Le temps passe si vite, déjà deux ans que je suis sortie du marché du travail. J’ai encore de la difficulté à dire que je suis à la retraite. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que dans ma tête il faut être trèèèèès vieux pour avoir le droit d’user de son temps à sa guise et vieille je le suis, mais pas tant que ça. Dans ma tête, j’ai 35 au gros max. Mon chum est en congé pour trois mois, ça doit faire trois fois que la date fatidique de la prise de la retraite définitive est “postponée”. Il est en congé jusqu’au 6 janvier 2025, date à laquelle il sera de retour au travail pour filer jusqu’en septembre 2025 et après être “peut-être” à la retraite à temps plein…chacun son rythme!!!
Ce long voyage, nous en avons discuté pendant des mois, entrecoupé de périodes où nous consacrons du temps à la voisine, à notre dossier, trop de temps…
Mais bon, allons-y c’est parti!!!
On a réglé notre contentieux avec la voisine, keshling, keshling ce qui veut dire qu’à mon avis elle a très mal géré sa patente. Elle voulait régler cela devant un juge, ce qui fût fait, et nullement à son avantage. Je me suis réconciliée avec le droit le temps de plusssssiiiieuuuuurrrs journées. Et comme la voisine l’avait si bien dit… « you have the upper hand” faisant référence à nos professions respectives, je dois bien admettre qu’on a cogné fort!! J’ai été aux premières loges pour admirer jusqu’où l’entêtement peut mener et constater que la colère est une bien mauvaise conseillère. Je pense que jamais plus elle ne s’approchera de ma propriété, certains ne tirent jamais de leçons de leurs expériences, l’avenir nous le dira. Dès le 28 août, je me suis réapproprié mon terrain, ma vue, ma maison!!!
L’été 2024 a été aussi un moment de grande gratitude. Je suis devenue grand-maman et comme je commençais à “bounder” avec ma Juju, j’ai dû la quitter. Ne sautez pas trois pieds de haut. Le lien d’attachement entre son petit-enfant et sa grand-mère ne se crée pas instantanément tout comme le lien mère-enfant. L’instinct maternel je n’y crois pas, cette capacité innée et naturelle des mères à prendre soin de leur enfant….Faux de chez faux incorporés. L’apprentissage maternel est souvent un tas d’essais | erreurs | échecs | réussites. Bon bref, je pourrais disserter longtemps sur le sujet, mais ça m’allume en ce moment car je regarde mon enfant avec son enfant…et je suis pas mal fière d’elle.
Le vendredi 20 septembre, mon chum a commencé son congé de trois mois. Je ne suis pas certaine s’il est content ou pas. Il fait de grandes déclarations du genre: « c’est une page qui se tourne ». Je ne sais pas de quelle page il parle, car le 6 janvier il sera de retour au travail. Mais bon…j’y peux rien et moi je suis en paix.
Le 23 en après-midi, nous recevons un sms de la compagnie aérienne, je regarde rapidement et je comprends que notre vol est repoussé à 22h05. Nous avions acheté les billets de chez Air Cou-Cou et avions une escale aux Açores. Vérification refaite en fin d’après-midi par l’homme, pour finalement réaliser que nous partons sur British Airways et que l’escale vient de prendre le bord. Yé. On vient de gagner 3 ou 4 heures, mais le temps devient très relatif quand on a trois mois devant soi.
Ma fille nous débarque à l’aéroport, je l’embrasse, fais un dernier coucou à ma Juju et je rentre dans le terminal.
Avant de partir, il y a eu un léger contentieux, nommé valise. Je plaide que deux “carry on” pour 3 mois de voyage ça me semble peu. J’argumente que ce n’est pas le nombre de vêtements, bien plus que la variation dans le vêtement qui me turlupine (chaud | froid). Nous irons du nord au sud, de l’est à l’ouest. Le deal se conclut avec deux valises à bord et une en soute, si vous saviez ce que j’ai mis là-dedans vous n’en reviendriez pas, à suivre…je suis la Reine du packing.
Nous déposons la “grosse Bertha” et passons la sécurité du côté des voyageurs dignes de confiance. On se tape pas la queue. Merci.
On s’installe à nos sièges, le vol est plein et légèrement en retard et le personnel s’active. Derrière nous des français. On décolle. Le repas est servi de suite après le décollage et commence l’exercice périlleux d’essayer de bouffer sans se tacher ou renverser un verre sur nous. On ingurgite cette bouffe, les plats sont ramassés. Il est passé minuit, on est fatigués, on essaie de se trouver une position pour cogner des clous. JF baisse son siège et le gars derrière lui fout un coup de genou dans le banc. JF me dit: “ le gars derrière vient de frapper mon siège” je lève les yeux en l’air en voulant dire laisse aller … En me replaçant, je jette un coup d’œil dans la fente entre nos deux sièges afin de jeter un coup d’oeil au gars en question histoire de voir de quoi il a l’air. Il m’interpelle et dit: “votre mari m’a cogné les genoux avec le dossier de son banc” je le regarde sans rien dire. JF se retourne et lui dit je n’ai fait que baisser mon banc monsieur. JF se rassoit. Le gars s’énerve et donne deux ou trois bonnes baffes sur la tête de JF. Voyons je rêve. Monsieur vient de commettre une voie de fait simple à ton endroit dis-je à ma Patate, j’ai à peine le temps de finir ma phrase que j’entends JF dire: “Tabar**** c’est quoi votre problème” et la Germaine de répondre: “oh vous savez, mon mari essaie juste de regarder sa télé et la place est restreinte”. Come on Tolérance zéro. Putaing. Plainte à la police. Je fais venir le commandant qui a la plus haute autorité sur toutes les personnes à bord. Ils vont le sortir de l’avion. J’imagine la scène. Oh que non, j’ai vraiment pas le goût d’aller dans cette direction. Je me tourne vers le hublot et j’essaie de penser à Londres, au Big Ben et au reste. Atterrissage au petit matin. Les Français sont toujours là. J’ai pas rêvé. Les gens sont devenus fous…
Je ne sais pas à quel rang se classe Heathrow pour sa prestation de service mais pour moi c’est un sans faute.
Direction vers notre Airbnb. Impression de déjà vu. Notre appartement ressemble à la maison de mon enfance. Le grand escalier à gauche et le couloir qui conduit vers la cuisine, les chambres à l’étage. Weird. Notre chambre est parfaite. On se repose un peu…et nous partons vers Abbey Road. Vous connaissez la photo mythique des Beatles!!! Monsieur “direction” prend en charge “la” direction…Il élabore le plan qui doit faire trois pages de long pour se rendre à Abbey Road. Confusion. Le transport Londonien est au top.

Abbey road cross se trouve dans l’arrondissement de Camden dans la ville de Westminster ce qui veut dire pas très loin du “downtown” Londres. Alors on saute dans le métro et une fois sur place on prendra une photo comme les Beatles. Je ne m’occupe pas du chemin, je me laisse aller. Premier métro, transfert, deuxième métro, on marche, un autre wagon, un autre changement. Je me questionne en silence. On arrive à la Station Abbey Road après plus d’une heure de transport. On sort de la station, on cherche le Abbey Road cross. Cherche, cherche et recherche. Je sors mon cellulaire. On est pas pantoute à la bonne place. La station Abbey Road n’est pas là où se trouve le Abbey Road cross des Beatles, cet Abbey Road se trouve au métro Saint John’s Wood. Voilà comment confondre monsieur Direction. On resaute dans le métro, transfert, deuxième métro, on marche, un autre wagon, un autre changement et on arrive enfin à la traverse du Abbey road cross. Le soleil se couche. Ouf ouf ouf. Avec ce jeu de, je me trompe de métro, je recommence….et bien il est temps de rentrer ou presque, le temps de prendre cette photo.

On s’arrête dans une petite pizzéria. On mange et hop au dodo. Quelle connerie d’appeler une station de métro Abbey Road et de se retrouver à l’extrémité contraire de là on se trouve “LA” Abbey Road cross. À n’y rien comprendre.
L’alarme est mise pour 6h30 le lendemain matin. On se fait réveiller par Talk de Cold Play. Tabouaire. Un peu lourd à 6h30 du matin.
Notre horaire de mercredi est chargé. Nous avions réservé notre visite de la Tower Bridge pour 9h30. Je me rends compte une fois dedans que je l’avais déjà visitée en 2016. La mémoire est une faculté qui oublie. JF est impressionné et semble apprécier grandement sa visite.


Par la suite, direction la Tour de Londres. La forteresse est de style médiéval et se trouve sur la rive nord de la Tamise. La construction a débuté en 1066 sous Guillaume le Conquérant. Elle servit de prison dès 1100. 2,7 millions de visiteurs par an. Je vous passe toute l’histoire de la Tour de Londres je serais incapable de m’en sortir….sans m’y astreindre sans relâche jusqu’à notre retour…


Direction la navette fluviale pour dîner au Borough Market. Ce marché est magnifique et est situé en plein centre de Londres. On y vend des fruits, légumes, de la bouffe, des bières, du vin et tous les autres cossins courus par les touristes. Son seul problème, à mon avis, il y a là trop de touristes à mon goût. J’ose à peine imaginer ce que doit être la foule en plein été. On s’imprègne et on mange un Salt Beef Sandwich à une table de pique-nique que nous partageons avec des inconnus.


Direction l’underground de Westminster. JF a hâte de voir la tour horloge du Palais de Westminster qui est le siège du Parlement.. Nous sortons du métro, la Tour se trouve de l’autre côté de la rue à 500 pieds de la station de métro. Voilà, le Big Ben que je lui dis. Il le cherche des yeux, là, que je répète. il ne semble pas la voir..il la croyait plus grosse et plus haute (96 mètres de hauteur). Je sens JF déçu du symbole de la ville de Londres 😦 .



Les architectes sont Augustus Pugin et Charles Barry….tiens tiens tiens, serait-il un de mes ancêtres du côté de ma grand-mère maternelle qui est une Barry….
Nous allons visiter l’Abbaye de Westminster que je n’avais jamais visité, elle est d’une beauté incroyable, construite au XIII siècle, sous Henri III. Six premiers ministres de la Grande-Bretagne et 3300 personnes y sont enterrés dont Isaac Newton. Il est le premier scientifique à recevoir cet honneur, parce que oui oui être enterré à l’Abbaye est un honneur prestigieux. Je me tanne assez vite de ce genre de visite. Trop d’info et impossible de tout lire on pourrait y passer une semaine au complet. Donc après environ 1 ½ plus tard on déguidinne. L’architecture est juste incroyable.






On saute dans le Uber boat (vous avez bien lu) et on se laisse promener de station en station, ça nous repose un peu. On rentre, il se fait tard, on est brûlés, on arrêtera dans notre petit resto de quartier le temps de manger rapidement et prendre le chemin de notre appartement.
Le lendemain, afin de me lancer un léger défi, je propose à JF de faire la grande roue qu’on appelle le London Eye ou le Millennium Wheel qui a été mise en place pour les célébrations de l’an 2000. Elle fait 135 m de hauteur. J’ai le vertige…vous vous rappelez. Avec notre City Go Pass on peut y avoir accès. Donc go. On embarque dans une grande nacelle couverte. Faire le tour prend 30 minutes. Ça monte tout doucement. La vue est incroyable. Je ne regarde pas trop en bas. On arrive au sommet, nous y sommes presque…je regarde la structure, voyons qu’est-ce qui se passe!!! Je fixe de façon plus attentionnée ladite structure… on ne bouge plus. Ohhhh… peut-être que chaque nacelle s’arrête quelques minutes, tout en haut, afin de permettre aux touristes de bien zieuter le paysage. Euh nenon….c’est une panne!!!. Je regarde au loin, je recule et m’assois, j’attends que ça se remettre en marche cette affaire là. Une dizaine de minutes plus tard, elle repart et on entend un message d’excuse. Bon go, que je descende de là. 45 secondes plus tard, nouvelle panne. Ishh, je commence à la trouver moins drôle. J’essaie d’imaginer comment ils feraient pour nous sortir, si les mécanos ne sont pas en mesure de la faire repartir. Le même manège se répète à 3 autres occasions. J’ai hâte de sortir de là. Une heure plus tard, mes pieds touchent le macadam. Yé. JF lance: “le London Eye, c’est comme le télésiège du Mont Saint-Anne, c’est toujours en panne c’t’affaire là”…


On doit se dépêcher car nous allons direction Windsor pour y voir le château et l’heure de fermeture est à 17h. Un métro, un changement de ligne, un autre métro, un train et nous y voilà. On arrive à Windsor, dès la sortie du train, on tombe dans un village de Mickey Mouse. Vous voyez le genre, genre Tremblant. Les boutiques que l’on retrouve chez nous. Je suis déçue. Dans mon imagination débordante, je croyais arriver dans un champ de coquelicot et marcher une longue route afin d’atteindre le château. Niet, pas pantoute. Le petit village de Windsor est très joli, mais c’est ce que j’appelle une nique à touristes. On passe notre chemin, il pleut des cordes et je commence à en avoir mon casque de la pluie. On arrive à l’entrée. N’entre pas au château qui veut, c’est comme si vous rentriez dans un aéroport avec des critères de sécurité encore plus stricts. C’est quand même la maison de la défunte Reine. On a un coupe file. On arrive à la sécurité, JF est devant moi, il fait signe au gardien qu’il a un défibrillateur, il passe à côté de l’arche de sécurité. Je dépose mon sac dans le panier et au même moment une alarme se déclenche. “Security, security please everyone back off outside. Everybody outside. Please. Vous avez bien lu. Nous sommes refoulés à l’entrée extérieure sous une pluie diluvienne. Dans ma tête, je descends quelques saints du ciel. On attend, j’ai juste envie de retourner à l’appartement et de me taper une sieste. Au bout d’une vingtaine de minutes, James Bond a maîtrisé le malfrat qui n’était dans les faits qu’une alarme de feu, mais à Windsor on niaise pas avec les alarmes de feu.



En 1992, une partie de ce château fût complètement détruite par un incendie et c’est la même année, que le Prince Charles et Diana se sont séparés. C’était ce que la Reine avait appelé l’Annus Horribilis de la royauté. Vous voyez toutte est dans toutte!!! Pas que je me prenne pour une Reine…
Pour terminer, Londres est une ville magnifique. Ce qui frappe, les odeurs de bouffe qui nous font voyager. Le multiculturalisme. Les contrôleurs de métro qui sont présents et vous aident gentiment. La ville qui est d’une propreté étonnante et vous pouvez pisser n’importe où sans qu’on vous demande de pences et les bécosses sont d’une propreté étonnante. Léger détail que vous me direz…peut-être bien, mais ça rend le voyage plus agréable, que voulez-vous chacun ses manies.
En rafale, le National Gallery et quelques tableaux magnifiques.
*** la cadence se calmera dans les prochains jours. Je pense bien que je ne reviendrai plus à Londres d’ici ma mort à moins qu’on m’y enterre à l’Abbaye de Westminster, pouhahahaha!!!!





