L’île aux Fleurs.

Nous sommes à Madère depuis mercredi (10 juin), après un vol d’arrivée un peu mouvementé avec notre fameux  vol S4160. Disons que le voyage a commencé avec quelques balancements… histoire de nous mettre immédiatement dans l’ambiance portugaise!

Nous avons pris possession de notre Masérati (pas la vraie, malheureusement!) et direction notre Airbnb. Nous sommes installés tout près de Funchal, à São Lourenço. Nous sommes à 3 km de la mer, mais honnêtement, on trouvera autre chose pour se reposer. Les rues sont pentues beaucoup plus qu’à Ténérife il me semble. J’ai besoin de deux ou trois kilomètres pour conduire comme Gilles Villeneuve. 

Après 25 minutes, on arrive à notre “home” pour les 10 prochains jours. La vue de notre appartement est juste ouf. On aperçoit Funchal, la capitale de Madère, ainsi que la mer au loin. Pas mal comme décor pour poursuivre nos vacances!

Madère est une île volcanique surnommée l’île du Printemps éternel, ou l’île aux Fleurs mais aurait bien pu s’appeler l’Île au 150 tunnels (notre tunnel LH Lafontaine peut aller se rhabiller). Je savais que les routes étaient pentues, mais pentues d’même… ciel! Je tente de me mettre en mode conduite à la portugaise de notre appartement.

C’est du sport avant même de commencer la journée! Les Portugais n’ont pas exactement la même philosophie que les Anglais sur la route. Disons qu’ils ne sont pas du genre à te laisser beaucoup de temps pour réfléchir. Ils avancent, toi tu suis… et tu t’adaptes. 

Notre premier après-midi est consacré à notre organisation : courses, repérage et installation. Direction le marché et le supermarché.

On est vraiment ailleurs. Le « Continente » ressemble beaucoup à un Maxi… mais avec moins de Martin Matte dans les publicités. Les prix des aliments ressemblent beaucoup à ceux de Montréal. Même le prix du fromage est en hausse,  ce qui est assez surprenant pour l’Europe où on trouve habituellement de bons prix côté fromage.

Le vin demeure toutefois abordable, le vin Portugais est à l’honneur. L’essence, quant à elle, est à environ 1,85 € le litre.

Jeudi, nous visitons un vignoble en plein cœur de Funchal. Bon, les vignes ne poussent pas exactement entre deux immeubles du centre-ville, mais la maison viticole, elle, y est bien installée.

Les vins de Madère… comment dire? Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. J’y ai à peine trempé les lèvres. L’expérience est agréable, mais j’ai une Masérati à ramener au bercail et, avec toutes ces courbes, j’ai l’impression que le moindre petit verre pourrait multiplier l’effet de l’alcool par le nombre de virages que je vais devoir négocier, je vous passe les détails de notre marche dans le quartier pas loin de Blandy’s. Pas trop de touristes. C’est juste bien. Funchal est vivante, c’est beau. Je n’ai jamais vu une une île, une ville, un village, avec autant de fleurs. Il y en a partout même aux abords de l’autoroute.

Vendredi, on part pour notre première « vraie » randonnée.

Une heure de route plus tard… Petite leçon pour les futurs visiteurs : si Google vous annonce 30 minutes, multipliez par deux. Votre heure d’arrivée sera probablement beaucoup plus réaliste.

Nous arrivons finalement au départ de notre randonnée. Le stationnement est presque plein et il est tôt le matin. Je réussis à trouver une place coincée entre la cabine du shérif et une autre voiture. Disons que l’auto est stationnée légèrement en équilibre.

Et là, je regarde autour de moi.

On est début juin. Le stationnement est plein. Mais que faites-vous tous ici? Vous ne travaillez pas? Vous n’étudiez pas? Vous avez tous décidé de prendre congé en même temps? Je me répète, mais j’ai toujours l’impression que je vais être seule au monde quand je décide de faire une activité. La pensée magique.

On regarde le panneau de randonnée. Il y a une guide avec son groupe. J’écoute et JF m’interpelle. Ouille. Pas une bonne idée, il venait de déranger son speach.

Nous nous sommes éloignés. À Madère, ce n’est pas le choix de randonnées qui manque. Il doit y avoir des centaines de possibilités, nous avons choisi : les 25 Fontaines (une chute principale avec 24 petites chutes de part et d’autres de la chute principale, la Levada das 25 Fontes. Je l’ai déjà écris, j’ai le vertige et dans les commentaires concernant cette randonnée il est indiqué qu’il y a des passages vertigineux. La consigne est toujours la même, j’y vais mais si c’est trop, c’est trop et je reviens sur mes pas. Je gère mon stress et me parle intérieurement. J’ai toujours eu la même attitude par rapport à mes faiblesses. Je fonce au lieu d’éviter. J’essaie de me désensibiliser.

Nous débutons notre randonnée.

Une fois arrivés aux fameuses chutes des 25 Fontaines… disons que c’est un peu le royaume d’Instagram.

Des jeunes femmes (je suis bien obligée de le constater, je l’ai vu de mes propres yeux!) prennent des poses dans tous les angles possibles. Le problème? Elles ne prennent pas une photo et repartent.

-Ah non.

-On pose. On regarde la photo. On analyse. On recommence.

« Celle-là, mon angle n’est pas bon»
« Attends, encore une. »

Et le manège continue jusqu’à épuisement… surtout celui des gens qui attendent derrière, comme moi. Mais comme je n’ai pas beaucoup de patience pour certaines choses, je décide d’y aller par l’autre bord du bassin. Je traverse donc un ruisseau. C’est fou comme l’équilibre se perd avec l’âge. Ah non, je ne suis pas tombée, j’y vais juste plus lentement. Je me trouve un spot pour essayer de prendre des photos de la chute et de ses 24 bébés chutes.

On mange notre lunch en observant la faune locale — parce qu’il faut bien appeler ça ainsi. Cette randonnée est clairement une randonnée grand public, même si AllTrails la classe comme modérée.

J’ai même vu une dame avec une canne. À ce moment-là, je me suis dit intérieurement : « Tais-toi et marche.»

Je ne sais pas si cette dame s’est finalement rendue jusqu’au bout…il y a beaucoup de marches qui descendent et d’autres évidemment qui remontent.

Nous marchons d’un bon pas et, en cours de route, nous décidons de modifier notre itinéraire. Nous allons l’allonger un peu, car nous voulons traverser un tunnel de 800 mètres de long.

Nous arrivons à l’entrée du fameux tunnel. Et qui est là? les « quatros amigos ». Mais non, la guide du début avec tout son groupe.

De notre côté, nous n’avons absolument aucune idée de ce qui nous attend de l’autre côté. Est-ce qu’on va déboucher sur un joli sentier ou se retrouver au bord d’un précipice? J’exagère à peine. Les cartes ne sont pas très claires.

Je m’approche donc doucement de la guide.

— Excusez-moi, madame…

Aucune réponse.

— Pardon, madame, puis-je vous poser une question?

Toujours aucune réponse.

Je hausse légèrement la voix, pensant qu’elle ne m’a pas entendue.

— Madaaaame!

Elle se retourne vers moi avec un regard assassin qui tue instantanément.

— Puis-je vous poser une question? Savez-vous s’il est possible d’attraper un taxi de l’autre côté du tunnel?

(Toute cette conversation se déroule en anglais, bien entendu.)

— No.

C’est tout. Un simple « No ».

Eh bien, si elle dit no, moi je dis go (conséquence de mon trouble de l’opposition que je me suis diagnostiquée moi-même)

Je regarde JF.

— On y va?

— Oui.

— OK, attends deux minutes.

Je sors mon polar, mon coupe-vent, ma lampe frontale. Il paraît qu’il fait froid dans le tunnel.

Nous laissons partir madame et son groupe devant nous, puis nous nous engageons à notre tour dans le tunnel…

À suivre.

p.s.: Les commentaires de l’ingénieur sur les routes, autoroutes et tunnels de Madère suivront dans un autre article.

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