Bonne Année 2023
C’est déjà la fin. La journée a été longue, 7 heures de bus, avec une adulte-adolescente qui pousse sur son banc comme un enfant de deux ans. L’autre en arrière qui se lève et qui me tire les cheveux, prend appui sur mon dossier de siège, brasse le dossier comme si c’était le sien et à chaque mouvement qu’elle fait, cogne mon dossier. Difficile fin d’année. Je ne suis pas très patiente avec les gens qui manquent de savoir vivre. J’ai été élevé très sévèrement à ce sujet. Comment se tenir à table, le dos droit, tenir ses ustensiles, ne pas ouvrir la bouche et surtout ne pas faire de bruit. Être polie, laisser sa place aux adultes plus âgés etc. Vous voyez le genre. L’armée. Pour revenir à l’enfant, assurément elle n’a jamais été reprise par ses parents. Le sacro-saint-enfant-roi-devenu-adulte-qui-se-croit-tout-permis. Et l’autre en arrière, je cherche et j’ai pas encore trouvé. Dans les faits, oui, oui j’ai trouvé, c’est la tonalité de sa voix qui m’a fait penser à quelqu’un. Un dossier qui a duré 21 jours…oui à elle!!! Ingénieure, quérulente, enfant autisme mais convaincu que celui-ci est plus intelligent que la moyenne des ours. Elle prétendait que je couchais avec le juge parce que je gagnais toutes mes objections, mettons que c’était pas trop difficile. Précisons qu’elle a retenu les services de douze procureurs qu’elle a remerciés les uns après les autres pour cause d’incompétence selon elle. Son truc avait tellement pas d’allure. Bref, j’étais l’avocate aux mains plein de sang. Je fermais les yeux et je la voyais. Un cauchemar en cette fin d’année. Ouf et re ouf.
Avant d’arriver à Essaouira, nous faisons un stop dans un village perdu dont j’ai oublié le nom. Ici, ce n’est pas le chat qui règne en maître mais l’âne. Je n’ai pas eu le temps de prendre de photos. Voici pourquoi. J’ai envie de faire pipi depuis que nous sommes partis de Casablanca donc depuis au moins 5h. Je prends mon courage à deux mains, je sors du bus, je demande à un petit restaurateur si je peux aller aux chiottes. Il veut me vendre une tajine déjà toute prête: » Non, merci j’ai pas faim ». Je le prie presqu’à genoux de m’autoriser à utiliser ses toilettes. Il me dit: « vas-y madame, vas-y » je lui promet que je viendrai manger sa tajine demain. Le piège. J’accélère le pas jusqu’au fond du resto (on s’entend c’est un bouiboui juste des hommes comme d’hab). Mettons, disons que si l’escouade sanitaire passe ici, ils se font mettre à l’amende illico. J’ouvre la porte, le choc. Des toilettes turques. Ok, j’en fais mon affaire, je m’installe, tourne ma tête à droite à gauche…pas de papier-Q. J’en peux plus, je relève mon pantalon et je sors du resto avec empressement. Je retourne à mon siège entre l’ado-enfant-roi et la mégère de derrière…JF me demande pis: « Pis quoi, des toilettes turques pis pas de papier, j’ai pas pissé crisse ». Je me concentre. Il me reste une heure à endurer. Je pratique mon requin-bin. JF décide d’aller faire une visite officielle aux toilettes, mais tente sa chance dans un autre bouiboui. Je le vois ressortir et jaser avec le gars du dépanneur (ce que nous, nous appelons un dep). Alléluia, il vient de m’acheter un petit paquet de kleenex. Je ressors du bus en courant. Ohhhhhhh merci, merci, merci, tu es trop gentil, je rentre dans le bouiboui et je pisse enfin. Voilà c’est dit. Merci. Morale de l’histoire toujours avoir du papier-Q avec soi.
Léger détail, le soir no. 1 au restaurant chez Réda, le serveur s’est accroché dans une bouteille de coca-cola et je l’ai reçu sur mon gilet et pantalon. Gérer les vêtements pour un voyage de 3 semaines avec une valise à bord c’est un art. Bon, ok, il s’excuse, se morfond, mais ne m’offre pas mon plat gratuit. Ok c’est beau. Je reviendrai pas de toute façon. Ce matin, levée à 5h30 du matin. Le café est un enjeux important dans notre couple. Il faut qu’il soit comme ceci et non comme cela. J’aime pas tant le café, mais je sais reconnaître le bon café et mon chum fait le meilleur. Bon bref, vous vous rappelez du cellulaire qui a failli finir dans le caniveau…ce matin, on arrive à la station de bus, je sens que le café commence à urger. JF part. On a le temps nous sommes pas mal en avance. Je dors assise. Je le vois revenir avec deux cafés montés un par-dessus l’autre et un sac dans lequel il doit y avoir une viennoiserie. Le premier verre est retenu par son menton et le deuxième café et le sac par ses deux mains…il s’approche de moi, et là la scène ce joue au ralenti, il avance, fait un mouvement vers moi, au même moment je commence à me lever de mon siège, et là paf, mauvaise coordination des deux corps un des deux cafés termine sa course sur mon manteau. Pas de oh, tabaslaque, rien, le calme plat. J’ai vraiment beaucoup travaillé sur moi dans les dernières années. JF repart à la recherche d’un essuie quelconque. Le jeune homme assis à côté de moi qui a assisté à la scène sort de sa poche un petit paquet de kleenex et m’offre deux ou trois feuilles. Messieurs, vous ne le savez pas, mais avec du papier Q vous pouvez faire du millage avec une femme. Tenez-vous le pour dit.
Finalement, nous sommes arrivés à Essaouira et à notre appartement. Nous ne sommes pas dans la médina. Le calme autour me fait du bien. Les propriétaires sont venus nous accueillir. J’ai fait ma fine, j’ai fait la jasi-jasette, 10 minutes top chrono. Lui est Belge, elle Marocaine. Pour JF, c’est clair qu’elle se tape toute la job pendant que lui se la coule douce en regardant le foot. Je ne suis pas prête à dire cela, il doit faire les travaux d’entretien je suppose. Pour le rôle de la femme-victime on repassera. J’ai pas été élevée d’même. Ma mère (la revoilà encore) m’a dit, je devais avoir 8 ans 1/2, (j’exagère à peine) : « Toi ma fille tu auras pas besoin d’un homme pour te faire vivre ». Message reçu 10/10 maman. Bref, je ne suis pas prête à dire que, j’ai déjà oublié son prénom, se fait « exploiter/utiliser/manipuler » par F. Elle avait l’air très en contrôle de son affaire. C’est elle qui fait rouler le business c’est assez clair, pour moi. Je vous en dirai plus sur la relation de K et F cette semaine puisque nous sommes ici pour 5 jours. J’ouvre l’oeil juste pour vous. À suivre.
Nous sommes allés faire les courses. Nous devions aller au restaurant et finalement on a changé d’idée On a trouvé des huîtres, du champagne, de la truite fumée, du fromage et des terrines. Le festin. Le resto ce sera pour une autre fois. La fin de l’année approche pour nous!! Loin de la famille. Tristounet un peu, mais bon on va pas en mourir. Le champagne vient de sauter, et non, je l’ai pas eu sur moi. Voici mes voeux (repris de Jacques Brel) pour l’année 2023.
Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences.Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque.Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.
Voilà, Bonne et Heureuse Année 2023 et quelques photos en rafales de notre périple sans George.







Bonne Année ! et j’adore te lire. SVP continue je voyage par procuration et j’adore çà!
J’aimeJ’aime