Luc X et la ville bleue | Pas rapport :-0
Je ne sais pas pourquoi, j’ai repensé à ce dossier ce matin dans l’autobus…J’ai un secret à vous dire, j’ai toujours caressé le désir d’écrire un livre. J’ai déjà le titre. Dans les faits, je l’ai depuis plusieurs années. Le titre, Le 410, c’est l’adresse de la Cour du Québec, chambre de la jeunesse. J’y ai passé presque 35 ans de ma vie, j’en ai des choses à raconter. Des trucs qui vous feraient friser les oreilles. Pas juste des affaires de dossiers, non non, des affaires entre les avocats et avocates. Mais attendez, j’en ai une bonne pour vous. Avant, je dois vous mettre un peu en contexte, l’un des plus gros dossiers que j’ai eu, est un dossier d’abus sexuel, 4 enfants impliqués dans un réseau de pédophilie international, il s’agit du dossier de Luc X.
À l’époque, j’ai assumé ce dossier devant un juge qui était un féru d’ordinateur et d’internet, il était en avance sur son temps et nous avions besoin de quelqu’un qui allait comprendre toute la mécanique informatique. Une autre juge de la Chambre de la jeunesse avait demandé d’aller siéger en Chambre criminelle et c’est elle qui a entendu le procès de Luc X. Vous comprenez, deux chambres distinctes n’ayant pas les mêmes objectifs: Cour du Québec, chambre de la jeunesse = protection des enfants. Cour du Québec, chambre criminelle=protection de la société. Le fardeau de la preuve est différent. Ce fût un dossier excessivement difficile. J’ai travaillé en étroite collaboration avec les policiers de la SQ qui étaient venus m’expliquer comment ils avaient mis la main sur Luc X et le réseau de pédophilie international avec l’aide d’Interpol. Ces policiers étaient tout simplement extraordinaires, il y en avait deux, l’un des deux avait suivi plusieurs formations avec la CIA, deux top guns. C’était un dossier palpitant malgré la nature des allégations. Évidemment, les 4 enfants ont tous été placés en famille d’accueil et adoptés par la suite. Dommage, je ne me rappelle plus qui était le procureur des enfants, il devait y en avoir plus d’un.
En décembre 2005 ou peut-être 2006, arrive le party de la Cour du Québec, chambre de la jeunesse. La juge transférée aux adultes sera là. Je n’ai jamais fait de « small talk ni de talk » avec les juges sauf quand j’étais devant eux pour un dossier. JAMAIS. Le dossier en protection était terminé et je voulais savoir comment se déroulait le procès au criminel. Luc X faisait face à des accusations graves et j’espérais qu’il se retrouve à l’ombre pour très longtemps. Alors, je m’approche d’elle, elle était assise avec une autre avocate de mon bureau qui faisait du lèche-botte de juge. Je ne fais jamais de lèche-botte de personne, juge ou pas. Je m’assois et j’attends ma fenêtre d’opportunité lorsque je pense que le timing est bon, je lui demande comment se déroule le dossier de Luc X etc. Je ne me rappelle plus si le dossier au criminel était terminé. Sa réponse fût brève ce qui me laisse à penser que le procès n’était peut-être pas fini. De fil en aiguille, la conversation glisse sur d’autres sujets et je lui dis: « un jour je vais écrire un livre sur tout ce que j’ai vécu au 410, j’ai déjà le titre ce sera, Le 410. Elle m’écoute d’une oreille distraite, de toute évidence comme je ne parle pas d’elle, mon propos ne l’intéresse absolument pas. Le narcissisme au féminin existe. Vous vous demandez où je m’en vais avec mes skis…lisez bien.
L’année dernière, je discutais avec une collègue. Il venait de se passer quelque chose au bureau. Je dis à cette avocate, un jour je vais finir par l’écrire mon livre, y’a vraiment trop de choses intéressantes qui se passent dans ce bureau et dans ce tribunal. J’ai déjà le titre. Je lui donne mon titre, l’avocate me regarde avec les yeux écarquillés et me dit : « Hein, y’a une juge aussi qui m’a déjà dit qu’elle allait écrire un livre et que le titre serait: Le 410 ». Arrrke. Aarrrke. Aarrrke. Je me demande si je ne pourrais pas protéger mon idée de livre et le titre, un peu comme un brevet ! C’est de l’appropriation de quelque chose, c’est clair. Scandale.
Revenons au Maroc et à nos moutons. Nous nous sommes levés à 5h45, avons pris un taxi vers la gare d’autobus. Nous sommes arrivés à Chefchaouen vers 12h15. Chefchaouen, c’est la ville bleue. Vous êtes déjà allés en Grèce? Vous savez les coupoles bleus à Santorin, vous pensez que vous en verrez des dizaines voir des centaines. Na na na. Trois tout au plus. Chefchaouen, c’est un peu la même affaire, il n’y a que 30% de la ville qui est bleue…
C’est une ville construite à flan de montagne sur le Rif du Maroc, belle place pour faire de la randonnée. J’aimerais bien y revenir un jour pour grimper. Beaucoup de touristes. Une échoppe de babouches, une échoppe de tapis, une échoppe de djellabas et on recommence. Je ne suis pas une de fille de boutiques et faire les magasins m’ennuie au plus haut point. Pour vous donnez une idée, en début d’année j’achète 5 t-shirts noirs, 5 blancs et si je trouve un jeans ou un pantalon que j’aime, j’en achète deux. Je m’égare.
La grande place Plaza Uta el Hamman est très belle, nous avons mangé à une terrasse au soleil, il fait chaud mais pas trop, juste assez. Oups pas de photos de la grande place. Demain peut-être.











Nous sommes repartis vers 17h30 pour voir la cascade Ras El Ma qui provient d’une source naturelle et dans laquelle les Chaounis lavent leur linge. Une grimpette de 20 minutes qui fait pomper le coeur pour aller observer le coucher du soleil et nous sommes redescendus. Il y a du monde. J’ai l’impression que ce soir le village sera vide, il y a plein de tour organisé d’une journée. Demain nous passerons la journée à nous promener et re-bus demain en fin de journée pour Tanger, trois jours où nous ne ferons pas grand chose. Nous sommes dans les montagnes, une fois le soleil couché, il ne fait pas très chaud.










*** j’essaie d’écrire le texte en moins d’une heure. Si vous voyez des coquilles, des fautes soyez indulgents à mon égard. *** Le réviseur de texte en échappe, il est sur le point de se faire congédier. 😉