
C’est beau la ville de Dieppe, pas trop de touristes, pas compliqué, tu gares la voiture un peu n’importe où gratuitement. On s’est mis en branle tranquillement, levée du corps autour de 8 h, une bonne grosse nuit de sommeil pour moi. JF s’est réveillé au milieu de la nuit sans être capable de retrouver le sommeil par la suite. Qu’a-t-il fait vous pensez ?
Il pleuvait des cordes au réveil. On a donc pris notre temps. Café, déjeuner et hop, à la découverte de Dieppe. On a donc fait la visite du Château-Musée. JF a essayé d’avoir le tarif âge d’or… résultat négatif ! Dans les faits, ce tarif ne semble pas exister à Dieppe.
Nous sommes passés à côté des deux Tourelles, endroit d’où sont parties quelque 600 filles du Roy entre 1663 et 1673.


Je ne sais pas si je l’ai déjà écrit, mais j’ai passé toute mon enfance à passer jour après jour devant la Maison Saint-Gabriel, maison qui a accueilli les filles du Roy. J’ai eu une petite émotion en voyant de quel endroit elles étaient parties à Dieppe. Mon école primaire était à quelques pas de la Maison Saint-Gabriel.
La Maison Saint-Gabriel est un musée depuis plusieurs années. Je ne sais pas combien de fois je l’ai visitée, au moins une dizaine de fois. Pour la petite histoire, c’est en 1662 que Paul de Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal, cède une terre à Marguerite Bourgeoys à la Pointe Saint-Charles, et en 1668, Marguerite Bourgeoys achète la maison de ferme et les terres de François Leber, un voisin. Si vous n’avez jamais visité ce musée, allez-y : c’est un pan de notre histoire qui s’y trouve. Les filles du Roy y ont vécu.. Mon école élémentaire portrait le nom de Jeanne-Leber, qui était la fille d’un riche marchand (Leber) et de sa mère Jeanne Mance, qui fonda l’Hôtel-Dieu.

Dieppe a une très longue plage de galets, avec une promenade et un terrain gazonné en devanture. J’aperçois une pancarte bien claire : un chien, un cercle rouge, une barre. Ça veut dire ce que ça veut dire : PAS. DE. CHIEN.
Et là, que vois-je ? Un humain avec un chien, « drette » là où c’est interdit. Le chien s’accroupit, l’air appliqué, pour déposer son offrande. L’humain, lui, brandit fièrement son petit sac en plastique…
Et c’est là que ça me dépasse : ramasser une crotte encore tiède, à main quasi nue, via une mince couche de plastique qui ne demande qu’à céder… On parle quand même d’un contact olfactif direct, et d’un risque tactile élevé. Et après ? L’humain doit continuer sa balade avec le petit sac à la main, comme s’il tenait une truffe précieuse, un genre de trophée gluant. Non merci.
Je me demande souvent : à quel moment dans l’évolution humaine a-t-on décidé que ça, c’était de l’amour ?
Nous sommes rentrés pour dîner et sommes allés par la suite vers une plage de sable fin (la plage de Dieppe est en galets). Première tentative : échec. Deuxième tentative : un peu mieux, mais malheureusement notre journée s’est mal terminée.
Une fois revenus à la plage de Dieppe, je décrète que c’est l’heure de la pause crème glacée. On se dirige vers les kiosques en bord de mer… JF touche ses poches, fouille son sac à dos.
– Moi : « Qu’est-ce que tu cherches ? »
– Lui : « Ma montre… je la trouve pas. »
– Moi : « Non… pas vrai. »
– Lui : « Oui, je l’ai enlevée à la plage… je voulais l’attacher à mon sac à dos mais je ne suis pas allé au bout du geste. Elle est restée sur la plage. »
– Moi : « Tu parles de TA MONTRE GARMIN ? »
Non, non que je répète. Allez hop, on y retourne. 60 km aller/retour. Je roule un peu vite, en souhaitant que la montre y soit toujours.
En chemin, une pancarte bizarre m’intrigue : une moto, une auto, des quarts de cercle, un point noir au centre. Je pogne un fix : « C’est quoi cette pancarte-là ? »
Après avoir posé la question 100 fois, JF regarde sur internet… ce sont des radars. Je dois rouler à 30 km au-dessus de la limite depuis au moins 15 kilomètres.
Il est peut-être là, MON petit butin précieux, celui qui sortira de mes poches faute d’avoir respecté les limites de vitesse…Il y avait urgence. La montre !
Premier arrêt : pas de montre.
Deuxième arrêt : la marée a sûrement emporté la Garmin qui a coûté un billet d’avion pour Paris en basse saison!!! Crissssse !!!
Mais bon. Une montre, ça se remplace et JF dit qu’il n’apprend pas d’une fois à l’autre que là, ça vient de lui pincer le popotin pour ne pas dire le cul (pour combien de temps…je l’ignore…mais je pense qu’il est trop tard, il va continuer à se faire pincer le popotin pour autre chose d’ici la fin de ce voyage). Mais au final, une journée bien remplie, ça ne s’efface pas. Et quelque part entre le château, les galets, les Filles du Roy, le chien et les radars… j’ai une histoire à vous raconter. C’est peut-être ça, le vrai précieux butin.




