Jour 21: Tanger

Matisse et les Rolling Stones

Mon texte d’hier manquait de « punch », 24 heures à végéter me suffisent. Ce matin, c’était reparti. J’ai donc menti, on ne s’est pas promenés sans but aujourd’hui. Notre premier arrêt a été de retourner vers la porte Bab el Bhar qui donne sur la mer. Aujourd’hui le temps est beau, il fait soleil mais il vente et le vent est froid. Une température parfaite pour marcher. Je suis sur la terrasse de la maison. Je vous montre la vue que nous avons.

Ensuite direction Café Baba, lieu que les Rollings Stones ont rendu légendaire. Ils aimaient y venir lors de leur séjour à Tanger. Depuis la terrasse du café, il semble que nous pouvons voir la maison de Barbara Hutton, l’héritière des magasins Woolworth (fortune héritée de son grand-père). Une des femmes les plus riches du monde, que l’on surnommait la pauvre petite fille riche. Elle a dilapidé sa fortune à Tanger, où elle trouvait refuge lorsqu’elle sombrait dans la déprime de ses sept mariages ratés (y’en a qui comprennent vraiment rien). Elle souhaitait être enterrée à Tanger, malheureusement elle est décédée seule, malade et ruinée en Californie en 1979.

Ensuite nous nous sommes dirigés vers l’hôtel Continental. Cet hôtel a été construit en 1865 à l’endroit où se trouvait les douanes. Il fait face à la mer et à mon humble avis, il a perdu de sa superbe. Le jeune Winston Churchill y a séjourné suite à son expérience de correspondant de guerre. Cet hôtel était le quartier général d’artistes, intellectuels, politiciens et aristocrates à la fin du XIX et au début du XX.

Nous avons marché vers la grande Mosquée, le petit Socco, la légation américaine, le grand Socco, l’immeuble Dar Kasbah (ancien télégraphe anglais) et la porte de la Kasbah.

Puis nous nous sommes rendus vers le Marabout de Matisse (le tombeau de Sidi Boukoudja). Je ne savais pas ce qu’était un marabout sauf pour celui que ma mère s’était achetée pour le mariage de mon frère. Un espèce de frou-frou de cou en plume d’autruche ou d’un oiseau quelconque qu’elle appelait un marabout. Aujourd’hui, j’ai appris qu’un marabout c’est un nom de religieux très vénéré chez les musulmans. C’est fou comme voyager appelle à la connaissance. Mon collaborateur a tenté de trouver l’endroit où se trouvait Matisse lorsqu’il a peint l’oeuvre. Dans les faits, nous avons pu observer le tableau de Matisse en grandeur nature et je pense qu’il a trouvé le « spot » de Matisse. Cette peinture date de 1912

Un mot sur la légation américaine à Tanger. Tout premier édifice diplomatique des USA à avoir été établi en dehors de l’Amérique. Le Maroc a été le premier pays à reconnaître l’indépendance des États-Unis en 1777. La mission américaine a quitté les lieux après l’indépendance du Maroc en 1956 pour s’installer dans la capitale du pays, Rabbat. L’immeuble est devenu un musée et celui-ci collabore avec une ONG Marocaine, la fondation Al Madina qui réalise des activités sociales à l’intention des quartiers défavorisés de la médina, comme l’alphabétisation de jeunes femmes et l’éducation pour la santé.

Nous sommes vraiment à la fin de ce voyage de trois semaines, voyage organisé dans le campeur en remontant vers le Québec en moins d’une semaine. On en a fait des kilomètres, autour de 2000. Bien sûr, il y a eu de longs déplacements en bus et quelquefois ma patience a été mise à rude épreuve (la p’tite madame au téléphone). Je ne veux pas me justifier ou tenter de trouver une explication pour amoindrir mon propos. La fatigue liée au transport a assurément joué un rôle dans ma tolérance au bruit, mais il n’en demeure pas moins que mon opinion reste la même sur la question de l’utilisation du cellulaire en public. Les conversations des autres ne m’intéressent pas. J’ai été élevée par une mère, où il n’y avait pas de place au manque de savoir-vivre. Il ne fallait pas parler fort en public, respecter la ligne dans une queue, dire bonjour et merci bref, vous savez la base. Je ne me rappelle plus quand, peut-être au milieu du voyage, j’ai photographié une famille de quatre personne, ils étaient sur une terrasse, ils étaient tous sur leur cellulaire. Bonjour la communication. Le gars avec la chemise bleue est le guide, lui il cherche son chemin…

Un jour, j’en ai eu marre de faire des rencontres d’équipes où tout le monde était sur son cellulaire, je suis arrivée avec une boîte et tout le monde a dû y mettre son cellulaire. J’ai eu l’impression d’arracher des bras à certaines personnes. La sainte paix.

J’ai vraiment aimé mon voyage au Maroc, il y a eu des irritants c’est vrai, la sollicitation incessante a été difficile pour moi. Mais je suis certaine que plusieurs d’entre vous y prendraient plaisir. Hors les zones touristiques, les marocains sont d’une gentillesse incommensurable. Petite note, nous n’avons presque pas eu d’échange avec les femmes. Elles ne servent pas aux tables dans les restaurants, elles sont dans les cuisines. Sur la rue, pas évident de les approcher. Le contact avec l’extérieur c’est par l’homme que ça se passe. J’ai vu des enfants avec des voiles sur la tête. Je ne vous dirai pas ce que j’en pense. J’ai aussi vu beaucoup de femmes avec des Niqab.

En Turquie, je suis allée au bord de la mer sur une plage déserte. Je ne me rappelle plus à quel endroit elle se trouvait exactement. Je m’approche, je vois un groupe de 4 ou 5 personnes, c’est une famille turque. Monsieur est dans la mer avec son maillot bermuda et une camisole il est un peu distancé de la famille et se baigne sans se soucier de sa femme et de ses enfants. La mère a les trois enfants qui se pendent à elle, voilée de la tête aux pieds. Il devait faire 40 c. C’est un choix, vous pensez?

Je m’égare encore une fois. Notre hôte Mamoun a accepté de nous laisser sa maison jusqu’à notre départ pour l’aéroport. C’est vraiment gentil de sa part. On pourra profiter de la journée sans se soucier de nos bagages puisque notre vol pour Malaga est demain à 21h.

Je me promenais dans une petite ruelle où il y a souvent ce qu’on appelle chez nous des dépanneurs. Des touts petits kiosques où l’on vend de tout. J’ai vu un petit garçon de 4 ou 5 ans maximum, je le vois converser avec l’homme et l’enfant ne voit même pas par-dessus le comptoir. Tout à coup le petit garçon sort des dirhams de sa poche et paie le monsieur. J’étais intriguée de voir ce qu’il avait acheté. Je me retourne et je le vois partir en courant et tourner dans une ruelle. Qu’avait-il dans la main vous pensez? Du chewing gum, une friandise quelconque…non, non, il venait de faire une course pour sa maman. Regardez dans sa main gauche, il est allé acheter une couche.

En rafale des photos de Tanger. Ce soir on va souper au El Morocco Club.

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