Jour 2 : Casablanca

Découvrir Casablanca sous le soleil

La température est juste parfaite. Le temps est frais le matin et se réchauffe au fil de la journée. Juste ce qu’il faut pour ne pas se dire :  » y fais-tu chaud, rien qu’un peu ». Ça prends une petite laine le matin et l’après-midi on sent le soleil qui nous réchauffe. Après avoir gelé pendant une semaine entre Roxboro et Nashville, je profite de cette douce chaleur et j’aime ça comme ça. Ce matin, levée du corps ardue, en retard pour la visite de la Mosquée de 10h. Nous sommes chanceux, il y a une autre visite en après-midi, après la prière. J’y reviendrai, JF a des chiffres à vous donner.

Aujourd’hui, nous voyons Casablanca sous le soleil ce qui lui donne une toute autre perspective. Casablanca a besoin d’amour, beaucoup d’amour, mais l’architecture est belle il y a de jolis immeubles aux balcons arrondis. J’aime regarder l’architecture, cela m’émeut. Je sais, je sais, hier la mosquée, aujourd’hui l’architecture, vous allez finir par penser que je suis une émotive. Un peu. Dans les faits, c’est le génie humain qui m’émeut. À Zadar, en Croatie, j’y suis allée que pour entendre l’orgue des mers et j’ai versé une petite larme. Le soleil se couchait, nous étions des dizaines de personnes assises en silence à écouter la musicalité complètement aléatoire de cet orgue marin qui fonctionne grâce au ressac de la mer. C’était de toute beauté.

Nous avons encore beaucoup marché aujourd’hui. J’aime découvrir les villes à pied. J’aime à penser que mes jambes sont un moyen de transport et que je peux me déplacer d’un point A à un point B avec elles. JF a les yeux fixés sur son cellulaire et vérifie l’itinéraire. Moi qui aime passer incognito et me fondre dans la ville comme si j’y habitais, me voilà débusquée comme touriste. Voilà notre principale dichotomie à JF et moi. Je suis une organisée désorganisée et JF est un méthodique qui focusse sur la tâche. Ma fille dirait que je manque de T (TRIMA). 2 phrases de contextualisation concernant le TRIMA. Le TRIMA est un test d’évaluation psychométrique d’une entreprise québécoise. L’évaluation psychométrique est d’ordre ipsatif (l’individu est comparé à lui-même et non pas à un groupe). Lorsque vous obtenez un score élevé à la lettre T ce qui est le cas pour JF, c’est que vous êtes une personne qui mise sur la logistique, qui aime les détails et à qui rien n’échappe. Ma lettre la plus forte est le I. Personne créative et curieuse, qui vous amène toujours des nouvelles idées. Tout ça pour dire que JF et moi nous ne sommes pas toujours sur le même tempo. Si j’avais été seule, probablement que je me serais égarée vingt fois, tournée trois fois autour du même immeuble, pris le tramway dans la mauvaise direction…vous voyez le genre…!! Mais je m’en fous, je n’ai pas besoin de tout voir, j’aime juste être LÀ. C’est tout.

Voici maintenant la partie technique de l’article. Nous avons visité la Mosquée Hassan II. JF dort…ok, pas grave je vous raconte quelque chose. J’ai visité la Mosquée bleue à Istanbul. Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre et voile obligatoire pour les femmes. Pas de souci. Ma mère dirait: » à Rome on fait comme les romains » J’ai l’impression d’avoir un Boukar Diouf en dedans de mon moi-même. Lui c’est son grand-père moi c’est ma mère. Je m’égare. J’ai visité aussi la Mosquée de Amman en Jordanie, encore là, stricte observance des règles.

Bien, j’vais vous dire que les Marocains sont pas mal plus olé olé. Le guide se prenait pour Martin Matte et faisait des farces à qui mieux mieux. Hommes et femmes visitent ensemble, pas de voile pour les dames et bien entendu, tout le monde se déchausse. Petite confidence. Je ne suis pas une fille de tour organisé, mais des fois c’est utile pour avoir l’info nécessaire rapidement. Saviez-vous qu’ il y a toujours un chien savant dans ce genre de groupe?. Vous savez celui ou celle qui pose toujours « ZE » question pour avoir l’air plus intelligent que le reste du troupeau. Aujourd’hui on en a eu un, que je cataloguerais de 5 étoiles. En résumé: « Monsieur le guide pouvez-vous me dire une partie de la prière » Le guide n’est pas trop certain. Il part:  » Allahu Akbar »…le chien savant lui dit: « non, non la suite svp ». Le guide encore plus médusé, regarde le touriste en pensant: « Simonac tu me cherches ou quoi ». Le guide bon joueur dit une ou deux phrases. Le chien savant, avant même que le guide finisse ses deux phrases, répète en anglais et en arabe ce que le guide venait de dire. Il connaissait les phrases de la prière et était capable de les traduire de l’arable à l’anglais. Arrrrke, tais-toi. Tais-toi et écoute!!!! Tu voulais qu’on te remarque, ben c’est fait, mon grand!!!! Je n’ai aucune tolérance pour les gens qui ont besoin d’étaler leurs connaissances, leurs biens, ou leur richesse. Petit. Voilà, très petit.

L’homme sort de sa torpeur. Go pour la partie technique concernant la Mosquée. Elle a été construite de 1987 à 1993 avec des matériaux uniquement marocains et de la main-d’oeuvre locale. La Mosquée peut accueillir jusqu’à 25 000 fidèles dans la salle de prière (hommes seulement | femmes prient au deuxième étage) elle mesure 200 mètres de long, par 100 mètres de large et 65 mètres d’hauteur ce qui représente trois terrains de football. Le minaret à une hauteur de 200 mètres. La Mosquée possède un toit ouvrant qui semble avoir causé beaucoup moins de problème à ses propriétaires que celui de notre stade olympique. Quant à la grande place située devant la Mosquée, elle peut accueillir jusqu’à 85 000 personnes. Aujourd’hui, bonne journée tout d’même, nous avons assisté à la sortie de 15 000 disciples de l’Islam. C’est quelque chose à voir.

L’avocate en moi n’est pas encore morte. Je suis toujours membre du Barreau. Chaque fois que je visite une grande ville, plus fort que moi, je dois voir le Palais de Justice. Alors je l’ai trouvé et nous y sommes allés. Première constatation, le sans-papier n’est pas encore arrivé au Palais de Justice de Casablanca tout comme à Montréal même si des efforts sont faits en ce sens. Même scène que dans bien d’autres palais de justice, lorsque des avocats se retrouvent autour d’une imprimante c’est toujours celui qui criera le plus fort pour faire sa copie presto. La phrase à cent piastres, j’suis pressée le juge attend. Nous y sommes restés un moment, il y a un magnifique jardin intérieur, nous étions à l’abri du soleil, on écoutait et regardait. C’est tout. Fin de l’histoire.

Le tribunal social est celui qui valide ou invalide les mariages des filles mineures…!!! Il s’occupe également des affaires familiales. J’aurais beaucoup à dire sur le mariage des filles mineures, le temps me manque, je pourrais vous en parler en long et en large. Procureur DPJ pendant 28 ans ça voit des horreurs à longueur de semaine.

Nous avons mangé à l’Étoile Marocaine. Couscous à l’agneau et tajine agneau et légumes. Très bon. Rien à dire.

Comment dire. Il y a du monde « mardeux » dans vie. JF ne peut pas faire deux affaires en même temps et s’il fait une tentative en ce sens, les chances sont bonnes qu’il arrive quelque chose. Un malheur, genre se couper un doigts, se péter la tête sur une pancarte. Aujourd’hui il tentait de manipuler une bouteille d’eau, un cellulaire pis ses lunettes (avec ses deux mains bien entendu)….que pensez-vous qu’il est arrivé, il a échappé son cellulaire….et…..

Vous voyez le point rouge et bien son cellulaire est tombé drette là. Chanceux tu dis…devrait acheter un loto. Pas la bouteille, pas l’étui à lunette…non, non le cellulaire.

Voici quelques photos du Marché central, ce sera tout pour ce soir. Je dois dormir, demain nous partons pour Essaouira.

Oups une petite dernière….les chats!!!

Jour 1 : Casablanca

Salmigondis du jeudi

Je ne sais pas par quel bout commencer. Tiens, commençons par Air Canada. Ma première irritation est venue une fois assise dans l’avion. On vous fait le baratin habituel sur les consignes de sécurité et SURTOUT d’être en mesure de vous servir en trois langues: le français, l’anglais et l’arabe. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat (et je vous assure à Casa vous pourriez en fouetter plus d’un, tellement y’en a). Les défenseurs des animaux, calmez-vous je n’ai fouetté aucun chat. Bref, nous sommes en vol depuis 45 minutes une heure tout au plus, Jean-François demande 2 verres de vin à l’agent de bord (je me suis déjà fait reprendre en public parce que j’avais dit hôtesse de l’air au lieu d’agent bord). Oulalala. Le lèse majesté. Je ne vous dirai pas ce que ma mère dit au sujet des agents de bord, les oreilles vous friseraient. Je vais m’abstenir de vous répéter afin de la préserver Alors l’agent de bord répond: « Sorry I don’t speak French ». Ma pression n’a fait qu’un tour. Un gros tour. J’ai failli lui répondre: « Don’t be sorry learn it ». (je ne me rappelle plus qui a déjà prononcé cette phrase mais elle n’est pas de moi). Je deviens de plus en plus irritable avec la question du français au Québec.

Maintenant Casablanca. Le déplacement entre l’aéroport et notre hôtel s’est relativement bien passé. Un train désuet et un tramway dernier cri. Notre hôtel, ouf, mettons que j’ai déjà vu mieux, beaucoup mieux. On va faire avec parce que nous n’y sommes que pour 2 nuits, mais isshhh qu’il ne me plaît pas, mais pas du tout.

Nous sommes sortis en fin d’après-midi, nous avons marché au-delà de 11km, on a cherché notre chemin, un peu, beaucoup, énormément. La ville est un dédale de rues qui va dans tous les sens, il y a peut-être une logique mais nous ne l’avons pas encore comprise ;-).

Mes premières impressions: bruyante, sale très sale. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Dans les petits cafés que des hommes qui jasent, écoutent le foot et boivent du thé à la menthe. Les femmes, elles, se promènent souvent bras dessus, bras dessous avec la marmaille autour d’elles. J’aime habituellement les grandes villes, je ne sais pas encore si j’aime Casablanca. On a marché jusqu’à la Mosquée Hassan II, impressionnante de l’extérieur, demain on ira la visiter.

Nous avons mangé autour de 20h00 chez Réda. Rien à dire, la bouffe était bonne, tajine de fruits de mer. Légumes sautés. Bien reput, nous avons continué notre marche en direction de l’hôtel. Nous sommes passés, je crois par la médina, il y avait là du monde et des échoppes de fruits, légumes, poissons et viandes. Le marché Atwater mais en moins chic, mettons. Il m’a plu ce marché, le désordre, les cris, les odeurs et les chats, partout tout le temps.

Le plus déstabilisant, le muezzin de son minaret qui fait l’appel à la prière, 5 fois par jour. Nous avons eu droit à celui du coucher du soleil. Ça me touche ce genre de patente. Les gens qui croient, qui ont la foi en quelque chose. Moi, je ne crois en rien. Je devrais peut-être essayer…

Départ numéro 2

Uber et Salon VIP

Nous avons pris un Uber pour nous rendre à l’aéroport. J’avais pas trop envie de faire du « small talk » avec le chauffeur et JF non plus. De toute façon, je suis pas bonne pour parler juste pour parler. J’aime le silence. On fait donc la majorité du chemin sans rien dire. Tout près de l’aéroport, le chauffeur demande: « Vous allez où », JF répond: « Casablanca ». Je vous le donne en mille. Le chauffeur du Uber est originaire du Maroc et plus précisément de Casablanca . Petit éclat de rire réciproque. Le chauffeur ajoute: mon père était ingénieur de grandes routes au Maroc. Nonnnnnnnnnnnn, pas possible. JF lui répond qu’il est lui-même ingénieur de grandes routes. Gros rire réciproque. Probabilité 1 sur combien….!!!

Nous sommes installés dans le salon VIP Banque Nationale. On boit un grand cru 😉 JF est allé vérifier sur le site de la SAQ pour connaître le prix du nectar dont nous nous délectons. Un crama la rigolade ou quelque chose du genre dont le coût ne risque pas d’avoir un impact significatif sur le cours de l’action de l’institution financière.

Mais bon, l’important c’est de profiter et de se dire qu’on est pas mal chanceux d’avoir « viré » notre cauchemar Nouvelles Orléans en un trois semaines au Maroc.

Le meilleur est à venir…

24 heures avant le départ !

Préparatifs finaux

Aujourd’hui en faisant les courses, nous sommes tombés sur ceci (voir photo). On a pas pu résister. Les paris sont ouverts, Chez Gérard on y fait quoi??

Les bagages sont faits, nous sommes enregistrés et les sièges sélectionnés. Ne reste que l’attente.

Malgré l’excitation du départ vers le Maroc, nous avons quelquefois le vague à l’âme en lien avec Gérard et notre projet de la Nouvelle Orléans. Un espèce de sentiment d’échec, de fin de projet abrupte, de non-accomplissement. On se demande si nous aurions pu gérer la situation autrement. Si oui, comment?.

Avec des si, on mettrait Paris en bouteille.

Jour 7: Geneva, OH à Roxboro, QC, 858 km

La renaissance

La levée du corps s’est faite encore une fois aux aurores. Il fait plus que froid et il faut ré-hiverniser Gérard avant de faire le dernier segment jusqu’à Roxboro. Les manoeuvres se passent bien, JF et moi, on fait une bonne équipe de travail. J’écoute les ordres et je m’exécute. Ne pensez pas qu’il s’agit là d’un acte de soumission de ma part, non non…des décisions j’en ai pris pendant 35 ans et encore plus dans les 5 derniers années à titre de gestionnaire, me faire bosser de temps en temps ça me dérange pas trop.

Évidemment nous ne pouvions finir cette aventure sur une mauvaise note. C’est mal me connaître. Dès hier matin, je me suis mise en mode, on doit faire quelque chose pour évacuer ce cauchemar. La veille, nous en avions discuté brièvement, mais j’étais tellement crevée par les heures de conduite que je n’entendais plus rien. Hier matin, JF est au volant et je me mets en mode action. Objectif Maroc. Billets achetés pour le départ. Les billets de retour me donnent un peu de fil à retordre mais je trouve quelque chose de pas si pire. Nous quittons le 28 décembre prochain et serons de retour le 20 janvier.

Ce matin, les dernières manoeuvres sont faites afin de conduire Gérard à l’hôpital des MB. Comme d’habitude, les gérants de service sont toujours affables, avenant et plein de solutions. Bien hâte de voir au retour.

Pour la suite, suivez-nous à compter du 29 décembre mais SANS Gérard!! Nous avons besoin de distanciation.

À bientôt

M et JF

Jour 6: Franklin, TN à Genova, OH, 942 km

Le deuil

Nous avons pris la décision de revenir à Montréal. Nous ne voulions pas prendre la chance d’attendre à Franklin (louer un hôtel, une auto etc) et de ne pas être certain à 100% que la pièce serait livrée deux semaines plus tard, avec les congés pour les fêtes, rien n’était certain…en plus, je vous épargne les détails des redémarrages qui étaient au nombre de 3 hier, on pouvait repartir Gérard que 3 fois, sinon on retombait sur le « idle mode »…8km à l’heure…alors on a laissé le moteur de Gérard tourner pour mettre l’essence, il a continué à rouler lorsqu’on a rempli le réservoir de gaz propane…des manoeuvres pas trop sécuritaires.

On est debout depuis 4h ce matin. On a roulé toute la journée, dans un état second. On a l’impression qu’on va se réveiller et que le mauvais rêve va se terminer. Mais non. On espère pouvoir rentrer demain en fin de journée. Gérard s’en ira direct chez le concessionnaire MB à Pointe-Claire…ce soir, nous sommes les seuls résidents du Parc d’État de Genova au bord de lac Érié. Me demande ben pourquoi!!!!

J’aimerais bien savoir qui est cette petite racaille qui est venue couper notre catalyseur.

Jour 5: Frankin, TN à Franklin, TN, 6 km

J’ai des bonnes nouvelles…

Vous vous rappelez de mon scepticisme à l’égard du “J’ai des bonnes nouvelles”. Réveil ce matin à 6h, on attends avec impatience l’ouverture du service mécanique de Mercedes. 7h, JF se dirige vers le comptoir, Steve a disparu, il fait maintenant affaire avec Nic. On va s’occuper de vous dans quelques heures, je manque de staff!! Steve avait bien dit à la première heure lundi matin…1-0 pour moi.

J’insiste JF retourne, Steve est là, Gérard entre dans le garage, on est dans la salle d’attente pis on attend (ce qu’on fait généralement dans une salle d’attente).  Une petite manœuvre de quelques minutes selon Steve. Remember???

JF reçoit un texto du mécano. Le coût de la réparation s’élève à 3500$ américain. JF tombe sur le cul, se lève et se précipite vers le gérant de service.. J’attends…la « vibe » n’est pas bonne, je le sens…20 minutes plus tard, JF est de retour dans la salle d’attente avec sa tête des mauvais jours. Êtes-vous bien assis? Notre catalyseur a été volé (coupé), quand ? probablement lorsque notre VR était stationné à Contrecoeur, c’est-à-dire à l’endroit où il devait passer l’hiver. Il semble que les catalyseurs de Mercedes contiennent des métaux qui se vendent à un prix d’or sur le marché noir. Non, mais j’hallucine!!!! pis je prends même pas de drogue!!!

Nous décidons de nous rabattre sur un jobbeur afin qu’il effectue une réparation temporaire…nous faisons 6 miles à 5 miles à l’heure. Faites le calcul. Plus d’une heure pour se rendre du concessionnaire Mercedes au jobbeur. Une chance que la route avait des pentes, on prenait un peu de vitesse en se mettant au neutre…Tiens, les flics. Bla bla bla…le flic est sympathique, on repars…la suite demain, la nuit porte conseil.

Voilà, le catalyseur coupé, le tuyau d’échappement….m’en ca******

Jour 4: Franklin, TN à Franklin TN, 0 km

Faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Toutes les tentatives ont échoué. Nous sommes restés coincés dans le parking du concessionnaire et nous y serons jusqu’à minimalement demain milieu d’avant-midi. Fait divers ou d’hiver (fait tellement frette). Les gens viennent en voiture faire le tour du parking pour regarder les Mercedes. Belle activité du dimanche 🙂 Malgré la situation, on tente de trouver du réconfort dans ce que l’on fait. J’ai fait un rôti de bœuf et Jean-François a fait son pain. On a pris une marche jusqu’au centre commercial de Franklin. Les gens font des achats pour Noël. Nous on ne se sent pas tellement dans l’esprit des fêtes. Jean-François a aussi fait le tour du stationnement, cherchant désespérément une prise de courant. Nada. Cependant, il a traficoté l’eau du concessionnaire et a pu remplir le réservoir de Gérard. On manquera pas d’eau. Connaissez-vous l’expression du vendeur: “J’ai des bonnes nouvelles”. Non, vous ne connaissez pas?. Imaginez la scène, vous êtes en train de magasiner des électroménagers (ou n’importe quoi d’autre) et la facture est salée. Vous demandez au vendeur:”Vous pouvez pas faire mieux? »Le vendeur répond: “Attendez je vais  voir mon gérant”. Pendant ce temps, les acheteurs poireautent et attendent avec impatience le “deal du siècle”. Le vendeur revient et vous dit de pas trop loin, mais avant d’être assis à son bureau: “J’ai des bonnes nouvelles” et là, le vendeur te déballe la bonne nouvelle en question qui est une réduction ridicule. C’est devenu notre “running gag”.  Chaque fois que nous sommes devant une situation ridiculement peu significative, on se lance: “J’ai des bonnes nouvelles!! Jean-François  est tombé sur Steve, le gérant de service du garage MB et est revenu avec un : “J’ai des bonnes nouvelles”. Problème expliqué, on sera prioritaire demain matin. Je suis toujours un peu sceptique dans ce genre de situation, on verra bien à l’aube si la bonne nouvelle était vraiment une bonne nouvelle.  

Le soleil nous réchauffait cet après-midi. Assez pour réveiller vous ne savez pas quoi. Voir la photo ici-bas.

On ira au resto le 23 décembre pour fêter le réveillon de Noël, fêter avant les autres c’est toujours mieux. Une table est réservée au restaurant, The court of Two sisters.

Le pain cuit. On cherche un film à regarder grâce à notre VPN!

En route vers le centre commercial de Franklin, TN

Jour 3: Bowling Green, KY à Bowling Green, KY 0,5 km

L’attente

Nous avions prévu une petite journée tranquille, c’est-à-dire faire la distance nous séparant de Nashville, se stationner dans un quartier non loin du centre-ville et partir à vélo downtown. Nous sortons du supermarché, je range la bouffe dans le frigo, on s’installe pour partir. Un voyant lumineux orangé nous indique que Gérard va fonctionner en mode ralenti. De kessé?

Je suis au volant, Gérard ne veut pas avancer, en tout cas, pas plus de 8km à l’ heure. Notre beau plan vient de prendre fin abruptement. Vérification faite dans le guide d’entretien, ça risque d’être long. J’arrive à rouler jusqu’à une station service. Depuis une heure que nous y sommes, j’attends de parler à quelqu’un de la FCCQ (non ce n’est pas la FADOQ mais bien la FCCQ). Ils vont rappeler. Les options: a) on vous remorque jusqu’à un concessionnaire Mercedes (on est samedi, ça veut dire qu’on devra rester à Bowling Green jusqu’à lundi en fin de journée) ou b) vous pouvez trouver un garage et on vous remorque à cet endroit. Aucune de ces options ne m’enchante, d’un bord comme de l’autre, on va se faire avoir (les deux touristes avec leur Mercedes…j’entends déjà le son de la caisse enregistreuse kecling kecling kecling). JF est parti chez Wal-Mart tenter de trouver un produit “DEF”. Hier dans mon texte perdu, je vous parlais justement de ce voyant lumineux orangé. J’écrivais que c’était rien, sans doute un problème électronique. Un mauvais contact, rien de très grave. Erreur. Comme dit JF ça vient de me mordre le c**.  La dame de la FCCQ vient de rappeler. Pour vous remorquer jusqu’au concessionnaire Mercedes  qui se trouve à quelques minutes d’où nous sommes, 300$ US . Un appel avait déjà été fait  à ce concessionnaire, ils ne font pas de réparation sur les Sprinter, du grand n’importe quoi. JF a la tête dans le moteur. Je suis une bonne “helpeuse”, tiens le boyau, éclaire-moi ici. Fais ceci. Je croise les doigts. Je ne suis pas très optimiste. Plus d’une heure plus tard, c’est un échec, JF repart avec son chariot de Wal-Mart (0,5 km) comme un itinérant. On est un petit peu à bout.

Nous attendons la remorqueuse, je pense qu’on va faire un tour de towing jusqu’à Nashville. L’aventure, j’vous dis. Le tour de towing a bel et bien eu lieu à 20h00 et nous n’allons pas à Nashville mais à Franklin au Tennessee. Faites le calcul, près de 8h d’attente dans le stationnement d’un Speedway. C’est long en simonac. Si au moins, il faisait chaud, mais non on se les gèle “big time”. Vague de froid qui semble généralisée dans le sud des USA. En tout cas, partout où nous pensions aller. Autour de Noël, il fera -14c (la nuit) à Nashville. À la Nouvelle Orléans ce sera  pas mieux (moins froid, mais dans mon livre à moi, froid quand même). J’ai pensé garer le campeur dans un stationnement et acheter deux billets d’avion vers Eleuthera. Je suis partie en Pantagonie sur un coup de tête voir le glacier Perito Moreno, bon ok, j’étais déjà en Argentine…mais pour moi, Eleuthera c’est aussi simple que de  partir pour Brossard. 2 min 15 sec et je suis prête.

Jour 3: Bowling Green, KY à Franklin, TN 188 km

La balade

Une heure de route, coincé dans la cabine de la remorqueuse. On a couché dans le stationnement du concessionnaire Mercedes. La vue, magnifique que nous avons, vous avez pas idée. Ce matin, une ultime tentative après avoir cherché sur Youtube quelle pouvait être la solution à notre problème. Échec. Nouvelle recherche sur Youtube, re-échec. J’en perds mon latin et j’ai juste envie d’écrire des GROS MOTS. Hier soir, assise dans la cabine de la remorqueuse, jouait ceci, bon, évidemment pour ajouter un vidéo sur ce site, il faut passer en mode Premium. Ishhhh. Allez écouter « Jig of life » de Kate Bush. Y’a des moments comme ça. C’est presque de la physique quantique. Méchante gigue que nous vivons.

Jour 2: Érié, PA à Bowling Green, KY, 889 km

La technologie

J’avais un texte d’écrit et vlan, plus rien. Je ne sais pas trop ce qui est arrivé. Dans les circonstances et compte tenu de la fatigue, l’article de ce soir sera bref. 889 kilomètres en une journée c’est beaucoup. D’autant plus, que nous avons quelques petits ennuis avec Gérard, il fait son capricieux. Le mécano de la maison devrait être en mesure de lui régler son compte. Problème aussi avec l’eau. Il fait froid et le temps n’est pas tout à fait propice au camping caravaning. Le plombier devrait passer demain. Concernant, le déroulement du voyage il n’y a pas grand chose à dire sinon que nous avalons les kilomètres comme des boulimiques. Nous n’avons fait aucun arrêt dans aucune des grandes villes que nous croisons. Cleveland, Louisville, Cincinnati et nous dormons à Bowling Green une ville de 58 000 habitants. Les photos que nous avons prises au courant de la journée sont moyennes et rien de très fulgurant. Le Kentucky est montagneux. Voilà pour l’heure, je vous promets mieux demain ;-). Évidemment les photos ici-bas ne sont pas de nous.

Photo de Kelly M. sur Pexels.com

Jour 2: Addendum

Jeudi le 16 décembre, jour de notre départ, le vent soufflait très fort dans l’après-midi. Nous avons pris la décision de nous arrêter autour de 15h30. Nous nous sommes couchés relativement tôt. Malgré la fatigue, j’ai eu de la difficulté à m’endormir. Il ventait toujours autant et mon cerveau s’est mis à générer des scénarios catastrophes, et si une branche tombait sur la capucine et que je mourrais sur le coup. Ne riez pas. Un jeune avocat montréalais est mort de cette façon en septembre dernier.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1910562/deces-mort-thomas-bernier-villeneuve-camping-washington-accident-arbre

J’ai fini par m’endormir, la tuque sur la tête, les mitaines aux mains.  Je suis frileuse. À 3h30 du matin, j’entends Gérard qui craque de partout, beding, bedang, à moitié endormie, je me demande ce qui se passe, ça y est on va mourir. Y’a une branche d’arbre qui est sur le point de nous tomber dessus. Le bruit continue de plus en plus fort. Merde Gérard bouge, étions-nous stationnés dans une pente et avons oublié de mettre le frein à main?. On bouge vraiment, j’ai l’impression qu’on roule…Je réalise quelques minutes plus tard,  qu’il n’y a pas de catastrophe, juste un gars qui s’est réveillé à 3h30 du  matin et qui a décidé de rentabiliser son temps parce qu’il n’arrivait plus à dormir. Gérard se dirige vers Cleveland.

Jour 1: Roxboro à Érié, PA, 767 km

Le réveil.

C’est le début de notre périple de 5 semaines dans le sud des USA. Nous allons descendre jusqu’en Nouvelle-Orléans. Notre départ a été devancé de deux jours en raison de la tempête de neige qui doit s’abattre sur le Québec demain et samedi, nous avons donc pris la route ce matin à 4h45, deux jours avant la date initialement fixée. Jean-François est réveillé depuis trois heures du matin et se met en action dès que son pied touche le sol. Il reste quelques manœuvres à faire avant le départ. Je le sens pressé de partir. Du café dans les thermos, deux, trois vérifications et nous voilà en route. Ce matin, c’est lui qui prend le volant. Il fait nuit et froid. On enfile la 40 vers l’ouest, la circulation est fluide mais il y a déjà pas mal de monde sur la route puis, la 401 jusqu’aux Milles Îles et traversons aux États-Unis par le Thousand Islands Bridge. Notre douanier est sympathique, trois ou quatre questions, merci-bonsoir. Pas de tataouinnage. Par la suite la 81 sud jusqu’à la 90 ouest. Jean-François avait étudié les cartes météos jusqu’à très tôt ce matin et le plan prévu a été suivi à la lettre. Nous avons roulé sur l’asphalte sèche jusqu’au dîner. Par la suite, les choses se sont corsées un brin. Il pleut et le vent est fort, je dois tenir le volant bien serré afin de ne pas prendre le champ. On a l’impression d’être dans un avion dans une zone de turbulence qui dure depuis 2 heures. C’est long. Oups, le vent est tellement fort qu’un camion remorque est tombé sur le côté. Nous commençons à ressentir la fatigue, il est 15h30 le temps est gris et la noirceur tombe. Malgré nos 767 km nous n’avons gagné aucune degré en chaleur. J’écris ce texte avec ma tuque sur la tête, je suis sur le point de mettre mes mitaines. Nous nous arrêtons faire des courses pour le souper et allons rejoindre notre spot pour coucher. Demain, la journée s’annonce aussi longue qu’aujourd’hui en terme d’ingurgitation de kilomètres. On essaie d’aller rapidement au sud mais avec une certaine lenteur. On a quand même 5 semaines devant nous. Peut-être bien qu’on finira sur le côté avec notre campeur, le vent ne tombe pas et on sent notre maison sur quatre roues bougée. L’aventure. Pssst, je pense que l’installation de son VPN ne fonctionne pas, j’entends des gros mots. 🙂

Qui sommes-nous ?

Lui: il est le maître de la réflexion, de l’analyse et de la statistique. Donnez-lui des chiffres et il sera heureux. Des chiffres avec des signes de piastres encore plus 😉 il est l’organisé dans la planification et le désorganisé dès que le plan change (il travaille très fort là-dessus depuis 2019). Il peut partir dans la « lune » et ne jamais revenir à moins de le ramener de force. Il est facilement distrait mais il est un entêté qui, lorsqu’il décide de régler un problème, va s’y acharner jusqu’à ce qu’il soit réglé. Il ne lâche pas le morceau facilement. La preuve, il est mort pendant 7 longues minutes. Vous avez bien lu, 7 longues minutes, réanimé, placé dans un coma artificiel pendant 48 heures et en est sorti sans aucune séquelle. Faut être entêté, ne trouvez-vous pas? Entêté, j’vous dis. Faire la mythique course du Paris-Brest-Paris de 1219 km en moins de 90 heures et bien il s’est entêté et il l’a fait en 87:31:55 sec. Mais le faire à l’intérieur de la limite de temps octroyé est un exploit en soi, mais le faire avec un mollet échancré et bien pourquoi pas!! Ça ajoute au défi. Mon chum c’est pas un lâcheux!!!

Moi: Petite, je n’ai jamais joué à la poupée. Dans les faits, je pense n’en avoir jamais eues. L’été, je préférais faire des spectacles dans la cour à l’arrière de la maison, j’installais un drap sur la corde à linge qui me servait de rideau de scène. Dans les faits, je voulais être acrobate dans un cirque. J’invitais les enfants de ma rue à venir assister à mes prestations. J’étais la “vedette” du 2345 Rushbrooke. S’en est suivi des cours de ballet classique et de danse à claquette. J’avais aussi une petite fibre entrepreneuriale, je vendais de la limonade, confectionnais des toutous et des broches décoratrices pour les vêtements et je les vendais. J’avais toujours une idée qui germait dans ma tête et que je tentais de mettre en oeuvre. En même temps, j’étais une sportive: natation de compétition, coureuse de 600 mètres, plusieurs fois médaillés, skieuse et marcheuse, j’aimais bouger souvent et tout le temps. Je pense que j’ai étourdi ma mère plus d’une fois. Ma plus grande passion demeure le voyage. Je suis allée du nord au sud de l’est à l’ouest. J’ai eu la chance de visiter plus de 37 pays. Souvent seule, quelquefois accompagnée.  L’avion est une belle machine à voyager dans le temps et j’ai toujours voulu aller plus loin…

Ma carrière d’acrobate de cirque ne prenant son envol et le cirque des Shriners ne m’appelant pas, j’ai fait mon droit et une maîtrise en administration publique. Je suis devenue avocate et j’ai été avocate plaidante jusqu’en 2017. Cette année-là, ma vie professionnelle a pris un tournant, je suis devenue gestionnaire d’une équipe de 26 collaborateurs (14 avocat.e.s 12 technicien.n.e.s juridiques). Par cette opportunité, j’ai pu exercer mon leadership et j’ai crée des liens formidables avec de jeunes et moins jeunes avocates. ;-). J’ai quitté mes fonctions le 23 juin dernier après presque 35 ans de service et je suis officiellement à la retraite depuis le 24 août et heureuse de ma nouvelle vie.