Le ski, Lanzarote et l’huile d’olive!!!

Habituellement à cette époque de l’année je quitte avec mon enfant pour aller skier. Ne vous offusquez pas que je l’appelle mon enfant, c’est son surnom. Cette année, une petite imprévue est venue contrecarrer MES plans. Depuis quelques semaines déjà,         je la harcelais sur les dates où elle pourrait se libérer pour partir skier. La réponse tardait à venir, il y avait toujours quelque chose de plus pressant ou de plus important. Comme j’ai une patience légendaire, j’attendais.

Les jours et les semaines passant je commençais à piétiner et même à piaffer d’impatience….ici, le lecteur est invité à un petit retour en arrière. Juste avant notre départ pour le Vietnam, mon enfant nous invite à réveillonner  pour la fête de Noël. Donc, le 10 décembre on se met tout beau et on part à Saint-Bruno. 

Mon enfant nous attend avec son Juju. Les embrassades de convenances passées, on s’installe, comme toute bonne famille québécoise, dans la cuisine autour de l’ilôt central. Le champagne est frais. Buvons!!! Je passe la bouteille à mon enfant et juste avant de commencer le sabrage de la bouteille…un mini silence s’installe, un léger moment de doute, un espace temps qui n’arrive pas souvent…ma fille d’une voix chevrotante dit: “On a quelque chose à vous dire”…la mère que je suis à un léger vertige. Qu’a-t-elle de si important à dire pour que le ton soit si solennel…on retient notre respiration et elle lâche un: “je suis enceinte”. Je la serre dans mes bras, sont coeur bat la chamade, on est tous émus et très heureux de cette magnifique nouvelle. Je serai grand-mère autour du 27 juillet prochain et ma mère sera arrière grand-mère pour la sixième fois. Voilà pourquoi le ski est à l’eau cette année, dès que j’ai su que nous ne pourrions skier, je savais déjà ce que nous ferions.  Nous irons marcher….où? Dans les îles Canaries et plus précisément sur l’île de Lanzarote.

C’est elle, le « une » imprévue

Retour à l’aéroport PET, le 13 au soir. Nous passons la sécurité et là, la merdouille commence.

Bon, je vous explique. On a loué un AIR BNB à Lanzarote, j’ai contacté le proprio pour savoir si sa cuisine était équipée de quelques condiments et des matières premières pour faire un peu la cuisine. Le resto ça fini par me saouler. La réponse d’Alejandro: “Hola Michele, la cocina no dispone de alimentos para cocinar. Solo dispones de los utensilios como satenes caceroles”. Je suis déçue, car je le répète, si tu veux faire aubergiste, organise tes trucs pour que ce soit conviviale pour ceux qui louent ta casa. Je ne sais pas combien de bouteilles d’huile et de vinaigre balsamique j’ai acheté dans tous les voyages que j’ai fait, mais je dirais beaucoup, beaucoup, beaucoup,  toutes laissées sur place. 

Faque, une fille se tanne. Je décide d’acheter de petits contenant de plastique dans lesquelles je mettrai des condiments de base et je décide de préparer deux bouteilles de 100 millilitres d’huile d’olive et de vinaigrette balsamique et tant qu’à avoir les mains dedans aussi bien apporter un peu de moutarde de Meaux. Mon enfant et moi voyageons en “carry on”, un sac à dos, et une petite pochette de travers pour faire un peu “fashion”.  Nous sommes partis les bottes de marche aux pieds. Honnêtement on a l’air de deux wabo. Nous arrivons à la sécurité. Nous mettons nos valises dans les bacs gris, sors les portables, les téléphones…alouette.

Je passe les rayons….

Je vois que ma valise n’est pas du bon côté du convoyeur…ça craint. Je récupère mon sac à dos, ma pochette fashion et je me dirige vers le contrôle. Bon, comment vous décrire cette scène. L’agent de contrôle de sécurité doit avoir 18 ans tout juste. C’est à peine s’il a trois brindilles de barbe. Il doit peser la moitiée de mon poids et je pourrais le mettre KO en moins de deux. Je sens que je vais avoir le dessus sur lui. Mon poul s’accélère, j’ai un rush d’adrénaline. I’m ready. La conversation s’enclenche. Vous avez trop de liquide madame. J’avais déjà sorti, en toute franchise, le ziploc avec les condiments et les deux bouteilles de 100 millilitres d’huile mélangées au vinaigre balsamique. Il me répète que j’ai trop de liquide. Je ne suis pas certaine de comprendre. Il ajoute: “vous en avez d’autres dans votre valise”. Je réponds non, sachant que la réponse est oui. La conne. Il ouvre ma valise, met la main sur ma pochette de toilette. L’ouvre. Me regarde dans les yeux et dit: “ça madame, et ça madame et ça madame….liquide un,  liquide deux, liquide trois, liquide quatre, liquide cinq, liquide six, liquide sept”. Il me fixe avec son regard sans pitié. La honte. Il part et revient avec dans les mains un sac de 1 litre. Il me dit: “c’est à ÇA que vous avez droit”. Choisissez,  il me fixe et attend. J’en perds mes moyens. Le sac mesure 4 pouces de largeur par 7 pouces de hauteur max. Je dois choisir. L’huile, le vinaigre balsamique et la moutarde finiront dans les poubelles de  l’aéroport au lieu du Airbnb… Je suis sous le choc. Note au lecteur, veuillez toutefois savoir qu’il a associé la moutarde de Meaux à de la crème…le con.

Nous avons poursuivi notre chemin, en se regardant l’une et l’autre, un peu ébranlées. Direction salon Banque Nationale, question de se remettre de nos émotions. Il y avait du monde, on a même vu Guy Mongrain qui partait pour l’Espagne. On s’en balance pas mal, mais bon on l’a vu.

Après un p’tit verre de mousseux, j’étais requinquée. Une question demeure, partirons nous à l’heure…

19h35, l’embarquement débute. J’utilise l’état de ma fille pour by-passer toute la file. Les femmes enceintes sont prioritaires et comme je suis l’accompagnatrice, je deviens prioritaire par le fait même. Enfin une victoire. On s’installe à nos places, on enlève nos foutus bottes de marche. Nous sommes dans un airbus 330-300 ce qui veut dire une configuration 2, 4, 2 places. Les gens s’installent. Le “beat” de l’embarquement est bon, on va partir à l’heure. On attend…on attend. La voix du commandant se fait entendre. Petit problème électrique. On avait bien vu que les lumières flashaient comme dans un show de Jean-Marc Parent. Une attente de 10 à 15 minutes pour régler le problème. C’est bon, pas de panique. Après 20 minutes, le commandant annonce le départ, l’avion recule lentement. Nous sommes au bord de la piste. On bouge plus. Pourquoi? On attend et on attend encore. Le commandant nous annonce qu’on doit retourner à la barrière parce qu’un passager doit recevoir de l’assistance médicale.. Les paramédics entrent dans l’avion. Toute l’action est derrière nous. Après plusieurs longues minutes, deux personnes sortent….sur leurs jambes. Le commandant: “Nous devons maintenant sortir les valises de ces deux  passagers qui ont été évacués”. On attend, on attend et on attend encore. Après une heure et vingt d’attente, on décolle enfin. Nous arrivons finalement à Londres autour de 8h00. Nous devons changer d’aéroport et aller à l’aéroport de Stansted afin d’attraper notre vol pour Lanzarote. Nous sommes en avance, nos billets de bus sont fixés pour 11h05, on décide d’embarquer tout de suite, on sera à l’aéroport plus tôt. Après une heure trente de route nous voilà rendues à  Stansted. On s’installe, je prends un café….ah oui, j’ai oublié de vous dire…j’avais aussi un pain aux bananes et aux noix dans mon sac à dos…

Je vous écris durant le vol vers Lanzarote. C’est une trotte s’y rende mais il y a tellement de choses à voir et à faire que j’ai très hâte d’y être. Je ne ressens pas trop la fatigue et mon enfant et bébé J (prénom projeté mais non arrêtée) non plus. Tout va bien.  On a loué une auto, on pourra tout faire de façon indépendante sans attendre après rien ni personne. La liberté.

 

Demain matin, on ira faire le marché pour acheter le nécessaire pour déjeuner et on n’oubliera surtout pas d’acheter de l’huile d’olives et du vinaigre balsamique et si le budget le permet on se prendra peut-être une petite moutarde de Meaux… 

Hasta la proxima!!

correctrice stagiaire: Malex

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