La route
Je commence à écrire cet article alors que nous sommes à la gare de Marrakech. Nous sommes levés depuis 5h30. Hier soir, avant de quitter pour le restaurant, nous avions demandé à notre hôte si nous pouvions avoir un taxi pour la gare d’autobus. Le gérant : » Mais non, madame, pas de taxi à 5h30 du matin, c’est trop tôt » Dans ma tête, je me dis, hein pas de taxi le matin, ok on va marcher. Je suis devenue la spécialiste du lâcher prise. Le responsable de la Riad est debout lorsque nous descendons pour quitter. Il a préparé du café, des jus et des petits gâteaux. Je ne vous raconterai pas notre histoire avec le paiement de cette riad, vous allez commencer à penser que c’est nous le problème.
Bref, Hamid a reçu un pourboire substantiel en raison de son amabilité, sa gentillesse et pour ses petites attentions. Je pense que pour sa patronne il en est tout autrement.



À ce stade-ci, je dois faire un aparté. Hier soir en arrivant au resto, JF était parti en orbite, il prend à partie le serveur et lui fait une longue tirade sur les aléas de la vie de touristes à Marrakech. À un moment donné je lui dit: « ok, Jean-François, je pense qu’il a compris ». Le serveur de me répondre: « Mais non madame, laisse le parler il a le droit ». (Merci de me rappeler que les hommes ont des droits au Maroc). Bref, encouragé par le serveur il repart de plus belle et en ajoute, une fois, deux fois, trois fois, je lui donne un coup sur la jambe pour lui dire de se calmer. Il arrête de parler, me regarde et dit : « oh je viens de recevoir un coup de pied sous la table, je pense que j’ai fait mon point ». Qui a passé pour la mégère, vous pensez? moi. Le maître d’hôtel arrive, je fais la conversation avec lui, je lui demande s’il y a une école d’hôtellerie à Marrakech et patati et patata. Mais ma véritable question arrive un peu plus tard: « Monsieur selon vous un taxi de la gare d’autobus à votre restaurant devrait coûter combien approximativement »? Il répond: « 50 dirhams ». Vous vous rappelez le taxi du début de notre séjour. 80 dirhams, il a finalement reçu 30 pour une course de trois km.
Imaginez la scène, deux touristes à 6h du mat qui traînent leur valise sur une rue semblable à celles que l’on retrouvent dans Vieux-Montréal. Je me demande si ma valise va tenir le coup. Il est tôt, il fait froid, mais il n’y a pas de bruit dans la Médina, sauf des éboueurs qui ramassent des déchets à pied en traînant un gros bac. Bonne chance!
Nous sortons de la Médina et que vois-je? je vous le donne en mille, des TAXIS. Évidemment les 2 ou 3 chauffeurs se précipitent sur nous. JF est d’attaque. Pas de bonjour, tu pars ton compteur. J’entends un marmonnement, le chauffeur demande combien on veut payer. JF reprend tu pars ton compteur sinon je vais à la police et prends une photo de la plaque d’immatriculation question de donner du punch à son propos. Ça part raide et ce n’est que le début de la journée, j’ai peur. Finalement, le coût de la course en taxi avec le compteur 10 dirhams. Morale de l’histoire, ne jamais croire personne.
Je vous ai déjà parlé que j’admirais le génie humain. On en a eu un exemple sous les yeux pendant notre traversée du col de la Tizi n’Tichka qui se trouve à 2260 mètres d’altitude. La route est en construction, je demande à JF ce qu’il en pense et le voici qui prend la plume pour la première fois.
Nous traversons la chaîne de montagnes du Haut-Atlas. La route empruntée est très sinueuse et comporte de fortes pentes. Elle est parsemée de multiples chantiers qui ont pour but d’aménager un tracé plus sécuritaire et confortable. Plusieurs courbes sont refaites en leur donnant des rayons plus grands. On doit donc excaver dans la montagne afin que le tracé ne soit plus à flanc de cette dernière. J’ai constaté la présence d’équipement adapté à ce type de travaux que ce soit des niveleuses de fabrication récente de la compagnie multinationale américaine Caterpillar ou des pelles hydrauliques de marque Volvo, Cat ou Liebher. J’ai aussi observé l’aménagement de divers ouvrages d’art n’ayant rien à envier à ce qu’on construit au Québec: des ponceaux coulés en place, des tuyaux en béton armé, des revêtements de protection de fossé en béton ou des murs de soutènement coffrés avec les systèmes de coffrage italiens Peri utilisés internationalement sur les grands chantiers des pays industrialisés. La fabrication et la mise en œuvre des enrobés bitumineux semblent se conformer aux standards de l’industrie tel qu’on la connaît. La surface de roulement est d’ailleurs beaucoup meilleure que ce que l’on retrouve chez nous. À notre décharge, le climat marocain est beaucoup plus clément pour les routes que le nôtre.








Demain les gorges de la rivière Toudra. J’ai reçu en cadeau de JF, un forfait WordPress qui éliminera la publicité et qui me permettra de mettre des liens et qui créera mon propre domaine. Je vous reviens sur là-dessus.