Jour 13: Erg Chebbi

Le désert

Hier soir, nous sommes arrivés à Merzouga, il était tard, autour de 21h, plantés là, à la station de bus comme les Charlots font du tourisme. Un Marocain offre le transport. Il demande un prix exorbitant pour son lift et ce n’est pas un vrai taxi. On décline. 

JF appelle la Riad, Ali envoie quelqu’un nous chercher. Il sera là dans 10 minutes. On attend au milieu de nulle part, il fait nuit noire. Un américain (je crois) décide d’embarquer dans le faux taxi et tout au bout de l’entrée du parking d’autobus il y a une jeune fille avec une grosse valise rose. Elle attend plusieurs minutes et tout à coup décide de partir à pied avec sa valise dans la rue noire. De deux choses l’un, où elle connaît la place où elle est vraiment plus intrépide que moi. 

Vous remarquerez la photo de nos valises, sur l’une d’elles,  il y a une boîte de pizza. C’est ce que nous avons mangé à Tinghir dans l’après-midi, juste avant de prendre le bus,  mais il y en avait beaucoup trop. J’ai décidé de traîner la pizza dans une boîte en nous disant que de la pizza froide ce serait mieux que rien, comme nous ne savions pas à quelle heure nous allions arriver à Merzouga . La pizza froide allait faire la job. On arrive à la Riad Ali. Le site est très beau. Il y a des lanternes partout à l’entrée et près de la piscine.

Je n’ose imaginer la chaleur en plein été. Il n’y a presque personne, quelques touristes italiens et d’autres dont je ne reconnais pas l’accent. Ali nous fait son pitch de vente sur les services qu’il offre et que Booking ce n’est pas bon: “ Madame, tu ne dois pas faire affaire avec eux. Moi j’offre tout, j’aurais pu te prendre à Tinghir et t’amener directement à la Riad. Moi, je t’offre, bivouac de luxe dans le désert”. On l’écoute. Nos affaires sont réglées. On sera dans le désert demain. En pitonnant, on se rend compte au final, que notre point de chute est à 22 kilomètres de notre pick up. JF appelle Hassan le gars avec qui nous avons fait affaire pour notre séjour dans le désert. JF encore une fois, use de ses tactiques de négociations incisives. Lorsque nous avons réservé, il n’a jamais été mentionné que la prise en charge se faisait à 22 km de Merzouga. Nous sommes chez Ali et ils offrent les mêmes services que toi, il va falloir que tu nous trouves une solution. Hassan: “je te rappelle bientôt” ce qui sonne à mes oreilles comme jamais. On est dans le lobby de la Riad et Ali est là. Il m’amène dans son bureau et recommence son baratin sur les services qu’il offre. Le téléphone de JF sonne, c’est Hassan, quelqu’un sera là dans 30 minutes pour vous conduire au bivouac. Hassan rappelle 15 minutes plus tard. Ça y  est, je sens qu’on va se faire larguer. Mais non, pas du tout, c’’est un pick up gris qui va venir vous chercher. Le gars arrive, il prend nos valises, passe par l’agence et nous rencontrons Hassan. Il s’informe de nous, nous demande si nous avons des demandes particulières, des allergies, et nous informe que la “ride” en dromadaire se fera au coucher du soleil. Yahou. Pour ceux qui me connaissent, je ne suis pas l’amie des animaux. Dans les faits, cela ne suscite aucun sentiment chez moi. Un animal reste un animal et moi, je ne sais pas comment  réfléchit un dromadaire, d’autant plus qu’en Jordanie, mon expérience avait été un brin traumatisante. 

Je vous raconte. J’ai le vertige. Un dromadaire c’est haut, ajouter à cela, que je ne sais pas parler aux animaux et voilà la parfaite recette pour que mon dromadaire parte en emballement. Lors de cette expédition (peut-être était-ce un chameau, je ne me rappelle plus, mais les deux pour moi font partie du règne animal). Nous étions jumelés avec des Belges qui avaient trois jeunes enfants. Tout à coup, le dromadaire sur lequel était monté le plus jeune enfant s’est mis à ruer à point tel que l’enfant. avait l’air d’une balle de ping-pong qui rebondissait sur une table. Je me suis mise à crier. Ma crainte était que l’enfant tombe du dromadaire et qu’il se fasse piétiner. Un p’tit clin d’oeil ici à Mieke.  Le mien ne cessait de pencher la tête ce qui me faisait pencher inévitablement par en avant. Je n’arrêtais pas de dire, faites de quoi, faites de quoi. Que voulez-vous faire avec un dromadaire têtu comme une mule. RIEN. Ma solution. Je débarque. Merci et bonsoir. Je dois marcher, pas de problème, je vais marcher. Imaginez la scène. 10 dromadaires à la queu-leu-leu et une fille qui marche derrière. La fille, c’était moi. 

Nous prenons notre transport ce matin vers le camp dans le désert. On doit passer à la banque pour retirer de l’argent car au Maroc les cartes de crédit ne sont pas le moyen privilégié pour payer.

On embarque dans le pick-up, JF en avant, moi en arrière. La route est sinueuse et très bossée. Comme mentionné précédemment, on est passé par l’agence voir Hassan et après, à nous le désert. Notre périple commence, le village où nous sommes n’est pas tout à fait Merzouga. Ça part. Je ne sais pas combien de kilomètres on a fait avant de véritablement entrer dans le désert mais nous avons longé pendant quelques kilomètres la ligne du désert. JF n’en revenait pas, il n’y aucune transition entre la terre aride et le désert. Ça passe du gris à l’orange sur une ligne. Après consultation de l’encyclopédie qui n’est jamais remise en question, c’est l’oxyde ferreux qui donne au sable ses différentes teintes. Je regarde et je suis époustouflée. Je n’arrive pas à croire ce que je vois, je suis submergée par un moment de gratitude. 

Aparté, hier chez Ali, il nous a fait visiter son palace et tout à coup il nous emmène près de la porte bleue, l’ouvre et nous dit: “Voici la porte du désert”. On ne voit pas grand chose si ce n’est le ciel étoilé. Encore une petite émotion. Ce ciel étoilé est le même qu’à Montréal. Nous sommes si petits dans cet univers. Je sais cela fait un peu cul-cul, mais c’est de même que je le sens.  Ce matin au levée, je dis à Jean-François, viens on va aller voir le désert avant de déjeuner. À l’endroit indiqué par Ali, j’ouvre la porte, je vois des dunes de sable à l’infini. Je dis à JF : “regarde ça”, après un bref regard à l’horizon, il se penche, touche au sable, son cerveau est déjà en marche. Il me dit: “c’est un sable avec un peu de silt, on l’appelle sable silteux. Pas parfait pour la construction de route puisqu’il retient l’eau un peu mais pour le désert, ça aide” Voilà l’émotion que suscite le désert chez mon chum.

Donc notre chauffeur, nous amène au camp. Nous avons roulé dans le désert pendant un bon moment, il nous dit: “on fait les dunes?”. Il part, fait un virage à 45 degrés et c’est parti. Le ciel, le sable, le ciel, le sable, il roule sur le flanc de la dune, on va verser, mais non, notre chauffeur est un pro. Après un petit moment on s’arrête pour prendre des photos, nous sommes vraiment et complètement dans le désert. Nous sommes dans l’Erg Chebbi qui figure parmi les dunes les plus remarquables du Sahara. Certaines ont plus de 150 mètres de hauteur. C’est tout simplement É-POUS-TOU-FLANT. J’ai encore une fois ce sentiment de petitesse devant l’immensité. On roule encore un moment et on arrive au campement, le site est tout simplement magnifique. On est dans le campement qui est directement face aux dunes. C’est magique. 

Entrecoupé de tout ça, on gère mille trucs (mon impressario gère mille trucs, moi je suis la créatrice de contenu 😉 ok on rigole on se prend pas au sérieux, tout ça nous amuse l’un et l’autre) le forfait de wordpress qui nous fait des misères et dont les Happiness Engineer ne comprennent rien. Ce matin, courriel tranchant. 1 heure plus tard c’était réglé. 

Ensuite un appel à l’assurance. L’estimateur est passé chez MB. On s’en sort pas trop mal. Gérard aura peut-être une deuxième chance. 

Demain les images de notre tour de dromadaire 🙂

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