Jour 4: Franklin, TN à Franklin TN, 0 km

Faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Toutes les tentatives ont échoué. Nous sommes restés coincés dans le parking du concessionnaire et nous y serons jusqu’à minimalement demain milieu d’avant-midi. Fait divers ou d’hiver (fait tellement frette). Les gens viennent en voiture faire le tour du parking pour regarder les Mercedes. Belle activité du dimanche 🙂 Malgré la situation, on tente de trouver du réconfort dans ce que l’on fait. J’ai fait un rôti de bœuf et Jean-François a fait son pain. On a pris une marche jusqu’au centre commercial de Franklin. Les gens font des achats pour Noël. Nous on ne se sent pas tellement dans l’esprit des fêtes. Jean-François a aussi fait le tour du stationnement, cherchant désespérément une prise de courant. Nada. Cependant, il a traficoté l’eau du concessionnaire et a pu remplir le réservoir de Gérard. On manquera pas d’eau. Connaissez-vous l’expression du vendeur: “J’ai des bonnes nouvelles”. Non, vous ne connaissez pas?. Imaginez la scène, vous êtes en train de magasiner des électroménagers (ou n’importe quoi d’autre) et la facture est salée. Vous demandez au vendeur:”Vous pouvez pas faire mieux? »Le vendeur répond: “Attendez je vais  voir mon gérant”. Pendant ce temps, les acheteurs poireautent et attendent avec impatience le “deal du siècle”. Le vendeur revient et vous dit de pas trop loin, mais avant d’être assis à son bureau: “J’ai des bonnes nouvelles” et là, le vendeur te déballe la bonne nouvelle en question qui est une réduction ridicule. C’est devenu notre “running gag”.  Chaque fois que nous sommes devant une situation ridiculement peu significative, on se lance: “J’ai des bonnes nouvelles!! Jean-François  est tombé sur Steve, le gérant de service du garage MB et est revenu avec un : “J’ai des bonnes nouvelles”. Problème expliqué, on sera prioritaire demain matin. Je suis toujours un peu sceptique dans ce genre de situation, on verra bien à l’aube si la bonne nouvelle était vraiment une bonne nouvelle.  

Le soleil nous réchauffait cet après-midi. Assez pour réveiller vous ne savez pas quoi. Voir la photo ici-bas.

On ira au resto le 23 décembre pour fêter le réveillon de Noël, fêter avant les autres c’est toujours mieux. Une table est réservée au restaurant, The court of Two sisters.

Le pain cuit. On cherche un film à regarder grâce à notre VPN!

En route vers le centre commercial de Franklin, TN

Jour 3: Bowling Green, KY à Bowling Green, KY 0,5 km

L’attente

Nous avions prévu une petite journée tranquille, c’est-à-dire faire la distance nous séparant de Nashville, se stationner dans un quartier non loin du centre-ville et partir à vélo downtown. Nous sortons du supermarché, je range la bouffe dans le frigo, on s’installe pour partir. Un voyant lumineux orangé nous indique que Gérard va fonctionner en mode ralenti. De kessé?

Je suis au volant, Gérard ne veut pas avancer, en tout cas, pas plus de 8km à l’ heure. Notre beau plan vient de prendre fin abruptement. Vérification faite dans le guide d’entretien, ça risque d’être long. J’arrive à rouler jusqu’à une station service. Depuis une heure que nous y sommes, j’attends de parler à quelqu’un de la FCCQ (non ce n’est pas la FADOQ mais bien la FCCQ). Ils vont rappeler. Les options: a) on vous remorque jusqu’à un concessionnaire Mercedes (on est samedi, ça veut dire qu’on devra rester à Bowling Green jusqu’à lundi en fin de journée) ou b) vous pouvez trouver un garage et on vous remorque à cet endroit. Aucune de ces options ne m’enchante, d’un bord comme de l’autre, on va se faire avoir (les deux touristes avec leur Mercedes…j’entends déjà le son de la caisse enregistreuse kecling kecling kecling). JF est parti chez Wal-Mart tenter de trouver un produit “DEF”. Hier dans mon texte perdu, je vous parlais justement de ce voyant lumineux orangé. J’écrivais que c’était rien, sans doute un problème électronique. Un mauvais contact, rien de très grave. Erreur. Comme dit JF ça vient de me mordre le c**.  La dame de la FCCQ vient de rappeler. Pour vous remorquer jusqu’au concessionnaire Mercedes  qui se trouve à quelques minutes d’où nous sommes, 300$ US . Un appel avait déjà été fait  à ce concessionnaire, ils ne font pas de réparation sur les Sprinter, du grand n’importe quoi. JF a la tête dans le moteur. Je suis une bonne “helpeuse”, tiens le boyau, éclaire-moi ici. Fais ceci. Je croise les doigts. Je ne suis pas très optimiste. Plus d’une heure plus tard, c’est un échec, JF repart avec son chariot de Wal-Mart (0,5 km) comme un itinérant. On est un petit peu à bout.

Nous attendons la remorqueuse, je pense qu’on va faire un tour de towing jusqu’à Nashville. L’aventure, j’vous dis. Le tour de towing a bel et bien eu lieu à 20h00 et nous n’allons pas à Nashville mais à Franklin au Tennessee. Faites le calcul, près de 8h d’attente dans le stationnement d’un Speedway. C’est long en simonac. Si au moins, il faisait chaud, mais non on se les gèle “big time”. Vague de froid qui semble généralisée dans le sud des USA. En tout cas, partout où nous pensions aller. Autour de Noël, il fera -14c (la nuit) à Nashville. À la Nouvelle Orléans ce sera  pas mieux (moins froid, mais dans mon livre à moi, froid quand même). J’ai pensé garer le campeur dans un stationnement et acheter deux billets d’avion vers Eleuthera. Je suis partie en Pantagonie sur un coup de tête voir le glacier Perito Moreno, bon ok, j’étais déjà en Argentine…mais pour moi, Eleuthera c’est aussi simple que de  partir pour Brossard. 2 min 15 sec et je suis prête.

Jour 3: Bowling Green, KY à Franklin, TN 188 km

La balade

Une heure de route, coincé dans la cabine de la remorqueuse. On a couché dans le stationnement du concessionnaire Mercedes. La vue, magnifique que nous avons, vous avez pas idée. Ce matin, une ultime tentative après avoir cherché sur Youtube quelle pouvait être la solution à notre problème. Échec. Nouvelle recherche sur Youtube, re-échec. J’en perds mon latin et j’ai juste envie d’écrire des GROS MOTS. Hier soir, assise dans la cabine de la remorqueuse, jouait ceci, bon, évidemment pour ajouter un vidéo sur ce site, il faut passer en mode Premium. Ishhhh. Allez écouter « Jig of life » de Kate Bush. Y’a des moments comme ça. C’est presque de la physique quantique. Méchante gigue que nous vivons.

Jour 2: Érié, PA à Bowling Green, KY, 889 km

La technologie

J’avais un texte d’écrit et vlan, plus rien. Je ne sais pas trop ce qui est arrivé. Dans les circonstances et compte tenu de la fatigue, l’article de ce soir sera bref. 889 kilomètres en une journée c’est beaucoup. D’autant plus, que nous avons quelques petits ennuis avec Gérard, il fait son capricieux. Le mécano de la maison devrait être en mesure de lui régler son compte. Problème aussi avec l’eau. Il fait froid et le temps n’est pas tout à fait propice au camping caravaning. Le plombier devrait passer demain. Concernant, le déroulement du voyage il n’y a pas grand chose à dire sinon que nous avalons les kilomètres comme des boulimiques. Nous n’avons fait aucun arrêt dans aucune des grandes villes que nous croisons. Cleveland, Louisville, Cincinnati et nous dormons à Bowling Green une ville de 58 000 habitants. Les photos que nous avons prises au courant de la journée sont moyennes et rien de très fulgurant. Le Kentucky est montagneux. Voilà pour l’heure, je vous promets mieux demain ;-). Évidemment les photos ici-bas ne sont pas de nous.

Photo de Kelly M. sur Pexels.com

Jour 2: Addendum

Jeudi le 16 décembre, jour de notre départ, le vent soufflait très fort dans l’après-midi. Nous avons pris la décision de nous arrêter autour de 15h30. Nous nous sommes couchés relativement tôt. Malgré la fatigue, j’ai eu de la difficulté à m’endormir. Il ventait toujours autant et mon cerveau s’est mis à générer des scénarios catastrophes, et si une branche tombait sur la capucine et que je mourrais sur le coup. Ne riez pas. Un jeune avocat montréalais est mort de cette façon en septembre dernier.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1910562/deces-mort-thomas-bernier-villeneuve-camping-washington-accident-arbre

J’ai fini par m’endormir, la tuque sur la tête, les mitaines aux mains.  Je suis frileuse. À 3h30 du matin, j’entends Gérard qui craque de partout, beding, bedang, à moitié endormie, je me demande ce qui se passe, ça y est on va mourir. Y’a une branche d’arbre qui est sur le point de nous tomber dessus. Le bruit continue de plus en plus fort. Merde Gérard bouge, étions-nous stationnés dans une pente et avons oublié de mettre le frein à main?. On bouge vraiment, j’ai l’impression qu’on roule…Je réalise quelques minutes plus tard,  qu’il n’y a pas de catastrophe, juste un gars qui s’est réveillé à 3h30 du  matin et qui a décidé de rentabiliser son temps parce qu’il n’arrivait plus à dormir. Gérard se dirige vers Cleveland.

Jour 1: Roxboro à Érié, PA, 767 km

Le réveil.

C’est le début de notre périple de 5 semaines dans le sud des USA. Nous allons descendre jusqu’en Nouvelle-Orléans. Notre départ a été devancé de deux jours en raison de la tempête de neige qui doit s’abattre sur le Québec demain et samedi, nous avons donc pris la route ce matin à 4h45, deux jours avant la date initialement fixée. Jean-François est réveillé depuis trois heures du matin et se met en action dès que son pied touche le sol. Il reste quelques manœuvres à faire avant le départ. Je le sens pressé de partir. Du café dans les thermos, deux, trois vérifications et nous voilà en route. Ce matin, c’est lui qui prend le volant. Il fait nuit et froid. On enfile la 40 vers l’ouest, la circulation est fluide mais il y a déjà pas mal de monde sur la route puis, la 401 jusqu’aux Milles Îles et traversons aux États-Unis par le Thousand Islands Bridge. Notre douanier est sympathique, trois ou quatre questions, merci-bonsoir. Pas de tataouinnage. Par la suite la 81 sud jusqu’à la 90 ouest. Jean-François avait étudié les cartes météos jusqu’à très tôt ce matin et le plan prévu a été suivi à la lettre. Nous avons roulé sur l’asphalte sèche jusqu’au dîner. Par la suite, les choses se sont corsées un brin. Il pleut et le vent est fort, je dois tenir le volant bien serré afin de ne pas prendre le champ. On a l’impression d’être dans un avion dans une zone de turbulence qui dure depuis 2 heures. C’est long. Oups, le vent est tellement fort qu’un camion remorque est tombé sur le côté. Nous commençons à ressentir la fatigue, il est 15h30 le temps est gris et la noirceur tombe. Malgré nos 767 km nous n’avons gagné aucune degré en chaleur. J’écris ce texte avec ma tuque sur la tête, je suis sur le point de mettre mes mitaines. Nous nous arrêtons faire des courses pour le souper et allons rejoindre notre spot pour coucher. Demain, la journée s’annonce aussi longue qu’aujourd’hui en terme d’ingurgitation de kilomètres. On essaie d’aller rapidement au sud mais avec une certaine lenteur. On a quand même 5 semaines devant nous. Peut-être bien qu’on finira sur le côté avec notre campeur, le vent ne tombe pas et on sent notre maison sur quatre roues bougée. L’aventure. Pssst, je pense que l’installation de son VPN ne fonctionne pas, j’entends des gros mots. 🙂

Qui sommes-nous ?

Lui: il est le maître de la réflexion, de l’analyse et de la statistique. Donnez-lui des chiffres et il sera heureux. Des chiffres avec des signes de piastres encore plus 😉 il est l’organisé dans la planification et le désorganisé dès que le plan change (il travaille très fort là-dessus depuis 2019). Il peut partir dans la « lune » et ne jamais revenir à moins de le ramener de force. Il est facilement distrait mais il est un entêté qui, lorsqu’il décide de régler un problème, va s’y acharner jusqu’à ce qu’il soit réglé. Il ne lâche pas le morceau facilement. La preuve, il est mort pendant 7 longues minutes. Vous avez bien lu, 7 longues minutes, réanimé, placé dans un coma artificiel pendant 48 heures et en est sorti sans aucune séquelle. Faut être entêté, ne trouvez-vous pas? Entêté, j’vous dis. Faire la mythique course du Paris-Brest-Paris de 1219 km en moins de 90 heures et bien il s’est entêté et il l’a fait en 87:31:55 sec. Mais le faire à l’intérieur de la limite de temps octroyé est un exploit en soi, mais le faire avec un mollet échancré et bien pourquoi pas!! Ça ajoute au défi. Mon chum c’est pas un lâcheux!!!

Moi: Petite, je n’ai jamais joué à la poupée. Dans les faits, je pense n’en avoir jamais eues. L’été, je préférais faire des spectacles dans la cour à l’arrière de la maison, j’installais un drap sur la corde à linge qui me servait de rideau de scène. Dans les faits, je voulais être acrobate dans un cirque. J’invitais les enfants de ma rue à venir assister à mes prestations. J’étais la “vedette” du 2345 Rushbrooke. S’en est suivi des cours de ballet classique et de danse à claquette. J’avais aussi une petite fibre entrepreneuriale, je vendais de la limonade, confectionnais des toutous et des broches décoratrices pour les vêtements et je les vendais. J’avais toujours une idée qui germait dans ma tête et que je tentais de mettre en oeuvre. En même temps, j’étais une sportive: natation de compétition, coureuse de 600 mètres, plusieurs fois médaillés, skieuse et marcheuse, j’aimais bouger souvent et tout le temps. Je pense que j’ai étourdi ma mère plus d’une fois. Ma plus grande passion demeure le voyage. Je suis allée du nord au sud de l’est à l’ouest. J’ai eu la chance de visiter plus de 37 pays. Souvent seule, quelquefois accompagnée.  L’avion est une belle machine à voyager dans le temps et j’ai toujours voulu aller plus loin…

Ma carrière d’acrobate de cirque ne prenant son envol et le cirque des Shriners ne m’appelant pas, j’ai fait mon droit et une maîtrise en administration publique. Je suis devenue avocate et j’ai été avocate plaidante jusqu’en 2017. Cette année-là, ma vie professionnelle a pris un tournant, je suis devenue gestionnaire d’une équipe de 26 collaborateurs (14 avocat.e.s 12 technicien.n.e.s juridiques). Par cette opportunité, j’ai pu exercer mon leadership et j’ai crée des liens formidables avec de jeunes et moins jeunes avocates. ;-). J’ai quitté mes fonctions le 23 juin dernier après presque 35 ans de service et je suis officiellement à la retraite depuis le 24 août et heureuse de ma nouvelle vie.