Hassan le businessman du désert
Je suis tombée endormie vers trois heures du matin, cela m’arrive de temps à autre, d’avoir de la difficulté à trouver le sommeil. Je ne sais pas si c’est le vin, la fatigue, ma fête, mon cadeau, le livre que je suis à lire ou l’ensemble de ces éléments qui m’ont fait rater quelques heures de sommeil. Manque de sommeil veut dire, zéro patience.
Hier soir, nous avons pris notre souper au camp (de toute façon y’a aucune autre place où aller). La bouffe est excellente et abondante. C’est même trop. Ce n’est pas ici qu’on va mourir de faim. C’est un souper 5 services. Je ne commencerai pas à vous décrire ce que nous avons mangé et il n’y aura pas de photos de bouffe non plus. Ce que l’équipe d’Hassan arrive à faire en plein désert relève de l’exploit. Un p’tit 30 secondes de chialage. En plus de ne pas trouver le sommeil j’ai eu froid. Mais attendez, vous n’avez rien lu encore sur ma capacité à chialer. Ça s’en vient.
Dans la vie, il y a des rencontres qui marquent plus que d’autres et certaines de celles-ci se révèlent exceptionnelles. C’est ce qui nous est arrivés avec Hassan.
Hassan est le businessman du désert mais dans sa plus pure définition. La satisfaction de sa clientèle est son “leitmotiv”. Lors de notre sortie de la Riad Ali, Hassan a pris les choses en main en nous envoyant un chauffeur illico. Il est là au petit déjeuner, il est là le soir à l’heure du repas, il fait le tour des tables, s’informent sur la satisfaction de ses clients, mais dans les faits c’est plus que cela, il s’intéresse vraiment aux gens qui sont dans son camp et entre les deux il semble gérer un million de trucs. Dans les faits, il semble avoir un réseau de contacts exceptionnel. Son personnel est gentil, avenant et dévoué. C’est lui qui nous a proposé notre circuit dans le désert et nous a présenté Ali. Aucun regret, il a bien vu que nous n’étions plus des petites jeunesses et que le tour en QUAD ne nous disait rien
Lors de notre premier souper, nous avions un souci de transport, entre le camp et la ville de Fès la route est longue. Nous n’avions pas envie de nous taper le 9h de bus qui sépare Merzouga de Fès dans un autobus de nuit. Nous étions là-dessus depuis 24 heures, Hassan nous avait dit: “ne vous inquiétez pas, je vais trouver quelque chose pour vous”. JF vérifiait des trucs de son côté et moi je cherchais le prix d’un taxi qui allait couvrir 462 km. Hier au souper, je trouvais que le lendemain arrivait vite et nous n’avions pas de plan bien défini. À un moment donné, Hassan s’approche de notre table et nous dit : “j’attends un appel, vous pourriez monter dans un taxi avec un ami à moi et sa femme, ils quittent pour Fès, eux aussi, demain”. Notre enjeu était principalement lié au coût. Le bus 400 dirhams. Départ à 19h00 et arrivée à 4h15 du matin. Pfff ça ne me tentait pas, mais pas pantoute. Alors on se met à spéculer sur le combien on est prêt à mettre sur un taxi. Tout à coup, Hassan revient et nous dit : “J’ai des bonnes nouvelles”. Coût du taxi 92$ pour nous deux. Un deal. J’écris et nous sommes dans le taxi en question. La note finale du taxi n’est pas encore sortie mais Hassan donne toujours l’heure juste. JF a réglé la note avant de partir. Aucune surprise. Hassan fait ce qu’il dit, si le coût est d’un montant X. Vous n’aurez aucune surprise, le montant sera de X. Ce matin, après le déjeuner, Hassan est venu nous conduire à notre point de rencontre avec le taxi. Il offre le café, nous parle du youtubeur qui a dénoncé une course en taxi exorbitante. Il a des idées bien arrêtées sur Marrakech.

On a parlé de tout et de rien jusqu’au point de rencontre. Il a 37 ans, a un petit garçon habite pas très loin du camp avec sa femme. Il a un look très européen, mais sa vie c’est le désert. Sa tribu, comme il le dit. JF et moi nous nous demandions comment fonctionnait l’achat d’un terrain dans le désert. C’est pas trop compliqué. Chaque membre de la tribu a droit à un terrain de 20m par 20m et il peut joindre à ce 20m, celui de son père et/ou de son frère. Les gens posent des pierres pour délimiter les terrains, that’s it. On a quitté Hassan, il nous a chaleureusement serré la main. On reviendra le voir, lorsqu’on fera notre projet de camping-car européen, j’en suis certaine. Le numéro d’Hassan dans son cellulaire est un MUST.






Si vous voulez plus d’info allez voir son site: saharastarscamp.com
En sortant du camp, nous avions oublié un chargeur, un employé a appelé Hassan qui a tourné de bord sur le champ on a roulé un peu et que voit-on un gars courir vers nous (la voiture) avec le chargeur dans les mains. On prend le chargeur, on s’excuse (avant le chargeur il y avait eu aussi l’oubli d’un fil de chargeur). Hassan refait un 180 degré pour nous déposer à notre point de rencontre, en roulant, on aperçoit un autre gars qui marche dans le désert, nowhere. Hassan s’arrête, échange avec le gars. Croyez-le ou non, il a embarqué dans l’auto, mais pas tout à fait. Un bras sur le porte bagage du toit et un autre sur la “chicken bar” intérieure du 4×4 de Hassan, je ne sais pas combien de temps il est resté accroché de cette façon, mais il me semble qu’il a fait un bon bout. Tout à coup, il débarque. Merci pour le lift.

Maintenant le taxi et la Riad Iline. Le taxi, ok nous étions 5 avec les bagages, c’était tassé mais pas si mal tout de même. Le chauffeur de taxi. On comprend rapidement que c’est son métier, ça se voit et ça se sent. La conduite sportive à la limite un peu dangereuse. Mais, mais, mais, le pire c’était sa foutu radio qui nous a pété les oreilles pendant 462 km. Je suis sensible au bruit. Je n’en pouvais plus et ajouter à cela, la réponse à ses appels, fait la jasi-jasette avec je ne sais trop qui sans main libre évidemment, se pèle une tangerine tout en conduisant, pas reposant, disons, mettons que j’avais hâte que nous arrivions. Il nous dépose à côté de la porte de la Médina de Fès, mais juste avant d’arriver à notre point de chute, je lance volontairement: “Monsieur vous avez entendu parler du youtubeur qui a mis une vidéo sur les prix des taxis exorbitants à Marrakech » silence radio, comme s’il ne savait plus parler ni arabe, ni français. Honnêtement, il m’est tombé sur le trognon avec sa foutu radio, alors j’allais me gêner encore. Je vous rappelle 462 km. On arrive. 700 dirhams. Le compte y est. Au revoir au taximan. JF me dit: » tu y es allé fort avec youtubeur », euh non pas du tout. Je vous rappelle qu’aujourd’hui c’était une journée…sans patience.
Un garçon de la riad nous attend, on le suit, l’entrée est fabuleuse. On nous offre le thé (je commence à avoir mon voyage du thé). On remplit la fiche de touriste. On nous montre le menu et là on commence à nous GOSSER avec le besoin d’avoir un guide dans la Médina et aussi nous offrir d’autres tours. 10 euros pour un guide pour l’avant-midi. Je ne veux pas de guide, je veux juste avoir ma chambre, prendre une douche et être dans le silence. Après 7 heures de route, j’ai atteint ma limite. On nous offre finalement de monter nos bagages. No matter what. On est dans les combles. Et là, je deviens la Michèle Durocher des pas bons jours. Il y a pas de crochets pour accrocher les manteaux, y’a pas de place pour ouvrir les valises, y’a pas de tapis de bain, y’a pas de verre pour se rincer la bouche après le brossage de dent, y’a pas de place pour accrocher mon sac de voyage. Je suis un brin à boutte. J’ai juste envie de plier mes bagages et de trouver un 22 étoiles tout compris. Ma limite est atteinte. Ce soir mon lit me manque, mon lave-linge aussi. J’ai juste envie d’aller faire mon épicerie au IGA puis manger quelque chose que je cuisinerais. J’ai ma claque des tajines de poulet au citron. Je suis fatiguée. Voilà, c’est dit.
JF est silencieux et ne dit rien, il sait qu’il doit laisser passer l’ouragan. Le Maroc, sans organisation de prise en charge peut être épuisant. Je comprends les gens qui décident de partir en tour organisé. Tout est réglé, tu ne gères pas tes valises, ni les restaurants, ni les visites etc. La prise en charge totale.
Quelquefois mes attentes sont trop élevées. Si tu décides d’être hôtelier de Riad, fais le bien ou bien fais le pas. Comme dirait une amie, calvaire. C’est vrai qu’on fait tout au fur et à la mesure, alors des fois, on se trompe !!
Il est 20h30 on a pas soupé et on n’a pas envie de manger ici. On va sûrement se perdre dans la Médina et on devra appeler la garde nationale pour nous ramener.
Demain ça ira mieux 😉