Le choc
Le système d’autobus au Maroc fonctionne très bien, les autobus sont à l’heure, propres et les chauffeurs conduisent relativement prudemment. Aujourd’hui entre Essaouira et Marrakech on avait un « monsieur klaxon » mais sinon nous étions à Marrakech à l’heure prévue. Trois heures de bus et nous débarquions dans la ville rouge.
Tout de suite en descendant de l’autobus, je sens que ce sera une autre sorte de « ball game ». Le pied sur le bitume et une horde de chauffeurs de taxi qui nous sautent dessus comme la misère sur le pauvre monde. À Essaouira, se déplacer d’un endroit à l’autre coûte 7 dirhams et après 20h le coût monte à 8 dirhams. C’est clair, pas de tataouinage.
Le premier combat de la journée débute avec la négociation de la course de 3 km en taxi de la gare vers notre Riad qui se trouve dans la Médina. Les Marocains sont des commerçants dans le sang. Ils ont le verbe facile et savent vous entourlouper en deux temps et trois mouvements. Nous avions lu sur la question, il était clairement spécifié qu’il fallait exiger que le chauffeur mette le compteur en route. Évidemment, dans la vraie vie, rien ne se passe comme dans les guides. Je m’éloigne de la discussion entre JF et le chauffeur car je trouve cette partie du voyage vraiment pénible. Il faut toujours tout négocier et si vous ne négociez pas et bien vous vous faites arnaquer. Marrakech est surnommé Arnakech. Vous voyez ? Lorsque le chauffeur de taxi voit que je m’éloigne, il crie : « venez madame, venez ». Là, il y a une patente que je catche pas pantoute, les petits taxis, les grands taxis et patati et patata. Nous finissons par embarquer. JF suit la course sur son cellulaire et moi je fais la conversation avec le chauffeur. Je lui demande ce qu’il y a à voir à Marrakech, il me répète ce que j’ai lu, et ne m’apprends rien de neuf. Je lui pose directement la question sur des endroits où les touristes ne vont pas…ma question est restée sans véritable réponse. Nous arrivons dans la Médina, le taxi ne peut pas aller jusqu’à notre Riad. Pas de problème, on va faire le reste du chemin à pied, nous n’avons pas encore mis le pied sur la terre ferme qu’un gars avec une barouette veut traîner nos bagages. C’est à ce moment que s’enclenche le bras de fer entre JF et le chauffeur de taxi. JF vient pour payer, le prix vient de changer sans avertissement. 80 dirhams. Ce n’était pas le prix de départ. Selon JF l’entente était claire, le prix avait été convenue à 7 dirhams. La discussion dure plusieurs minutes. Nous sommes à la fin de l’après-midi, on a le voyage d’Essaouira à Marrakech dans le corps on veut juste arriver à notre Riad. Finalement JF règle le compte du chauffeur à 30 dirhams, je sens qu’il commence à fulminer. On trouve assez facilement notre Riad, mais on y arrive un peu à cran.


Le gérant de la Riad veut nous offrir le thé, nous, nous voulons notre chambre. Ça ne se fait pas de refuser le thé. Je le savais, mais des fois, tu as juste pas le goût de boire-du-thé-à-la-menthe. Bref, il nous montre la chambre et on boit le thé par la suite. On vient de passer d’un appart à 2 chambres à coucher à une chambre plutôt petite. On va en faire notre affaire.

On décide de sortir pour aller se promener. La Médina est un vrai labyrinthe et s’y perdre prend 45 secondes. Imaginez la maison des miroirs à la Ronde, vous y êtes déjà allés ?? Multiplier cela par 10000 avec des largeurs de couloirs de plus plus ou moins 10 pieds, pas de voitures, mais des mobylettes qui vous frôlent, vous klaxonnent, vous foncent carrément dedans. Tu as l’impression de te promener dans un jeu de « survivor ». Ajoutez à cela, des marchands dans les souks qui veulent vous vendre à tout prix et qui vous harcèlent carrément. Ça sent le monoxyde de carbone, la poubelle c’est la rue. Je suis sous le choc. Dans les faits, la Médina fait 700 hectares (7km carré). Je voulais aller visiter le musée d’art Si Said. Nous sommes arrivés, il était 17h30 et le musée fermait à 18h. On y retournera demain matin.



Se promener dans les souks demandent beaucoup de « lâcher prise ». Si vous entamez la discussion, ou si vous demandez un prix vous êtes « faites » comme on dit en bon Québécois. On s’installe à une terrasse pour boire quelque chose pour reprendre notre souffle. Je vous jure, nous étions à bout l’un et l’autre. C’est de la sur- stimulation et ma tolérance à ce genre de situation est limitée, mais attendez la cerise sur le sundae arrive.
Pendant que nous sommes à la terrasse, nous cherchons un resto, je n’ai pas très faim, hier j’ai été un peu indisposée par le souper. JF cherche, le soleil se couche et nous sommes sur la place Jemaan El Fna qui se trouve a être la grande place de la Médina. Nous décidons de faire le tour pour voir si nous ne trouverions pas un resto intéressant. On se retrouve au milieu de la grande place qui est « virée » en restaurant de rues avec des numéros et là, ça devient complètement infernal. Nous sommes sollicités aux 5 pieds. Toujours la même rengaine, tous les vendeurs ont trois restaurants, un de viande, un de poisson et l’autre de légumes. Toujours disposé de la même façon, un en diagonale, l’autre en face. Ils ne vous lâchent pas même si vous leurs dites que vous n’avez pas faim. Au bout d’un moment, on décide de s’installer au resto de rues numéro 90. Le jeune serveur commence son baratin, il parle vite, nous ne comprenons pas trop tout ce qu’il dit. Il y a le menu, mais veut faire une assiette spéciale avec un peu de tout. Je lui réitère que je n’ai pas tellement faim qu’une simple brochette de poulet avec couscous et légumes sera parfait pour moi: « oui madame, je te fais une petite assiette avec un petit peu de tout ». Je regarde JF et on sait tous les deux qu’on est pas sortis de l’auberge. La bouffe est ok sans plus (JF est plus sévère que moi, lui dit que c’était ordinaire). Nous sommes fatigués on veut rentrer et on sait qu’on doit se refoutre dans le manège de la maison aux miroirs. Juste avant que nous nous levions, je dis à JF: » Check ben ça, le couscous un prix, l’assortiment de légumes un autre prix, le poisson un autre prix, la facture va être élevée ». Je vous rappelle que nous sommes dans un resto de rue, la boucane nous étouffe. À l’aide!! Je fais signe au serveur qu’on veut la facture, il me répond: « la caisse est de l’autre côté » dans les faits, il n’y a pas de caisse, le serveur ne veut juste pas que tu paies devant un autre client parce que la facture est aléatoire selon ta bouille. Le prix de départ 460 dirhams. Hier, dans notre petit resto « cute » avec un service impeccable 200 dirhams. Le deuxième combat de la journée s’engage. Pauvre JF, je le laisse gérer. Il va finir par recevoir un coup sur la gueule à force de négocier. L’échange dure encore plusieurs minutes, de très longues minutes et moi, j’attends et je regarde du coin de l’oeil prête à sauter dans les jambes du premier p’tit Marocain qui s’en prend à JF. Le résultat de la lutte 260 dirhams. Plus dispendieux que ce que nous avons mangé hier. Y’a pas de justice. 😉




Retour à la casa. C’est thérapeutique de vous écrire. Demain est un autre jour. On ira visiter le Musée raté en fin de journée et on sortira de la maison des miroirs pour aller s’égarer dans la ville.





C’est thérapeutique de te lire ! J’adore çà.
J’aimeJ’aime
JF..impose toi.C’est toi le boss.Lâche pas.
J’aimeJ’aime
Le truc Jacques, c’est qu’avant même le début de la discussion, il faut savoir exactement ce qu’on veut et le prix qu’on est disposé à payer, sinon on est cuit.
J’aimeJ’aime