Déjà huit jours qu’on sillonne la Normandie. Les kilomètres s’accumulent, les histoires aussi. Honfleur, c’est à deux pas de Trouville. On y est allés sur la recommandation de notre hôte Airbnb. J’en avais déjà entendu parler, maintenant je peux dire que j’ai vu. Et c’est vrai que c’est joli. Très joli, même.

On refait notre cours d’histoire de secondaire IV en mode accéléré grâce à une simple plaque commémorative : c’est de Honfleur que Samuel de Champlain est parti en 1608 pour fonder la ville de Québec.

On a flâné autour du Vieux Bassin — une carte postale grandeur nature. On voulait visiter la Lieutenance, mais c’était fermé pour l’heure du midi. Alors on a pris notre courage à deux mains et on est montés à l’église Notre-Dame-de-Grâce. Jolie vue, jolie grimpette.
En redescendant, arrêt à l’église Sainte-Catherine, entièrement en bois, une des plus grandes de France. Encore un peu de flânerie autour du bassin. Le temps était lourd, moite. JF annonce qu’il part acheter de l’eau.


Il entre dans un genre de dépanneur français — petite boutique de bric à brac. Il prend une bouteille d’un litre, sort sa carte, prêt à tapoter… et là, la dame lui lance : « On ne prend pas la carte ». Pourtant, y’avait bien un terminal juste là, sur le comptoir. JF la regarde, incrédule, repose la bouteille et se recule en silence. La dame, agacée : « Bon ben c’est ça, monsieur, je vais m’occuper de la remettre ». JF, très calme : « Ben oui, faites donc ça, madame ».
— Tu n’as pas d’eau?
— Non. Et il me raconte….
Vous connaissez l’histoire avec les achats de moins de x $$ les commerçants refusent de se faire payer par carte parce que les frais payés par le commerçant dépasse le montant de l’achat effectué…
Pas d’eau? Qu’à cela ne tienne. On se paye une glace à la pistache et au chocolat. On traverse une petite rue pavée, minuscule, habitée par cent cinquante touristes au mètre carré. On longe le trottoir, un peu tassés. Et là, klaxon. Une voiture veut passer. Je lève les bras : « Oh ça va! », dis-je, exaspérée.
Et de la passagère surgit :
— « Oh ça va la connasse, ôte-toi de la rue! »
J’ai regardé JF, et j’ai dit : « J’en ai assez », mais on a mangé notre glace avec nos cuillères en plastique recyclées. 😉 et on est allés se réfugier sur la plage de Deauville, pile là où Jean-Louis Trintignant court vers Anouk Aimée dans le film Un homme et une femme. Chabadaba, chabadabada…


On a regardé la mer. On s’est tus. Le vent était un peu froid. Le genre de vent qui ne laisse pas beaucoup de chance pour la bronzette. On a décidé de rentrer à Trouville. Et quelque part, au fond de ma tête, un petit compte à rebours invisible continue de tourner. Mais chaque chose en son temps.
À venir, Caën et les plages du débarquement.