
Le réseau de parcours de la Rota Vicentina s’est progressivement développé et couvre aujourd’hui l’ensemble de cette magnifique région de l’Alentejo (ils sont des excellents vins blancs) et de la Côte Vicentine. Si les sentiers côtiers sont vraiment éblouissants, de nombreux chemins se déploient aussi plus à l’intérieur des terres et traversent des zones rurales et vallonnées, zones longtemps ignorées par le tourisme, mais qui méritent aujourd’hui d’être appréciées au gré de la randonnée.
Le Chemin Historique, le Sentier des Pêcheurs et les Parcours circulaires offrent un réseau d’itinéraires de plus en plus complet, varié et flexible, susceptible de répondre aux besoins et aux attentes de tous.
Le randonneur expérimenté qui marche d’un pas décidé du nord au sud ou bien la famille qui doit s’adapter au rythme des enfants, les curieux et même les sceptiques n’ont aujourd’hui que l’embarras du choix pour élaborer des itinéraires aussi variés que possible en combinant ces divers sentiers pendant quelques jours de marche.
Sentier des Pêcheurs | 13 étapes | 226,5 km.
Probablement l’un des meilleurs sentiers côtiers du monde.
Toujours à proximité de la mer, vous suivrez les chemins qu’empruntent les résidents locaux pour accéder aux plages et aux lieux de pêche. Il s’agit d’un single track qui suit les falaises et qu’on ne peut parcourir qu’à pied. Il est un peu plus exigeant du point de vue physique car très sablonneux.
Un défi au contact permanent avec le vent de la mer, la rudesse du paysage côtier et la présence d’une nature sauvage et persistante.
C’est sur ce sentier que je voulais marcher. Je n’avais pas l’intention de faire les 13 étapes par manque de temps, mais seulement quelques-unes (j’en aurai fait 5 sur les 13). Il y a tellement longtemps que j’en parlais… j’y étais enfin. J’avais quand même une petite crainte quoique marcher… c’est assez simple. Ce qui est très cool, c’est que JF m’attend d’un village à l’autre. Un genre de GO randonnée. J’ai donc marché de Sao Portes à Porto Covo 13 km (le site indique 11km) dans le sable (moins léger mettons…) J’ai parcouru la distance en 20 minutes de plus que ce qui est prévu, faut dire que j’ai cherché un brin le sentier qui n’était pas évident pour les premiers cinq kilomètres. Le lendemain (jeudi le 7 novembre) j’ai marché de Porto Covo à Vila Nova de Milfontes 19,6 km de SABLE. J’ai parcouru le sentier dans le temps indiqué mais marcher dans le sable sans arrêt n’est pas évident. J’avais hâte de terminer cette section. Le vendredi 8 novembre j’ai marché de Vila Nova Milfontes à Almograve, le site indique qu’il s’agit de 14,7 km mais ce n’est pas tout à fait exact. Si vous prenez le pont (et non le ferry pour vous rendre de l’autre côté de la rivière) cette section fait autour de 19 km.




Ce que j’ai fait. Rien de bucolique à marcher sur l’autoroute et traverser un pont sans trop de protection. Mais bon, y faut ce qui faut. J’aime les défis et mettons que cette section du sentier m’a donné quelques beaux défis. Pour votre information, je marche seule (JF m’avait dit je ferai un bout avec toi… ce bout là n’est jamais arrivé…). Il n’y a pas beaucoup de monde sur le sentier, mais depuis trois jours je revois pas mal les mêmes visages: un couple plus âgé que moi, une autre femme seule dans la quarantaine, un jeune homme dans la trentaine, et une jeune allemande avec qui j’ai marché quelques mètres. Je ne suis pas là pour me faire des amis, je reste polie, je disserte un peu et après bye bye. Un peu asocial…faut bien que je le dise… oui. Dans les faits, je ne sais pas trop, j’avais le goût d’être dans ma tête et de faire ce sentier dans le silence. Bref, la jeune allemande a continué son chemin pendant que je décidais de m’arrêter pour boire un peu d’eau et regarder la beauté de la nature. Ce voyage offre des paysages grandioses. C’est beau sans bon sens. Alors comme je l’écrivais ça monte, ça monte et on passe dans des espèces de forêt d’arbustes très serré… un grand Jack va devoir se plier en quatre puisque moi je me plie en deux. Bref, la flore est tellement dense que je pense m’être trompée de chemin. Je décide donc de retourner sur mes pas, revoir les balises et m’assurer que je suis bien à la bonne place. Je n’ai fait que quelques mètres qu’en relevant la tête je vois un jeune homme. “ I think I’m wrong”. Il me répond: “No you’re not”. Je retourne de bord et je refais pour la deuxième fois le bout de trail dans la broussaille. Je sors de là, j’ai chaud et j’ai soif. Le gars s’arrête et moi aussi. Je bois, lui regarde le paysage. Je décide de m’asseoir pour récupérer et manger un peu. Je me lève 10 minutes plus tard prête à repartir, je vérifie mes trucs. PLUS DE CELLULAIRE! Le gars me regarde et me demande si ça va, je réponds que j’ai perdu mon cellulaire. Il me dit : “il y a une fille qui nous suit, elle l’aura probablement trouvée”. Ben oui, je vais pas prendre cette chance je retourne dans ce foutu bout de sentier qui n’a aucun sens. Je fais à peine 15 mètres que je tombe sur la fille en question. Elle a mon cellulaire dans ses mains. Alléluia. Je me jette à genoux pour la remercier (j’exagère un peu, mais pas tant que ça). Je termine le sentier et je suis brûlée.

Samedi jour de repos et dimanche jour du Seigneur donc jour de repos (pas que je me sente fatiguée, mais pour passer du temps avec Patate et avancer un peu plus vers le sud).
Lundi je reprends la marche mais quelques étapes plus loin. Ce matin, je m’attelle pour marcher de Carrapeitera à Vila do Bispo selon le guide 15,3 km. Je pars toute guillerette, je suis toute seule, le ciel est bleu tout va bien. Une amie m’a demandé si j’écoutais de la musique en marchant. Non. J’écoute le bruit des vagues et le bruit que font mes pieds lorsqu’ils prennent ancrage dans le sable ou la terre. Je marche d’un bon pas et le sentier n’est pas en sable, ça ressemble un peu plus à chez nous et ça monte un peu. J’ai environ 4 km de fait lorsque j’arrive à une baie. Je suis pas mal en hauteur et je regarde les balises et je ne suis pas certaine de comprendre l’endroit où je dois aller. Je regarde mon cell pour voir la piste, j’ai l’air d’être à la bonne place, je commence à descendre. Une autre pancarte qui dit que: “ vous devez vous assurer que vous avez suffisamment de temps pour passer la plage avant la marée haute”. Je regarde la plage en bas, je me dis que c’est bon. Je commence à descendre mais le sentier devient de plus en plus étroit et très pentu, ce n’est plus de la randonnée mais de l’escalade que je fais. J’essaie de me retenir aux roches mais mes pieds ne sont pas stables. J’essaie de trouver un appui mais je n’y arrive pas. Je me scratch les tibias et j’ai réellement peur de tomber en bas de la falaise. Je me dis voyons je dois pas être à la bonne place, ça n’a aucun sens comme sentier. Impossible que les mémés et les pépés que j’ai vus passent par ici. Je remonte, je regarde les balises, je regarde mon téléphone. J’essaie un autre chemin, ça peut pas être là, je remonte encore un peu pour avoir une vue plus aérienne du sentier. Je le vois de l’autre côté de la falaise mais j’ai aucun moyen d’y arriver à moins de passer dans un tas d’arbustes, qui ont poussé dans la craque de la falaise ou de sauter en bas pour me retrouver sur la plage. J’ai dû remonter 4 ou 5 fois et il a fallu que je me résigne à revenir sur mes pas. Déçue et en crrrriiiiiisssse. JF vient me reprendre à mon point de départ. Je ne suis pas très heureuse du déroulement de ma matinée. Je lui demande de me déposer après cette baie, mais lorsque je regarde la carte, le sentier n’est pas du tout intéressant… je dis des gros mots dans ma tête…



La batterie de l’habitacle du VR est à plat (une autre affaire), on doit se brancher pour recharger cette batterie. Donc on se retrouve dans un parc de VR où tout le monde est là pour les mêmes raisons. Se recharger, se vider et se remplir. Comprenez ce que vous voulez de ça…
J’avais lu sur le blogue d’une randonneuse qu’à Vila do Bispo il y avait un resto où il faisait de la très bonne pizza. Après un 19 km de sentier qui se résume à 7 km a|r. Je me dis que la pizza mettra un baume sur mon chagrin. Nous sommes lundi dans un petit village du sud du Portugal. On marche jusqu’au resto qui est à moins de 600 mètres du parking à VR. Je n’ai presque rien mangé de la journée parce que j’ai mal planifié. Je vous passe les détails qui ne sont absolument pas intéressants. On arrive au restaurant de pizza PISCO. Je demande une place pour deux. Réponse: “we are full for tonight” avec toute la gentillesse portugaise. Pas de…attendez au bar, je vais tenter d’arranger quelque chose. Attendez je pourrais vous faire de la place dans 30 minutes. Rien de tout ça.
Je suis full …..déguidine. J’ai juste envie de brailler. Des fois, je me dis que je dois être mal organisée, que je prends pas assez de précautions, que je suis trop dans la lune, que je réfléchis pas assez…retour à la case départ direction le parking de VR pour qu’on se fasse à bouffer. Je ne veux même pas essayer de chercher un autre resto, je veux juste rentrer manger et me coucher. De toute façon, la majorité des restaurants sont fermés parce que nous sommes en basse saison. Je suis fatiguée de ma randonnée et je n’ai pas envie de me taper un autre Portugais.
Hier 12 novembre, j’ai marché de Salema à Luz, une distance d’environ 13 km et ce sentier n’est pas en sable mais ça monte. JF m’attends à mi-parcours. Il est installé sur la plage mais me suit sur son cellulaire donc il vient à ma rencontre. Je suis un peu découragée, je n’avance pas aussi rapidement que je pensais. Je prends une pause d’environ 30 minutes, enlève une de mes bottes qui me fait souffrir à cause d’une ampoule (by the way, les diachylons Dr. Scholl pour les ampoules ben ça vaut pas de la marde). Donc, je remets mon bas, ma botte et, après une bonne sandwich à la crème glacée, je décide de continuer. J’arrive à Luz en fin d’après-midi et on dit bye bye au Portugal.
On manges-tu de la pizz? Ouais bonne idée. Nous sommes de retour en Espagne à Isla Canela. On se met à chercher une pizzeria. Tout est fermé, on a l’impression d’être dans une ville fantôme. On trouve une pizzeria à 800 mètres. JF me demande si la pizza aura le temps de refroidir dans 800 mètres s’il marche. Réponse oui. On va prendre le campeur, on commande, on attend et on retourne à notre spot. Malgré les infos sur google, la pizzeria est fermée. On en cherche une autre fermée. Une dernière à 8 km ok, allons-y ben c’était en plein dans le centre ville pas moyen de placer Gérardo nulle part. L’idée de la pizza à pris le bord. On cherche un Mercado. JF s’impatiente, il a faim… et moi donc??? Reste ici je vais trouver dans le supermercado quelque chose à bouffer qui va prendre 10 min. à cuire ou à se réchauffer. Je reviens avec une quiche aux patates et un saumon aux légumes. On revient à notre endroit, on soupe, regardons l’itinéraire pour demain et merci bonsoir… Séville nous arrivons!!! Mon frèrot et ma belle-soeur arrivent lundi matin. Yé. Ma fille est rentrée de la Floride, Ju sénior a fait son Ironman qu’il a réussi. Très émouvant d’entendre l’annonceur dire au fil d’arrivée: « Julien Brisson you’re now an Ironman » Impressionnant. J’ai hâte de voir mes Lolottes.




La première photo est pour vous montrer comment la piste est bien indiquée…trouver!!??


