite de bambous tissés opposés à un cerceau de bambou plus dur en bois rond et la particularité c’est que ce sont des femmes qui les naviguent avec leurs pieds.
Le 23 décembre, nous nous rendons à l’embarcadère. Il fait froid et nous sommes tôt car si nous voulons éviter la foule, vaut mieux faire cette activité aux aurores. Est-ce que je vous avais dit que le Ministre des transports est aussi titulaire du Ministère des finances? Maintenant vous savez. Le Ministre part acheter les billets et moi je m’approche de l’embarcadère. Ma déception commence. Les sampans utilisés sont faits en aluminium, peinturés verts. Tout le monde doit mettre une ceinture de sauvetage de couleur orange fluo. On suit un groupe. On attend. Vient notre tour pour embarquer. Déception encore plus grande, notre capitaine est un homme. Je pensais qu’il n’y avait que des femmes qui naviguent ces bateaux??!!. La balade commence. On navigue sur une eau couleur de glaise. Il vente. Les rizières mûres d’un beau jaune dorée NE s’étendent pas sur la rivière Ngo Dong en décembre. On dit bien dans les guides que cette balade est belle toute l’année. Faux. Si vous n’y êtes pas en mai, cela ne vaut pas la peine d’y aller. Selon JF c’est quand même quelque chose à voir. Je sors déçue et frigorifiée.
Ce que l’on vous vend. Ce que vous voyez tous les autres mois de l’année!!.
Après la balade sur la rivière, nous allons visiter la célèbre grotte de Bich Dong. Nichée au milieu des montagnes calcaires, cette grotte offre un sanctuaire paisible avec des autels dédiés à Bouddha, entourés de formations rocheuses spectaculaires. L’escalade vers la grotte nous permet d’avoir une vue panoramique sur la campagne environnante.
La Ministre des sports, de la culture et des loisirs s’active. Ok, on loue des vélos et on s’enligne sur Hang Mua une petite balade en vélo de 10 km aller|retour. Le Ministre des transports organise l’itinéraire. La montagne Mua abrite une grotte de 800 mètres carrés ainsi qu’une petite pagode nommée Quan Âm, elle se signale par ses dragons perchés en haut d’un piton rocheux. La pagode est de fondation très ancienne (dynastie des Tran) et on y accède au terme d’une interminable volée de marches. Je dirais plus de 500 (certains guides indiquent 458, d’autres plus de 800). Donc on grimpe, les marches ne sont pas de niveau. La hauteur entre celles-ci est irrégulière ce qui ajoute à la difficulté. On prend des petites pauses mais on grimpe. On arrive là-haut et on a chaud et nos cuisses sont en feu. La pagode est accessible par un petit sentier. Il y a une petite file, les gens attendent patiemment leur tour pour se prendre en photo à côté de la pagode très ancienne. Regardez bien, vous voyez une partie des escaliers qui mène jusqu’à la pagode.
Ok, là je sais pas comment vous écrire ça pis comment vous allez le prendre, mais je vais le dire comme j’pense. Il y au haut de cet escalier que vous voyez, une connasse|pétasse qui se fait prendre en photo par un guide photographe. Il doit y avoir au moins 15 personnes qui attendent, mais on est tous coincés là parce que cette femme croit qu’elle peut monopoliser la pagode pour ses ca******* de photos. Le photographe prend une photo avec le cellulaire de la poufiasse, elle lui fait ses commentaires, elle se déplace, elle reprend la photo. Elle tourne la tête. Reprend la photo, le scénario se répète pendant plusieurs longues minutes. Tout est faux chez elle, des ongles rapportés aussi longs que les griffes d’un chacal. Des fausses lunettes GUCCI, des babines botoxées et elle POSE la dame. J’ai des envies folles de la pousser en bas de la falaise. Je ne comprends pas ce genre de comportement. Quelqu’un peut-il me l’expliquer?. Si tu veux prendre des photos pour ton compte Tinder, cibole vient à 7h00 le matin ou en toute fin de journée, mais monopolise pas un endroit juste pour toi alors qu’il y a des gens qui attendent et qui ont droit eux aussi de se prendre en photo à côté de la foutu pagode. Notre tour finit par arriver. On se dépêche et nos photos sont nulles. Merci madame.
Je regarde de l’autre côté et je vois une autre pagode, il faut redescendre un brin et remonter pour quelques centaines de marches. Go, on y va tant qu’à être là. De l’autre côté, il y a une pagode et un dragon qui est tout en haut. Il y a foule. On se fraie un chemin, on est à deux ou trois pieds du dragon mais on ira pas, c’est trop risqué et je vous rappelle que j’ai le vertige. On prend une photo rapido. Voici mon petit sourire forcé quand j’ai le vertige.
On redescend et on s’installe à un palier pour reprendre notre souffle. Il y a des jeunes français, ils reconnaissent notre accent. On échange quelques mots et tout à coup je vois qui?? la poufiasse qui est encore là. Une plaie. Elle finit par foutre le camp avec son guide|photographe.
On repart sur nos vélos et on se promène en ville. On se fait klaxonner à qui mieux mieux, mais honnêtement on s’en fout. JF vient de découvrir le fruit de la passion. On sort un peu du downtown et il y a des marchés. On cherche le fruit. JF: “ ouan ben on a pas de couteau ni de cuillère pour manger ça”. T’inquiète, elles vont nous organiser ça. 20 secondes plus tard, la dame revient avec un bol, un couteau de l’enfer et deux cuillères, on nous tire deux affaires qui servent de chaises. On se fait regarder un peu. Les deux touristes qui mangent leurs fruits de la passion assis en plein milieu du marché, c’est un peu weird. On en bouffe je sais pas combien. C’est tellement bon. Je veux prendre une photo de notre vendeuse, elle part en courant, JF reste là, le sourire aux lèvres. On rigole. On rapporte les vélos. On rentre à la chambre et on cherche le resto pour souper. Ce sera Chookies et on prendra un break de la cuisine viet.
Hoa Lu
Ce matin après le déjeuner, nous voulions louer à nouveau des vélos et nous rendre jusqu’à Hoa Lu (environ 20km aller|retour) afin d’aller visiter l’ancienne capitale du Vietnam. On opte pour aller prendre un café et décider par la suite. À la sortie du café, on choisit de s’y faire conduire en taxi, on est un peu coincé dans le temps, on doit se rendre à l’aéroport d’Hanoi pour prendre notre vol vers Hué.
Ce site historique est d’une grande importance culturelle. Ancienne capitale du pays, Hoa Lu a été le siège du pouvoir politique au Vietnam au cours des premières dynasties, notamment sous les règnes des dynasties Dinh et Le au Xe siècle.
Le site de Hoa Lu est entouré par des montagnes et offre un paysage pittoresque, créant une atmosphère unique et mystique. La région est caractérisée par ses cours d’eau sinueux et ses grottes karstiques, ajoutant à la beauté naturelle du site.
Au cœur de Hoa Lu se trouvent les vestiges des anciens temples dédiés aux rois Dinh Tien Hoang et Le Dai Hanh, les fondateurs des deux dynasties qui ont régnés. Ces temples, bien conservés, présentent une architecture traditionnelle vietnamienne avec des toits en tuiles et des colonnes richement décorées.
Le gilet “burgundy” de JF.
J’ai oublié de vous dire, JF a oublié un gilet neuf dans l’autobus qui nous a conduit de Tuan Chau à Tam Coc. Oui, oui un gilet chaud qui lui manquait drôlement hier puisque son autre gilet chaud était au lavage. On décide le soir mềme de retourner à la gare. On explique la patente, mais pour la première fois du voyage, on tombe sur des têtes à claques. On nous dit que le chauffeur du bus n’a pas laissé la clef, une jeune fille plus aimable passe un coup de fil au chauffeur. Il ira vérifier. Elle nous dit de revenir demain matin à 9h. Évidemment, la jeune fille la plus aidante de la veille n’est plus là le lendemain matin. Il n’y a que la tête à claques qui est là. Il nous dit de revenir vers 17h. Ouille je sors de la gare. On fait nos activités tel que décrites ci-haut et à 16h on y retourne. On s’installe à un café et JF va aux dix minutes voir jeune-homme-tête-à-claque pour savoir si son chandail est arrivé, car croyez-le ou non le chauffeur avait le gilet.
Le manège se poursuit pendant presque 40 minutes. JF se lève du café et va à la gare: “pis mon gilet es-tu arrivé” no sir come back at five. 17h10, selon moi, le gilet ne sera jamais récupéré. On repasse devant la gare. Je vois le gilet “burgundy” de Jean-François sur une chaise. Il rentre dans la gare et crie : Alléluia, mon gilet. Merci bonsoir. Une tête à claques, mais une tête à claques honnête. Le burgundy c’est parce que la jeune fille a demandé à JF la couleur de son gilet et il s’est mis à patiner, kind of red, but……not really….et de loin j’ai dit … gilet “burgundy »!!. Il portera désormais ce surnom. Le gilet burgundy.
Voilà, nous sommes le 24 décembre, on sera à l’aéroport dans quelques minutes. Chez vous, il est quatre heures du matin. Je vous ferai un dernier coucou lorsque nous serons à Hué. Il pleut, semble-t-il, là-bas. On repense à notre itinéraire, la météo gosse.
Finalement on aura eu une arrivée à Hué un brin mouvementé, je vous passe les détails pas intéressants, dans les faits nous avons changé d’hôtel. Aujourd’hui nous avons visité la Citadelle et les tombeaux des empereurs Tu Duc et Khai Dinh. Des photos dans le prochain texte.
Notre nouvel hôtel est ma-gni-fi-que. On se prépare pour aller souper et on s’en va au Bistro de la Carambole. Ah oui et pour ajouter un peu de mystère, notre hôtel s’appelle le Scarlett boutique hôtel de Hué. J’aime.
Je me rappelle avoir vu le film Indochine dès sa sortie en 1992. Catherine Deneuve était tout simplement époustouflante de beauté. Une histoire déchirante. J’y reviendrai.
Les Vietnamiens sont fiables et à l’heure. Honnêtement comparativement au Maroc de l’année dernière…en bon québécois je dirais qu’on a la cr**** de paix!! Personne qui nous gosse pour acheter des babouches ou pour bouffer une tajine. Autres pays, autres moeurs. Ce matin, au petit déjeuner, le propriétaire de l’hôtel nous a apporté un thé au gingembre parce qu’il avait remarqué que nous toussions beaucoup. D’une gentillesse incommensurable. Nous avons quitté notre hôtel à 25$ en taxi pour le ferry et ainsi rejoindre notre croisière à 26 étoiles. Je peux passer de l’un à l’autre sans aucune difficulté et mettons qu’avoir à choisir, je choisis le 26 étoiles tout le temps sans aucun scrupule. Mais avant d’arriver à notre jonque, nous nous sommes tapés le ferry d’une heure entre l’île de Càt Bàt et le port de Tuan Chau et y faisait frette en tabarouette. La tuque sur la tête, les doigts gelés, aucun endroit sur le ferry pour se mettre à l’abri. On prend notre mal en patience en sachant ce qui nous attends. Ça nous aide à endurer notre mal…
Petit souci d’intendance en débarquant du ferry, JF voudrait que le taxi-man vietnamien comprenne le français…stat. Hum, j’pense que ça arrivera pas aujourd’hui. On passe à l’anglais…ishhh pas plus facile…on sent l’énervement monter. Moi, je prends ma valise et je vais faire des affaires avec un autre chauffeur de taxi. Finalement après 20 minutes d’échanges on finit par se faire conduire à notre embarcadère. La course nous coûte 5 fois le prix, mais la paix n’a pas de prix. Nous sommes passés de Saint-Henri (quoi que maintenant il y a plus rien d’achetable dans ce quartier) à Westmount en moins de 3h.
La jonque est magnifique. Un petit « coquetail » d’arrivée. Une place assignée pour dîner. Activité prévue cet après-midi…visite d’une grotte à l’île de Càt Bàt????!!!!! j’ai envie de hurler….non, non, non, pas la même maudite grotte où j’ai failli m’évanouir hier!!!! « Sir…please »…dis moi qu’on s’en va pas à même grotte mon p’tit monsieur….No no madame…it’s not the same cave….fiou!!! C’est clair que si c’était la même grotte, je foxais l’activité. On pars dans une barque traditionnelle visiter « dark and bright » cave. Nous prenons un bateau ou le chalutier rame avec les rames de travers. J’ai raté ma photo. **** Photos des bateaux prises sur internet
Nous sommes de retour sur notre jonque en fin d’après-midi. On profite de la vue de notre chambre et du petit balcon.
Je vois au loin une barque traditionnelle qui s’approche de notre bateau. La dame fait des signes avec le bras. Plus elle s’approche plus je suis en mesure de voir ce qu’il y a dans sa barque. Je vous le donne en mille. Un dépanneur flottant. Bière, vin, chips, chocolat, name it, elle l’a.
JF s’achète de la bière. La dame lui passe la marchandise dans une longue perche et un panier au bout. L’argent transige par le même panier. J’apprends en même temps que j’écris qu’il a acheté une bouteille de vin…seigneur! du vin Vietnamien.
J’écris, je vois ce paysage karstique et je pense à Catherine Deneuve qui se tenait au bout de sa jonque et regardait d’un regard perdu la Baie d’Halong. C’est juste magnifique, immense.
Je ne saurais vous expliquer en trois lignes ce que les français sont venus faire en Asie. Le Vietnam a une histoire complexe. Je ne suis pas historienne, je suis raconteuse des aléas de la vie en voyage :-). Mais je sais que la Baie d’Halong a été au coeur de l’Indochine, cette Indochine française créée en 1887. Mais cela remonte, bien avant, cela remonte aux premiers missionnaires et à Alexandre de Rhodes. C’est une histoire passionnante, voici un lien qui vous permettra d’en apprendre plus si le sujet vous intéresse.
Alors la Baie d’Halong est aussi belle que Catherine Deneuve en 1992. Je la trouve moins belle par les temps qui courent, la belle Catherine. Non pas parce qu’elle a vieilli mais parce qu’elle dit des inepties. Catherine stp…balance ton porc!!
Nous voilà à l’île de Càt Bà depuis 24 heures. Cette île se trouve au Nord de Hanoï et est l’île la plus étendue de la baie d’Halong avec une superficie de 354 km2. Notre transport entre downtown Hanoï et l’île de Càt Bà s’est bien déroulé. Pick-up à notre hôtel puis autobus-ferry-autobus-hôtel et bingo 3h 1/2 plus tard nous y étions. Notre hôtel est correct, à 25$ la nuit avec le déjeuner inclus, on peut pas trop chialer. Vous saviez-vous que le Vietnam est reconnue pour la qualité de son café?. Nos deux hôtels, jusqu’à maintenant, n’ont pas fait honneur à cette affirmation. Il faut sortir et aller dans les petits cafés des villes où nous nous trouvons pour pouvoir boire un café potable.
Je vous dirais qu’on pète pas trop le feu!! Je pense qu’on se traîne un peu à cause de la grippe qu’on a eu juste avant notre départ. Je tousse encore et JF aussi. On a aussi un peu de misère avec la bouffe. La fatigue n’aide assurément pas. On va bien finir par prendre le dessus.
Ce matin après avoir déjeuné, JF avec une Pho et moi avec quelque chose de plus nord-américain, c’est-à-dire des oeufs brouillés et un café imbuvable avec du lait condensé, nous sommes sortis pour aller chercher une vraie bonne dose de caféine.
Tout en buvant notre « bon café » dans un café-bar, nous regardons comment nous rendre à la grotte-hôpital. Il y a toujours quand même un peu de taponnage dans l’organisation d’un voyage où nous n’avons aucune prise en charge. Bref, on fini à l’Office du Tourisme et on s’organise. Nous avions deux enjeux à gérer. Atteindre la grotte hôpital et demain être au port de Tuan Chau pour 11h. Mission accomplie.
La grotte hôpital
À environ 10 km au nord de Cat Ba, sur la route qui mène à l’entrée du parc national, cette grotte est un lieu historique: protégée des bombes, elle a servi d’hôpital clandestin pendant la guerre du Vietnam, mais aussi d’abri aux dirigeants viêt-cong. Aménagée entre 1963 et 1965 avec l’aide de la Chine, sur trois niveaux, elle fut utilisée jusqu’en 1975.
Nous avons parcouru les 17 salles, l’ancien bloc opératoire et la gigantesque caverne naturelle qui faisait office de cinéma (et comprenait même une petite piscine). La visite est impressionnante, mais le site manque d’info. On reste un peu sur notre faim.
Grotte de Trung Tran – Comment pousser ses limites
Dans notre forfait, il y avait d’inclus la visite de la grotte Trung Trang. On nous dit à l’entrée de faire quelques pas dans le sentier et de prendre à droite le long escalier, le début de la grotte s’y trouve. On part. On prend le long escalier, il y une terrasse à mi-chemin (pas une terrasse avec de l’alcool…non, non, une terrasse-terrasse). JF prend son souffle, moi ça va. Petite photo pour la postérité. On monte encore et le début de la grotte est là devant nos yeux. On y entre, l’entrée est assez grande. On marche et plus on marche, plus le couloir rapetisse. J’ouvre la marche. Tout à coup j’entend « tabarnak », JF à quatre pattes le sac à dos par dessus la tête. Il se relève. Il a chaud. Il a pas trop l’air d’apprécier la balade… On continue, le passage devient de plus en plus étroit. Je suis un jeune couple devant nous. Moi aussi, je commence à avoir chaud. Un autre tunnel, on doit se pencher encore plus. Putain. J’y arriverai pas. On arrive dans une salle plus aérée, plus haute. Je cherche ma respiration, j’arrive à reprendre le dessus. J’enlève mon foulard. Je regarde à gauche, à droite, je vois une petite embouchure, au fond de cet espace. Oh là là, ça va pas le faire. J’y entre, on doit marcher en petit bonhomme. Je me retourne, je ne vois plus Jean-François. Il doit être pogné dans une stalactite. Il me rejoint. Ouf, il a chaud. Je le regarde. Je cherche ma respiration. Simonac c’est pas parce que je suis pas en forme. Je la sens cette petite angoisse qui monte. JF ne se sent pas bien et si son défibrillateur déclenchait ici, drette-là. Je n’ai aucune idée à combien de mètres nous sommes de la sortie. Cette information m’aurait permis de prendre une décision plus éclairée. Je n’ai aucune idée si pour la suite, l’espace se rétrécit encore plus. Le petit couple a pris de l’avance, je ne les vois plus. Ok, je regarde JF et je lui ai dis: « c’est ici que ça s’arrête pour nous ». On tourne de bord. Le hic c’est que notre lift devait nous attendre à la sortie de la grotte. F*** i* il nous trouvera. Il n’y a pas si longtemps, je me serais fait violence et j’aurais parcouru toute la distance quitte à manquer d’air, ne pas me sentir bien, dépasser mes limites…au fond juste pour pouvoir dire, je l’ai fait. Et bien, j’ai le déshonneur de vous dire, que je l’ai pas fait et je m’en fous!
Notre lift nous reprend à l’entrée de la grotte. Le Ministre des transports gère. Nous revoilà à l’hôtel. Repos. Demain, direction la Baie d’Halong pour une croisière de 2 nuits, 3 jours. Pas de grotte, pas d’hôpital, rien pantoutte à l’horaire si ce n’est que de se laisser bercer par le doux roulis de notre jonque. Juste prendre le temps de prendre son temps.
Après notre long vol vers Hanoï, nous sommes tombés raides morts en arrivant à notre hôtel. Une petite sieste de près de 2h 1/2 nous a remis sur le piton. Un piton un peu dysfonctionnel mais un piton quand même. On a donc fait 500 mètres pour trouver quelque chose à bouffer et on a refait le même 500 mètre pour revenir à l’hôtel et nous coucher jusqu’au lendemain. Fin de notre journée du 15 décembre. Rien de palpitant ni d’exaltant. Nos corps sont en mode récupération. Nous avons déjà été mis à l’épreuve dès cette première soirée. L’épreuve? traverser la rue à Hanoï est une expérience que je qualifierais de « trompe-la-mort » pour bien saisir l’enjeu, il y 1 voiture pour 10 motos. Il y a 5 millions de motos sur 7 millions d’habitants.
Au début c’est un geste vraiment intimidant en raison du trafic d’une densité incroyable et des foutus coups de klaxon, mais avec le temps tu comprends que si tu veux te rendre de l’autre côté de la rue, tu devras foncer coûte que coûte sinon tu risques de rester là trrrrèèèèèès longtemps. Aucune règle. Les motos sont reines et le piéton n’est qu’un vulgaire pion dans cet échiquier. Les premières tentatives sont vraiment maladroites. Un pas en avant, deux pas en arrière, avec le temps cela devient une expérience plus facile ou plus inconsciente c’est selon. Honnêtement, tu te fermes les yeux et tu fonces. Lorsque tu atteins le trottoir dans face, tu te dis: “mission réussie » je suis encore en vie!!!
Un seul conseil, comprendre la direction du flux de circulation, une fois que tu as saisi cela, tu marches lentement et avec assurance et tu pries.
La visite du marché Dong Xuan
Le marché Dong Xuan est situé dans le vieux quartier de la ville. Ce marché emblématique est une expérience captivante, offrant un aperçu authentique de la vie quotidienne et de la culture locale.
En déambulant à travers les allées animées du marché Dong Xuan, les visiteurs sont accueillis par une explosion de couleurs, de parfums exotiques et de sons dynamiques. Le marché propose une variété infinie de produits, des étals débordants de fruits frais et de légumes aux stands débordant de textiles traditionnels, de vêtements à la mode et d’artisanat.
Nous n’avons pas vu d’étals de « street food” comme dans l’émission Tadam Vietnam. Je me suis questionnée à savoir si nous étions dans le bon marché. Après vérification, nous étions à la bonne place.
La visite de ce marché est une expérience incontournable pour quiconque souhaite découvrir l’authenticité, la diversité et la vitalité de la vie urbaine vietnamienne.
La visite de la Maison Centrale
Nous constatons après deux jours à Hanoï que nous ne connaissons rien à l’histoire de ce pays. Mais rien comme dans r-i-e-n. La visite de la Maison Centrale est notre premier choc historique!. La maison centrale est une prison. Anciennement connue sous le nom de prison Hoa Lo, cette institution a été témoin de plusieurs périodes cruciales du pays, de la colonisation française à la guerre du Vietnam.
Le complexe carcéral construit par les Français au 19e siècle, présente des vestiges poignants de cette époque. Nous avons visiter les cellules étroites qui ont retenus de nombreux prisonniers politiques qui ont lutté pour l’indépendance du pays. Des expositions détaillées racontent les conditions de détention difficiles et les actes de résistance héroïques qui ont eu lieu entre ces murs.
La Maison Centrale surnommée le « Hanoï Hilton » par les détenus de guerre américains pendant le conflit vietnamien. Des artefacts, photographies et récits témoignent de cette période tumultueuse et soulignent les souffrances vécues par les Vietnamiens et les conditions de détention beaucoup plus clémentes dont bénéficiaient les américains.
Nous avons été confrontés à la réalité brutale des événements du passé, et surtout à notre ignorance sur l’histoire de ce pays. Les Vietnamiens sont résilients et déterminés. La visite de la Maison Centrale nous a permis de mieux comprendre les guerres qui ont marqué le pays. On ne peut faire autrement que de réfléchir sur les conséquences des conflits et sur le chemin parcouru par le Vietnam pour parvenir à son état actuel.
87 Ma May | maison tube.
Connaissez-vous les maisons tubes de Hanoï? J’avais lu sur le sujet avant de partir, d’en voir une en vraie donne tout son sens à mes lectures. La « maison tube » est maison étroite et allongée. Ces maisons étroites étaient conçues de manière à maximiser l’utilisation de l’espace dans le contexte urbain dense du quartier.
La maison tube typique de Hanoï présente une façade étroite mais s’étend profondément à l’intérieur, avec plusieurs pièces agencées les unes à la suite des autres. Ces maisons ont souvent été construites avec des matériaux locaux et certaines ont été rénovées pour préserver leur caractère historique tout en répondant aux besoins modernes.
Pourquoi construire des maisons si étroites? Parce que l’impôt foncier était calculé en fonction de la largeur de la propriété…
Le lac Hoan Kiem et le pont Huc
Le lac Hoan Kiem, également connu sous le nom de lac de l’Épée restituée, est un lac situé au centre de Hanoï. Son nom provient de la légende selon laquelle l’empereur Lê Loi a reçu une épée magique des dieux pour repousser les envahisseurs chinois. Après la victoire, l’empereur a rendu l’épée à la tortue dorée du lac. Le lac Hoan Kiem est entouré de parcs, de temples, et il est un lieu de détente apprécié par les habitants et les visiteurs. L’îlot central abrite le temple Ngoc Son, accessible par le pont The Huc.
Le pont The Huc connu sous le nom de Pont en bois du Soleil Levant, est un pont coloré qui relie la rive au temple Ngoc Son sur l’île au milieu du lac Hoan Kiem. Ce pont en bois rouge vif reflète l’architecture traditionnelle vietnamienne. Le pont The Huc est souvent photographié pour sa beauté artistique. À vous d’en juger!!!
Musée national d’Histoire vietnamienne
Longue visite à nous instruire sur l’histoire du Vietnam. Des photos, des textes et des objets d’époques.
L’opérade Hanoï
Inspiré par l’opéra Garnier de Paris…on s’y croirait presque. L’opéra est situé dans le Quartier Français bien entendu. Un autre monde. Ici, moins de motos, moins de klaxons, des grands boulevards, des grands arbres et beaucoup beaucoup d’argent!!
Cathédrale Saint-Joseph
La cathédrale est située dans le Vieux quartier et est très souvent surnommée la Cathédrale du Vieux Quartier au lieu de Cathédrale Saint-Joseph. Impossible de la visiter. Cathédrale fermée le dimanche, trouvez l’erreur!!!
La rue du train
Ce qui rend cette rue spéciale, c’est qu’elle est traversée par les voies ferrées utilisées par les trains. Les maisons et les commerces longent de près les voies, créant une scène surréaliste lorsque les trains passent à travers la rue. On a pas vu de train passer, le chemin de fer est en réparation!! Allez voir sur youtube. Fou!
Dernier stop avant de rentrer, on s’installe à une terrasse, le temps n’est pas très chaud. On parle de tout et de rien. Tout à coup, bang!! J’ai une bulle au cerveau. Je viens de penser à ma voisine. Je demande de pouvoir en parler pendant 2 minutes. Consigne oblige sinon je vais me mettre à divaguer. Autorisation accordée. Je mets ma switch à bitch deux minutes pour parler de ma ***** de voisine.
Aujourd’hui aucun événement sortant de l’ordinaire à signaler. Ah ouiiiii, j’ai oublié de vous dire qu’hier on a pris un taxi qui ne nous était pas destiné. Ici pas d’Uber, mais il y a Grab. Comme nous étions fatigués, nous avons décidé de prendre un taxi pour aller au resto. Je ne gère pas ce département, il est géré par le Ministre des transports qui a merdé « big time ». Se retrouver dans le mauvais taxi faut le faire. Le genre de situations où la barrière de la langue pose un défi supplémentaire. Notre course s’est arrêtée en milieu de parcours…on s’est rendus au resto à pied!!
Demain nous partons pour l’Île de Cat Ba. La principale raison de ce séjour sur cette île… visiter la Grotte-hôpital. Cette grotte a servi d’hôpital clandestin pendant la guerre du Vietnam mais aussi d’abri aux dirigeants viêt-cong. Elle a été aménagée entre 1963 et 1965 avec l’aide de la Chine, elle fut utilisée jusqu’en 1975. La grotte compte 17 salles réparties sur trois niveaux, dont l’une d’elle abritait un théâtre, une autre un cinéma. À suivre avec des images….
Le vol d’AC est parti à l’heure et nous sommes arrivés avec 45 minutes d’avance à CDG, sans aucun intérêt puisque nous avions une escale de 5h. On s’est trouvés un coin et on a fait une tentative de repos, qui a malheureusement échouée.
Cinq longues heures plus tard, nous voilà assis dans l’avion direction Hanoï (10 heures et quelques poussières). Le personnel est professionel et attentif. J’aime. On a des places de merde, mais bon.
On ne sait pas trop pourquoi, mails le départ brette…5 rangées en avant de nous il y a une mère avec son fils. Pauvre elle, l’en-fer!! Un garçon d’environ 10 ans maximum qui pique des crises et qui crie à faire crasher l’avion (impossible on est pas encore décollés). Crises à répétition qui vont perdurer tout le temps que va durer le vol. Oui oui, mes amis, je pense à A. dans ce genre de situation et je me demande quel serait le conseil qu’elle me donnerait.
De l’autre côté, une dame avec un manteau rouge qui crie elle aussi et qui gesticule à qui mieux qui mieux, elle se lève, fait le tour des toilettes revient par l’autre rangée. Les Vietnamiens sont d’un calme sans faille. On discute, on argumente, un autre agent filme la scène. Les agentes disparaissent et reviennent cette fois-ci avec la sécurité, encore du bla, bla, bla, personne s’énerve sauf la petite madame au manteau rouge. Le monsieur lui demande de quitter l’avion. Ishhh est-ce que ça va se faire aujourd’hui vous pensez?, je suis déjà tannée et on a pas encore volé. Le monsieur demande calmement à la dame de le suivre, elle finira par obtempérer après je ne sais plus combien de minutes de pourparlers.
Bon on va pouvoir partir. Ne-non ne-non, compte tenu de la situation et d’un risque imminent d’un danger obscur, on demande d’ouvrir les caissons pour vérifier les bagages. What!! Ouf et re-ouf, alors tous les passagers doivent identifier leurs bagages. Ouvre un coffre, oui oui la rouge c’est la mienne et la bleue est à Monsieur et ainsi de suite.
On fini par décoller et là commence dix longues heures de vol insupportables. Le garçon pique sa crise aux 45 minutes, au bout de 3 ou 4 heures, la mère n’en pouvant plus, s’étire le bras et « keshlang » une bonne gifle. La surprise a calmé le garçon 3 ou 4 secondes max. Personne ne s’est insurgée. Les gens autour n’en peuvent plus et moi non plus.
L’arrivée à l’aéroport de Hanoï est marquée par une combinaison de soulagement et de fatigue. Les procédures douanières et d’immigration se font rapidement. Juste pour votre info…je suis entrée au Vietnam avec un Visa pas réglo. J’ai pris une chance. Dans le bus 86 direction notre hôtel. La chambre n’était pas prête. JF décide d’aller régler son problème de souliers de course parce que les siens sont restés dans le campeur à Saint-Lazare. Il semble y avoir un souci de grandeur. Mettons que ça doit prendre 3 ou 4 vietnamiens pour faire un JF et une pointure 12 ne semble pas courante.
L’aventure au Vietnam peut commencer mais, juste après avoir fait un petit repos d’une heure max. Hanoi me fait penser à Bangok mais en pire, je sais pas pourquoi, à cause de mon âge probablement, moins de patience, moins de tolérance. Dans les faits, nous sommes un peu sous le choc. Nous partons à la recherche d’une Pho, que nous ne trouverons pas par ailleurs. Eh oui, on a vu toutes sortes d’affaires mais pas de Pho. Demain on sera dans de meilleures dispositions. Pour nous ici, il est 20h16 vendredi le 15 décembre, alors on sera toujours en avance sur vous de 12h.
Nous sommes à moins de 24 heures de notre départ pour le Vietnam. Ma valise est prête, la sienne éparpillée dans la chambre d’amis. Je tente de faire face à l’excitation du voyage tout en luttant contre une saloperie de grippe qui s’est invitée à l’aventure sans autorisation. Depuis plus d’une semaine nous sommes KO. Après avoir pensé que c’était en raison de la vaccination, j’avais tout faux. Course contre la montre, visite médicale, pharmacie, sirop, Advil, médicaments…ajouter à cela d’autres situations plus clownesque les unes que les autres et le parfait mélange pour une méga turbulence était en place.
Moi qui suis toujours excitée de me rendre à l’aéroport disons que je manque un peu de oumf. On se plaindra pas y’a pire.
Montréal-Paris, Paris-Hanoi avec une escale de 5h à CDG ne m’enthousiasme guère. Nous atterrirons à Hanoi vendredi matin. J’imagine que l’adrénaline du voyage imminent fera disparaître la fatigue liée à la maladie ou m’achèvera complètement. Tellement à plat que cela fait plus d’une semaine que je ne suis pas allée m’entraîner. J’ai décidé que l’été prochain j’allais nager un 10 km. L’équivalent d’un marathon. Maintenant que c’est dit, je n’aurai pas le choix 😉
Je ne me suis pas domptée, après mon expérience Autrichienne de mars 2023 avec Air Canada (ma fille et moi à Vienne, les skis à Paris, les bagages à Francfort), je m’étais jurée de ne plus jamais prendre cette compagnie aérienne. Faut croire que la mémoire est vraiment une faculté qui oublie. Pffffff. Devinez avec qui on volera vers Paris ?? AC
J’adore l’atmosphère des aéroports. Les couples qui se quittent, d’autres qui se retrouvent, des jeunes adultes qui partent à l’aventure, d’autres qui rentrent à la maison. Les contrôles de sécurité, les annonces indistinctes, le bourdonnement constant des conversations en plusieurs langues – autant de signes que l’aventure est à portée de main. Hum, pour les conversations en plusieurs langues pas besoin de me rendre à l’aéroport, l’ouest de l’île est parfait pour devenir spécialiste de n’importe quelle langue sauf le français.
Voilà, souhaitez nous bonne chance pour qu’on arrive à l’autre bout de la terre en moyenne forme.
Le Club el Morocco et le parfum des femmes suite et fin.
Je suis dans l’avion direction Montréal, lorsque le moment de partir arrive, je voudrais rester. Il y a encore tant d’endroits que je n’ai pas visité et que j’aimerais voir. Je repartirai bientôt c’est certain. Vous allez me manquer, mais j’ai d’autres projets, soyez sans crainte.
Nous sommes allés manger au Club El Morocco. Nous n’avons pas fait de grande folie pendant ce voyage. Rien d’extravagant. Mamoun le propriétaire de la maison nous avait mentionné que c’était une bonne table. En Afrique du Nord, on soupe tard comme en Europe.
J’ai réservé pour le premier service, 19h30, La salle à manger du restaurant se trouve au deuxième étage, il faut monter dans un escalier étroit où les murs sont peints d’un vert forêt. Un homme attend tout en haut et nous ouvre la porte vitrée. Il nous offre le choix de table, près de la fenêtre ou dans un coin près d’un mur. J’ai peur d’avoir froid (encore), on choisit la table de coin. On commande des apéros, je regarde le décor. Des sièges rouges, des tentures lourdes, la décoration est surannée. J’imagine Barbara Hutton en train d’y manger avec sa gang de joyeux lurons. Cela n’aurait pas été possible puisque ce restaurant existe depuis 2012 seulement, mais on a l’impression d’être dans une autre époque dès qu’on y met le pied. Il s’écoule environ vingt minutes avant que d’autres clients arrivent. À ma droite, il y a deux jeunes hommes, ils semblent attendre une troisième personne et effectivement un homme plus âgé arrive. Il prend la situation en charge, commande le vin, les entrées etc. Il mène la barque et parle excessivement vite en espagnol. Cela semble être un dîner d’affaires. De biais, un groupe de quatre hommes. Tout au fond, une table de six, trois couples probablement. Au fond à gauche, deux hommes, la table à côté d’eux, un couple et dernière table, une femme seule, fin trentaine début quarantaine. Je l’ai remarquée dès qu’elle est entrée.
Lorsque le groupe de six personnes est arrivé, l’air s’est rempli d’une odeur de parfum sucré capiteux et lourd qui me donne immédiatement mal à la tête. Je pourrais reconnaître cette odeur entre mille. Le parfum de Thierry Mugler, ça sent la poudre. Mais si vous voulez me faire fuir illico, faites brûler de l’encens. Voilà, vous savez tout de moi, le bruit m’indispose et certaines odeurs aussi.
Je ne comprends pas pourquoi certaines femmes sentent le besoin de se plonger dans leur bouteille de parfum avant de sortir, J’ai remarqué que c’est toujours à peu près le même type de femmes qui ressentent le besoin de nous faire sentir leur parfum de force. Un autre moyen d’attirer l’attention, peut-être, je ne sais pas, j’extrapole, je porte un jugement, mais qui ne juge pas…
Pour revenir à la femme qui se parfume trop, ma mère dirait, le genre qui fait commune et je vous assure ce n’est pas un compliment. Ah, ma mère, si vous le saviez. Attendez je vais vous le dire. J’insiste souvent sur le “comment” ma mère m’a éduquée, mais vous savez quoi, j’ai élevé ma fille de la même manière. Une main de fer dans un gant de velours.
Pour revenir au parfum, quand j’étais petite, je savais où ma mère cachait son parfum, dans le premier tiroir de sa commode dans sa chambre. À l’époque, elle portait le Chanel no 5 et puis un jour, elle a changé. Je porte le même parfum depuis plus de 35 ans. Un Chanel, moi aussi et je ne vous dirai pas lequel. C’est un secret. Ma fille aussi porte un Chanel et ce n’est pas le même que moi. À croire que le parfum Chanel est héréditaire.
Je reviens à la jeune femme dans le restaurant du Club el Morocco. Je ne sais pas si vous avez déjà voyagé seule, cela demande une certaine dose de courage et une confiance en soi assez forte pour décider d’aller au resto sans être accompagnée. Cette femme m’a rappelé l’année de mes cinquante ans.
Cette année là, j’ai pris cinquante jours de congé pour mes cinquante ans. Je suis allée au Pérou pendant trois semaines et j’ai fait la route des Incas, 5 jours de marche assez intense pour voir le Machu Picchu en arrivant par la porte du soleil. J’ai passé un col de 4200 mètres. Les Sherpas attendent au bas du col pour voir qui va réussir ou retourner au campement de base. Les sherpas font cette montée en sandale. Assez intense physiquement.
Après mon voyage au Pérou, je suis partie à Prague pour une quinzaine de jours. J’ai marché, marché et encore marché sauf une fois où j’ai pris le train et où je me suis fait arrêter par le contrôleur de billet. J’ai eu beau plaider la méconnaissance du transport Praguois rien n’y a fait. Je devais payer sur-le-champ, j’ai plaidé que je n’avais pas d’argent sur moi, le contrôleur m’a dit en anglais, pas de problème vous descendez à la prochaine station il y a un guichet vous retirez 750 couronnes tchèque et ça y est votre amende sera payée. J’ai eu chaud, j’avais de l’argent sur moi, mais j’ai joué la nouille sympathique, la touriste qui n’est jamais allée nulle part, je ne pouvais plus reculer. Je suis descendue, je me suis rendue au guichet, le policier attendait une quinzaine de pied derrière moi, il m’avait demandé mon passeport qu’il “détenait” jusqu’au paiement de l’amende. Je sors les couronnes du guichet, je vais vers le policier, il tend la main pour avoir l’argent. Je dis avec la tête, non, non, mon passeport avant. Il me rend mon passeport, je lui remets l’argent, il me donne un reçu et s’en va. Je pensais bien me retrouver au fin fond d’un poste de police Tchek.
Lors de mon séjour à Prague, j’avais lu que Kafka et d’autres intellectuels aimaient bien aller dans un café | restaurant le Kavárna Obecní dům, un café art déco où je voulais aller manger, j’y entre, je suis seule. On m’assigne une place. Je commande du saumon fumé et un verre de vin blanc. Il y a un pianiste au fond de la salle qui joue des airs, tout à coup, il se met à jouer, la chanson “Plus bleu que tes yeux” de Charles Aznavour. L’émotion m’étreint. Je me suis mise à pleurer. J’essayais de retenir mes larmes, mais j’en étais incapable, j’avais un petit hoquet que je n’arrivais pas à contrôler. Je ne sais pas ce qui m’a rendu si émotive tout à coup. La même type d’émotion que l’orgue marin de Zadar, en Croatie.
Lorsque j’ai vu cette jeune femme seule, dans ce resto, je me suis demandée ce qu’elle vivait, comment elle se sentait, pourquoi elle était seule. Était-ce un véritable choix, venait-elle de se faire larguer ou venait-elle de larguer quelqu’un. Cela m’a ramenée en arrière et m’a fait penser à ces voyages où j’étais seule et où je ne pouvais compter que sur moi; ont dit que les voyages forment la jeunesse, c’est vrai, mais j’ajouterais que les voyages vous transforment lorsque vous êtes confrontés à vos limites personnelles.
Voilà, j’ai réussi à écrire un texte par jour pendant 31 jours. Je pose la plume pour un temps. J’ai du lavage à faire 😉 je vais reprendre ma routine, la natation, les cours de piano et simplement profiter du temps. Il y aura sûrement encore d’autres voyages…à très bientôt alors !!!
Je n’écrirai pas au sujet du Club el Morocco et du parfum des femmes. Pas ce soir. La journée a été longue et nous venons d’arriver à notre hôtel à Malaga. Demain dans l’avion pour Montréal, j’aurai amplement de temps pour écrire au sujet du Club el Morocco et du parfum des femmes.
Mais j’ai des bonnes nouvelles. Nous nous sommes réconciliés avec les chauffeurs de taxi du Maroc grâce à Mohammed. Nous redoutions notre ultime « ride » de taxi. JF a tapé taxi Tanger dans google et le site de Mohammed est apparu. Un jeune homme débrouillard qui a sa propre société. Échange de whatapps et nous pouvions le suivre (un peu comme les UBER chez nous). Dans le temps prévu, il nous prenait Place du Méchoir. Un chauffeur de taxi comme on les aiment aimables, serviables et polis qui offre un service 5 étoiles. Il nous a permis de terminer notre séjour au Maroc sur une note positive dans notre relation amour | aime avec les taxis Marocains. 😉
On ne pouvait partir de Tanger sans aller au Café Baba, le café où les Rolling Stones aimaient aller lorsqu’ils étaient à Tanger. On a aussi pu voir de l’extérieur le « palace » de Barbara Hutton.
Le café Baba qui aurait bien besoin d’une petite remise en forme Le palace de Barbara Hutton
Mon texte d’hier manquait de « punch », 24 heures à végéter me suffisent. Ce matin, c’était reparti. J’ai donc menti, on ne s’est pas promenés sans but aujourd’hui. Notre premier arrêt a été de retourner vers la porte Bab el Bhar qui donne sur la mer. Aujourd’hui le temps est beau, il fait soleil mais il vente et le vent est froid. Une température parfaite pour marcher. Je suis sur la terrasse de la maison. Je vous montre la vue que nous avons.
Ensuite direction Café Baba, lieu que les Rollings Stones ont rendu légendaire. Ils aimaient y venir lors de leur séjour à Tanger. Depuis la terrasse du café, il semble que nous pouvons voir la maison de Barbara Hutton, l’héritière des magasins Woolworth (fortune héritée de son grand-père). Une des femmes les plus riches du monde, que l’on surnommait la pauvre petite fille riche. Elle a dilapidé sa fortune à Tanger, où elle trouvait refuge lorsqu’elle sombrait dans la déprime de ses sept mariages ratés (y’en a qui comprennent vraiment rien). Elle souhaitait être enterrée à Tanger, malheureusement elle est décédée seule, malade et ruinée en Californie en 1979.
Ensuite nous nous sommes dirigés vers l’hôtel Continental. Cet hôtel a été construit en 1865 à l’endroit où se trouvait les douanes. Il fait face à la mer et à mon humble avis, il a perdu de sa superbe. Le jeune Winston Churchill y a séjourné suite à son expérience de correspondant de guerre. Cet hôtel était le quartier général d’artistes, intellectuels, politiciens et aristocrates à la fin du XIX et au début du XX.
Nous avons marché vers la grande Mosquée, le petit Socco, la légation américaine, le grand Socco, l’immeuble Dar Kasbah (ancien télégraphe anglais) et la porte de la Kasbah.
Puis nous nous sommes rendus vers le Marabout de Matisse (le tombeau de Sidi Boukoudja). Je ne savais pas ce qu’était un marabout sauf pour celui que ma mère s’était achetée pour le mariage de mon frère. Un espèce de frou-frou de cou en plume d’autruche ou d’un oiseau quelconque qu’elle appelait un marabout. Aujourd’hui, j’ai appris qu’un marabout c’est un nom de religieux très vénéré chez les musulmans. C’est fou comme voyager appelle à la connaissance. Mon collaborateur a tenté de trouver l’endroit où se trouvait Matisse lorsqu’il a peint l’oeuvre. Dans les faits, nous avons pu observer le tableau de Matisse en grandeur nature et je pense qu’il a trouvé le « spot » de Matisse. Cette peinture date de 1912
Un mot sur la légation américaine à Tanger. Tout premier édifice diplomatique des USA à avoir été établi en dehors de l’Amérique. Le Maroc a été le premier pays à reconnaître l’indépendance des États-Unis en 1777. La mission américaine a quitté les lieux après l’indépendance du Maroc en 1956 pour s’installer dans la capitale du pays, Rabbat. L’immeuble est devenu un musée et celui-ci collabore avec une ONG Marocaine, la fondation Al Madina qui réalise des activités sociales à l’intention des quartiers défavorisés de la médina, comme l’alphabétisation de jeunes femmes et l’éducation pour la santé.
Nous sommes vraiment à la fin de ce voyage de trois semaines, voyage organisé dans le campeur en remontant vers le Québec en moins d’une semaine. On en a fait des kilomètres, autour de 2000. Bien sûr, il y a eu de longs déplacements en bus et quelquefois ma patience a été mise à rude épreuve (la p’tite madame au téléphone). Je ne veux pas me justifier ou tenter de trouver une explication pour amoindrir mon propos. La fatigue liée au transport a assurément joué un rôle dans ma tolérance au bruit, mais il n’en demeure pas moins que mon opinion reste la même sur la question de l’utilisation du cellulaire en public. Les conversations des autres ne m’intéressent pas. J’ai été élevée par une mère, où il n’y avait pas de place au manque de savoir-vivre. Il ne fallait pas parler fort en public, respecter la ligne dans une queue, dire bonjour et merci bref, vous savez la base. Je ne me rappelle plus quand, peut-être au milieu du voyage, j’ai photographié une famille de quatre personne, ils étaient sur une terrasse, ils étaient tous sur leur cellulaire. Bonjour la communication. Le gars avec la chemise bleue est le guide, lui il cherche son chemin…
Un jour, j’en ai eu marre de faire des rencontres d’équipes où tout le monde était sur son cellulaire, je suis arrivée avec une boîte et tout le monde a dû y mettre son cellulaire. J’ai eu l’impression d’arracher des bras à certaines personnes. La sainte paix.
J’ai vraiment aimé mon voyage au Maroc, il y a eu des irritants c’est vrai, la sollicitation incessante a été difficile pour moi. Mais je suis certaine que plusieurs d’entre vous y prendraient plaisir. Hors les zones touristiques, les marocains sont d’une gentillesse incommensurable. Petite note, nous n’avons presque pas eu d’échange avec les femmes. Elles ne servent pas aux tables dans les restaurants, elles sont dans les cuisines. Sur la rue, pas évident de les approcher. Le contact avec l’extérieur c’est par l’homme que ça se passe. J’ai vu des enfants avec des voiles sur la tête. Je ne vous dirai pas ce que j’en pense. J’ai aussi vu beaucoup de femmes avec des Niqab.
En Turquie, je suis allée au bord de la mer sur une plage déserte. Je ne me rappelle plus à quel endroit elle se trouvait exactement. Je m’approche, je vois un groupe de 4 ou 5 personnes, c’est une famille turque. Monsieur est dans la mer avec son maillot bermuda et une camisole il est un peu distancé de la famille et se baigne sans se soucier de sa femme et de ses enfants. La mère a les trois enfants qui se pendent à elle, voilée de la tête aux pieds. Il devait faire 40 c. C’est un choix, vous pensez?
Je m’égare encore une fois. Notre hôte Mamoun a accepté de nous laisser sa maison jusqu’à notre départ pour l’aéroport. C’est vraiment gentil de sa part. On pourra profiter de la journée sans se soucier de nos bagages puisque notre vol pour Malaga est demain à 21h.
Je me promenais dans une petite ruelle où il y a souvent ce qu’on appelle chez nous des dépanneurs. Des touts petits kiosques où l’on vend de tout. J’ai vu un petit garçon de 4 ou 5 ans maximum, je le vois converser avec l’homme et l’enfant ne voit même pas par-dessus le comptoir. Tout à coup le petit garçon sort des dirhams de sa poche et paie le monsieur. J’étais intriguée de voir ce qu’il avait acheté. Je me retourne et je le vois partir en courant et tourner dans une ruelle. Qu’avait-il dans la main vous pensez? Du chewing gum, une friandise quelconque…non, non, il venait de faire une course pour sa maman. Regardez dans sa main gauche, il est allé acheter une couche.
En rafale des photos de Tanger. Ce soir on va souper au El Morocco Club.
Il pleut sur Tanger. Première journée de pluie depuis que nous sommes partis. La maison que nous avons louée est tout simplement magnifique, elle est sur trois étages et il y a une terrasse avec une vue sur la mer et l’Espagne.
Ce matin, nous sommes sortis pour aller déjeuner, JF était allé à la petite épicerie du coin, mais il n’y avait rien. On est donc sortis. En sortant de la maison, nous commençons à marcher et un jeune homme nous approche, je suis votre voisin, je vous ai vu hier de la fenêtre. Nous lui disons que nous cherchons une place pour prendre le déjeuner, il nous guide à travers les petites rues et ruelles et nous amène dans un café. Il nous dit à bientôt sans rien demander. Le jeune homme en question est originaire de la Guinée. Super sympathique et gentil. Nous l’avons recroisé cet après-midi, il nous a salué de la main.
Avec la pluie, on a décidé de rentrer à l’appartement, après être passés par le Grand Socco qui se trouve a être le marché aux fruits et légumes mais on y trouve aussi de la viande et des poissons. On a cherché du fromage mais nous n’avons rien trouvé d’intéressant. Ensuite, nous sommes allés à la boulangerie acheter une baguette et deux petites sucreries. Le coût, 8 dirhams, ce qui équivaut à un dollar et cinq sous. Le coût de la vie est vraiment peu cher au Maroc pour nous.
Il faut que je vous dise, lorsque nous cherchions le Grand Socco, quelqu’un nous a demandé ce que nous cherchions, comme cela arrive très souvent. Ce matin, Karim nous avait conduit au café sans rien demander, j’ai pensé qu’à Tanger c’était différent. Alors, le jeune homme en question nous mentionne que le Grand Socco est de ce côté, et là, il nous dit attends je te conduis. On le suit, moi plus naïvement que JF qui lui dit, on ne veut pas de guide et tu n’auras rien de nous. On finit par arriver à Grand Socco et devinez quoi? Le gars nous demande des dirhams, on lui refuse. Il insiste et nous suit. Il a fini par nous lâcher parce que nous l’avons ignoré. Il y a beaucoup d’enfants qui vendent des bricoles, d’autres vendent des petits paquets de papiers mouchoirs, alors que je vois des enfants descendre d’un mini-bus scolaire…je comprends pas.
Nous avons décidé de ne rien voir de Tanger si ce n’est que de nous promener sans but fixe. Il ne semble pas y avoir beaucoup de touristes. Demain, le temps s’annonce beau, on ira marcher. Je voulais faire quelques achats, je constate que j’aurais dû les faire avant. Tant pis pour moi. Le stock de Tanger semble sortir d’une autre époque.
Tanger la blanche.
Il pleut sur Tanger, je me protège. J’ai jamais vu autant de chats dans un pays. Des chats, au Maroc, il y en a partout tout le temps.
Le chat est un animal admiré dans l’Islam, notamment pour sa propreté. Cette religion promettrait même une place au Paradis pour toutes ces créatures de Dieu. Il peut donc entrer dans les maisons et les mosquées à sa guise (ou presque!) et la loi islamique interdit de les persécuter.
Nous sommes repartis ce matin vers la grande place et nous avons visité la Kasbah de Chefchaouen, le calme, sans trop de touristes. Dans les faits il n’y avait personne. La ville a été fondée en 1471 et la Kasbah construite la même année. Si vous vous demandez ce qu’est une kasbah, le mot désigne le cœur historique – fortifié ou non – d’une ville d’Afrique du Nord. Voilà pour la minute d’éducation, je vous transmets l’info pour votre culture personnelle.
Ce soir, il y aurait tant à dire sur différents sujets. Par exemple, l’utilisation du cellulaire en public. Je ne suis plus capable. J’ai une relation de rejet face à mon téléphone. Si vous m’appelez, vous êtes certains que je ne répondrai pas sauf si c’est mon enfant. Les autres, vous allez attendre le moment que je juge à propos pour vous parler. Je ne sais pas ce que les gens ont tant à se dire. Je pense aller faire une retraite fermée en arrivant à Montréal, genre Saint-Benoît-du-Lac, le silence.
Dans l’autobus, juste devant nous, il y avait une femme d’un certain âge ou d’un âge certain. À un moment donné son téléphone sonne. Évidemment qu’elle répond. La conversation dure plus d’une heure et pas en sourdine, non, non, non, tout haut, très très haut en arabe. J’avais juste envie de lui faire avaler son téléphone. Je ne comprends pas ce comportement. Croyez-moi ou non, j’ai mis des bouchons dans mes oreilles et en plus mon casque d’écoute Bose, anti-bruit et je l’entendais encore. Je m’excuse, mais dans ce temps là, j’ai une envie folle de tuer. Je ne m’appartiens plus. Une chance pour elle, elle est débarquée à Tétouan. Merci bonsoir madame. Trouvez-vous une vie, calvaire.
Pendant notre trajet en bus, je suis étonnée de constater que le Maroc soit si montagneux, c’est époustouflant. Tout à coup je dis à JF, me semble que ce serait bon un p’tit verre de vin ce soir. Bonne chance. JF se met sur le dossier et trouve le Marrakech Supermarket qui semble être une SAQ marocaine. On arrive à la gare routière et commence le combat du tarif de taxi. Ils ne veulent pas mettre leur foutu compteur. Là encore, je sens un élan de violence en moi. J’ai juste envie d’en frapper un. Je me parle et je me dis, voyons calme-toi. Vous n’avez pas idée de ce que cela demande de gérer ce genre de situation. Je n’ai pas cette patience, une chance que JF est là.
On traverse un boulevard où on risque de se faire tuer en moins de deux. Je commence à être un p’tit peu à boutte. Un taxi s’arrête, il y a déjà un passager, mais ce n’est pas inhabituel, ça se fait de partager un taxi avec des inconnus. Commence l’explication de notre trajet au chauffeur qui ne parle ni anglais, ni français, ni rien. Il ne parle que l’arabe, vous allez me dire normal il vit au Maroc. Vous avez raison. Bref, il décide de nous prendre à bord tout de même, même s’il ne comprend rien et là commence la communication via téléphone cellulaire, geste des mains. Notre objectif est double, se rendre au AIRBNB que nous avons loué et notre envie folle de partir sur une dérive éthylique. La boisson ne mène nulle part, c’est clair. On en a la preuve ce soir. Donc, notre chauffeur qui ne comprend rien, finit avec l’insistance de JF qui ne lâche jamais le morceau, par aboutir à la SAQ marocaine. J’ai pas trop envie de rester avec le chauffeur donc ce sera moi la chargée de projet: objectif alcool. Je descends de la voiture, elle est à peine arrêtée. Je prends mon élan et je cours vers l’antre du péché. Une femme qui achète de la « bouaisson », y’avez-vous pensé? Je fais ça vite parce que le chauffeur a accepté de mettre son compteur. Mes yeux sont comme des lasers, je balaie les différentes étagères. Je cherche un mousseux et un blanc. Zéro femme dans la place, que des hommes. Je choisis deux bouteilles et hop la caisse pour que je sorte de là au plus sacrant. Je sens le regard du caissier et de l’emballeur sur moi. Je paie et je sors sur le trottoir. J’ai une mémoire photographique assez aiguisée. Je balaie des yeux l’endroit où je me suis extirpée du taxi, il n’est plus là, je marche jusqu’au coin de la rue, je ne le vois pas, je me tourne de côté, rien. Je reviens sur mes pas, pas de taxi. Je sens un p’tit vent de panique s’installer en moi. Je suis dans une place “nowhere”, il fait nuit noire et je ne retrouve plus le taxi. Tout à coup, je vois une voiture qui s’approche vers moi, je suis presqu’au milieu de la rue. La voiture s’arrête, c’est JF et le chauffeur. J’entre dans l’auto et là, je dis: “Tab******” je la trouve pas drôle pantoutte, vous étiez où?: “J’ai rien compris aux explications mais le gars qui ne parlait ni anglais, ni français, dis: “Je m’excuse, madame”. JF aussi a eu peur. Il se demandait vraiment où allait le taxi. Il a fallu qu’il intervienne assez fortement, le chauffeur de taxi a confondu ma descente comme étant le premier arrêt et le second arrêt ne concernant que JF. Sauf que, allôôôôô…. si c’était mon arrêt, ma valise était restée dans le coffre. Pas fort, au test de la déduction.
Nous sommes finalement arrivés à notre appartement “haut de gamme”. C’est une petite “inside joke” avec moi-même. J’avais une amie, qui avait toujours des trucs haut de gamme. M’énerve, le haut de gamme. Le factice m’énerve.
Notre hôte Mamoun, très sympathique. Sa maison est superbe. On a de l’espace, enfin ! La vue de la terrasse est tout simplement MA-GNI-FI-QUE et nous voyons l’Espagne de l’autre côté. Cependant, Mamoun, âgé d’à peine 30 ans, fait partie de la classe des priviligiés. Il parle un français et un anglais international, il nous fait réaliser qu’il y a deux classes de Marocain, les riches et les pauvres.
Après avoir tergiversé sur le moyen de nous rendre en Espagne, nous avons finalement opté pour l’avion. Vol de 45 minutes.
Voilà notre journée, ça sent la fin. Tanger semble beaucoup plus européenne qu’africaine. D’ailleurs, lorsque JF y est venu il y a 50 ans, son père disait la même chose.
Sur les autres sujets qui me sont venus en tête aujourd’hui, je voulais vous entretenir sur le patrimoine mondial de l’Unesco. Saviez-vous que la diète méditerranéenne a été déclarée patrimoine immatériel-secteur de la culture…vous voulez savoir ce que j’en pense…la suite demain 🙂
La grande placeLa KasbahIntérieur de la Kasbah
Lorsque les marches sont peintes en bleues, cela veut dire que c’est un cul-de-sac.
Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toutes ressemblances avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne sauraient être que fortuites.
Je ne sais pas pourquoi, j’ai repensé à ce dossier ce matin dans l’autobus…J’ai un secret à vous dire, j’ai toujours caressé le désir d’écrire un livre. J’ai déjà le titre. Dans les faits, je l’ai depuis plusieurs années. Le titre, Le 410, c’est l’adresse de la Cour du Québec, chambre de la jeunesse. J’y ai passé presque 35 ans de ma vie, j’en ai des choses à raconter. Des trucs qui vous feraient friser les oreilles. Pas juste des affaires de dossiers, non non, des affaires entre les avocats et avocates. Mais attendez, j’en ai une bonne pour vous. Avant, je dois vous mettre un peu en contexte, l’un des plus gros dossiers que j’ai eu, est un dossier d’abus sexuel, 4 enfants impliqués dans un réseau de pédophilie international, il s’agit du dossier de Luc X.
À l’époque, j’ai assumé ce dossier devant un juge qui était un féru d’ordinateur et d’internet, il était en avance sur son temps et nous avions besoin de quelqu’un qui allait comprendre toute la mécanique informatique. Une autre juge de la Chambre de la jeunesse avait demandé d’aller siéger en Chambre criminelle et c’est elle qui a entendu le procès de Luc X. Vous comprenez, deux chambres distinctes n’ayant pas les mêmes objectifs: Cour du Québec, chambre de la jeunesse = protection des enfants. Cour du Québec, chambre criminelle=protection de la société. Le fardeau de la preuve est différent. Ce fût un dossier excessivement difficile. J’ai travaillé en étroite collaboration avec les policiers de la SQ qui étaient venus m’expliquer comment ils avaient mis la main sur Luc X et le réseau de pédophilie international avec l’aide d’Interpol. Ces policiers étaient tout simplement extraordinaires, il y en avait deux, l’un des deux avait suivi plusieurs formations avec la CIA, deux top guns. C’était un dossier palpitant malgré la nature des allégations. Évidemment, les 4 enfants ont tous été placés en famille d’accueil et adoptés par la suite. Dommage, je ne me rappelle plus qui était le procureur des enfants, il devait y en avoir plus d’un.
En décembre 2005 ou peut-être 2006, arrive le party de la Cour du Québec, chambre de la jeunesse. La juge transférée aux adultes sera là. Je n’ai jamais fait de « small talk ni de talk » avec les juges sauf quand j’étais devant eux pour un dossier. JAMAIS. Le dossier en protection était terminé et je voulais savoir comment se déroulait le procès au criminel. Luc X faisait face à des accusations graves et j’espérais qu’il se retrouve à l’ombre pour très longtemps. Alors, je m’approche d’elle, elle était assise avec une autre avocate de mon bureau qui faisait du lèche-botte de juge. Je ne fais jamais de lèche-botte de personne, juge ou pas. Je m’assois et j’attends ma fenêtre d’opportunité lorsque je pense que le timing est bon, je lui demande comment se déroule le dossier de Luc X etc. Je ne me rappelle plus si le dossier au criminel était terminé. Sa réponse fût brève ce qui me laisse à penser que le procès n’était peut-être pas fini. De fil en aiguille, la conversation glisse sur d’autres sujets et je lui dis: « un jour je vais écrire un livre sur tout ce que j’ai vécu au 410, j’ai déjà le titre ce sera, Le 410. Elle m’écoute d’une oreille distraite, de toute évidence comme je ne parle pas d’elle, mon propos ne l’intéresse absolument pas. Le narcissisme au féminin existe. Vous vous demandez où je m’en vais avec mes skis…lisez bien.
L’année dernière, je discutais avec une collègue. Il venait de se passer quelque chose au bureau. Je dis à cette avocate, un jour je vais finir par l’écrire mon livre, y’a vraiment trop de choses intéressantes qui se passent dans ce bureau et dans ce tribunal. J’ai déjà le titre. Je lui donne mon titre, l’avocate me regarde avec les yeux écarquillés et me dit : « Hein, y’a une juge aussi qui m’a déjà dit qu’elle allait écrire un livre et que le titre serait: Le 410 ». Arrrke. Aarrrke. Aarrrke. Je me demande si je ne pourrais pas protéger mon idée de livre et le titre, un peu comme un brevet ! C’est de l’appropriation de quelque chose, c’est clair. Scandale.
Revenons au Maroc et à nos moutons. Nous nous sommes levés à 5h45, avons pris un taxi vers la gare d’autobus. Nous sommes arrivés à Chefchaouen vers 12h15. Chefchaouen, c’est la ville bleue. Vous êtes déjà allés en Grèce? Vous savez les coupoles bleus à Santorin, vous pensez que vous en verrez des dizaines voir des centaines. Na na na. Trois tout au plus. Chefchaouen, c’est un peu la même affaire, il n’y a que 30% de la ville qui est bleue…
C’est une ville construite à flan de montagne sur le Rif du Maroc, belle place pour faire de la randonnée. J’aimerais bien y revenir un jour pour grimper. Beaucoup de touristes. Une échoppe de babouches, une échoppe de tapis, une échoppe de djellabas et on recommence. Je ne suis pas une de fille de boutiques et faire les magasins m’ennuie au plus haut point. Pour vous donnez une idée, en début d’année j’achète 5 t-shirts noirs, 5 blancs et si je trouve un jeans ou un pantalon que j’aime, j’en achète deux. Je m’égare.
La grande place Plaza Uta el Hamman est très belle, nous avons mangé à une terrasse au soleil, il fait chaud mais pas trop, juste assez. Oups pas de photos de la grande place. Demain peut-être.
Nous sommes repartis vers 17h30 pour voir la cascade Ras El Ma qui provient d’une source naturelle et dans laquelle les Chaounis lavent leur linge. Une grimpette de 20 minutes qui fait pomper le coeur pour aller observer le coucher du soleil et nous sommes redescendus. Il y a du monde. J’ai l’impression que ce soir le village sera vide, il y a plein de tour organisé d’une journée. Demain nous passerons la journée à nous promener et re-bus demain en fin de journée pour Tanger, trois jours où nous ne ferons pas grand chose. Nous sommes dans les montagnes, une fois le soleil couché, il ne fait pas très chaud.
*** j’essaie d’écrire le texte en moins d’une heure. Si vous voyez des coquilles, des fautes soyez indulgents à mon égard. *** Le réviseur de texte en échappe, il est sur le point de se faire congédier. 😉
Hier soir, dans un petit restaurant près de notre Riad nous avons demandé au propriétaire où se trouvait la porte bleue de la Médina, hier nous l’avions cherchée un peu mais nous ne l’avions pas trouvée. Les Marocains sont vraiment gentils, aimables et serviables. Nous cherchions une boutique de babouches un peu « fashion ». Il nous a indiqué le chemin et en moins de deux, nous y étions ce matin. Nous sommes sortis, par la grande porte bleue qui est dans les faits verte de l’intérieur. Le vert est la couleur de l’Islam, le saviez-vous? moi non.
La porte bleue | verte ou comment confondre un touriste.
On se baladait sans trop savoir où nous allions, notre objectif était de trouver le Palais Royal, mais pas à tout prix, si on le trouvait tant mieux, si on ne le trouvait pas, pas grave. C’est ce que j’aime le plus lorsque je vais dans un nouveau pays, faire comme si j’y vivais. Faire les courses, me promener avec les gens qui y vivent, pas avec les touristes dans la Médina. On arrive sur la rue Derb Jdid.
Des échoppes partout, plein de monde. On s’y promène sans trop se faire solliciter. Les Fassis, nous lâchent les baskets. Le pied. La sainte paix. On se promène, on regarde, sans plus. Le soleil nous réchauffe ça fait du bien.
Tout à coup, un Marocain nous interpelle, vous cherchez quelque chose? le Palais Royal? C’est par là madame. Celui qui est devenu le sceptique du couple, ne veut pas suivre le chemin que nous indique le jeune homme. Ok, on marche, tout à coup je vois des bancs, c’est le temps de la pause syndicale. Je regarde en face, je vois des barrières. Hum, me semble que c’est un bon set up pour un Palais Royal c’t’affaire là. Le cellulaire de JF est presqu’à plat, il sort la batterie de recharge, il a oublié le fil. On retourne sur la rue commerçante, première échoppe, c’en est un de gadgets électroniques. Chaque fois que vous demandez quelque chose, ce n’est jamais disponible sur-le-champ. Les commerçants ont tous des « entrepôts », mais je les soupçonne de tous s’entraider et de partir en courant par le couloir d’en arrière (comme ceux qui existent derrière les salles d’audiences des Palais de justice| je ne sais pas pourquoi en écrivant je me rappelle de la juge Demers qui disait, je veux voir les avocats dans le couloir, et là on sortait derrière et on discutait) voir la 15ième échoppe, celle-là qui vend aussi des trucs d’électroniques. On attend. Le monsieur revient avec trois paniers remplis de bidules. Il trouve ce dont nous avions besoin. La négociation commence. 25 dirhams. JF offre 15. Transaction bouclée en 45 secondes pour 20 dirhams, tout le monde est content. Nous sortons de la rue et retournons près des bancs où nous étions assis quelques minutes plus tôt. J’insiste pour que nous allions voir, moi je suis déjà prête à sauter la clôture pour voir ce qui se trouve de l’autre côté. Nous traversons la rue, on marche 20 mètres, des gardes, les gardes de qui? Les gardes du Palais Royal. Dommage que nous ne puissions y pénétrer. Devant le Palais une immense place. Le palais s’étend sur 80 hectares.
Je suis à écrire cet article du haut de la terrasse de l’hôtel Blue Sky. L’appel à la prière du soir vient de commencer et moi je bois du vin. Je me sens comme une hors-la-loi. La carte de vin n’apparaît pas dans le menu bien évidemment, 2 choix un rouge ou un blanc. 25 euros la bouteille, JF est parti à rire. Quelquefois c’est du grand n’importe quoi. Là aussi, le prix a été revu à la baisse.
Avant d’arriver à la terrasse, il a fallu monter 4 étages à pied. Nous marchons beaucoup et Fès est tout en pente, ce matin j’avais mal aux mollets et JF mal partout. 😉
En fin de journée, il fallait récupérer nos vêtements au pressing. Oulala, le défi. Encore une fois quelqu’un se mêle de ce que l’on cherche et nous amène là où il ne faut pas. On fini par trouver notre nettoyeur. Nos vêtements sont propres et tout bien pliés. On bêche un peu à retrouver notre chemin vers notre Riad. Ce n’est pas toujours évident, je vous assure et ajouter à cela l’interpellation incessante pour acheter des babouches, un tapis, de la vaisselle, un bijoux, un sac, ça ne lâche jamais. Ils disent toujours: « tu achètes on est des amis, tu achètes pas, on reste des amis », mais je dois vous dire qu’on sent que ça ne fait pas trop leur affaire de se faire dire non. Pendant que nous attendons les vêtements, je vois un groupe de touristes gérer par un guide avec son petit drapeau. Je ne pourrais pas. Je suis trop délinquante pour ce genre de truc. Tout le monde doit aller à droite c’est certain que je voudrais aller à gauche. Trouble de l’opposition. Ah oui, à côté du nettoyeur il y avait une couturière, on en a profité pour faire réparer un pantalon de JF. À Fès, ce sont les hommes qui cousent de façon générale.
Demain nous partons en bus pour Chefchaouen, la ville bleue. J’ai l’impression que ce sera un autre « beat » et ce sera parfait pour nous. Par la suite Tanger (cela rappellera des souvenirs à JF qui y est allé lorsqu’il avait douze ans….et avec ce que j’ai entendu de sa mère et de lui, le jeu de la négoce est là depuis sa tendre enfance). Par la suite nous prendrons le ferry pour Malaga en Espagne et retour à Montréal le 20 janvier. Lorsqu’arrive la fin d’un voyage, je suis toujours un peu nostalgique. L’envie de rester, l’envie de voir mon enfant et ma famille. L’envie de profiter de chaque instant. Il y a longtemps que je voulais voir le Maroc. Je suis contente d’avoir pu en très peu de temps organiser ce périple. Merci à Agnès pour les infos qui m’ont été très utiles.
J’ai pris en photo des Marocaines qui allaient à une soirée ou à un mariage, elles étaient vêtues de leurs plus beaux habits.
Des photos en rafale de Fès
L’entrée de notre RiadNotre RiadCongrès de chatsDessert MarocainLa Médina vendredi, beaucoup d’échoppes fermés, c’est la grande prière
Nous avons traversé un très beau parc en nous rendant au Palais Royal
J’ai eu une bonne nuit de sommeil. Je me réveille en forme et prête à affronter Fès. Nous prenons le petit déjeuner et en même temps nous élaborons le plan de la journée. Nous voulons voir les incontournables de cette ville millénaire qui a la plus grande Médina de tout le Maghreb. Elle contient 9000 ruelles et 200 000 habitants. J’avais déjà une bonne idée de ce que je voulais voir, mais on double vérifie juste au cas, voici nos objectifs de la journée: Fondouk Nejjarine, Mosquée Karaouiyne, Médersa Attarine, les tanneries Chouara, ensuite promenade dans la Médina sans but fixe et pour finir la journée, grimpette aux tombeaux des Mérinides pour profiter du coucher du soleil sur la Médina.
Nous partons, il est tôt et notre premier vrai objectif est de trouver un pressing pour laver nos vêtements. Que pensez-vous qu’il est arrivé? Un des employés de la Riad nous voient avec nos deux sacs: « Monsieur laver les vêtements?, nous faisons ». JF: « Combien? ». « Pas cher monsieur, 100 dirhams. » JF offre 70 dirhams, le gars nous envoie balader. Nous partons avec nos sacs dans le dédale de ruelles de la Médina millénaire. Un défi quand vous avez un endroit précis à trouver. Finalement on trouve un pressing, le gars commence à sortir chaque morceaux de vêtement pour les compter. Je regarde JF et lui dit, pas certaine que ça me tente que mes bobettes soient exposées aux quatre vents. Peux-tu régler ça rapido stp, y veut combien? Vous avez une chance, allez-y…pensez-y bien, combien vous pensez?……100 dirhams!!! Ali baba a essayé de négocier, le nettoyeur remettait les vêtements dans les sacs, le message était assez clair, il n’avait absolument pas besoin de nous pour continuer à faire rouler son business. Morale de l’histoire, y’a une limite à vouloir négocier.
Cet événement allait colorer notre journée et encore plus lorsque les rabatteurs se sont mis de la partie. Savez-vous ce qu’est un rabatteur? Le rabatteur c’est celui qui ramène le gibier au chasseur, appliquer cela à la Médina et le rabatteur devient celui qui fournit les clients aux commerçants et il y en a à la pelle. JF est devenu un peu tranchant, mettons. Vous savez ce que je veux dire, le genre de réaction qui ne laisse place à aucune interprétation, en bon québécois, ça veut dire décâlisse. Il a fallu faire une petite mise au point. Je dois reconnaître qu’à un moment donné, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup de sollicitation. Mon truc, je répète la même phrase. Merci, je reviens demain pour acheter tes babouches.
Notre premier objectif, la Fondouk (caravansérail) Nejjarine, bâtiment construit au XVIII siècle pour l’hébergement de marchands. Le bâtiment est magnifique et plus particulièrement les boiseries, dans les faits, c’est un musée sur le bois et l’artisanat.
Mosquée Karaouiyne, c’est là que JF s’est fait virer de bord, il avait déjà les souliers enlevés et là on entend, non, non monsieur ici c’est la Mosquée, toi pas entrer. On l’a vu à travers l’embrasure de la porte. Autre ville, autres moeurs (rappelez-vous mon Martin Matte, à la Mosquée Hassan II de Casablanca).
La Médersa Attarine, est une ancienne école coranique construite entre 1323 et 1325. Des chambres miniatures.
Par la suite, direction les tanneries de Chaoura, qui est la plus importante des trois tanneries de Fès. Les peaux sont initialement trempés dans une série de produit plus toxiques les uns que les autres afin de les nettoyer et de les adoucir, par la suite elles sont teintées dans d’autres bacs. Si la CNESST passe là, y mettent la clef dans porte sur-le-champ.
La journée tire à sa fin et nous montons aux tombeaux des Mérinides, empire musulman berbère du XIII siècle qui a contrôlé le Maroc et d’autres parties de l’Afrique du nord. On attend que le soleil baisse et on se repose les jambes un peu. Il y a beaucoup de couples, des enfants, des familles, pas énormément de touristes. Je vois une petite fille d’une douzaine d’année en train de vendre des olives à des garçons, elle traîne sa chaudière d’olive et fait ses ventes, elle prend l’olive avec ses doigts, la passe au garçon et hop, transaction terminée. Ces enfants là, doivent être pas mal moins allergènes que les petits nord-américains. Un jeune garçon vend des gâteaux. Je remarque aussi que les jeunes adolescents garçons, se touchent beaucoup, ils se promènent bras dessus bras dessous, où se tiennent par le cou. Ils sont beaux, souriants. J’assiste à une discussion houleuse entre un jeune couple, j’aimerais bien comprendre l’arabe pour savoir de quoi il en retourne, je pourrais ainsi tout vous raconter.
Je viens de me rendre compte que nous n’avons pas pris de photos des tombeaux sauf une mais j’y suis au premier plan, c’est ce qui est derrière moi qui doit être regardé 🙂
J’ai oublié, la Médina de Fès est beaucoup plus propre que celle de Marrakech, il y a un véritable effort de fait afin de garder l’endroit propre. Je vous montre dans la photo qui suit, leur camion à vidange.
Je suis tombée endormie vers trois heures du matin, cela m’arrive de temps à autre, d’avoir de la difficulté à trouver le sommeil. Je ne sais pas si c’est le vin, la fatigue, ma fête, mon cadeau, le livre que je suis à lire ou l’ensemble de ces éléments qui m’ont fait rater quelques heures de sommeil. Manque de sommeil veut dire, zéro patience.
Hier soir, nous avons pris notre souper au camp (de toute façon y’a aucune autre place où aller). La bouffe est excellente et abondante. C’est même trop. Ce n’est pas ici qu’on va mourir de faim. C’est un souper 5 services. Je ne commencerai pas à vous décrire ce que nous avons mangé et il n’y aura pas de photos de bouffe non plus. Ce que l’équipe d’Hassan arrive à faire en plein désert relève de l’exploit. Un p’tit 30 secondes de chialage. En plus de ne pas trouver le sommeil j’ai eu froid. Mais attendez, vous n’avez rien lu encore sur ma capacité à chialer. Ça s’en vient.
Dans la vie, il y a des rencontres qui marquent plus que d’autres et certaines de celles-ci se révèlent exceptionnelles. C’est ce qui nous est arrivés avec Hassan.
Hassan est le businessman du désert mais dans sa plus pure définition. La satisfaction de sa clientèle est son “leitmotiv”. Lors de notre sortie de la Riad Ali, Hassan a pris les choses en main en nous envoyant un chauffeur illico. Il est là au petit déjeuner, il est là le soir à l’heure du repas, il fait le tour des tables, s’informent sur la satisfaction de ses clients, mais dans les faits c’est plus que cela, il s’intéresse vraiment aux gens qui sont dans son camp et entre les deux il semble gérer un million de trucs. Dans les faits, il semble avoir un réseau de contacts exceptionnel. Son personnel est gentil, avenant et dévoué. C’est lui qui nous a proposé notre circuit dans le désert et nous a présenté Ali. Aucun regret, il a bien vu que nous n’étions plus des petites jeunesses et que le tour en QUAD ne nous disait rien
Lors de notre premier souper, nous avions un souci de transport, entre le camp et la ville de Fès la route est longue. Nous n’avions pas envie de nous taper le 9h de bus qui sépare Merzouga de Fès dans un autobus de nuit. Nous étions là-dessus depuis 24 heures, Hassan nous avait dit: “ne vous inquiétez pas, je vais trouver quelque chose pour vous”. JF vérifiait des trucs de son côté et moi je cherchais le prix d’un taxi qui allait couvrir 462 km. Hier au souper, je trouvais que le lendemain arrivait vite et nous n’avions pas de plan bien défini. À un moment donné, Hassan s’approche de notre table et nous dit : “j’attends un appel, vous pourriez monter dans un taxi avec un ami à moi et sa femme, ils quittent pour Fès, eux aussi, demain”. Notre enjeu était principalement lié au coût. Le bus 400 dirhams. Départ à 19h00 et arrivée à 4h15 du matin. Pfff ça ne me tentait pas, mais pas pantoute. Alors on se met à spéculer sur le combien on est prêt à mettre sur un taxi. Tout à coup, Hassan revient et nous dit : “J’ai des bonnes nouvelles”. Coût du taxi 92$ pour nous deux. Un deal. J’écris et nous sommes dans le taxi en question. La note finale du taxi n’est pas encore sortie mais Hassan donne toujours l’heure juste. JF a réglé la note avant de partir. Aucune surprise. Hassan fait ce qu’il dit, si le coût est d’un montant X. Vous n’aurez aucune surprise, le montant sera de X. Ce matin, après le déjeuner, Hassan est venu nous conduire à notre point de rencontre avec le taxi. Il offre le café, nous parle du youtubeur qui a dénoncé une course en taxi exorbitante. Il a des idées bien arrêtées sur Marrakech.
On a parlé de tout et de rien jusqu’au point de rencontre. Il a 37 ans, a un petit garçon habite pas très loin du camp avec sa femme. Il a un look très européen, mais sa vie c’est le désert. Sa tribu, comme il le dit. JF et moi nous nous demandions comment fonctionnait l’achat d’un terrain dans le désert. C’est pas trop compliqué. Chaque membre de la tribu a droit à un terrain de 20m par 20m et il peut joindre à ce 20m, celui de son père et/ou de son frère. Les gens posent des pierres pour délimiter les terrains, that’s it. On a quitté Hassan, il nous a chaleureusement serré la main. On reviendra le voir, lorsqu’on fera notre projet de camping-car européen, j’en suis certaine. Le numéro d’Hassan dans son cellulaire est un MUST.
Si vous voulez plus d’info allez voir son site: saharastarscamp.com
En sortant du camp, nous avions oublié un chargeur, un employé a appelé Hassan qui a tourné de bord sur le champ on a roulé un peu et que voit-on un gars courir vers nous (la voiture) avec le chargeur dans les mains. On prend le chargeur, on s’excuse (avant le chargeur il y avait eu aussi l’oubli d’un fil de chargeur). Hassan refait un 180 degré pour nous déposer à notre point de rencontre, en roulant, on aperçoit un autre gars qui marche dans le désert, nowhere. Hassan s’arrête, échange avec le gars. Croyez-le ou non, il a embarqué dans l’auto, mais pas tout à fait. Un bras sur le porte bagage du toit et un autre sur la “chicken bar” intérieure du 4×4 de Hassan, je ne sais pas combien de temps il est resté accroché de cette façon, mais il me semble qu’il a fait un bon bout. Tout à coup, il débarque. Merci pour le lift.
Maintenant le taxi et la Riad Iline. Le taxi, ok nous étions 5 avec les bagages, c’était tassé mais pas si mal tout de même. Le chauffeur de taxi. On comprend rapidement que c’est son métier, ça se voit et ça se sent. La conduite sportive à la limite un peu dangereuse. Mais, mais, mais, le pire c’était sa foutu radio qui nous a pété les oreilles pendant 462 km. Je suis sensible au bruit. Je n’en pouvais plus et ajouter à cela, la réponse à ses appels, fait la jasi-jasette avec je ne sais trop qui sans main libre évidemment, se pèle une tangerine tout en conduisant, pas reposant, disons, mettons que j’avais hâte que nous arrivions. Il nous dépose à côté de la porte de la Médina de Fès, mais juste avant d’arriver à notre point de chute, je lance volontairement: “Monsieur vous avez entendu parler du youtubeur qui a mis une vidéo sur les prix des taxis exorbitants à Marrakech » silence radio, comme s’il ne savait plus parler ni arabe, ni français. Honnêtement, il m’est tombé sur le trognon avec sa foutu radio, alors j’allais me gêner encore. Je vous rappelle 462 km. On arrive. 700 dirhams. Le compte y est. Au revoir au taximan. JF me dit: » tu y es allé fort avec youtubeur », euh non pas du tout. Je vous rappelle qu’aujourd’hui c’était une journée…sans patience.
Un garçon de la riad nous attend, on le suit, l’entrée est fabuleuse. On nous offre le thé (je commence à avoir mon voyage du thé). On remplit la fiche de touriste. On nous montre le menu et là on commence à nous GOSSER avec le besoin d’avoir un guide dans la Médina et aussi nous offrir d’autres tours. 10 euros pour un guide pour l’avant-midi. Je ne veux pas de guide, je veux juste avoir ma chambre, prendre une douche et être dans le silence. Après 7 heures de route, j’ai atteint ma limite. On nous offre finalement de monter nos bagages. No matter what. On est dans les combles. Et là, je deviens la Michèle Durocher des pas bons jours. Il y a pas de crochets pour accrocher les manteaux, y’a pas de place pour ouvrir les valises, y’a pas de tapis de bain, y’a pas de verre pour se rincer la bouche après le brossage de dent, y’a pas de place pour accrocher mon sac de voyage. Je suis un brin à boutte. J’ai juste envie de plier mes bagages et de trouver un 22 étoiles tout compris. Ma limite est atteinte. Ce soir mon lit me manque, mon lave-linge aussi. J’ai juste envie d’aller faire mon épicerie au IGA puis manger quelque chose que je cuisinerais. J’ai ma claque des tajines de poulet au citron. Je suis fatiguée. Voilà, c’est dit.
JF est silencieux et ne dit rien, il sait qu’il doit laisser passer l’ouragan. Le Maroc, sans organisation de prise en charge peut être épuisant. Je comprends les gens qui décident de partir en tour organisé. Tout est réglé, tu ne gères pas tes valises, ni les restaurants, ni les visites etc. La prise en charge totale.
Quelquefois mes attentes sont trop élevées. Si tu décides d’être hôtelier de Riad, fais le bien ou bien fais le pas. Comme dirait une amie, calvaire. C’est vrai qu’on fait tout au fur et à la mesure, alors des fois, on se trompe !!
Il est 20h30 on a pas soupé et on n’a pas envie de manger ici. On va sûrement se perdre dans la Médina et on devra appeler la garde nationale pour nous ramener.
Je ne veux pas vous casser les oreilles, mais j’ai couché avec ma tuque et mon habit de ski-doo. Il fait froid dans le désert, la nuit. J’ai l’impression que j’ai froid depuis le 16 décembre. Mon thermomètre interne doit être déreglé.
Hassan nous avait proposé une excursion avec un chauffeur qui nous ferait voir le désert autrement. On a dit oui. Notre guide était là ce matin à 11h tapant. Les Marocains sont ponctuels et fiables.
Mais avant, le coucher du soleil sur les dunes de sables. Il y a quelque chose d’irréel dans ce spectacle, le sable à perte de vue et des gens qui y vivent. Mon expérience de dromadaire marocaine s’est beaucoup mieux passée que celle en Jordanie. Notre chamelier était sympathique, nous posait des questions, on a passé un moment assis sur un tapis en haut d’une dune à attendre que le soleil se couche. Irréel. Je ne trouve pas bien les mots pour exprimer ce que je ressens envers cette immensité. J’ai vécu la même chose lorsque j’ai vu le Grand Canyon, même chose à Bryce Canyon, même chose à Zion Park. Je pense que je suis sensible aux grands espaces. Je pense souvent aux premiers explorateurs, ceux qui découvrent ces endroits et y vivent. J’ai vraiment raté ma carrière, j’aurais voulu être reporter pour le National Geographic. Voyager partout. Écrire, sur ce que je vois et ressens. Un beau moment.
Donc nous sommes partis avec Ali vers le village de Mesfils, des nomades devenus sédentaires. Est-ce une « trappe » à touristes, difficile à dire. On reçoit le thé de bienvenue et le couscous. Il est à peine 11h30 le matin, j’ai pas faim mais je me force pour goûter. Mon impression, cela me fait penser à nos villages Inuits. Désolation. Je me sens toujours un peu mal dans ces situations. Un voyeurisme négatif. Mal de jeter mes yeux sur leurs conditions de vie, car appelons un chat un chat selon mes valeurs ils ne possèdent pas les biens de base à leur survie. Ça c’est moi, la nord américaine, blanche, éduquée avec des moyens. Je me rappelais ma nuit sous douze couvertures ma tuque et mon habit de ski-doo et j’ai pensé à leur nuit dans leur abris de fortune, aucune sens. Mais peut-être ne voient-ils pas leur situation comme moi je la vois. J’ai pas osé poser trop de questions à Ali. J’avais une « p’tite gêne » ( 😉 Agnès) comme dirait certains et pourtant j’ai pris quelques photos de la femme en train de préparer le couscous. Mais par pudeur, vous ne les verrez pas.
Nous remontons dans l’auto direction, ancien village minier français abandonné. Si le sujet vous intéresse je vous invite à aller lire l’article sur les z’internets : Le sud est du Maroc, terre d’aventure pour les explorateurs miniers. À côté du village minier, il y a un cimetière berbère.
Par la suite, village Khamlia. Village où les Gnawa habitent, ils sont des descendants d’anciens esclaves originaires de l’Afrique noire. Dans les faits, nous étions sur l’ancienne route des caravanes.
Nous avons également visité un système d’alimentation en eau. Voici le constat d’Ali Baba, l’ingénieur.
Nous avons visité un système d’alimentation en eau potable desservant le village de Hassilabied. Penser qu’il n’y a pas d’eau dans le désert, c’est qu’on n’y est pas allés. L’aménagement qui date des années 1970 comprend deux lignes de puits de surface qui sont joints entre eux par une canalisation souterraine en béton coulé en place qui mesure 450 mm X 300 mm. Le nombre de ces puits doit avoisiner la cinquantaine et ils ont une profondeur de 2 à 4 mètres. Les deux lignes de puits sont raccordées à un regard principal (manhole) sur lequel y est aussi raccordée une canalisation à ciel ouvert d’une longueur de 8 km qui comporte des branches alimentant des jardins appartenant aux familles du village. La canalisation se rend jusqu’au village et l’eau y parvient par gravité et alimente les résidences du village. Lorsqu’un jardin ou une résidence ne requiert pas d’eau, du sable est mis pour bloquer l’eau sur son branchement, j’appellerais ça la version berbère de l’arrêt principal de l’entrée de service. Ainsi, l’eau continue son chemin permettant aux familles situées en aval de bénéficier de la précieuse ressource.
Puisque la canalisation et les puits finissent par s’ensabler, une corvée pour y faire l’entretien est organisée annuellement. Chaque famille doit y investir un certain nombre d’heures et ceux qui ne le font pas doivent payer une somme pour que d’autres le fassent à leur place. Ça me semble un beau système coopératif tout ça mais je pose la question à Ali notre guide: Qui fait appliquer les règles? Eh bien, les familles désignent un directeur des eaux dont le nom arabe m’a échappé. Chose certaine, ça semble fonctionner et c’est impressionnant à voir.
Je vous avais parlé de l’heure mauve. Voici la photo
Et la toute première photo dans le désert avec toujours le même linge sur le dos. 😉
Un mot pour dire merci à ceux qui me disent qu’ils aiment ce qu’ils voient et ce qu’ils lisent. Demain direction Fès. Un long trajet à parcourir et vous savez quoi, c’est ma fête et JF a trouvé du vin. Gros party !!!
Hier soir, nous sommes arrivés à Merzouga, il était tard, autour de 21h, plantés là, à la station de bus comme les Charlots font du tourisme. Un Marocain offre le transport. Il demande un prix exorbitant pour son lift et ce n’est pas un vrai taxi. On décline.
JF appelle la Riad, Ali envoie quelqu’un nous chercher. Il sera là dans 10 minutes. On attend au milieu de nulle part, il fait nuit noire. Un américain (je crois) décide d’embarquer dans le faux taxi et tout au bout de l’entrée du parking d’autobus il y a une jeune fille avec une grosse valise rose. Elle attend plusieurs minutes et tout à coup décide de partir à pied avec sa valise dans la rue noire. De deux choses l’un, où elle connaît la place où elle est vraiment plus intrépide que moi.
Vous remarquerez la photo de nos valises, sur l’une d’elles, il y a une boîte de pizza. C’est ce que nous avons mangé à Tinghir dans l’après-midi, juste avant de prendre le bus, mais il y en avait beaucoup trop. J’ai décidé de traîner la pizza dans une boîte en nous disant que de la pizza froide ce serait mieux que rien, comme nous ne savions pas à quelle heure nous allions arriver à Merzouga . La pizza froide allait faire la job. On arrive à la Riad Ali. Le site est très beau. Il y a des lanternes partout à l’entrée et près de la piscine.
Je n’ose imaginer la chaleur en plein été. Il n’y a presque personne, quelques touristes italiens et d’autres dont je ne reconnais pas l’accent. Ali nous fait son pitch de vente sur les services qu’il offre et que Booking ce n’est pas bon: “ Madame, tu ne dois pas faire affaire avec eux. Moi j’offre tout, j’aurais pu te prendre à Tinghir et t’amener directement à la Riad. Moi, je t’offre, bivouac de luxe dans le désert”. On l’écoute. Nos affaires sont réglées. On sera dans le désert demain. En pitonnant, on se rend compte au final, que notre point de chute est à 22 kilomètres de notre pick up. JF appelle Hassan le gars avec qui nous avons fait affaire pour notre séjour dans le désert. JF encore une fois, use de ses tactiques de négociations incisives. Lorsque nous avons réservé, il n’a jamais été mentionné que la prise en charge se faisait à 22 km de Merzouga. Nous sommes chez Ali et ils offrent les mêmes services que toi, il va falloir que tu nous trouves une solution. Hassan: “je te rappelle bientôt” ce qui sonne à mes oreilles comme jamais. On est dans le lobby de la Riad et Ali est là. Il m’amène dans son bureau et recommence son baratin sur les services qu’il offre. Le téléphone de JF sonne, c’est Hassan, quelqu’un sera là dans 30 minutes pour vous conduire au bivouac. Hassan rappelle 15 minutes plus tard. Ça y est, je sens qu’on va se faire larguer. Mais non, pas du tout, c’’est un pick up gris qui va venir vous chercher. Le gars arrive, il prend nos valises, passe par l’agence et nous rencontrons Hassan. Il s’informe de nous, nous demande si nous avons des demandes particulières, des allergies, et nous informe que la “ride” en dromadaire se fera au coucher du soleil. Yahou. Pour ceux qui me connaissent, je ne suis pas l’amie des animaux. Dans les faits, cela ne suscite aucun sentiment chez moi. Un animal reste un animal et moi, je ne sais pas comment réfléchit un dromadaire, d’autant plus qu’en Jordanie, mon expérience avait été un brin traumatisante.
Je vous raconte. J’ai le vertige. Un dromadaire c’est haut, ajouter à cela, que je ne sais pas parler aux animaux et voilà la parfaite recette pour que mon dromadaire parte en emballement. Lors de cette expédition (peut-être était-ce un chameau, je ne me rappelle plus, mais les deux pour moi font partie du règne animal). Nous étions jumelés avec des Belges qui avaient trois jeunes enfants. Tout à coup, le dromadaire sur lequel était monté le plus jeune enfant s’est mis à ruer à point tel que l’enfant. avait l’air d’une balle de ping-pong qui rebondissait sur une table. Je me suis mise à crier. Ma crainte était que l’enfant tombe du dromadaire et qu’il se fasse piétiner. Un p’tit clin d’oeil ici à Mieke. Le mien ne cessait de pencher la tête ce qui me faisait pencher inévitablement par en avant. Je n’arrêtais pas de dire, faites de quoi, faites de quoi. Que voulez-vous faire avec un dromadaire têtu comme une mule. RIEN. Ma solution. Je débarque. Merci et bonsoir. Je dois marcher, pas de problème, je vais marcher. Imaginez la scène. 10 dromadaires à la queu-leu-leu et une fille qui marche derrière. La fille, c’était moi.
Nous prenons notre transport ce matin vers le camp dans le désert. On doit passer à la banque pour retirer de l’argent car au Maroc les cartes de crédit ne sont pas le moyen privilégié pour payer.
On embarque dans le pick-up, JF en avant, moi en arrière. La route est sinueuse et très bossée. Comme mentionné précédemment, on est passé par l’agence voir Hassan et après, à nous le désert. Notre périple commence, le village où nous sommes n’est pas tout à fait Merzouga. Ça part. Je ne sais pas combien de kilomètres on a fait avant de véritablement entrer dans le désert mais nous avons longé pendant quelques kilomètres la ligne du désert. JF n’en revenait pas, il n’y aucune transition entre la terre aride et le désert. Ça passe du gris à l’orange sur une ligne. Après consultation de l’encyclopédie qui n’est jamais remise en question, c’est l’oxyde ferreux qui donne au sable ses différentes teintes. Je regarde et je suis époustouflée. Je n’arrive pas à croire ce que je vois, je suis submergée par un moment de gratitude.
Aparté, hier chez Ali, il nous a fait visiter son palace et tout à coup il nous emmène près de la porte bleue, l’ouvre et nous dit: “Voici la porte du désert”. On ne voit pas grand chose si ce n’est le ciel étoilé. Encore une petite émotion. Ce ciel étoilé est le même qu’à Montréal. Nous sommes si petits dans cet univers. Je sais cela fait un peu cul-cul, mais c’est de même que je le sens. Ce matin au levée, je dis à Jean-François, viens on va aller voir le désert avant de déjeuner. À l’endroit indiqué par Ali, j’ouvre la porte, je vois des dunes de sable à l’infini. Je dis à JF : “regarde ça”, après un bref regard à l’horizon, il se penche, touche au sable, son cerveau est déjà en marche. Il me dit: “c’est un sable avec un peu de silt, on l’appelle sable silteux. Pas parfait pour la construction de route puisqu’il retient l’eau un peu mais pour le désert, ça aide” Voilà l’émotion que suscite le désert chez mon chum.
Donc notre chauffeur, nous amène au camp. Nous avons roulé dans le désert pendant un bon moment, il nous dit: “on fait les dunes?”. Il part, fait un virage à 45 degrés et c’est parti. Le ciel, le sable, le ciel, le sable, il roule sur le flanc de la dune, on va verser, mais non, notre chauffeur est un pro. Après un petit moment on s’arrête pour prendre des photos, nous sommes vraiment et complètement dans le désert. Nous sommes dans l’Erg Chebbi qui figure parmi les dunes les plus remarquables du Sahara. Certaines ont plus de 150 mètres de hauteur. C’est tout simplement É-POUS-TOU-FLANT. J’ai encore une fois ce sentiment de petitesse devant l’immensité. On roule encore un moment et on arrive au campement, le site est tout simplement magnifique. On est dans le campement qui est directement face aux dunes. C’est magique.
Entrecoupé de tout ça, on gère mille trucs (mon impressario gère mille trucs, moi je suis la créatrice de contenu 😉 ok on rigole on se prend pas au sérieux, tout ça nous amuse l’un et l’autre) le forfait de wordpress qui nous fait des misères et dont les Happiness Engineer ne comprennent rien. Ce matin, courriel tranchant. 1 heure plus tard c’était réglé.
Ensuite un appel à l’assurance. L’estimateur est passé chez MB. On s’en sort pas trop mal. Gérard aura peut-être une deuxième chance.
Moulay, Auberge camping Atlas et les gorges du Toudra
Nous sommes arrivés hier en fin de journée à l’auberge de l’Atlas. Nous avons été reçus par Moulay qui nous a conduit à notre chambre et où il y avait du chauffage. Le bonheur. Le contact avec Moulay se fait facilement, il parle un très bon français, il fait des blagues tout ça dans le seul but de rendre notre séjour agréable. Après 7h30 de bus, se faire prendre en charge nous a fait du bien. On a mangé sur place, une tajine de poulet au citron pour moi et une tajine de poulet aux légumes pour Jean-François. Les plats étaient délicieux. Moulay vient nous voir à quelques reprises afin de s’assurer que tout est correct et pour savoir si nous désirons autre chose. Comme dessert, on a eu droit à une petite surprise avec un flan au caramel, un mini mille feuilles et bien entendu le thé. Nous sommes montés dans notre chambre et malgré la levée du corps qui s’était faite très tôt j’ai eu de la difficulté à m’endormir. Je me suis rendue compte que le compte rendu d’hier avait une répétition de paragraphes, comme j’étais éveillée aussi bien corriger.
Ce matin, debout à 7h30 pour prendre le déjeuner. Moulay est là, dans la salle à manger et nous attend. Café, lait, thé, le petit déjeuner est copieux et JF et moi adorons le amlou. (fait avec le fruit de l’arganier) On en met sur nos crêpes.
Notre objectif de l’avant-midi, se rendre en marchant jusqu’aux gorges du Toudra (Todgha, Todra) on a un contentieux sur le nom de ces gorges, en français, en anglais, personne ne l’écrit de la même manière. Je suis heureuse que nous ayons fait le choix de nous arrêter dans cette petite ville. Les gens sont gentils, les berbères aiment discuter avec les touristes, ils sont vraiment très sympathiques.
Je m’égare, je reviens à la marche. Moulay nous sort une carte, “home made” notre objectif est d’aller voir la source des poissons sacrés, de partir par la palmeraie pour se rendre aux gorges. Une dizaine de kilomètres tout au plus.
Vous vous rappelez, j’ai été congédiée de mon travail de chargée de projet d’itinéraire, le boss a fait une deuxième tentative sous probation qui n’a pas été un succès, mais m’accorde une ultime chance 😉 j’ouvre la marche. Pas toujours évident de se diriger. Je trouve un écriteau où il est indiqué que la source aux poissons sacrés est là. On regarde mais on ne trouve rien. On descend, cherche la source, à gauche à droite, remonte vers la route, il y a un ruisseau en bas, on redescend, il y a une palmeraie. Go, ça doit être par là. Qui ne risque rien n’a rien. La trail n’est pas bien indiquée, mais on continue. Ça doit bien faire une heure qu’on marche d’un assez bon pas. J’entends deux femmes parler. Il y a en a une perchée dans un olivier qui tape les branches avec un bâton et l’autre qui ramasse les olives par terre. On leur dit : “allô” elles répondent. Je demande les gorges par là ou par là. Elle répond en pointant la direction vers laquelle nous allons comme étant Tinghir. Je redemande les gorges, elle me pointe dans l’autre direction. J’ai envie de m’évanouir. Noooonnnnnnnnnnnnnn. On est dans la mauvaise direction. C’est pas vrai qu’on est venus à Tinghir et qu’on ne verra pas les gorges. Le temps commence à presser, on a un bus à prendre à 15h30. On lâche pas. On tourne de bord et on y va. Comme mentionné précédemment, la trail n’est pas bien indiqué, mais j’entends la route donc on ne s’éloigne pas. Je marche d’un bon pas et JF me suit, on se remplace en tête de file. Évidemment on arrive à la rivière et on ne retrouve plus l’endroit où nous l’avions traversée. Ok on va sauter pas le choix. Évidemment JF avec ses grandes jambes n’a aucune difficulté à passer la rivière. À mon tour, je m’y prends à deux fois. Je sens que je vais me ramasser le derrière dans la rivière. Je prends appui sur une partie de palmier qui est tombée dans la rivière. JF me tend la main: “ne tire pas, je compte et à trois là tu tires”. Ma dégaine sportive m’aide. Évidemment JF ne tire pas totalement au bon moment…et hop je saute. Triple axel réuuuuuuussssssssi. Comme disait le commentateur de patin artistique, Alain Goldberg. Par contre, on n’est toujours pas revenu à notre point de départ, mais la route n’est pas loin, on escalade un mur et nous y voilà. Quelle heure est-il? 12h20, ok on va le faire par la route, on en a pour 3.8 km. à un bon rythme ça veut dire au moins une heure de marche. La route monte, on ne marche pas aussi rapidement que prévu. Vingt minutes plus tard, on consulte: 2.8 km, ça ne va pas le faire, comme disent les Français. Il y a le bus à prendre à 15h30. Une chance que Moulay nous a laissé son numéro de téléphone. JF l’appelle. Il s’en vient et nous conduira jusqu’aux gorges. On lui explique mon erreur. Lorsque nous marchions sur la route, j’ai vu une autre palmeraie: c’était là qu’il fallait marcher. En auto, nous y sommes en moins de 10 min. C’est très impressionnant, on prend des photos et on ne veut pas trop le faire attendre. Nous le remercions en lui mentionnant comment nous apprécions ce qu’il a fait pour nous. On est de retour à l’auberge. On règle la note. On passe un peu de temps avec Moulay, il y a du personnel de l’auberge qui est là. Cette auberge est vraiment très bien. Il y a un camping adjacent et des Suisses sont là avec leur VR. Il y a des douches, un endroit pour faire le lavage. Tout est d’une propreté irréprochable. Je serais bien restée quelques jours à profiter de cet endroit. Le calme après Marrakech. Moulay nous ramène à la ville on s’arrête à un point de vue et il y a des vendeurs de foulards avec des signes Berbères, ils sont très beaux. Un des Berbères, appelle JF Ali baba, je lui dit, next step tu vas te retrouver avec un touareg. C’est exactement ce qui est arrivé.
On a rigolé un bon coup. Ils ont vraiment un bon sens de l’humour. JF a fait quoi vous pensez…il a négocié les foulards.
Moulay nous débarque à l’agence de bus. On traverse la rue et on va manger un p’tit morceau. On attend le bus, il a du retard. On embarque il est un peu passé 16h. Nous sommes en route vers Merzouga que je ne cesse de nommer Mergouza. Mergez…peut-être??
Il fait nuit, il y a déjà 3h que nous roulons. Je n’avais jamais entendu parler de l’heure mauve. Je connaissais l’heure bleue, la période entre le jour et la nuit où le ciel se remplit presque entièrement d’un bleu plus foncé que le bleu ciel du jour. Ici, c’est l’heure mauve.
J’écris dans le bus, JF a changé de place, il est assis de l’autre côté, une rangée de bancs en avant. Il est en train de télécharger les photos de la journée. Depuis tantôt que j’entends des ta*** de ca**, son affaire ne doit pas aller bien. Je lui demande, il ne me répond pas, le cerveau de Jean-François ne traite qu’une seule information à la fois. Ma question est donc restée sans réponse. Je suis étonnée de voir les petits villages entre Tinghir et Merzouga. Les gens vivent dans des milieux très arides, dans des conditions semi-désertiques. En 2014, je suis allée en Jordanie dans le désert du Wadi Rum. Ce sera donc mon deuxième désert, J’ai hâte et en plus j’y célébrerai mon anniversaire. Ce sera mémorable.
Sommes arrivés à la Riad. Demain transfert vers le camp dans le désert.
Voilà, je ne sais pas si nous aurons internet dans les 3 prochains jours. S’il n’y a pas d’article ne vous inquiétez pas..je serai de retour dès que je pourrai me connecter.
La troisième photo, évidemment que c’est Moulay, j’avais prise une photo de lui tout seul, mais elle est embrouillée.
Je commence à écrire cet article alors que nous sommes à la gare de Marrakech. Nous sommes levés depuis 5h30. Hier soir, avant de quitter pour le restaurant, nous avions demandé à notre hôte si nous pouvions avoir un taxi pour la gare d’autobus. Le gérant : » Mais non, madame, pas de taxi à 5h30 du matin, c’est trop tôt » Dans ma tête, je me dis, hein pas de taxi le matin, ok on va marcher. Je suis devenue la spécialiste du lâcher prise. Le responsable de la Riad est debout lorsque nous descendons pour quitter. Il a préparé du café, des jus et des petits gâteaux. Je ne vous raconterai pas notre histoire avec le paiement de cette riad, vous allez commencer à penser que c’est nous le problème.
Bref, Hamid a reçu un pourboire substantiel en raison de son amabilité, sa gentillesse et pour ses petites attentions. Je pense que pour sa patronne il en est tout autrement.
À ce stade-ci, je dois faire un aparté. Hier soir en arrivant au resto, JF était parti en orbite, il prend à partie le serveur et lui fait une longue tirade sur les aléas de la vie de touristes à Marrakech. À un moment donné je lui dit: « ok, Jean-François, je pense qu’il a compris ». Le serveur de me répondre: « Mais non madame, laisse le parler il a le droit ». (Merci de me rappeler que les hommes ont des droits au Maroc). Bref, encouragé par le serveur il repart de plus belle et en ajoute, une fois, deux fois, trois fois, je lui donne un coup sur la jambe pour lui dire de se calmer. Il arrête de parler, me regarde et dit : « oh je viens de recevoir un coup de pied sous la table, je pense que j’ai fait mon point ». Qui a passé pour la mégère, vous pensez? moi. Le maître d’hôtel arrive, je fais la conversation avec lui, je lui demande s’il y a une école d’hôtellerie à Marrakech et patati et patata. Mais ma véritable question arrive un peu plus tard: « Monsieur selon vous un taxi de la gare d’autobus à votre restaurant devrait coûter combien approximativement »? Il répond: « 50 dirhams ». Vous vous rappelez le taxi du début de notre séjour. 80 dirhams, il a finalement reçu 30 pour une course de trois km.
Imaginez la scène, deux touristes à 6h du mat qui traînent leur valise sur une rue semblable à celles que l’on retrouvent dans Vieux-Montréal. Je me demande si ma valise va tenir le coup. Il est tôt, il fait froid, mais il n’y a pas de bruit dans la Médina, sauf des éboueurs qui ramassent des déchets à pied en traînant un gros bac. Bonne chance!
Nous sortons de la Médina et que vois-je? je vous le donne en mille, des TAXIS. Évidemment les 2 ou 3 chauffeurs se précipitent sur nous. JF est d’attaque. Pas de bonjour, tu pars ton compteur. J’entends un marmonnement, le chauffeur demande combien on veut payer. JF reprend tu pars ton compteur sinon je vais à la police et prends une photo de la plaque d’immatriculation question de donner du punch à son propos. Ça part raide et ce n’est que le début de la journée, j’ai peur. Finalement, le coût de la course en taxi avec le compteur 10 dirhams. Morale de l’histoire, ne jamais croire personne.
Je vous ai déjà parlé que j’admirais le génie humain. On en a eu un exemple sous les yeux pendant notre traversée du col de la Tizi n’Tichka qui se trouve à 2260 mètres d’altitude. La route est en construction, je demande à JF ce qu’il en pense et le voici qui prend la plume pour la première fois.
Nous traversons la chaîne de montagnes du Haut-Atlas. La route empruntée est très sinueuse et comporte de fortes pentes. Elle est parsemée de multiples chantiers qui ont pour but d’aménager un tracé plus sécuritaire et confortable. Plusieurs courbes sont refaites en leur donnant des rayons plus grands. On doit donc excaver dans la montagne afin que le tracé ne soit plus à flanc de cette dernière. J’ai constaté la présence d’équipement adapté à ce type de travaux que ce soit des niveleuses de fabrication récente de la compagnie multinationale américaine Caterpillar ou des pelles hydrauliques de marque Volvo, Cat ou Liebher. J’ai aussi observé l’aménagement de divers ouvrages d’art n’ayant rien à envier à ce qu’on construit au Québec: des ponceaux coulés en place, des tuyaux en béton armé, des revêtements de protection de fossé en béton ou des murs de soutènement coffrés avec les systèmes de coffrage italiens Peri utilisés internationalement sur les grands chantiers des pays industrialisés. La fabrication et la mise en œuvre des enrobés bitumineux semblent se conformer aux standards de l’industrie tel qu’on la connaît. La surface de roulement est d’ailleurs beaucoup meilleure que ce que l’on retrouve chez nous. À notre décharge, le climat marocain est beaucoup plus clément pour les routes que le nôtre.
Demain les gorges de la rivière Toudra. J’ai reçu en cadeau de JF, un forfait WordPress qui éliminera la publicité et qui me permettra de mettre des liens et qui créera mon propre domaine. Je vous reviens sur là-dessus.
Connaissez-vous le bleu majorelle? C’est une couleur créée en 1937 par le peintre orientaliste Jacques Majorelle pour sa maison du Maroc, maison située à Marrakech. Ce peintre a mis 40 ans à construire son atelier de style art déco au milieu des cactus. Nous sommes donc partis ce matin en direction du Jardin de la Majorelle pour y visiter le jardin et le Musée Yves Saint-Laurent car l’atelier du peintre à été rachetée par Yves Saint-Laurent et Pierre Berger en 1980. Cet endroit a été, semble-t-il, un lieu inépuisable de source de création pour YSL. À l’époque, le jardin était menacé de démolition afin d’y construire un complexe hôtelier. Le jardin est magnifique et a été réaménagé par Madison Cox (jardinier des stars mais ultra discret) et dernier amoureux de Pierre Berger. C’est lui qui a hérité de sa fortune et gère maintenant la fondation Majorelle. En plus du jardin, nous avons visité le Musée Pierre Berger sur l’art Berbère et le Musée Yves Saint-Laurent. Encore aujourd’hui, j’ai eu un coup de cafard, sur le temps qui passe inexorablement. YSL est mort en 2008, vous m’auriez posé la question que j’aurais répondue, 2014, 2015 peut-être…finalement une journée au calme sans le bruit, la pollution et les klaxons insupportables des mobylettes, taxis, autobus etc. Marrakech me fait penser à Lima au Pérou.
Retour vers la Médina en fin d’après-midi. Trente minutes après avoir repris charge de l’itinéraire sous probation, j’ai jeté les gants épuisée de surveiller tout ce va-et-vient et de tenter de trouver notre chemin avec un google sur la mescaline (la p’tite flèche qui tourne dans tous les sens mais jamais dans le bon).
J’ai des bonnes nouvelles. Vous savez pas quoi?? Jean-François a mangé sa pomme grenade et grâce à qui? À moi. 45 secondes et l’affaire était réglée. 2 signes avec les mains. 5 dirhams. Bingo. Inutile de faire une étude de marché.
J’ai reçu un courriel à l’effet que les billets d’avion Casablanca-Malaga étaient remboursés. Vérification faite. Affaire réglée. Nous avions eu un autre souci avec un hébergement dans le désert qui avait empoché 100 euros via paypal et qui nous disait n’avoir jamais rien reçu. Un autre combat. Affaire réglée.
Demain nous quittons Marrakech pour Tinghir. Nous avons un trajet de 7h30 à parcourir en autobus, la levée du corps se fera très tôt car il faut se rendre à la station de bus pour 8h. Tinghir est une ville du Haut Atlas (chaine de montagnes au Maroc). Nous sommes allés dans un resto, Le trou dans le mur où on y sert de l’alcool. Après 3 jours à Marrakech, nous en avions bien besoin 😉
Depuis hier, je note que de la publicité apparaît au bas de l’article. Vous aurez compris que ce n’est pas ma volonté mais celle de wordpress. Le site pour développer un blogue est gratuit jusqu’à un certain point….
Le marchandage, la pomme grenade et le charmeur de serpent
Ce matin, nous nous sommes levés tôt pour tenter, autant que faire se peut, d’éviter la foule et se rendre aux endroits que nous voulions visiter. Après un bon petit déjeuner préparé par Hamid, nous étions prêts à affronter n’importe quoi.
Nous nous faisons un plan et partons la cuisse légère en nous disant que Marrakech n’aura pas raison de nous. Nos objectifs: Le palais de la Bahia, le musée Dar Si Said, les tombeaux Saadiens. Objectif atteint, ce qui est déjà beaucoup, mais…
Nous avons eu un peu de difficulté à trouver le Palais de la Bahia. Pourquoi? Les noms des rues sont souvent manquants et les numéros absents. Bonne chance!! Notre outil pour nous diriger c’est google map. Nous n’avons rien demandé mais on nous a beaucoup dit. C’est là-bas, tourne à gauche encore à gauche, mais c’est vendredi aujourd’hui, le palais est fermé. Tu vois la grande porte là-bas, c’est le Palais. Le palais est fermé, c’est vendredi et c’est la grande prière. Ok, cela était plausible pour moi, j’allais me contenter de cette réponse, mais JF est devenu le septique du couple et ne s’est pas contenté de ces informations. Go. Comme dirait l’autre, on veut pas saouère si y’é fermé on veut saouère ouskié. Finalement on taponne, on tourne en rond et on tombe sur une personne un peu plus âgée et c’est souvent elles qui nous donnent les meilleures informations. « Va dans le sens unique tourne à droite, tourne à gauche et c’est là ». Bingo. Ben on l’a vu, y’était pas fermé. Il était non seulement pas fermé mais bondé par….des TOURISTES. J’ai pris de multiples photos, mais elles ne rendront pas justice à la beauté de l’endroit. Le Palais s’étend sur deux hectares. Il a été construit en 1866 et 1867 par le Sultan Si Moussa, il comprend 150 chambres. Le Palais est devenu la résidence du Résident Général à l’époque du protectorat français. Ce Palais est de toute beauté, les boiseries de cèdre sont peintes et sculptées. Les planchers sont en mosaïque de marbre et autres pierres. Les vitraux sont magnifiques. Qui vient à Marrakech doit voir ce palais.
Une fois la visite terminée nous nous dirigeons vers le Musée Dar Si Said qui se consacre à l’histoire de la fabrication des tapis marocains. Très intéressant. Il existe cinq régions où sont fabriqués les tapis et chacune à sa spécificité. Très instructif, on comprend que c’est vraiment un art la tapisserie marocaine. J’en aurais acheté deux ou trois.
Finalement on arrive aux tombeaux des Saadiens (dynastie de Sultans). Là aussi, la foule de touristes et on doit faire la queue. La journée avance et on est en plein soleil. Je fatigue un peu. Les tombes ont été construites au XVI siècle par le Sultan Ahmad al-Mansour, elles ont été construites pour honorer les ancêtres du Sultan et conçues afin de démontrer sa puissance et sa richesse. L’endroit est magnifique.
On revient vers la grande place et on s’installe à la même terrasse qu’hier. On se repose. Même serveur qu’hier. Même commande. Pas le même prix. Aujourd’hui il y avait le supplément terrasse, pourtant nous étions à la même table qu’hier.
Avant de nous installer à la même terrasse qu’hier (on a besoin de reproduire des repères…) nous avons traversé la grande place, l’endroit où nous avons souper hier au kiosque 90. Pendant le jour, les restos de rues ne sont pas là, ce sont des vendeurs de jus. Pomme grenade, mangue, banane ou un mélange des trois. Jean-François veut manger une pomme grenade mais pas en jus. Il veut la manger comme un fruit. Alors sa longue quête commence. Il s’est mit en tête que la pomme grenade (non pressée) ne valait pas plus de 4 dirhams. Il m’assure avoir fait une étude de marché. Je le laisse aller, des fois vaut mieux juste attendre. Premier kiosque, échec. Deuxième kiosque, échec. Troisième kiosque, échec. Quatrième kiosque, échec. On s’entend cela ne prend pas deux minutes. Je tente de lui faire peaufiner sa technique. Au lieu de prendre ta grosse voix, commence par dire bonjour, et puis après tu demandes comment vont les affaires aujourd’hui et puis là tu enchaînes sur le prix. Ben vous savez quoi, parce qu’il n’a pas voulu payer une pomme grenade 10 dirhams, il n’en a pas mangé. Pour votre information 10 dirhams = 1.28$ plus ou moins et après on pense que les marocains sont difficiles dans le marchandage, eh la la..ils n’avaient pas encore rencontré JFT !!!
Hier, j’ai oublié de vous mentionner que Jean-François s’est fait prendre par le charmeur de serpent. Il s’avance vers le charmeur et prend une photo du serpent. Nanana monsieur. Tu prends une photo, tu paies mon ami. On s’obstine un peu, beaucoup, passionnément. 5 dirhams pour la photo ratée du serpent mais pas de chance qu’il dépense 10 dirhams pour sa pomme grenade. Question de principe qui m’dit. Ben c’est ça qui est ça.
Le système d’autobus au Maroc fonctionne très bien, les autobus sont à l’heure, propres et les chauffeurs conduisent relativement prudemment. Aujourd’hui entre Essaouira et Marrakech on avait un « monsieur klaxon » mais sinon nous étions à Marrakech à l’heure prévue. Trois heures de bus et nous débarquions dans la ville rouge.
Tout de suite en descendant de l’autobus, je sens que ce sera une autre sorte de « ball game ». Le pied sur le bitume et une horde de chauffeurs de taxi qui nous sautent dessus comme la misère sur le pauvre monde. À Essaouira, se déplacer d’un endroit à l’autre coûte 7 dirhams et après 20h le coût monte à 8 dirhams. C’est clair, pas de tataouinage.
Le premier combat de la journée débute avec la négociation de la course de 3 km en taxi de la gare vers notre Riad qui se trouve dans la Médina. Les Marocains sont des commerçants dans le sang. Ils ont le verbe facile et savent vous entourlouper en deux temps et trois mouvements. Nous avions lu sur la question, il était clairement spécifié qu’il fallait exiger que le chauffeur mette le compteur en route. Évidemment, dans la vraie vie, rien ne se passe comme dans les guides. Je m’éloigne de la discussion entre JF et le chauffeur car je trouve cette partie du voyage vraiment pénible. Il faut toujours tout négocier et si vous ne négociez pas et bien vous vous faites arnaquer. Marrakech est surnommé Arnakech. Vous voyez ? Lorsque le chauffeur de taxi voit que je m’éloigne, il crie : « venez madame, venez ». Là, il y a une patente que je catche pas pantoute, les petits taxis, les grands taxis et patati et patata. Nous finissons par embarquer. JF suit la course sur son cellulaire et moi je fais la conversation avec le chauffeur. Je lui demande ce qu’il y a à voir à Marrakech, il me répète ce que j’ai lu, et ne m’apprends rien de neuf. Je lui pose directement la question sur des endroits où les touristes ne vont pas…ma question est restée sans véritable réponse. Nous arrivons dans la Médina, le taxi ne peut pas aller jusqu’à notre Riad. Pas de problème, on va faire le reste du chemin à pied, nous n’avons pas encore mis le pied sur la terre ferme qu’un gars avec une barouette veut traîner nos bagages. C’est à ce moment que s’enclenche le bras de fer entre JF et le chauffeur de taxi. JF vient pour payer, le prix vient de changer sans avertissement. 80 dirhams. Ce n’était pas le prix de départ. Selon JF l’entente était claire, le prix avait été convenue à 7 dirhams. La discussion dure plusieurs minutes. Nous sommes à la fin de l’après-midi, on a le voyage d’Essaouira à Marrakech dans le corps on veut juste arriver à notre Riad. Finalement JF règle le compte du chauffeur à 30 dirhams, je sens qu’il commence à fulminer. On trouve assez facilement notre Riad, mais on y arrive un peu à cran.
Le gérant de la Riad veut nous offrir le thé, nous, nous voulons notre chambre. Ça ne se fait pas de refuser le thé. Je le savais, mais des fois, tu as juste pas le goût de boire-du-thé-à-la-menthe. Bref, il nous montre la chambre et on boit le thé par la suite. On vient de passer d’un appart à 2 chambres à coucher à une chambre plutôt petite. On va en faire notre affaire.
On décide de sortir pour aller se promener. La Médina est un vrai labyrinthe et s’y perdre prend 45 secondes. Imaginez la maison des miroirs à la Ronde, vous y êtes déjà allés ?? Multiplier cela par 10000 avec des largeurs de couloirs de plus plus ou moins 10 pieds, pas de voitures, mais des mobylettes qui vous frôlent, vous klaxonnent, vous foncent carrément dedans. Tu as l’impression de te promener dans un jeu de « survivor ». Ajoutez à cela, des marchands dans les souks qui veulent vous vendre à tout prix et qui vous harcèlent carrément. Ça sent le monoxyde de carbone, la poubelle c’est la rue. Je suis sous le choc. Dans les faits, la Médina fait 700 hectares (7km carré). Je voulais aller visiter le musée d’art Si Said. Nous sommes arrivés, il était 17h30 et le musée fermait à 18h. On y retournera demain matin.
Se promener dans les souks demandent beaucoup de « lâcher prise ». Si vous entamez la discussion, ou si vous demandez un prix vous êtes « faites » comme on dit en bon Québécois. On s’installe à une terrasse pour boire quelque chose pour reprendre notre souffle. Je vous jure, nous étions à bout l’un et l’autre. C’est de la sur- stimulation et ma tolérance à ce genre de situation est limitée, mais attendez la cerise sur le sundae arrive.
Pendant que nous sommes à la terrasse, nous cherchons un resto, je n’ai pas très faim, hier j’ai été un peu indisposée par le souper. JF cherche, le soleil se couche et nous sommes sur la place Jemaan El Fna qui se trouve a être la grande place de la Médina. Nous décidons de faire le tour pour voir si nous ne trouverions pas un resto intéressant. On se retrouve au milieu de la grande place qui est « virée » en restaurant de rues avec des numéros et là, ça devient complètement infernal. Nous sommes sollicités aux 5 pieds. Toujours la même rengaine, tous les vendeurs ont trois restaurants, un de viande, un de poisson et l’autre de légumes. Toujours disposé de la même façon, un en diagonale, l’autre en face. Ils ne vous lâchent pas même si vous leurs dites que vous n’avez pas faim. Au bout d’un moment, on décide de s’installer au resto de rues numéro 90. Le jeune serveur commence son baratin, il parle vite, nous ne comprenons pas trop tout ce qu’il dit. Il y a le menu, mais veut faire une assiette spéciale avec un peu de tout. Je lui réitère que je n’ai pas tellement faim qu’une simple brochette de poulet avec couscous et légumes sera parfait pour moi: « oui madame, je te fais une petite assiette avec un petit peu de tout ». Je regarde JF et on sait tous les deux qu’on est pas sortis de l’auberge. La bouffe est ok sans plus (JF est plus sévère que moi, lui dit que c’était ordinaire). Nous sommes fatigués on veut rentrer et on sait qu’on doit se refoutre dans le manège de la maison aux miroirs. Juste avant que nous nous levions, je dis à JF: » Check ben ça, le couscous un prix, l’assortiment de légumes un autre prix, le poisson un autre prix, la facture va être élevée ». Je vous rappelle que nous sommes dans un resto de rue, la boucane nous étouffe. À l’aide!! Je fais signe au serveur qu’on veut la facture, il me répond: « la caisse est de l’autre côté » dans les faits, il n’y a pas de caisse, le serveur ne veut juste pas que tu paies devant un autre client parce que la facture est aléatoire selon ta bouille. Le prix de départ 460 dirhams. Hier, dans notre petit resto « cute » avec un service impeccable 200 dirhams. Le deuxième combat de la journée s’engage. Pauvre JF, je le laisse gérer. Il va finir par recevoir un coup sur la gueule à force de négocier. L’échange dure encore plusieurs minutes, de très longues minutes et moi, j’attends et je regarde du coin de l’oeil prête à sauter dans les jambes du premier p’tit Marocain qui s’en prend à JF. Le résultat de la lutte 260 dirhams. Plus dispendieux que ce que nous avons mangé hier. Y’a pas de justice. 😉
Retour à la casa. C’est thérapeutique de vous écrire. Demain est un autre jour. On ira visiter le Musée raté en fin de journée et on sortira de la maison des miroirs pour aller s’égarer dans la ville.
Nous nous sommes levés tardivement. Le soleil se lève tard autour de 8h30 et on tarde à se réveiller. Ce matin, nous avons fait un peu d’intendance et sommes partis comme à l’habitude, la plage, la Médina, souper, marchandage et retour à l’appartement. J’ai été congédiée de mon travail de chargée de projet d’itinéraire. Pourquoi? Je me suis trompée de chemin et nous nous ramassés à l’autre bout de la ville complètement à l’opposé de la Médina. Moi, j’étais contente on a trouvé des dromadaires et des chevaux. Je trouverai bien un autre travail.
Nous avons pris notre repas dans un joli petit restaurant de la Médina le Safran Citron. J’ai mangé des boulettes de sardines dans une sauce tomate, c’était très bon et JF a mangé une pastilla de poulet et amandes. Deux mets marocains traditionnels.
Moment de gratitude. Cet après-midi sur la plage, on se fait un peu demander d’acheter des p’tits gâteaux marocains ou autres babioles. Tout à coup, un grand monsieur arrive avec sa petite sacoche de travers. Il nous interpelle, je reconnais tout de suite l’accent. Il commence à sortir ces objets à vendre, des bracelets en « argent ». Dans un autre vie, j’ai appris que si l’argent n’est pas du 925 tu achètes pas. Le grand monsieur est agenouillé à côté de l’une de nos chaises et je lui demande, il est en 925 ? (et il faut le dire en anglais), il me regarde, il ne dit rien, je lui repose la question. Il me regarde et me dit: « Mais non, madame, il faut être honnête, c’est du plaqué ». Il veut me vendre un collier d’espérance de vie des Bédouins. Je suis pas intéressée, c’est lui qui m’intéresse. Je lui demande d’où il vient, même si je suis pas mal certaine de son pays d’origine. Le Sénégal qu’il me répond. Vous êtes ici depuis combien de temps? Avant la Covid. Ici au Maroc pour toi, c’est mieux que le Sénégal? il hésite, regarde par terre et répond, non ce n’est pas vraiment mieux. J’aimerais retourner, un jour dans mon pays. Il n’a pas besoin de me le dire, je sens qu’il a le mal de son pays, de sa famille, de ses repères. Est-ce que toute ta famille est encore là-bas? oui. Il continue à nous montrer ces babioles. JF a l’impression de le faire travailler pour rien et le lui dit. Il sort des bracelets en cuir. Ce qu’il a de plus beau selon moi. JF lui dit qu’il n’est pas intéressé, mais moi je sais déjà que je vais lui acheter son bracelet en cuir. Je lui demande le prix, il demande 30 dirhams. Je négocie pour la forme et il accepte. Il nous avait dit au courant de la conversation qu’il n’avait fait aucune vente aujourd’hui. Nous étions en fin d’après-midi. Je lui demande comment il s’appelle, Cyril qu’il me répond et toi. Moi, c’est Michèle et toi?, Jean-François. JF lui demande où nous devrions aller si nous allions au Sénégal, il nous dit d’aller à Saint-Louis. Après quelques minutes, on lui ressert la main et il quitte. Je l’ai regardé s’éloigner, je me suis demandée où il vivait à Essouira, dans quelles conditions, s’il avait suffisamment mangé aujourd’hui. À cause de Cyril, je sais cela fait cliché, mais j’ai réalisé, encore une fois, que j’avais beaucoup de chance dans la vie.
Après le souper JF a passé au moins 30 minutes à gosser le prix des amendes grillés. J’avais froid, je voulais rentrer. Dans les faits, j’ai eu froid toute la journée, un t-shirt, un gilet et autre gilet. Il fait 20 en pm, mais je gèle. C’est le vent. Que voulez-vous c’est d’même.
Hier après avoir terminé mon texte, je suis allée prendre une douche. Dans ma tête, j’me disais une bonne douche bien chaude, ça va faire du bien. Tiens, je vais en profiter pour me laver les cheveux. Les gens qui me connaissent bien savent l’importance que j’accorde à mon brushing. Je me dépêche mais en même temps la douche me réchauffe donc je prends un peu mon temps. Tout à coup, bang, plus d’eau chaude. Je me décolle du jet, en me disant que j’ai dû accrocher le mitigeur, tire, pousse, à gauche à droite. Rien n’y fait. J’ai du conditionneur dans les cheveux, ça me coule dans le dos et y’a pu une ta*/(*/))/_)(n de goutte d’eau chaude. Je fulmine. J’ai pas le choix, il faut que je me rince. Je descends tout les saints du ciel et je maudit K et son système d’eau chaude de MARDE cinq étoiles. Je ne vous ai pas parlé de tout ces règlements à la con qui existe dans son appart non plus. Je vous montrerai cela demain, pour l’heure je vous quitte, demain good bye Essaouira, welcome Marrakech.
Ah oui, et il y a la française du restaurant de mardi soir et ses cornes de Gazelle. Un peu dans le même genre que le gars de la Mosquée qui savait la prière mais qui voulait se montrer plus brillant que le reste de la gang. Vous vous souvenez. Je verrai si je vous en parlerai ou pas, il y aura surement mieux à dire sur Marrakech que de revenir sur une touriste d’Essaouira.
C’est confirmé, c’est K la boss. J’ai vu une femme de ménage aujourd’hui en train de nettoyer l’appartement du rez-de-chaussé. Elle ne se tape pas le ménage, donne des ordres à F, c’est assurément elle qui mène le business. L’histoire aura été courte 2 jours pour rendre un verdict final. Fin de l’histoire.
Ce sera pas simple de se faire rembourser les billets achetés sur un site de merde, je me demande comment j’ai pu me faire prendre de cette façon. Je vais mettre cela sur le compte du choc post-traumatique de l’échec de notre voyage en campeur en Nouvelle-Orléans, j’ai fait les achats de billets lorsque nous étions en train de remonter vers le Qc. Je m’hais quand je fais des trucs semblables. J’ai acheté deux billets Casablanca-Malaga et 2 billets Malaga-Montréal. Les deux premiers billets ont été achetés sur un site qui s’appelle Mytrip et il semble qu’elle a son siège social en Inde. Royal Air Maroc m’a remit la preuve que les deux billets ont été remboursés à Mytrip, mais cette dernière dit qu’elle n’a pas reçu le remboursement. Pas moyen de parler à un humain, j’ai enclenché un « chat » avec un représentant et lorsque je suis devenue plus insistante, il a mit fin au chat. Oulalalala. J’ai vraiment pas le goût de mener cette bataille pendant mon séjour au Maroc. Je me suis fait prendre comme une amatrice, comme si je n’avais jamais acheté de billets d’avion de ma vie !!!
Comme annoncé hier, on a fait de la plage, une petite visite à Royal Air Maroc qui est dans la Médina et une p’tite ride en taxi pour revenir à l’appartement faire les démarches auprès de Mytrip. Nous sommes ressortis plus tard pour aller marcher et on a vu un campeur stationné dans un racoin de stationnement. On a fait le tour, et JF a interpellé le gars. Un français et sa femme, ils habitent à Lille et font du caravaning « solo » c’est à dire pas en meute de 8–10 camping car qui se suivent à la queue-leu-leu. À son allure, un peace and love des années 70. Sympathique et généreux d’information. C’était cool de l’entendre nous raconter sa vision de la chose qui ressemble pas mal à la nôtre.
Voilà pour aujourd’hui. On « gosse » un peu avec notre itinéraire. Du 10 au 13 janvier, on sera dans le désert mais après on a des hésitations, de longues distances à parcourir et on doit trouver un moyen de rentrer à Montréal le 20 janvier. Des photos en rafale de notre journée de farniente ou presque.
Je vous avais dit que je les observerais et bien mon observation est commencée. Lui, petit et plus que bedonnant, avec un assez fort accent. Il commence ses phrases par le sempiternelle svp et là, dit ce qu’il a à dire. Il est Belge et pensionné d’on ne sait trop où, vit au Maroc depuis 15 ans. On a eu droit à une confidence selon laquelle son pouvoir d’achat aurait bondi de 12 à 13% en raison de la dévaluation du dirham. Elle, plus jeune que lui, selon JF d’au moins 20 ans. Moi, je pense que JF exagère un peu, mais bon on ne se crêpera pas le chignon pour la Marocaine du 3ième. Vous vous rappelez JF disait que F devait passer ses journées à regarder le foot pendant que K se tapait tout le boulot. Nanana.
Lorsque nous sommes arrivés, K nous a spécifié que l’eau chaude était « réglée » et que nous n’avions rien à faire afin de l’ajuster. Ok, merci madame, pas certaine d’avoir trop compris, mais on verra. Hier soir, je prends une douche, c’est à ce moment que j’ai compris ce que voulait dire l’eau chaude est réglée, l’eau chaude est réglée à froid!!! Je sors de la douche grelottant. J’aime prendre une douche avec de l’eau assez chaude, pas avec de l’eau réglée. Je bougonne un peu, je texte K et je lui dis que je viens de prendre une douche et que l’eau était un brin froide, que ce serait vraiment très apprécié qu’elle vienne augmenter son eau chaude réglée à eau chaude vraiment réglée à chaud. Que m’a-t-elle répondu, vous pensez?
Mon mari ira demain à 9h30. Bang, qui mène la baraque elle, pas lui.
La journée d’aujourd’hui ressemble à celle d’hier. Un copié-collé. Nous avons marché jusqu’à la Médina, et on a fait ce que l’on a fait hier. Une échoppe de babouche, une autre de foulards, une autre de tapis et ainsi de suite jusqu’à ce que mort s’en suive. À mon humble avis, je pense avoir pas mal fait le tour de la Médina. Le marchandage épuise sa femme. La sollicitation excessive pour les restos, les babouches et le reste aussi. Je pense que j’irai prendre des photos de la Médina à 5h du matin, ce sera vide et je pourrai m’y perdre comme je veux.
Nous sommes allés acheter nos billets de bus pour Marrakesh. Départ jeudi matin à 11h15. Ah oui, je vous ai pas dit, il y a un os pour les billets de retour à Montréal, Royal Air Maroc a annulé notre vol de Casablanca à Malaga et nous a reporté au 21 janvier en fin de soirée. Notre vol pour Montréal est à 10h15 le 20 janvier. Je pense qu’on a un problème.
JF a négocié l’achat de crevettes. Le prix est parti à 300 dirhams pour 1 kilo au marché de poisson de la Médina. D’échoppe en échoppe le prix baissait, mais il était trop tôt, on a reporté l’achat en fin d’après-midi. Plus tard au port, le premier poissonnier demandait 200 dirhams, les deux suivants 180, JF a baissé à 160 dirhams et a demandé 1 kilo, il s’est fait forcer la main pour en acheter 1.5 kilos pour 240 dirhams. Qui a fait le deal selon vous?
Le coût de la vie n’est pas cher. On sursaute à chaque fois qu’on se fait donner un prix sur la bouffe. Nous avons payé 7 dirhams pour des tomates cerises. Vous voyez ce que je veux dire, l’espèce de grande barquette qu’on achète à 6.99$ chez IGA. Ici, une piastre. Évidemment, je n’ai pas la prétention d’avoir fait une revue économique sur le coût de la vie au Maroc, mais au quotidien on voit une différence.
Je vois des choses qui me dépassent et je crains d’irriter mon lectorat si j’écris sur ces sujets. Tout le monde est en vacances, je vais y penser. Mais par exemple: l’environnement, le port du voile , la Charia et bien d’autres choses…
On a trouvé une SAQ Marocaine. Toutes les bouteilles sont derrière le comptoir. Pas touche. On teste un blanc. Ça craint!!!
On a mangé à l’appartement, les restos ça fini par me saouler. Demain, Médina, échoppe de babouche, de tapis, de foulards…zzz…zzz!!! Non, journée à la plage si le temps est beau.
Je m’y attendais mais pas autant. Essaouira est une ville touristique. Je n’ose imaginer ce que cela doit être pendant les vacances estivales. Une ville portuaire située sur la côte Atlantique. La veille ville est protégée par des remparts. Une des principales fortifications est une plate forme d’artillerie datant du XVIII siècle qu’on appelle la squala de la Kasbash. Autour de 80 000 habitants et en période de vacances, ce nombre doit augmenter terriblement.
Nous sommes allés dans la Médina se perdre dans les dédales de ruelles. On y trouve, des boutiques de vêtements, bijoux, poteries, cuir , tapis etc. entrecoupé de restaurants, ou de riads. J’ai commencé une négociation pour un sac à dos en cuir. Je me suis frottée au marchandage avec les Marocains. On verra bien si je reviendrai avec un sac ou pas. Histoire à suivre.
Nous nous sommes installés à une terrasse pour se reposer et regarder la foule. J’ai bu mon premier thé vert à la menthe depuis que je suis au Maroc. JF a bu un jus d’orange. On est loin de nos 5 à 7. Assez dry merci.
Aujourd’hui j’étais la chargée de projet de l’itinéraire. Pas de carte, pas de cellulaire, pas de google map. Improvisation libre et spontanée. Savez-vous quoi, j’ai des bonnes nouvelles, on a retrouvé notre chemin pis notre appartement. On est rentrés sains et saufs.
Dans la médina, une porte bleu. Du bleu, il y en a partout.
Dans la médina, une autre porte bleue. Le bleu c’est comme les chats de Casablanca, il y en a partout.
Des enfants, il y en a partout et vous savez quoi, ils jouent dehors. Ces enfants s’amusaient à botter la bouteille. S’ils ne bottent pas une bouteille, ils courent après un ballon de foot. En plus, ils se promènent seuls, oui oui…seuls sans leurs parents.
Ceviche de fruit de mer acheté au port 10 dirhams
Une touriste qui danse et qui invite d’autres touristes à danser avec elle. Vous allez voir l’effet qu’elle a eu dans la prochaine photo.
Voilà, des dizaines de personnes qui regardent et d’autres qui dansent avec elle.
On est rentrés tranquillement par le bord de mer pour aller se mettre une petite laine, la chaleur tombe rapidement lorsque le soleil se couche. Nous sommes allés souper chez Flouka. Tajine de fruits de mer pour moi, crevettes et calmars frits pour JF. Nous étions seuls dans le resto, pourtant aujourd’hui, tout fonctionnait comme d’habitude, tout était ouvert même les chantiers de construction. Une chance que la CCQ est pas passée.
C’est déjà la fin. La journée a été longue, 7 heures de bus, avec une adulte-adolescente qui pousse sur son banc comme un enfant de deux ans. L’autre en arrière qui se lève et qui me tire les cheveux, prend appui sur mon dossier de siège, brasse le dossier comme si c’était le sien et à chaque mouvement qu’elle fait, cogne mon dossier. Difficile fin d’année. Je ne suis pas très patiente avec les gens qui manquent de savoir vivre. J’ai été élevé très sévèrement à ce sujet. Comment se tenir à table, le dos droit, tenir ses ustensiles, ne pas ouvrir la bouche et surtout ne pas faire de bruit. Être polie, laisser sa place aux adultes plus âgés etc. Vous voyez le genre. L’armée. Pour revenir à l’enfant, assurément elle n’a jamais été reprise par ses parents. Le sacro-saint-enfant-roi-devenu-adulte-qui-se-croit-tout-permis. Et l’autre en arrière, je cherche et j’ai pas encore trouvé. Dans les faits, oui, oui j’ai trouvé, c’est la tonalité de sa voix qui m’a fait penser à quelqu’un. Un dossier qui a duré 21 jours…oui à elle!!! Ingénieure, quérulente, enfant autisme mais convaincu que celui-ci est plus intelligent que la moyenne des ours. Elle prétendait que je couchais avec le juge parce que je gagnais toutes mes objections, mettons que c’était pas trop difficile. Précisons qu’elle a retenu les services de douze procureurs qu’elle a remerciés les uns après les autres pour cause d’incompétence selon elle. Son truc avait tellement pas d’allure. Bref, j’étais l’avocate aux mains plein de sang. Je fermais les yeux et je la voyais. Un cauchemar en cette fin d’année. Ouf et re ouf.
Avant d’arriver à Essaouira, nous faisons un stop dans un village perdu dont j’ai oublié le nom. Ici, ce n’est pas le chat qui règne en maître mais l’âne. Je n’ai pas eu le temps de prendre de photos. Voici pourquoi. J’ai envie de faire pipi depuis que nous sommes partis de Casablanca donc depuis au moins 5h. Je prends mon courage à deux mains, je sors du bus, je demande à un petit restaurateur si je peux aller aux chiottes. Il veut me vendre une tajine déjà toute prête: » Non, merci j’ai pas faim ». Je le prie presqu’à genoux de m’autoriser à utiliser ses toilettes. Il me dit: « vas-y madame, vas-y » je lui promet que je viendrai manger sa tajine demain. Le piège. J’accélère le pas jusqu’au fond du resto (on s’entend c’est un bouiboui juste des hommes comme d’hab). Mettons, disons que si l’escouade sanitaire passe ici, ils se font mettre à l’amende illico. J’ouvre la porte, le choc. Des toilettes turques. Ok, j’en fais mon affaire, je m’installe, tourne ma tête à droite à gauche…pas de papier-Q. J’en peux plus, je relève mon pantalon et je sors du resto avec empressement. Je retourne à mon siège entre l’ado-enfant-roi et la mégère de derrière…JF me demande pis: « Pis quoi, des toilettes turques pis pas de papier, j’ai pas pissé crisse ». Je me concentre. Il me reste une heure à endurer. Je pratique mon requin-bin. JF décide d’aller faire une visite officielle aux toilettes, mais tente sa chance dans un autre bouiboui. Je le vois ressortir et jaser avec le gars du dépanneur (ce que nous, nous appelons un dep). Alléluia, il vient de m’acheter un petit paquet de kleenex. Je ressors du bus en courant. Ohhhhhhh merci, merci, merci, tu es trop gentil, je rentre dans le bouiboui et je pisse enfin. Voilà c’est dit. Merci. Morale de l’histoire toujours avoir du papier-Q avec soi.
Léger détail, le soir no. 1 au restaurant chez Réda, le serveur s’est accroché dans une bouteille de coca-cola et je l’ai reçu sur mon gilet et pantalon. Gérer les vêtements pour un voyage de 3 semaines avec une valise à bord c’est un art. Bon, ok, il s’excuse, se morfond, mais ne m’offre pas mon plat gratuit. Ok c’est beau. Je reviendrai pas de toute façon. Ce matin, levée à 5h30 du matin. Le café est un enjeux important dans notre couple. Il faut qu’il soit comme ceci et non comme cela. J’aime pas tant le café, mais je sais reconnaître le bon café et mon chum fait le meilleur. Bon bref, vous vous rappelez du cellulaire qui a failli finir dans le caniveau…ce matin, on arrive à la station de bus, je sens que le café commence à urger. JF part. On a le temps nous sommes pas mal en avance. Je dors assise. Je le vois revenir avec deux cafés montés un par-dessus l’autre et un sac dans lequel il doit y avoir une viennoiserie. Le premier verre est retenu par son menton et le deuxième café et le sac par ses deux mains…il s’approche de moi, et là la scène ce joue au ralenti, il avance, fait un mouvement vers moi, au même moment je commence à me lever de mon siège, et là paf, mauvaise coordination des deux corps un des deux cafés termine sa course sur mon manteau. Pas de oh, tabaslaque, rien, le calme plat. J’ai vraiment beaucoup travaillé sur moi dans les dernières années. JF repart à la recherche d’un essuie quelconque. Le jeune homme assis à côté de moi qui a assisté à la scène sort de sa poche un petit paquet de kleenex et m’offre deux ou trois feuilles. Messieurs, vous ne le savez pas, mais avec du papier Q vous pouvez faire du millage avec une femme. Tenez-vous le pour dit.
Finalement, nous sommes arrivés à Essaouira et à notre appartement. Nous ne sommes pas dans la médina. Le calme autour me fait du bien. Les propriétaires sont venus nous accueillir. J’ai fait ma fine, j’ai fait la jasi-jasette, 10 minutes top chrono. Lui est Belge, elle Marocaine. Pour JF, c’est clair qu’elle se tape toute la job pendant que lui se la coule douce en regardant le foot. Je ne suis pas prête à dire cela, il doit faire les travaux d’entretien je suppose. Pour le rôle de la femme-victime on repassera. J’ai pas été élevée d’même. Ma mère (la revoilà encore) m’a dit, je devais avoir 8 ans 1/2, (j’exagère à peine) : « Toi ma fille tu auras pas besoin d’un homme pour te faire vivre ». Message reçu 10/10 maman. Bref, je ne suis pas prête à dire que, j’ai déjà oublié son prénom, se fait « exploiter/utiliser/manipuler » par F. Elle avait l’air très en contrôle de son affaire. C’est elle qui fait rouler le business c’est assez clair, pour moi. Je vous en dirai plus sur la relation de K et F cette semaine puisque nous sommes ici pour 5 jours. J’ouvre l’oeil juste pour vous. À suivre.
Nous sommes allés faire les courses. Nous devions aller au restaurant et finalement on a changé d’idée On a trouvé des huîtres, du champagne, de la truite fumée, du fromage et des terrines. Le festin. Le resto ce sera pour une autre fois. La fin de l’année approche pour nous!! Loin de la famille. Tristounet un peu, mais bon on va pas en mourir. Le champagne vient de sauter, et non, je l’ai pas eu sur moi. Voici mes voeux (repris de Jacques Brel) pour l’année 2023.
Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences.Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque.Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.
Voilà, Bonne et Heureuse Année 2023 et quelques photos en rafales de notre périple sans George.
La température est juste parfaite. Le temps est frais le matin et se réchauffe au fil de la journée. Juste ce qu’il faut pour ne pas se dire : » y fais-tu chaud, rien qu’un peu ». Ça prends une petite laine le matin et l’après-midi on sent le soleil qui nous réchauffe. Après avoir gelé pendant une semaine entre Roxboro et Nashville, je profite de cette douce chaleur et j’aime ça comme ça. Ce matin, levée du corps ardue, en retard pour la visite de la Mosquée de 10h. Nous sommes chanceux, il y a une autre visite en après-midi, après la prière. J’y reviendrai, JF a des chiffres à vous donner.
Aujourd’hui, nous voyons Casablanca sous le soleil ce qui lui donne une toute autre perspective. Casablanca a besoin d’amour, beaucoup d’amour, mais l’architecture est belle il y a de jolis immeubles aux balcons arrondis. J’aime regarder l’architecture, cela m’émeut. Je sais, je sais, hier la mosquée, aujourd’hui l’architecture, vous allez finir par penser que je suis une émotive. Un peu. Dans les faits, c’est le génie humain qui m’émeut. À Zadar, en Croatie, j’y suis allée que pour entendre l’orgue des mers et j’ai versé une petite larme. Le soleil se couchait, nous étions des dizaines de personnes assises en silence à écouter la musicalité complètement aléatoire de cet orgue marin qui fonctionne grâce au ressac de la mer. C’était de toute beauté.
Nous avons encore beaucoup marché aujourd’hui. J’aime découvrir les villes à pied. J’aime à penser que mes jambes sont un moyen de transport et que je peux me déplacer d’un point A à un point B avec elles. JF a les yeux fixés sur son cellulaire et vérifie l’itinéraire. Moi qui aime passer incognito et me fondre dans la ville comme si j’y habitais, me voilà débusquée comme touriste. Voilà notre principale dichotomie à JF et moi. Je suis une organisée désorganisée et JF est un méthodique qui focusse sur la tâche. Ma fille dirait que je manque de T (TRIMA). 2 phrases de contextualisation concernant le TRIMA. Le TRIMA est un test d’évaluation psychométrique d’une entreprise québécoise. L’évaluation psychométrique est d’ordre ipsatif (l’individu est comparé à lui-même et non pas à un groupe). Lorsque vous obtenez un score élevé à la lettre T ce qui est le cas pour JF, c’est que vous êtes une personne qui mise sur la logistique, qui aime les détails et à qui rien n’échappe. Ma lettre la plus forte est le I. Personne créative et curieuse, qui vous amène toujours des nouvelles idées. Tout ça pour dire que JF et moi nous ne sommes pas toujours sur le même tempo. Si j’avais été seule, probablement que je me serais égarée vingt fois, tournée trois fois autour du même immeuble, pris le tramway dans la mauvaise direction…vous voyez le genre…!! Mais je m’en fous, je n’ai pas besoin de tout voir, j’aime juste être LÀ. C’est tout.
Voici maintenant la partie technique de l’article. Nous avons visité la Mosquée Hassan II. JF dort…ok, pas grave je vous raconte quelque chose. J’ai visité la Mosquée bleue à Istanbul. Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre et voile obligatoire pour les femmes. Pas de souci. Ma mère dirait: » à Rome on fait comme les romains » J’ai l’impression d’avoir un Boukar Diouf en dedans de mon moi-même. Lui c’est son grand-père moi c’est ma mère. Je m’égare. J’ai visité aussi la Mosquée de Amman en Jordanie, encore là, stricte observance des règles.
Bien, j’vais vous dire que les Marocains sont pas mal plus olé olé. Le guide se prenait pour Martin Matte et faisait des farces à qui mieux mieux. Hommes et femmes visitent ensemble, pas de voile pour les dames et bien entendu, tout le monde se déchausse. Petite confidence. Je ne suis pas une fille de tour organisé, mais des fois c’est utile pour avoir l’info nécessaire rapidement. Saviez-vous qu’ il y a toujours un chien savant dans ce genre de groupe?. Vous savez celui ou celle qui pose toujours « ZE » question pour avoir l’air plus intelligent que le reste du troupeau. Aujourd’hui on en a eu un, que je cataloguerais de 5 étoiles. En résumé: « Monsieur le guide pouvez-vous me dire une partie de la prière » Le guide n’est pas trop certain. Il part: » Allahu Akbar »…le chien savant lui dit: « non, non la suite svp ». Le guide encore plus médusé, regarde le touriste en pensant: « Simonac tu me cherches ou quoi ». Le guide bon joueur dit une ou deux phrases. Le chien savant, avant même que le guide finisse ses deux phrases, répète en anglais et en arabe ce que le guide venait de dire. Il connaissait les phrases de la prière et était capable de les traduire de l’arable à l’anglais. Arrrrke, tais-toi. Tais-toi et écoute!!!! Tu voulais qu’on te remarque, ben c’est fait, mon grand!!!! Je n’ai aucune tolérance pour les gens qui ont besoin d’étaler leurs connaissances, leurs biens, ou leur richesse. Petit. Voilà, très petit.
L’homme sort de sa torpeur. Go pour la partie technique concernant la Mosquée. Elle a été construite de 1987 à 1993 avec des matériaux uniquement marocains et de la main-d’oeuvre locale. La Mosquée peut accueillir jusqu’à 25 000 fidèles dans la salle de prière (hommes seulement | femmes prient au deuxième étage) elle mesure 200 mètres de long, par 100 mètres de large et 65 mètres d’hauteur ce qui représente trois terrains de football. Le minaret à une hauteur de 200 mètres. La Mosquée possède un toit ouvrant qui semble avoir causé beaucoup moins de problème à ses propriétaires que celui de notre stade olympique. Quant à la grande place située devant la Mosquée, elle peut accueillir jusqu’à 85 000 personnes. Aujourd’hui, bonne journée tout d’même, nous avons assisté à la sortie de 15 000 disciples de l’Islam. C’est quelque chose à voir.
Le guide alias Martin MatteIntérieur de la MosquéePorte vitrée donnant sur l’AtlantiqueMuralePlafond La grande placeLa grande place
L’avocate en moi n’est pas encore morte. Je suis toujours membre du Barreau. Chaque fois que je visite une grande ville, plus fort que moi, je dois voir le Palais de Justice. Alors je l’ai trouvé et nous y sommes allés. Première constatation, le sans-papier n’est pas encore arrivé au Palais de Justice de Casablanca tout comme à Montréal même si des efforts sont faits en ce sens. Même scène que dans bien d’autres palais de justice, lorsque des avocats se retrouvent autour d’une imprimante c’est toujours celui qui criera le plus fort pour faire sa copie presto. La phrase à cent piastres, j’suis pressée le juge attend. Nous y sommes restés un moment, il y a un magnifique jardin intérieur, nous étions à l’abri du soleil, on écoutait et regardait. C’est tout. Fin de l’histoire.
Le tribunal social est celui qui valide ou invalide les mariages des filles mineures…!!! Il s’occupe également des affaires familiales. J’aurais beaucoup à dire sur le mariage des filles mineures, le temps me manque, je pourrais vous en parler en long et en large. Procureur DPJ pendant 28 ans ça voit des horreurs à longueur de semaine.
Nous avons mangé à l’Étoile Marocaine. Couscous à l’agneau et tajine agneau et légumes. Très bon. Rien à dire.
Comment dire. Il y a du monde « mardeux » dans vie. JF ne peut pas faire deux affaires en même temps et s’il fait une tentative en ce sens, les chances sont bonnes qu’il arrive quelque chose. Un malheur, genre se couper un doigts, se péter la tête sur une pancarte. Aujourd’hui il tentait de manipuler une bouteille d’eau, un cellulaire pis ses lunettes (avec ses deux mains bien entendu)….que pensez-vous qu’il est arrivé, il a échappé son cellulaire….et…..
Vous voyez le point rouge et bien son cellulaire est tombé drette là. Chanceux tu dis…devrait acheter un loto. Pas la bouteille, pas l’étui à lunette…non, non le cellulaire.
Voici quelques photos du Marché central, ce sera tout pour ce soir. Je dois dormir, demain nous partons pour Essaouira.
Je ne sais pas par quel bout commencer. Tiens, commençons par Air Canada. Ma première irritation est venue une fois assise dans l’avion. On vous fait le baratin habituel sur les consignes de sécurité et SURTOUT d’être en mesure de vous servir en trois langues: le français, l’anglais et l’arabe. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat (et je vous assure à Casa vous pourriez en fouetter plus d’un, tellement y’en a). Les défenseurs des animaux, calmez-vous je n’ai fouetté aucun chat. Bref, nous sommes en vol depuis 45 minutes une heure tout au plus, Jean-François demande 2 verres de vin à l’agent de bord (je me suis déjà fait reprendre en public parce que j’avais dit hôtesse de l’air au lieu d’agent bord). Oulalala. Le lèse majesté. Je ne vous dirai pas ce que ma mère dit au sujet des agents de bord, les oreilles vous friseraient. Je vais m’abstenir de vous répéter afin de la préserver Alors l’agent de bord répond: « Sorry I don’t speak French ». Ma pression n’a fait qu’un tour. Un gros tour. J’ai failli lui répondre: « Don’t be sorry learn it ». (je ne me rappelle plus qui a déjà prononcé cette phrase mais elle n’est pas de moi). Je deviens de plus en plus irritable avec la question du français au Québec.
Maintenant Casablanca. Le déplacement entre l’aéroport et notre hôtel s’est relativement bien passé. Un train désuet et un tramway dernier cri. Notre hôtel, ouf, mettons que j’ai déjà vu mieux, beaucoup mieux. On va faire avec parce que nous n’y sommes que pour 2 nuits, mais isshhh qu’il ne me plaît pas, mais pas du tout.
Nous sommes sortis en fin d’après-midi, nous avons marché au-delà de 11km, on a cherché notre chemin, un peu, beaucoup, énormément. La ville est un dédale de rues qui va dans tous les sens, il y a peut-être une logique mais nous ne l’avons pas encore comprise ;-).
Mes premières impressions: bruyante, sale très sale. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Dans les petits cafés que des hommes qui jasent, écoutent le foot et boivent du thé à la menthe. Les femmes, elles, se promènent souvent bras dessus, bras dessous avec la marmaille autour d’elles. J’aime habituellement les grandes villes, je ne sais pas encore si j’aime Casablanca. On a marché jusqu’à la Mosquée Hassan II, impressionnante de l’extérieur, demain on ira la visiter.
Nous avons mangé autour de 20h00 chez Réda. Rien à dire, la bouffe était bonne, tajine de fruits de mer. Légumes sautés. Bien reput, nous avons continué notre marche en direction de l’hôtel. Nous sommes passés, je crois par la médina, il y avait là du monde et des échoppes de fruits, légumes, poissons et viandes. Le marché Atwater mais en moins chic, mettons. Il m’a plu ce marché, le désordre, les cris, les odeurs et les chats, partout tout le temps.
Le plus déstabilisant, le muezzin de son minaret qui fait l’appel à la prière, 5 fois par jour. Nous avons eu droit à celui du coucher du soleil. Ça me touche ce genre de patente. Les gens qui croient, qui ont la foi en quelque chose. Moi, je ne crois en rien. Je devrais peut-être essayer…
Nous avons pris un Uber pour nous rendre à l’aéroport. J’avais pas trop envie de faire du « small talk » avec le chauffeur et JF non plus. De toute façon, je suis pas bonne pour parler juste pour parler. J’aime le silence. On fait donc la majorité du chemin sans rien dire. Tout près de l’aéroport, le chauffeur demande: « Vous allez où », JF répond: « Casablanca ». Je vous le donne en mille. Le chauffeur du Uber est originaire du Maroc et plus précisément de Casablanca . Petit éclat de rire réciproque. Le chauffeur ajoute: mon père était ingénieur de grandes routes au Maroc. Nonnnnnnnnnnnn, pas possible. JF lui répond qu’il est lui-même ingénieur de grandes routes. Gros rire réciproque. Probabilité 1 sur combien….!!!
Nous sommes installés dans le salon VIP Banque Nationale. On boit un grand cru 😉 JF est allé vérifier sur le site de la SAQ pour connaître le prix du nectar dont nous nous délectons. Un crama la rigolade ou quelque chose du genre dont le coût ne risque pas d’avoir un impact significatif sur le cours de l’action de l’institution financière.
Mais bon, l’important c’est de profiter et de se dire qu’on est pas mal chanceux d’avoir « viré » notre cauchemar Nouvelles Orléans en un trois semaines au Maroc.
Aujourd’hui en faisant les courses, nous sommes tombés sur ceci (voir photo). On a pas pu résister. Les paris sont ouverts, Chez Gérard on y fait quoi??
Les bagages sont faits, nous sommes enregistrés et les sièges sélectionnés. Ne reste que l’attente.
Malgré l’excitation du départ vers le Maroc, nous avons quelquefois le vague à l’âme en lien avec Gérard et notre projet de la Nouvelle Orléans. Un espèce de sentiment d’échec, de fin de projet abrupte, de non-accomplissement. On se demande si nous aurions pu gérer la situation autrement. Si oui, comment?.
La levée du corps s’est faite encore une fois aux aurores. Il fait plus que froid et il faut ré-hiverniser Gérard avant de faire le dernier segment jusqu’à Roxboro. Les manoeuvres se passent bien, JF et moi, on fait une bonne équipe de travail. J’écoute les ordres et je m’exécute. Ne pensez pas qu’il s’agit là d’un acte de soumission de ma part, non non…des décisions j’en ai pris pendant 35 ans et encore plus dans les 5 derniers années à titre de gestionnaire, me faire bosser de temps en temps ça me dérange pas trop.
Évidemment nous ne pouvions finir cette aventure sur une mauvaise note. C’est mal me connaître. Dès hier matin, je me suis mise en mode, on doit faire quelque chose pour évacuer ce cauchemar. La veille, nous en avions discuté brièvement, mais j’étais tellement crevée par les heures de conduite que je n’entendais plus rien. Hier matin, JF est au volant et je me mets en mode action. Objectif Maroc. Billets achetés pour le départ. Les billets de retour me donnent un peu de fil à retordre mais je trouve quelque chose de pas si pire. Nous quittons le 28 décembre prochain et serons de retour le 20 janvier.
Ce matin, les dernières manoeuvres sont faites afin de conduire Gérard à l’hôpital des MB. Comme d’habitude, les gérants de service sont toujours affables, avenant et plein de solutions. Bien hâte de voir au retour.
Pour la suite, suivez-nous à compter du 29 décembre mais SANS Gérard!! Nous avons besoin de distanciation.
Nous avons pris la décision de revenir à Montréal. Nous ne voulions pas prendre la chance d’attendre à Franklin (louer un hôtel, une auto etc) et de ne pas être certain à 100% que la pièce serait livrée deux semaines plus tard, avec les congés pour les fêtes, rien n’était certain…en plus, je vous épargne les détails des redémarrages qui étaient au nombre de 3 hier, on pouvait repartir Gérard que 3 fois, sinon on retombait sur le « idle mode »…8km à l’heure…alors on a laissé le moteur de Gérard tourner pour mettre l’essence, il a continué à rouler lorsqu’on a rempli le réservoir de gaz propane…des manoeuvres pas trop sécuritaires.
On est debout depuis 4h ce matin. On a roulé toute la journée, dans un état second. On a l’impression qu’on va se réveiller et que le mauvais rêve va se terminer. Mais non. On espère pouvoir rentrer demain en fin de journée. Gérard s’en ira direct chez le concessionnaire MB à Pointe-Claire…ce soir, nous sommes les seuls résidents du Parc d’État de Genova au bord de lac Érié. Me demande ben pourquoi!!!!
J’aimerais bien savoir qui est cette petite racaille qui est venue couper notre catalyseur.
Vous vous rappelez de mon scepticisme à l’égard du “J’ai des bonnes nouvelles”. Réveil ce matin à 6h, on attends avec impatience l’ouverture du service mécanique de Mercedes. 7h, JF se dirige vers le comptoir, Steve a disparu, il fait maintenant affaire avec Nic. On va s’occuper de vous dans quelques heures, je manque de staff!! Steve avait bien dit à la première heure lundi matin…1-0 pour moi.
J’insiste JF retourne, Steve est là, Gérard entre dans le garage, on est dans la salle d’attente pis on attend (ce qu’on fait généralement dans une salle d’attente). Une petite manœuvre de quelques minutes selon Steve. Remember???
JF reçoit un texto du mécano. Le coût de la réparation s’élève à 3500$ américain. JF tombe sur le cul, se lève et se précipite vers le gérant de service.. J’attends…la « vibe » n’est pas bonne, je le sens…20 minutes plus tard, JF est de retour dans la salle d’attente avec sa tête des mauvais jours. Êtes-vous bien assis? Notre catalyseur a été volé (coupé), quand ? probablement lorsque notre VR était stationné à Contrecoeur, c’est-à-dire à l’endroit où il devait passer l’hiver. Il semble que les catalyseurs de Mercedes contiennent des métaux qui se vendent à un prix d’or sur le marché noir. Non, mais j’hallucine!!!! pis je prends même pas de drogue!!!
Nous décidons de nous rabattre sur un jobbeur afin qu’il effectue une réparation temporaire…nous faisons 6 miles à 5 miles à l’heure. Faites le calcul. Plus d’une heure pour se rendre du concessionnaire Mercedes au jobbeur. Une chance que la route avait des pentes, on prenait un peu de vitesse en se mettant au neutre…Tiens, les flics. Bla bla bla…le flic est sympathique, on repars…la suite demain, la nuit porte conseil.
Voilà, le catalyseur coupé, le tuyau d’échappement….m’en ca******