Avant de partir pour la France, j’avais écouté quelques reportages sur YouTube à propos de la Normandie. L’un d’eux, carrément dithyrambique, portait sur le village de Beuvron-en-Auge, Le plus beau village de France, disait-on. Impossible de passer à côté. Alors, nous voilà en route vers Beuvron, dans ma Peugeot de Maserati, une petite demi-heure de trajet.
Je ne retrouve pas chez les Français la courtoisie des Anglais au volant : ils te collent au cul sur une route de campagne et te dépassent à moins d’un mètre de ta bagnole…
L’Ingénieur, lui, observe les routes de France avec un œil bien particulier – celui de l’ingénieur, justement. Une chance que Geneviève ne l’entend pas… elle lui dirait assurément de gérer sa fougère!!. Il ne cesse de me vanter la qualité du réseau routier français. Il a bien le temps de l’admirer : c’est moi qui conduis la Maserati.
Nous arrivons à Beuvron-en-Auge. Il fait chaud (je n’aime pas tant la chaleur), on trouve à se garer sans problème, puis on marche quelques mètres jusqu’au village.
Bon, d’accord, vous n’avez probablement pas vu le fameux reportage. L’animateur en donnait beaucoup… c’était plus que wow. Un genre de Voir Beuvron et mourir. Eh bien… j’ai pas “mouru”.
Si j’étais le maire de Beuvron, je serais du style Luc Ferrandez : un peu dictatorial. Dans le sens de : toi peins ta clôture, toi arrange tes planches, toi prends soin de tes géraniums… question de garder la notoriété du village. Je ne sais pas en quelle année le village a reçu ce titre de « plus beau village de France », mais ce n’est plus franchement le cas. Il m’a paru plutôt négligé: de belles clôtures en fer forgé auraient besoin d’un coup de pinceau, des balcons à redresser, des planches à peindre, des fleurs fanées. C’est pas top, mettons.





On a fait le tour en 45 minutes, top chrono.
Direction: la fromagerie. Je ne sais pas si vous le saviez, mais moi, je n’avais jamais fait le lien entre le camembert et la Normandie. Le calvados, oui. Le camembert, non. On a un peu « taponné » pour trouver une fromagerie qui accepte les visites. Je voulais voir une fabrique artisanale, avec du camembert fait à la louche. Raté. Mauvaise note, mauvais arrêt : on est tombés sur une fromagerie ultra-mécanisée. Mais c’était quand même très intéressant. Et on a acheté deux excellents fromages qui embaument depuis la voiture… et l’appartement.



Puis cap sur une maison de calvados : Pierre Huet. Dégustation gratuite. On est en début d’après-midi — un peu tôt pour moi pour m’envoyer un p’tit verre. JF, lui, ne refuse pas et lance un : « Vous autres, vous l’avez l’affaire, les Français! » Ça sonnait un brin Elvis Gratton et son célèbre : « Ils l’ont-tu l’affaire, les AmAricains… »


Je ne sais pas d’où c’est parti, mais la jeune fille derrière le comptoir a lancé qu’elle adorait notre accent. Et là, JF a pris ça comme une invitation officielle à sortir le micro. Il s’est mis à raconter qu’il travaillait chez Eurovia-Vinci, qu’ils recevaient des stagiaires français en VIE, qu’il connaissait bien le système, les ponts, les chantiers… On n’était plus dans une simple réponse polie, c’était une conférence improvisée. Moi, je souriais en coin. Il était bien parti, sauf que…la jeune fille nous a quitté pour servir d’autres clients… JF est resté en plan.
Cette maison produit du cidre, du calvados, et du poiré. Dans un autre reportage, j’avais vu une maison spécialisée uniquement dans le poiré – pétillant, paraît-il. J’ai goûté celui de la maison Huet. C’est bon… mais je ne suis pas encore convaincue. Je vais essayer de retrouver celle qui fabrique le fameux poiré effervescent. Je vous en redonne des nouvelles.
Demain je vous parlerez de Honfleur, de la connasse et de la fille du dépanneur.