
Nous avons quitté Dieppe en Direction de Trouville (juste à côté de Deauville), avec un arrêt prévu à Étretat. Un peu plus de deux heures de route nous attendaient. Aux premiers abords, Étretat… c’est autre chose. Déjà beaucoup plus de touristes, et aucune place gratuite pour garer la voiture. Ça m’énerve un brin. On grimpe jusqu’au promontoire pour voir la plus grande des deux arches — le fameux rocher percé, version française j’imagine. Il y a du monde, et des chiens. Un jour, les chiens auront plus de droits que les humains, je vous aurai avertis. J’imagine le petit chien qui, le matin, aboie gentiment à son maître : « Oh maître, amène-moi voir les arches d’Étretat… » Pu***


On ne visite ni les jardins d’Étretat, ni le musée consacré à Charles Nungesser et François Coli, deux aviateurs français de la guerre de 14-18, disparus en tentant de traverser l’Atlantique (direction Paris-NY) le 8 mai 1927. Quelques jours plus tard, Charles Lindbergh, lui, y parviendra (NY-Paris). On ne visite pas non plus la maison d’Arsène Lupin. On a juste envie de prendre notre temps, sans rien s’imposer. Et c’est ce qu’on fait.
On arrive à Trouville à 17h20. On s’installe au bord de la mer et on regarde le temps passer. Je crois que JF est surpris par Trouville… Moi, je suis un peu dans mes pensées. La dernière fois que je suis venue ici, c’était en 2007, avec une amie. Nous avions pris le train de Paris. J’hésite à raconter cette histoire de peine d’amitié. Peut-être qu’en en parlant, je réussirais à exorciser… Bref, je refocusse, et on se dirige vers notre Airbnb, à cinquante pieds de la mer. La joie.
Patricia, notre hôte, nous fait visiter l’appartement. C’est long pour rien. Je préfère les entrées autonomes aux entrées personnalisées. Je n’ai pas d’allure. Je dois souffrir de phobie sociale. Ma sœur dirait plutôt que je manque d’habiletés sociales. Le bla-bla d’usage consommé, nous voilà installés.
J’ai repéré une piscine publique — extérieure, avec une eau à 24°C. Il faudrait bien que j’y aille, ma dernière baignade remonte au 20 juin. Il ne fait pas très beau…
Pendant que JF s’affaire aux fourneaux pour préparer un orzo aux pétoncles, épinards et champignons,j’écris. La Normandie, c’est la Mecque de la coquille Saint-Jacques — pas celle qu’on mange chez nous, gratinée à la béchamel (beurk), ce qu’on appelle à tort un pétoncle. Voici ce qu’on avait acheté au Leclerc…Simonac!

Finalement, notre voyage est fait de petits riens. Vous ai-je dit que je commence à penser que j’ai suffisamment voyagé ? Que je n’ai plus vraiment envie d’être squeezée entre JF et un·e inconnu·e, de sortir de cette carlingue pliée en deux, et de mettre plusieurs jours à m’en remettre…mais avant de tirer ma révérence, il y aura le Japon, la Macédoine, le Monténégro…;-) et sûrement un voyage de ski avec ma Juju et mon enfant.
Je pense à ce qui s’en vient. J’essaie de rester zen, de ne pas trop y penser. Il me reste encore quelques jours avant le jour J.
Après le souper, on ressort pour regarder le soleil se coucher. Il est plus de 21h30 et le soleil commence à descendre. On est chanceux. Pas de problème de santé, pas de problème financier, pas de problème pantoute…et ce coucher de soleil incroyable!!! Moment de gratitude. Amen!
