
Nous nous sommes installés à Caen pour 48 heures, le temps de visiter et de suivre les traces du Débarquement de 1944. Les plages, les musées, le cimetière américain : tout ici raconte une page d’histoire.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Pour être honnête, j’avais toujours gardé une certaine distance avec les commémorations du Jour J et le jour du souvenir. Un mélange de scepticisme et d’incompréhension. J’avais tout faux.
Ce que j’ai vu, ce que j’ai lu, ce que j’ai ressenti m’a touchée. Les soldats qui ont pris part au Débarquement ne sont pas venus faire la guerre pour la guerre. Ils se sont battus pour libérer un pays qui n’était pas le leur. Pour une idée. Pour la liberté.
Le 6 juin 1944, plus de 156 000 soldats alliés ont débarqué en Normandie. Parmi eux, des Canadiens, des Américains, des Britanniques, des Français libres. Les cinq plages — Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword — ont chacune leur histoire, leurs héros, leurs drames.
Juno Beach, c’est là que les troupes canadiennes ont touché terre. Ils étaient jeunes, ils venaient de partout au Canada. Ils ont affronté les balles, les mines, les vagues. Beaucoup n’ont jamais revu leur pays. Devant les monuments, les photos, les noms gravés, le silence devient lourd. Respectueux.
Nous avons aussi visité le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, surplombant Omaha Beach. Plus de 9 000 soldats y reposent, alignés dans un silence presque irréel. Chaque croix blanche, chaque étoile de David, rappelle une vie interrompue trop tôt. Le lieu est d’une beauté incroyable, mais surtout d’une dignité bouleversante. C’est là qu’on mesure vraiment le prix de la paix.

Et puis, il y avait les enfants. On en parle peu dans les récits militaires, mais leur quotidien a été bouleversé. Lors de l’exode, 90 000 enfants ont été temporairement séparés de leur famille. Certains ont fui à pied, d’autres ont été envoyés loin de la zone des combats. Les bombardements, les rationnements, la peur — tout cela a marqué leur enfance. Ce ne sont pas seulement les soldats qui ont vécu la guerre, mais aussi ceux qui attendaient et espéraient.
À Arromanches, on découvre le port artificiel construit pour faire débarquer hommes et matériel : le port Mulberry. Un exploit d’ingéniosité. Winston Churchill lui-même y avait mis son grain de sel. On imagine les camions, les vivres, les chars, la mer comme une autoroute improvisée.

Les chiffres donnent le vertige :
– 1,5 million de soldats américains stationnés en Angleterre avant le Jour J
– 40 000 soldats allemands prêts à défendre les plages
– 10 000 pertes alliées, juste le premier jour
– Et des dizaines de milliers de civils normands pris au piège
C’est toute une région qui a souffert. Et pourtant, elle accueille aujourd’hui avec bienveillance ceux qui viennent se souvenir.
Je repars avec un regard différent. Le mot “vétéran” ne sonne plus pareil. C’est plus qu’un mot. C’est une promesse qu’ils ont tenue pour nous.

« Le coquelicot est un symbole fort de souvenir et de deuil associé et de deuil associé à la Première Guerre mondiale et plus largement aux soldats morts au combat et aux vétérans. Il est particulièrement lié au poème « In Flanders Fields » (Au champ d’honneur) de John McCrae, qui décrit la prolifération de coquelicots sur les champs de bataille de Flandres. Le coquelicot est donc devenu un symbole du Jour du Souvenir, porté pour honorer la mémoire de ceux qui ont servi et se sont sacrifiés. » (wiki)