Rouen et Giverny

Nous sommes arrivés à Rouen en fin de journée après un petit arrêt à Saint-Lô. Rien à signaler de ce côté-là. Notre appartement est situé à deux pas de l’église Saint-Maclou, en plein coeur du quartier des antiquaires. Emplacement parfait. Malheureusement, les points positifs s’arrêtent là.

Notre appartement donne sur la rue Malpalu, une petite rue animée, bordée de terrasses. Le 5 juillet marque la fin de l’année scolaire pour les enfants, il y a du monde. Pendant que JF part en reconnaissance pour trouver l’appartement, je tente de me faufiler au plus près de l’immeuble avec la Masérati. Je n’y suis même pas depuis deux minutes qu’un homme vient frapper à ma vitre.
— Le stationnement est interdit ici, madame.
— Je ne compte pas rester là jusqu’à la fin des temps, monsieur.
Je sens déjà que ça monte en moi, mais je me contrôle.
— Oui, oui, je comprends, je sors les valises et je dégage.
Il me fixe d’un air qui voulait dire, ôte toi de là. JF revient…
— Ishhh…
— Ishhh quoi ? Je sens qu’il va m’achever.
— Tu verras.
Ok.

Derrière moi, deux voitures hésitent à passer. JF se transforme en contrôleur de circulation et invite les conducteurs à avancer. Une conductrice, le prévient :
— Vous allez avoir un PV si vous restez là !
De quoi elle se mêle celle-là…
— Ce sera mon problème, lui répond JF.

On finit par sortir les valises. Pendant que JF monte les valises, je repars avec l’auto direction le parking de la Cathédrale. Je tourne en rond, et me retrouve dans la mauvaise voie. Un cycliste me fait de grands signes pour m’indiquer que je suis sur la piste cyclable. Effectivement. Je m’en rends compte. Bravo, championne!, mais à ma défense avez-vous déjà vu ça une piste cyclable au milieu de la rue…

Je trouve enfin le parking… fermé pour rénovations. Super. Je cherche un autre stationnement. Place Saint-Marc. Bingo. Je laisse l’auto au premier sous-sol, prends une photo de l’emplacement, mémorise la sortie et me voilà de retour à pied vers l’appartement. JF vient à ma rencontre.
— Es-tu prête ?
J’ai l’impression qu’il va m’annoncer une catastrophe nucléaire.
— Oui, go.
Je suis fatiguée.

On entre dans un couloir sombre, puis on débouche sur une cour intérieure… extérieure. Vous voyez le genre ? C’est carrément glauque. Au fond, un vieil escalier monte vers notre appartement. Rien qu’en gravissant les marches, je le sens : ça ne va pas le faire (comme disent les Français).

On pousse la porte : peinture défraîchie, ambiance tristounette. Il n’y a qu’un seul verre à vin posé là (et vu ce que je vois, je me dis déjà que je vais boire à la bouteille, direct au goulot). La chambre donne sur la rue Malpalu : c’est bruyant, forcément. 

Mais nous sommes à distance de marche de tout ce qu’il y a à voir à Rouen. C’est vraiment une très belle ville (je parle ici de la vieille ville). Je vais donc en faire mon affaire de cet appartement.

Le lendemain, on visite l’église Saint-Maclou. Au moment où nous posons le pied à l’intérieur, une chorale est en pleine répétition. L’acoustique est incroyable, c’est magnifique. Ensuite, direction la cathédrale de Rouen : ouf… d’une beauté renversante. Je pars à la recherche du tombeau de Richard Cœur de Lion, que je finis par trouver. JF traîne un peu derrière… On fait le tour tranquillement, sans se presser.

Puis, on se dirige vers le Palais de Justice, marqué par les bombardements de la guerre 39-45 (voir la photo des projectiles ci-dessous). Après ça, on tourne autour de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc. On achète des fruits. Ah oui, entre-temps, on passe aussi devant le Gros-Horloge, avant de terminer par un tour au Musée des Beaux-Arts. Grosse journée.


Un de mes peintres préférés, c’est Modigliani. Et je sais, pour l’avoir lu quelque part, qu’il y a trois de ses toiles au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Je scrute le plan du musée, à l’endroit, à l’envers… impossible de les trouver. Je commence à être un peu à “boutte”. Des fois, je tombe fatiguée d’un coup. Paf, je voudrais me télétransporter jusque chez moi.

JF demande à une jeune fille qui surveille une salle si elle sait où se trouvent les toiles de Modigliani. Négatif. On continue à marcher un peu. Deuxième jeune fille, même résultat : elle ne prend même pas la peine de vérifier sur son plan. “J’sais pas”, qu’elle dit. Ouille de ouille de ouille…

Finalement, on croise une dame d’un certain âge pour ne pas dire d’un âge certain. JF lui demande :
— Madame, pourriez-vous m’indiquer où sont les toiles de Modigliani ?
— Oui, bien sûr ! Elles sont dans la dernière salle, au premier étage, juste avant la sortie.

Pu***, si tu engages quelqu’un pour travailler dans ton musée…une petite formation pour aider ces petites jeunesses à avoir l’air un peu moins niaises. Voilà. Fallait juste persévérer.

Ce soir, nous soupons au restaurant La Couronne, où nous étions venus en 2019. Bizarre, je ne reconnais pas la salle à manger. La Couronne est souvent considérée comme la plus ancienne auberge de France (1345) et est située face à la place du Vieux-Marché. Elle aurait survécu aux bombardements de 1944 et à un incendie en 1988, tout en préservant sa façade à colombages.
Parmi ses visiteurs célèbres : Hemingway, Dali, Grace de Monaco, et même la reine Élisabeth II et le prince Philip ainsi que Michèle Durocher et Jean-François Thériault. 😉

Nous sommes partis ce matin en direction de Giverny pour visiter la maison de Monet et ses célèbres jardins. Il pleut.

On arrive sur place et, encore une fois, moi qui pensais naïvement être la seule à avoir eu cette idée… il y a foule. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je visite un endroit, j’imagine toujours que je serai seule au monde, comme si j’avais découvert quelque chose que personne ne connaît.

On fait rapidement le tour de la maison et des jardins. Que dire ? Les tableaux sont des reproductions, ce qui me surprend un peu. Je me demandais d’ailleurs pourquoi il n’y avait pas vraiment de sécurité…

Quant aux jardins… oui, c’est beau, mais ce n’est pas trop mon genre. Moi, j’aime les jardins anglais : droits, bien dessinés, bien manucurés. Ici, c’est un peu le fouillis, un peu à la “vagaille”, comme dirait ma mère.

On retourne à la voiture et on se met en route vers Gonesse dernier soirée en France…Franchement, les conducteurs français ne vont pas me manquer… je commence à en avoir ma claque. Et pourtant, je ne me considère pas comme une conductrice moumounne. J’ai un bon sens de l’orientation, je ne traîne pas, mais eux… ils sont impossibles. Entre ceux qui te collent au cul ceux qui te dépassent n’importe comment et ceux qui klaxonnent pour un oui ou pour un non, c’est à en perdre patience.On rapporte la voiture demain. Hourra!

Par la suite, direction Charles de Gaulle pour notre vol vers Stockholm où on passera quelques jours, vendredi on prendra un vol pour Luleä et on ira en auto 150 km plus au nord jusqu’à Juoksengi…au pays du père Noël…la Laponie!!

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