DMZ

Que connaissez-vous de la guerre du Vietnam? Moi honnêtement, je n’en connaissais à peu près rien. Ce que je constate depuis mon arrivée c’est que le peuple Vietnamien est un peuple avec une résilience hors du commun. Lorsque je me suis mise à faire des recherches pour le voyage, j’ai essayé de comprendre ce qui s’était passé au Vietnam avec la guerre d’Indochine et la guerre du Vietnam à laquelle les américains ont participé qui s’est appelé aussi 2ième guerre d’Indochine. Il y a eu aussi des guerres avec les Chinois et les Japonais. C’était pour moi aussi important que les villes ou les villages que j’allais trouver sur mon chemin.

La DMZ m’a fasciné dès que j’ai commencé à lire sur le sujet. Tout au courant de la journée, j’ai eu un peu le même feeling que lorsque j’ai visité le camp de Birkenau en Pologne, le camp le plus vaste du complexe d’Auschwitz. Un centre d’assassinat de masse des Juifs amenés là dans un but d’extermination. Je sais bien que ce n’est pas la même chose, que ce n’était pas le même combat, que les situations ne se comparent pas mais, j’ai ressenti à ces deux endroits la même émotion. Un sentiment d’impuissance devant ces batailles, ces combats et chaque fois je pense à la chance que j’ai de vivre dans un pays où il n’y pas de guerre.

Qu’est-ce que la DMZ?

C’est la zone démilitarisée (DMZ) qui a été établie pendant la guerre du Vietnam. La DMZ était une bande de terre de 5 kilomètres de chaque côté du 17e parallèle nord, qui séparait le Nord et le Sud-Vietnam. Elle a été établie en 1954 à la suite des accords de Genève, qui ont temporairement divisé le Vietnam en deux parties après la première guerre d’Indochine.

La DMZ est devenue un symbole de la division du pays et elle a été le théâtre de nombreux affrontements au cours de la guerre du Vietnam. La région était fortement militarisée, avec des bases militaires des deux côtés et des opérations militaires fréquentes. De 1955 à 1975, d’une part la république démocratique du Viet Nam avec son armée populaire vietnamienne et soutenue matériellement par le bloc de l’est et la Chine et d’autre part, le Sud Viêt Nam, militairement soutenu par l’armée des États-Unis, elle même appuyée par plusieurs alliés (Australie, Corée du Sud, Thaïlande, Philippines). Les américains étaient basés au sud et combattaient les vietnamiens du nord. Le Canada, dirigé par Diefenbaker a toujours refusé de s’engager dans cette guerre. Cette guerre a séparé des membres d’une même famille pendant plus de 20 ans parce que séparé par le 17ième parallèle. Voici ici bas une photo après la fin de la guerre. Réunification familiale.(la photo n’est pas de moi bien entendu)

L’un des points les plus connus de la DMZ était la rivière Ben Hai (que vous voyez sur la photo ci-dessous), qui servait de frontière naturelle entre le Nord et le Sud. De nombreux combats ont eu lieu dans cette région, et elle a été le théâtre d’événements tels que la bataille de Khe Sanh.

Le siège de Khe Sanh est une bataille qui opposa l’armée américaine à l’Armée populaire vietnamienne et les troupes du Front national de libération du Sud Viêt Nam (Viêt Cong). Elle se déroula au début de 1968, durant la fameuse offensive du Tết. Elle commença le 21 janvier et dura 77 jours.

Après la fin de la guerre du Vietnam en 1975 et la réunification du pays, la DMZ a perdu sa signification militaire. Aujourd’hui, la région conserve encore des vestiges de la guerre, tels que des tunnels, des bunkers et d’autres structures militaires abandonnées que j’ai visités en une journée.

Vous avez bien lu, des tunnels….creusés à la pelle et à la pioche, avec des deuxièmes sous-sols et même des troisièmes sous-sols. Notre guide Ny nous y amène, c’est la dernière visite de la journée. J’appréhende un peu. Je me parle, ok ça va aller, on est pas seuls, elle sait ce qu’elle fait. Bon évidemment, je ne fais pas 5’8″ mais je suis quand même plus grande qu’elle et JF fait le double de sa grandeur ou presque. On rentre dans le tunnel. C’est très humide parce qu’il pleut depuis des jours sur cette région. On descend lentement, on voit une alcôve construite à même le tunnel, chaque couple avait sa petite, très petite alcôve et une famille avait un autre espace pour un peu d’intimité pour les parents… euh!!! que vous ne voyez pas sur la troisième photo. Les photos ont été prises à la hâte…

On continue à marcher dans ce tunnel et là on arrive à une série de marches. Ouf, on va descendre au deuxième sous-sol.

Je vais mourir c’est certain. Je ne me sens pas très bien. Une chance, il n’y a personne derrière et en avant de nous, s’il faut que je me sauve, je retourne et je cours la tête penchée jusqu’à la sortie, je ne sais pas combien de mètres nous avons fait au moment où je commence à me sentir mal. J’ai pas le choix je dis: « ok groupe (JF et la guide), je ne me sens pas très bien ». Notre guide parle français et elle comprends ce que je viens de dire. Elle dit: « on arrive à une sortie on va sortir ». On arrive et on sort au bord de la mer. Je reprends ma respiration.

Ok, moi je retourne pas là-d’dans. C’est quoi le chemin pour se rendre à la voiture par la route. Elle me dit c’est loin, il faut aller au bout de la plage et ensuite grimper le mur là-bas. Pas de problème, vous ne m’attendrez même pas, je vais courir. Elle insiste, c’est pas trop sécuritaire qu’elle dit. Ouille dans ma tête, je me dis « vos foutus tunnels sont sécuritaires eux??? » JF me regarde et il sait que je ne niaise pas. Elle réexplique quoi faire pour rejoindre la voiture et elle me dit que ce sera ardu. M’en sacre pas mal madame. Je cours vite, je suis capable de grimper aussi.

On se regarde, je regarde JF, ok je vais y retourner. Go, on monte les marches qui se trouvent à l’extérieur du tunnel. JF me tient la main et je commence déjà à « courir » après mon souffle. Ça va pas le faire, comme disent les français. Ok Ny, mets toi sur la vitesse rapido stp. On rentre dans le tunnel, il fait noir il n’y a que Ny qui a sa lumière de cellulaire allumée. Je continue de regarder par terre et le long du mur. Je demande si nous en avons encore pour longtemps. Moitié chemin de fait qu’elle me dit (pas mal certaine qu’elle ment). On avance rapidement et comme je sais que ça achève, j’arrive à calmer ma respiration. On marche vite, la tête baissée. On arrive au bout, je vois la lumière du jour. On est finalement arrivés au bout de ce tunnel. J’ai le t-shirt tout mouillé, le polar aussi. Non pas parce qu’il pleuvait dans le tunnel, mais bien parce que j’étais dans un état second. Repousser ses limites, voilà c’est bien moi. 1-0 pour moi sur un des tunnels de Vinh Mòc.

Les Vietnamiens qui étaient dans cette zone sont restés deux ans dans ces tunnels. Des enfants y sont nés et ailleurs d’autres enfants sont allés au jardin d’enfants et fait l’école dans les tranchées.

Nous sommes à Hoi An depuis le début de l’après-midi. Nous sommes fatigués. Nous avons réservé un chauffeur privé pour faire le trajet entre Hué et Hoi An. Nous avons pris la route du col de Hai Van qui est «l’une des 10 plus belles routes côtières du monde ». Le Hai Van est un col surnommé le col des nuages. Le Vietnam est fascinant pour ceux qui aiment conquérir les routes difficiles. Celle-là, elle est quelque chose. Je vous promets des photos demain 🙂

Pour l’heure, quelques photos en rafales.

Je pourrais aussi vous parler de la théorie des dominos et du secrétaire à la défense Robert Macnamara et de la Macnamara Line mais j’ai aussi d’autres chats à fouetter…si vous voulez en savoir plus voir le lien ici-bas.

https://www.cairn.info/revue-strategique-2009-1-page-425.htm

Dernière chose, je pense que j’ai eu ma dose de grottes et de tunnels pour un temps…

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