Nous sommes partis depuis déjà un mois. Le temps s’écoule à la fois lentement et rapidement. Notre parcours de l’Angleterre s’est terminé hier (21 octobre), non sans quelques sueurs, chaleurs et période de découragement. Notre rythme a été un peu effréné en Angleterre. Pour les semaines à venir la cadence sera beaucoup beaucoup plus lente.
Nous devions rapporter le VR tout près de l’aéroport de Heathrow en partance de Canterbury. Nous nous levons tôt pour être certain d’avoir suffisamment de temps pour parcourir la distance sans stresser. Cinq heures du matin, nous voilà guilleret pour commencer la journée. On déjeune, on prend des douches, on finalise le départ et on s’élance sur la route. Nous avions 81 miles (130 kilomètres) à faire. Nous avions en masse de temps devant nous.
Les anglais sont formidables sur la route, je le réécris parce que je n’en reviens toujours pas, je n’ai jamais vu cela nul part ailleurs dans le monde. Il y a eu tellement de situations où j’ai été abasourdie par leur patience, tolérance, exemplarité et bienveillance les uns envers les autres que je me dis qu’au Québec, les automobilistes pour la plupart souffrent de maladie mentale. En plus, je suis même devenue l’amie des truckers. Je me sentais l’une des leurs. Lorsque je voulais entrer sur l’autoroute et que je voyais un fardier, j’étais toujours très prudente… et ben, imaginez-vous donc qu’ils me flashaient leurs lumières pour me laisser la voie libre. À Montréal, j’aurais eu droit à un long klazonnnnnnnn pour me dire de me tasser de d’là. Revenons à leur gentillesse concernant la conduite automobile. J’en ai eu la preuve à plusieurs reprises dans ma longue virée vers Londres en ce petit lundi matin tout en pluie encore…
Je regarde le GPS 2h30 plus ou moins pour se rendre à Londres. On est ok dans le temps. On a un bus à prendre de Heathrow à l’aéroport de Stansted d’où part notre vol pour Madrid. Je suis dans ma tête et repense à ce périple, jamais nous aurions pu faire ce que nous avons fait en Airbnb et hôtels. JA-MAIS. J’ai couché à des endroits où aucun hôtel n’a de chambres. Je repense à notre premier soir à Stonehenge. Les plages du Pembrokeshire, la muraille d’Hadrien. C’était juste incroyable. Bref, je reviens à nos moutons (cette image marque mon séjour en Angleterre | des moutons partout même sur le bord de l’autoroute).

Êtes-vous prêt? nous avons pris plus de 5h pour faire 81 miles. J’étais certaine que nous allions manquer notre bus et notre vol. Je suis passée à des endroits où j’ai vu ma vie se dérouler sous mes yeux. J’ai croisé une connasse qui ne devait pas être anglaise c’est certain pour conduire de cette façon, elle aurait dû se tasser dans le passing places ou reculer ce qu’elle n’a pas fait, en tentant, moi la conductrice du 23 pieds de me tasser le plus possible, j’ai accroché une pancarte de signalisation qui était dans la haie qui sert de garde de fou. En une fraction de seconde je me suis dis ça y est la vitre va péter….et bien non. Chanceux. Une femme qui était dans une voiture derrière la jeune fille est sortie à toute vitesse pour nous venir en aide et redresser cette pancarte indicatrice de je ne sais plus quoi afin que je puisse continuer ma course effrénée pour attraper le bus. Donc j’ai fait 5h de conduite merdique. À la fin, j’étais quasiment rendue à me dire, fuck it, je fonce si je meurs mon héritière sera heureuse. On appelle ça le lâcher prise.
Nous sommes arrivés au dépôt du VR à midi quinze. JF avait déjà réservé un Uber pour nous rendre à la station de bus qui est aux abords de l’aéroport pour ne pas dire carrément dedans. La plus grosse station de bus. J’insiste sur cette information pour deux raisons: Le taximan. Une armoire à glace qui nous dit que la station de bus se prend par un passage souterrain. Trop simple! On rentre dans l’aéroport. J’ai une envie de pisser du saint simonac. Je cours dans l’aéroport pour trouver les chiottes. J’en trouve une, il doit y avoir 10 personnes devant moi. Pas le temps, il doit être rendu vers 12h50 notre autobus est à 13h05. Pendant que je cours comme une poule pas de tête, JF demande à un employé où se trouve la station de bus. Il nous indique de prendre l’ascenseur et qu’il y aura des indications. On prend l’ascenseur, on cherche les indications, on ne trouve pas. Mais oups sur l’ascenseur dans un p’tit calvaire de caractère c’est écrit, station de bus à l’étage 0. On sort à cet étage qui était dans les faits le même étage que lorsque nous sommes sortis du taxi. Le chemin du monsieur était erroné. Crissssseeeeeeeeeeee. Ma mère m’a toujours dit, ne te fies jamais à personne d’autre qu’à toi. Le temps file, il doit être 12h55. JF y faut courir, on va rater le bus et si on rate le bus on rate notre vol pour Madrid. Go. Je vois le dôme blanc de la station de bus. Une chance que j’y suis déjà venue dans un voyage précédent et que je m’en suis rappelée. Suis moi que je lui dis. Je dois être 50 pieds devant lui. On passe par des endroits pas trop sécuritaire pour finalement arriver par derrière la station de bus…on se fait intercepter. Danger. Gros bus. nous n’avions pas le droit de passer par là. M’en câli*** pas mal. Il est 13h lorsque j’arrive enfin au comptoir de la station de bus. JF a chaud, il pousse un osti de charriot avec les roues décrissées et toutes les valoches dessus. (la dernière phrase est de J-F écrite lors de la re-lecture). Je pense qu’il va me taper un 2ème arrêt cardiaque. On a une valise en plus que je n’avais pas enregistrée, JF prend le relais… vous vous rappelez j’ai envie de pisser. Je rentre dans le métro | train, je vois une indication qui m’indique qu’il y a une salle des dames (une ancienne avocate de mon bureau disait toujours cela lorsqu’elle voulait aller aux toilettes. Veuillez m’excuser, je dois aller à la salle des dames). Je pisse et je reprends mes jambes à mon cou. Poteau 8 pour l’autobus. Évidemment il y a toujours des gens qui n’ont pas fait ce qu’il devait faire avant de se rendre au tabaslack de poteau. Une dame qui a deux valises, la deuxième valise est en surcharge. Avez-vous votre billet? Non. Elle retarde le groupe, l’autobus est supposée quitter le terminal et moi j’ai un avion à prendre madammmmeeeeee. Il est 13h10 et on est toujours en ligne à attendre…d’embarquer dans ce bus. Je prends de grandes respirations… et bien la dame en question n’avait pas d’argent pour payer la surcharge de sa valise. Le gars du bus sort sa balance du Dollarama, enfourche la gance de la balance sous la poignée de la valise, lève la valise, sa balance pète et là j’entends une grosse voix dire: “Well, this is what you get when you want to charge money for excess weight on baggage » qui est-ce pensez-vous??? Le seul et unique JF. Il se trouve très drôle. Moi pas pantoute. Vous savez quoi…y’a un anglais qui a dit à la dame, je vais payer votre surcharge de bagage et j’ai vu la femme et l’homme s’éloigner vers le guichet. Un anglais j’en suis certaine… 16 pounds…quand même!! Bref, dans ma tête, y’a jamais personne qui fait rien pour rien…mais je pourrai rien vous dire de plus parce que je suis débarquée au premier arrêt Stansted!!!
On embarque dans le bus. Le chauffeur s’adresse aux passagers avant de quitter et nous assure que nous serons à Stansted à 14h40. Notre avion est à 16h25 et comme on a la grosse Germaine et bien il faut aller au comptoir. Mais voici ce que le chauffeur dit:
« Bonjour mesdames et messieurs, bienvenue à bord du National Express bus 727 en direction finale de (me rappelle plus la ville). Notre premier arrêt sera Stansted dans 1h15 minutes. Nous vous prions de ne pas parler au téléphone sur la fonction HAUT PARLEUR et de mettre vos écouteurs pour écouter de la musique ou une émission. Nous vous demandons également de parler à voix basse afin de ne pas déranger les autres clients qui sont dans le bus. J’ai demandé à JF si j’avais bien compris, tellement surprise. Il me dit, oui madame!!! Je me suis levée debout et j’ai crié, BRAVO monsieur vous êtes mon héro. BRAVO, BRAVO et encore BRAVO. Je déménage illico dans votre autobus. Quand je vous disais que les Anglais ils l’ont l’affaire.
Tabouaire!!! Voilà on a attrapé notre bus, notre vol et nous sommes à Madrid depuis hier soir 21h. En vacances un lundi ressemble à un samedi soir. Je boirais quelque chose qui ressemble à des bulles. Aussi tôt dit aussitôt fait. On achète un mousseux, l’Espagne produit d’excellent CAVA, mais y’en avait pas dans ce dep de coin de rue. On trouve l’appartement et là on a faim mais on est brûlés pas envie de ressortir. JF dit: « On commande du Uber Eat ». Moi je ne suis pas fan de ce genre de patente. Me dit toujours qu’il y a une arnaque quelconque. Mais il décide de le faire quand même. Okidou. Trouve une pizzeria, commande la pizza qui sera ici à 22h50. Pendant ce temps, je fais autre chose. Le temps passe. Il commence à être tard. Cout’donc elle arrive ta pizza???. Hum, attends je check. Le gars a laissé la pizza sur les marches de l’immeuble et a envoyé une photo pour lui dire que son job était fait!!!


JF regarde son téléphone, il me dit l’air surpris, elle a été livrée. Hein, personne a sonné. Personne a appelé. Voyons. Il se lève, va à la porte de l’immeuble. Pas de pizza. Gosse et regosse, check et recheck. Conclusion. La pizza à 50$ piastres a été volée. Eh la la. Je ne peux que me dire, que j’avais encore raison!!!. Moi, je rigole un brin. Uber eat ne veut pas rembourser que me dit JF. Il est furax. Il repart et trouve une autre pizzeria et revient 30 minutes plus tard avec la bouffe. JF, n’abandonne jamais, surtout lorsqu’il est question de fric et ben, figurez vous donc qu’il a été remboursé. Voilà comment a débuté notre arrivée à Madrid. Oups après une double vérif…pas de remboursement. Il y a pas deux minutes il m’a dit qu’il arrêterait de gosser pour le Uber eat, vous savez quoi, il est sorti acheter quelque chose et est revenu en me disant je suis arrêté à la pizzéria…
Mais revenons à nos moutons anglais. Nous n’avions qu’une seule journée à passer à Oxford et question d’efficacité nous avons donc décidé de prendre un guide. HORREUR | ERREUR!!! Le guide devait nous faire visiter les principaux collèges universitaires de la ville d’Oxford. L’Université d’Oxford n’a pas un seul campus, les différents « collèges » se trouvent dispersés à travers la ville. Cette ville universitaire est magnifique, on sent l’intelligence à un point tel que le plus tarla des touristes pense qu’il est intelligent. Comme nous, quoi!!
Je vous passe tous les détails de cette visite guidée avec 15 autres personnes. Notre guide, une ancienne étudiante d’Oxford (jeune fille aux cheveux rouges) oui, oui la mode de la teinture bizarre est partie d’Edimbourg et est rendue officiellement à Oxford et Canterbury. Elle doit nous faire visiter: Le Trinity (son collège lorsqu’elle était étudiante), le Radcliff caméra, la bibliothèque Bodléienne (une des plus anciennes bibliothèques publiques qui comptent des millions de livres et manuscrits importants et rares). Le pont des soupirs, pas celui de Venise celui d’Oxford.








La jeune fille connaissait son sujet, mais avait un fort accent et un débit ultra rapide. Difficile à suivre. Elle fait son p’tit bla bla bla d’introduction et nous explique le « timeline ». Ok tiguidou. Go. On ne veut pas le savoir on veut le voir. On arrive au Trinity college. On peut entrer dans le jardin mais pas dans la chapelle parce qu’il y a un événement. On aligne la Radcliff caméra, on peut pas entrer il se passe de quoi avec cet édifice et ainsi de suite pour toute la durée de la visite. Je sens que je me suis faite avoir. Il fait froid, j’étais pas assez habillée et j’avais juste le goût de courir jusque chez nous. On décide d’aller au resto. Rebelote.
En résumé, Oxford est une ville où se mêlent histoire, savoir, et une vie étudiante dynamique, avec une grande diversité culturelle.
Après Oxford, direction les falaises de Douvres. Il y a une promenade en bas du Margaret’s Cliff. On y va. Une petite randonnée. Ça descend…encore et encore. Oh la remontée ne sera pas facile. Une fois en bas, j’ai voulu prendre une photo… on s’est fait ramasser par une vague. Trempés nous voilà et il nous faut remonter la trail.



On couche à Douvres une nuit et le lendemain direction Canterbury. C’est une ville plus petite mais tout aussi importante historiquement, notamment en tant que centre religieux de l’Angleterre. Située dans le comté de Kent, au sud-est de Londres, elle est surtout célèbre pour sa cathédrale, qui est l’un des plus grands lieux de pèlerinage chrétien depuis le Moyen Âge. Sur la quatrième photo, un baptême. Se faire baptiser dans une cathédrale fondée en 597 après J.-C. Je pense que je le mettrais dans mon c.v. 😉







J’ai oublié de vous écrire. On passera par le Portugal pendant notre périple et on sera plusieurs jours dans ce pays que je connais un peu. Pendant cette période, je ferai la Rota Vicentina et plus précisément le Thrilho dos Pescadores. 223 kilomètres de marche en 10 jours. Je ne sais pas si je vais réussir. Ce n’est pas le chemin de compostelle. Nenon. Quoi que je n’ai rien contre. Anyway c’est pas pour ça que je vous parle de ça. Lorsque nous sommes allés remiser Gérard chez mon frère dans le nord. Ma belle-soeur Lise m’a donné une carte et m’a dit tu l’ouvriras lorsque tu commenceras ta randonnée. La carte était dans ma valise. J’attendais le moment de débuter cette longue randonnée. Mon frère me texte hier soir pendant que JF cherche la pizza. Il me dit ouvre la carte que Lise t’a donnée. JF est de retour et il a une drôle de face…Je vais chercher ma carte. J’aime pas ça. Je regarde JF, il dit aweille ouvre là. J’ouvre la carte. Mon coeur bat pas mal vite. Et voici ce que je découvre…
Je suis sans mot…



